Adrien Goetz - Le coiffeur de Chateaubriand

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Le coiffeur de Chateaubriand: краткое содержание, описание и аннотация

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Adolphe Pâques, le coiffeur de Chateaubriand, homme de l'ombre au fantastique potentiel romanesque, ranime les dernières années du règne sans partage de l'auteur d'Atala, où l'attente des Mémoires d'outre-tombe enfièvre le Tout-Paris, où chacune de ses sorties fait encore bruisser les jupons. Élevé au rang de mémorialiste, il réveille la nostalgie des formules tombées en désuétude dans ces phrases qu'il cisèle comme les chevelures de ses clients. Ainsi revisitée, l'histoire littéraire livre enfin ses secrets : Chateaubriand, l'auteur immense est aussi, dans ses dernières années, un vieux barbon jouisseur effrayé par l'idée de mourir. Et c'est ainsi qu'on l'aime, comme cet élégant roman balayé par les embruns de l'imagination.
Adrien Goetz est notamment l'auteur de
(2004, Prix Roger Nimier, Prix des Deux Magots),
(2007, Prix Arsène Lupin) et
(2009). Biographie de l'auteur

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Je devais découvrir plus tard qu'il avait essayé sur moi ce matin de septembre la dernière phrase des Mémoires d'outre-tombe.

Ou peut-être même l'a-t-il trouvée, cette phrase sublime, ce mot si étrange et bienvenu, hardiment, pendant que je le coiffais, entre les seins de bronze de la Victoire et les bras de la Renommée. Je rêvais en pensant avec quelle audace je l'avais métamorphosé ; il s'était dit, puisque j'y étais allé hardiment, qu'il était prêt, grâce à moi, à paraître devant son Créateur, rasé de frais et les cheveux d'un ange. Ou mieux encore, plutôt que de se soumettre au Jugement dernier, qu'il se sentait capable d'écrire la dernière phrase de son grand livre. Des années plus tard, j'eus le soupçon que cette phrase avait été écrite, en prévision, des années auparavant, et qu'il la sortait comme le duc de B. exhumait le grand collier d'un ordre qu'il n'avait pas porté depuis longtemps sur son uniforme de parade. Son éléphant blanc de Danemark à lui. Je préférais, naïf, en rester à mon idée : j'entrais à peine à son service, il trouvait sa dernière phrase.

J'ai vérifié depuis, la conclusion porte une date, c'est la bonne : 25 septembre 1841, je débutais chez lui, je ne savais pas encore grand-chose des secrets de la maison. Je vous dirai ensuite à quel degré, je n'ose dire d'amitié, mais de confiance, il en est arrivé et comment, en me montrant son coffret sous son lit, il fit de moi le témoin fidèle de ses essais et de ses trouvailles. Le complice de ses dernières terreurs. Un complice qu'il a tout fait pour transformer en assassin.

De mon côté, je gardai mon secret. Notre véritable rencontre, je ne le compris que plus tard, en lisant, ne commença que ce matin-là, quand il trouva devant moi, face à ce miroir tenu par deux femmes, la plus belle fin possible.

III

Je devins pour lui, un peu, comme la servante de Molière. La servante de Molière était celle sur laquelle il essayait ses pièces. Une brave fille du Midi, qui éclatait d'un rire gras. J'étais un bon gars du Nord, avec mon accent un peu effacé et ma réserve. Quand elle riait fort, il maintenait sa réplique ; si elle ne riait pas, il en changeait. Souvent, au fil de ces années, M. de Chateaubriand risquait avec moi quelques-unes des pages dont il prétendait réserver la primeur à M meRécamier, à son salon de l'Abbaye-aux-Bois — malgré son nom bucolique, cette abbaye était à deux pas, rue de Sèvres, où les chanoinesses de Saint-Augustin louaient des appartements. Il s'y rendait à pied, d'une démarche de moins en moins assurée, mais selon un itinéraire qui ne variait jamais et que les habitués du quartier observaient avec un sourire. Tiens, il est en avance, il laisse sa vieille femme pour aller musarder chez sa vieille muse, heureux homme. Ce salon avait été le centre de l'opposition à Louis-Philippe au début de son règne. Avec 1830 avait commencé la monarchie de Juliette. Mais depuis 1840, tout ce beau monde avait vieilli, Chateaubriand s'installait dans un fauteuil, elle sur un divan, et les visiteurs se faisaient moins nombreux, les « lectures » moins fréquentes et moins enthousiastes. Les rideaux bleus avaient passé.

Il me lisait, quand nous étions seuls, ce qui rendait jaloux Pilorge, son premier secrétaire, puis l'autre, qui lui succéda, Daniélo, ces pages magnifiques, d'un ton sec, pour aller vite, sans trop y mettre la voix. C'est à mon sens la meilleure manière de lire. Il se retenait, cela ne me déplaisait pas, je goûtais mieux les mots, le bruit des phrases comme le claquement de mes petits ciseaux, comme des coups de feu. Céleste s'en moquait :

« Vous verrez, quand il lira devant ces dames, les plus illustres noms du Royaume, les pairesses et les duchesses, les frondeuses et les amazones, il devra s'interrompre car il se fera pleurer lui-même, comme à chaque fois. Ses larmes goutteront sur son papier. Il faudra qu'il vous prévienne la veille, Adolphe, afin que vous le décoiffiez en prévision. »

Devant moi, il ne pleurait pas, mais j'eus le privilège d'entendre le premier quelques-unes des plus belles pages que chacun peut lire aujourd'hui dans les Mémoires. C'est un bonheur, qui pour moi excuse tout ce qu'il a fait ensuite, ce que j'ai fait. Des choses moins belles.

Je servis bientôt d'informateur à Chateaubriand. J'étais son espion dans le beau monde, où il ne sortait presque plus. Je l'aidais à assurer la discrétion de ses dernières bonnes fortunes, des retrouvailles avec des comédiennes entrevues autrefois, des rencontres avec quelques grandes dames dont il ne voulait jamais me dire les noms, que je connaissais fort bien. Il voulait que je lui rapporte les potins des Tuileries, les ridicules de la reine Marie-Amélie, si bégueule et pot-au-feu, que j'apprenais par mon collègue Richard, celui qui allait et venait au palais. Céleste faisait mine de ne rien voir, riant sous cape, elle aimait aussi mes ragots. Ils ne purent plus se passer de moi.

Ils s'étaient installés, en 1838, au rez-de-chaussée du vieil hôtel de Clermont-Tonnerre voisin du jardin du couvent des Missions étrangères. Ce n'était pas l'étage noble ; pour les rhumatismes, cela valait mieux. M mede Chateaubriand avait dirigé jusque-là une entreprise de charité babylonienne, un empire de bienfaits impossible à gouverner, une trop vaste et délirante machinerie destinée à faire le bien qui s'était emballée, l'Infirmerie Marie-Thérèse. Tous ces pauvres les avaient presque ruinés et l'archevêque de Paris, avec sans doute beaucoup de sagesse, avait fini par évincer Céleste sans trop de ménagement. Elle se retrouvait, elle qui se croyait venue sur terre pour faire tourner un pensionnat, seule avec ses vertiges et ses faiblesses, à ne régenter que les quelques pièces de leur intérieur, un grand homme de plus en plus malade, son cuisinier Oudot, son valet de chambre François et la femme de chambre. Il faut ajouter Alexis, le garçon qui venait balayer et s'occupait des créatures paradisiaques de la volière, une empestation, c'était toute la maisonnée. Plus Pilorge et Daniélo, qui se succédèrent dans le rôle capital de secrétaire privé. Je m'arrangeais de Pilorge. Je crois que Daniélo ne m'aimait pas. Il se méfiait de moi.

Je devins, dans ces années 1840 qui furent les dernières de sa vie, le Figaro indispensable, qui faisait cohabiter la comtesse — la vicomtesse de Chateaubriand, Céleste, elle m'aimait bien —, une Rosine un peu vieillissante — la muse, c'était Juliette dans son salon avec sa harpe — plus quelques demoiselles grimées en Chérubin. Une surtout, qui arrive bientôt dans mon récit. Celle qui s'appelle Sophie et qui, dans ma tête, pendant que j'écris, s'exerce au piano à interpréter Les Créatures de Prométhée.

Céleste, comme pour le punir, ne l'entretenait que de misères à secourir. Un chapelet de souffrances. Je l'informais de la vie mondaine et je l'aidais aussi à répandre quelques rumeurs soigneusement dosées par lui, chez les grandes dames que je coiffais. Cela l'amusait d'entendre ce que je rapportais de chez la comtesse de Boigne, très louis-philipparde, ou des loges du Théâtre-Français où il n'était question que de M. Hugo. Il se montrait curieux de tout et me disait : « Alors, mon Adolphe, que vas-tu m'apprendre ? »

Je perpétuais ainsi la tradition de mon métier, car nous avons aussi, nous les coiffeurs, nos lettres de noblesse. Le coiffeur, en son habit moderne, est le petit-fils du perruquier et le petit-fils du barbier. Le Page n'est pas armurier, il se dit toujours « arquebusier ». Le coiffeur de nos jours ne se contente plus de voler de-ci de-là, il tient boutique et il reçoit. Nous avons inventé un nouveau métier dans ces années-là, comme lorsque tous les maîtres-queux de l'ancien temps, les Vatel obligés de vivre sans maîtres, parce qu'on avait décapité les princes, ouvrirent à Paris les premiers restaurants. Mais ce que le coiffeur moderne a gardé du temps béni où Léonard venait poudrer Marie-Antoinette, c'est le goût pour le secret, les messages, la propagation des idées et quelquefois des faux bruits. Parmi les belles dames que je coiffais alors, plusieurs étaient prêtes à me donner des fortunes pour posséder une mèche de leur grand homme. J'aurais pu en faire commerce, je m'en suis toujours abstenu. J'avais, pour ce trésor de cheveux, un autre projet, un peu fou. Et un autre secret, qu'il faudra que je dise et qui aujourd'hui me fait honte et me fait mal.

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