Elsa Triolet - Roses à crédit

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Roses à crédit: краткое содержание, описание и аннотация

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Martine est belle, elle a le rare don d'aimer. Mais à notre âge de nylon, elle est venue su monde dans des conditions de l'âge de pierre. Aussi le confort moderne, le cosy-corner seront-ils son premier idéal, et le métier de manucure parmi les miroirs et les parfums d'un salon de coiffure suffit à ses rêves de beauté. Elle est en cela semblable à des millions d'êtres, car moins on possède de i choses n et plus le désir en est grand. Ainsi est né le crédit malin, l'enchantement des a facilités » qui comble les désirs.
Daniel Donelle, l'amour de Martine, est déjà au-delà de cet idéal électro-ménager. Rosiériste, touché par l'aile de la science, il rêve à une rose nouvelle. La belle Martine, jadis perdue dans les bois, l'avait attiré dans leurs mystérieuses profondeurs, mais le coq a chanté, et Daniel, stupéfait, trouve sa femme installée dans un petit appartement moderne acheté à crédit.
Un jour, Daniel créera la rose parfumée
, mais elle ne sera plus un hommage qu'à la souffrance.

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Martine s’enfonçait dans la forêt… Elle allait vers ce chêne qui continuait à tenir son rang parmi les arbres, ce chêne sous lequel on avait autrefois retrouvé Martine-perdue-dans-les-bois, dormant paisiblement dans la nuit habitée de la forêt. Elle avait ouvert les yeux et tendu les bras à un inconnu penché au-dessus d’elle, l’éclairant avec sa lanterne… Si elle avait pu s’endormir maintenant, tout de suite, et se réveiller pour voir au-dessus d’elle Daniel… il avait dit qu’il aurait aimé se perdre avec elle dans les bois. Ses bras… Martine, dans un demi-sommeil sous le grand chêne, sentait les bras de Daniel autour d’elle. Une encre mauve coulait autour de ses yeux. Quand elle se réveilla tout à fait, elle se remit à marcher.

Voici la cabane. La bicyclette était toujours là, appuyée aux vieilles planches. Les enfants avaient disparu… Martine hésita, mais n’osa pas frapper à la porte. Tant pis ! Elle continuait à marcher, arriva à la hauteur de la route nationale, se mit à la longer… Il n’y avait pas encore beaucoup de voitures, les gens n’avaient pas fini de digérer, il faisait encore trop chaud. Une grosse voiture américaine lui arriva dans le dos, et fila comme un gros matou au poil noir. Puis apparurent ces mêmes jeunes gens, les cyclistes qui étaient passés pendant qu’elle attendait le car avec Cécile, des gars du pays…

— Hep, hep ! Martine … Hep, hep !

Un beau chahut. François, l’apprenti menuisier, saute de sa bicyclette :

— Martine, dit-il marchant à côté d’elle, fais pas ta fière, t’as rien de plus que les autres…

— Non, dit Martine sans s’arrêter, mais tu ne me plais pas !

Toute la bande, qui faisait des acrobaties de lenteur, s’esclaffa.

— Don Juan à la manque ! criaient-ils. Triste figure ! Martine ! Et moi ! Est-ce que je te plais ? Et moi ? Mademoiselle-perdue-dans-les-bois rêve à un chanteur de charme ! Miss Vacances se perd dans les bois toute seulette…

Une camionnette venant à leur rencontre, et une voiture dans le dos, les obligea de rouler, et Martine en profita pour sauter le fossé au bord de la route et s’enfoncer dans le taillis. Ces garçons l’ennuyaient, elle avait dit la vérité, ils ne lui plaisaient pas. Le taillis était épais, mais des fois que les autres l’attendraient sur la route… Par ici, elle arriverait derrière l’hostellerie dont la façade, donnait sur la nationale. Une hostellerie fameuse pour sa cuisine, trois étoiles dans le Guide Michelin, « poulet à l’estragon » et autres merveilles.

Martine déboucha directement sur le treillage avec des rosiers grimpants à petites roses rouges et roses, il y en avait tant qu’on voyait à peine les feuilles… Martine pouvait tranquillement s’en approcher, elle verrait sans être vue, comme par le trou d’une serrure…

Elle vit le jardin, les gens attablés dans l’ombre des arbres… du gazon… d’immenses jarres avec des hortensias, des dalles dans le gazon… des cascades de petites roses pompon. Elle voyait surtout la table la plus proche… rien que des hommes… chemises déboutonnées sur des poitrines hâlées, médailles sur une chaînette, pantalon de flanelle… Elle vit, tout près, devant son nez, un bracelet-montre mince comme un louis d’or, une main soignée qui jouait avec un briquet… Les fauteuils en bambou étaient déjà éloignés de la table… la demoiselle, avec le plateau de cigarettes en bandoulière, arrivait sur ses grands talons… le garçon en veste blanche poussait une table à roulettes, chargée de gâteaux… Martine sentit soudain la faim, elle n’avait pas déjeuné ! De longues bandes de tartes aux pêches, aux fraises, un mille-feuille comme un in-folio… « Vous me donnerez des fraises… non, sans crème… Du café, simplement… Une glace… » Le garçon s’éloigna, roulant sa table avec les gâteaux dédaignés, sur les dalles bleutées entre lesquelles poussait de la sagine. Tout cela était comme sur les images que Martine découpait dans les magazines, lisses, satinées, sans défauts. Martine glissa le long du treillage, derrière les roses pompon, les pompons de roses…

Sur la nationale, les voitures maintenant se suivaient dans les deux sens, à marcher ainsi sur le bord, on se ferait écraser comme de rien faire… Martine fit un grand détour et rentra tard et affamée.

Quatre heures passées. M me Donzert et Cécile dans la cuisine étaient en train de fabriquer une tarte aux fraises. Lorsque M’man Donzert se mettait à la pâtisserie hors de propos, c’était qu’elle se sentait énervée, et, en effet, Cécile et elles avaient les yeux rouges et cependant elles riaient, tout excitées… Martine en oublia sa faim :

— Qu’est-ce qu’il y a ? Il est arrivé quelque chose ?

M’man Donzert s’affairait sans répondre, et c’est Cécile qui dit, en rougissant violemment :

— Maman se marie…

Martine appuya les deux mains aux doigts écartés contre sa poitrine :

— Seigneur Dieu ! cria-t-elle, qu’est-ce qui nous arrive !

Elle s’effondra sur une chaise et se mit à sangloter.

— Mais qui est-ce qui m’a donné des filles pareilles ! À peine l’une a-t-elle cessé de pleurer, voilà l’autre qui commence !.. — M me Donzert laissa là la pâte qu’elle était en train de rouler :

— On dirait vraiment un malheur !

Elles pleuraient maintenant toutes les trois.

M me Donzert se mariait avec un coiffeur, à Paris ; elle l’avait connu encore jeune fille, mais alors cela ne s’était pas fait ; elle avait épousé Papa, tandis que le coiffeur était resté célibataire, et, finalement, voilà, c’était le destin… M me Donzert vendrait le salon de coiffure et déménagerait à Paris.

— Et qu’est-ce que je vais devenir, moi ? dit Martine, plus tard, la première émotion passée, et quand elles furent toutes les trois installées autour de la tarte brûlante. Elle se remit à pleurer, soudain consciente de tout ce que ce départ signifiait pour elle… Le chat qui ronronnait sur ses genoux sauta à terre, incommodé, et fila à travers le rideau en lanières de plastique dans le petit jardin herbeux et rempli de fleurs comme une corbeille… Là, il se roula dans l’herbe, sous les draps qui séchaient au soleil. M’man Donzert allait vendre… Plus de chat, de fleurs, de draps qui sèchent au soleil, plus de cages à lapins, de cave avec sa fraîcheur, les bouteilles, le charbon… plus de lueur de la petite Sainte-Vierge sur la table de chevet, de bruit du gaz dans le chauffe-eau, de cette odeur de shampooings et de lotions, plus de radio, d’où la musique coulait comme l’eau courante du robinet… Plus de passants derrière la devanture avec ses lettres vues à l’envers : « Salon de coiffure »… et parmi ces passants, peut-être Daniel Donelle… Plus de M’man Donzert et de Cécile !

— Martine, cesse de pleurer ! J’irai voir ta mère et si elle te laisse partir, je t’emmène avec nous. Tout cela ne se fait pas en un tournemain, Martine, ma chérie, mais ne pleure donc pas comme ça ! Il n’y a rien de fait, voyons ! Viens, on va déballer ensemble les surprises…

M’man Donzert était comme ça, pas tellement tendre, mais attentive et efficace : ces jupes apportées de Paris, elle savait bien qu’elles allaient distraire les petites, malgré l’émotion… M’man Donzert les laissa à tourner devant l’armoire à glace, à faire virevolter leurs larges jupes de coton, elle avait besoin de s’étendre un peu, se reposer après les fatigues de Paris, les émotions… Si Martine et Cécile voulaient aller à la baignade, il faisait si chaud ! Pas aujourd’hui… Et lorsque Henriette vint frapper à la porte avec derrière elle toute une bande de voyous, comme si elle n’avait pas eu assez du scandale de l’autre dimanche, elles l’éconduisirent sèchement, et, ensuite, cela fit diversion : elles purent parler de cette dévergondée d’Henriette et des malheurs qui l’attendaient… Elles jacassaient, potinaient, tournant devant l’armoire à glace, changeant de coiffure, de maquillage… ce n’était pas ce qui manquait dans la maison avec tous les échantillons que les représentants laissaient à M me Donzert, qu’ils avaient à la bonne… Mais quoi, Henriette, c’était le passé… Devant elles, il y avait Paris ! Elles iront à Paris !..

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