Robert Silverberg - Le Livre des Changements

Здесь есть возможность читать онлайн «Robert Silverberg - Le Livre des Changements» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Город: Paris, Год выпуска: 2006, ISBN: 2006, Издательство: J'ai Lu, Жанр: Фэнтези, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Le Livre des Changements: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Le Livre des Changements»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

« Le Livre des Changements » nous narre l'histoire du Prince Furvain. Cinquième fils de Coronal et poète à ses heures, il s'ennuyait ferme. Un jour, il décide de faire un voyage, et est capturé par la bande du brigand Kasinibon. Tandis qu'en captivité, il rêve du long passé de Majipoor, il commence alors à écrire une poésie, plus sérieuse et réfléchie que ces rimes habituelles. Le livre des changements s'avère être une épopée sur l'histoire de Majipoor.

Le Livre des Changements — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Le Livre des Changements», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Il lui arrivait parfois de perdre toute retenue. À présent qu’il maîtrisait ces étranges modes de versification, il noircissait une page après l’autre avec une telle aisance qu’il partait à l’occasion dans des digressions inattendues qui ne faisaient qu’embrouiller et étouffer la trame de l’histoire. Auquel cas, il s’interrompait pour arracher ces feuilles et tout reprendre là où il s’était écarté du droit chemin.

Il n’avait encore jamais revu et corrigé ses écrits. Il assimilait cela à une perte de temps, étant donné que les vers rejetés étaient aussi éloquents et poétiques que ceux qu’il conservait. Mais il finit par estimer que certaines tournures de phrases et recherches de sonorités étaient des fioritures qui détournaient l’attention de la signification profonde de ce récit.

Puis, après avoir mis un point final à l’histoire de Lord Stiamot, Furvain fut surpris de constater que le Divin n’en avait pas terminé avec lui. Sans lui laisser le loisir de s’interroger sur ses actes, il tira une ligne sous le chant de Stiamot pour entamer aussitôt un nouveau poème – en commençant, découvrit-il, au milieu d’une strophe, en plein passage à triple rime – qui traitait d’un événement bien plus ancien, le projet de Lord Melikand d’ouvrir Majipoor à l’immigration d’espèces non humaines afin d’accélérer son peuplement.

Il consacra quelques jours à ce projet puis se surprit à travailler sur une troisième histoire, sans avoir pour autant achevé le chant concernant Melikand. Il parlait à présent du grand rassemblement qui s’était tenu aux Chutes de Stangard, sur la Glayge, là où tous avaient acclamé Dvorn en tant que premier Pontife de Majipoor. Furvain prit à cet instant conscience que sa tâche ne consistait pas simplement à relater les exploits de Lord Stiamot mais à écrire sous forme d’épopée toute l’histoire de son monde.

* * *

Une pensée qui le terrifia. Il ne se considérait pas capable de mener à terme une pareille entreprise. Elle était bien trop importante pour quelqu’un aux capacités aussi limitées. Il pensait toutefois avoir déterminé quelle forme devait prendre cette œuvre pour pouvoir franchir les millénaires séparant l’arrivée des premiers colons de l’époque actuelle, et elle était majestueuse. Elle ne dessinait pas un arc régulier mais une succession d’envolées vertigineuses et de piqués étourdissants, un récit de flux et de transformations, de synthèse constante des opposés alors que les premiers colons idéalistes sombraient dans le chaos brutal de l’anarchie, qu’ils étaient secourus par Dvorn – dispensateur de lois et premier Pontife – puis qu’ils se disséminaient à la surface de cette vaste planète dans le cadre d’une expansion centrifuge encouragée par Lord Melikand. Ils finissaient par construire les grandes cités du Mont du Château, s’aventurer jusqu’aux continents de Zimroel et de Suvrael, se heurter inéluctablement et tragiquement aux Changeformes aborigènes, mener contre eux une guerre consternante mais inévitable sous la conduite de Lord Stiamot, ce chantre de la paix devenu un guerrier qui matait et parquait les autochtones dans une réserve, et ainsi de suite jusqu’à la période actuelle où des milliards d’individus vivaient en harmonie sur le plus beau des mondes.

Il n’existait pas de récit plus prenant, mais était-il qualifié pour l’écrire, lui, Aithin Furvain, un homme au savoir quasi inexistant et à l’âme étriquée ? Il ne se faisait aucune illusion sur son compte. Il se considérait beau parleur, indolent, dissolu ; il était une mauviette qui fuyait ses responsabilités, un individu qui avait tout au long de sa vie cherché la voie de la facilité. Comment aurait-il pu, lui entre tous les hommes, sans autres ressources qu’une intelligence médiocre et la maîtrise de certaines techniques d’écriture, entretenir l’espoir de faire tenir dans un unique poème un thème aussi vaste ? Cela dépassait ses capacités. Il n’y parviendrait jamais. S’il doutait qu’un seul poète en fût capable, il était en revanche convaincu qu’Aithin Furvain n’était pas l’homme de la situation.

Alors qu’il venait d’entamer l’écriture d’un tel récit, s’il était encore maître de la situation. C’était quoi qu’il en soit secondaire car l’œuvre prenait forme, ligne après ligne, jour après jour. On aurait pu parler d’inspiration divine, d’épanouissement d’une chose qu’il avait – sans en avoir conscience – toujours gardée captive au tréfonds de son être. Quel que soit le nom qu’on donnait à cela, il était indéniable qu’il avait déjà écrit un chant complet et des fragments de deux autres, et que chaque jour lui apportait de nouvelles strophes. Que ce poème fût exceptionnel était également incontestable. Il le relisait, encore et encore, en secouant la tête d’émerveillement face à la puissance évocatrice des mots, la musique majestueuse de la poésie, l’élan irrésistible de la narration. Sa splendeur l’emplissait de modestie et de stupéfaction. Il se demandait comment il avait réalisé une chose pareille, et il était saisi d’angoisse à la pensée que sa source d’inspiration pourrait se tarir aussi brusquement qu’elle avait jailli, ce qui l’empêcherait de terminer cette œuvre magistrale.

Bien qu’inachevé, ce manuscrit était pour lui inestimable. Il l’assimilait à un droit d’accès à l’immortalité. Qu’il n’en existât qu’un seul exemplaire l’inquiétait d’autant plus qu’il devait le laisser dans une pièce ne pouvant être verrouillée que de l’extérieur. Il risquait d’être rendu illisible par le renversement accidentel d’un encrier, subtilisé par un voleur jaloux de l’attention que lui portait maître Kasinibon ou encore jeté à la poubelle par un serviteur illettré. Il prit ce qu’il avait déjà écrit et en fit plusieurs copies qu’il dissimula dans les différentes pièces de son logement exigu. Il enfouissait chaque nuit l’original dans le tiroir du bas du meuble dans lequel il rangeait ses effets ; et, quelques jours plus tard, sans trop savoir pourquoi, il prit l’habitude de disposer méticuleusement trois de ses plumes en étoile sur la pile des feuilles terminées afin d’en être aussitôt informé si quelqu’un venait fouiller le tiroir en question.

Ce qu’il put constater seulement trois jours plus tard. Les plumes étaient toujours dans leurs positions initiales, mais sous des angles légèrement différents. L’intrus avait compris leur utilité et s’était donné la peine de les remettre à leur place, sans y réussir tout à fait. Furvain opta ce soir-là pour un autre motif et il releva l’après-midi suivant quelques modifications à peine perceptibles. Il fit les mêmes constatations au cours des deux jours suivants.

L’unique suspect était Kasinibon. Aucun membre de sa bande de hors-la-loi, et encore moins un de ses serviteurs, n’aurait perdu ainsi son temps.

Il pénètre dans ma chambre dès que je m’absente. Il vient lire mes poèmes à mon insu.

Furieux, Furvain partit à la recherche du hors-la-loi qu’il accusa sans détours d’avoir violé l’intimité de ses appartements.

À sa grande surprise, Kasinibon s’abstint de le nier. « Ah, vous l’avez donc constaté ? Eh bien, évidemment ! Je n’ai pu résister. » Ses yeux brillaient de surexcitation. « C’est merveilleux, Furvain. Magnifique ! Cela m’a ému à tel point que je ne sais comment l’exprimer ! Le passage où la prêtresse métamorphe se présente devant Lord Stiamot… lorsqu’elle pleure sur son peuple et qu’il finit par l’imiter…

— Vous n’aviez aucun droit de fouiller dans mes affaires ! s’emporta Furvain.

— Tiens donc ? Je suis chez moi, ici. Je fais ce qui me plaît. Vous m’avez demandé de ne pas vous parler de l’œuvre inachevée et je m’en suis abstenu, il me semble. Ai-je dit un seul mot à son sujet ? Il y a désormais des jours que je lis vos écrits, presque depuis le début. Je suis vos progrès quotidiens et on pourrait presque dire que j’apporte ma modeste contribution à la création de cette œuvre magistrale, dont la beauté me fait venir des larmes aux yeux, mais vous ai-je adressé la moindre suggestion ? Jamais… »

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Le Livre des Changements»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Le Livre des Changements» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Robert Silverberg - Die Gesänge des Sommers
Robert Silverberg
Robert Silverberg - Der Held des Universums
Robert Silverberg
Robert Silverberg - Am Ende des Winters
Robert Silverberg
Robert Silverberg - Une fable des bois véniens
Robert Silverberg
Robert Silverberg - Notre-Dame des Sauropodes
Robert Silverberg
Robert Silverberg - Le roi des rêves
Robert Silverberg
Robert Silverberg - Die Erbschaft des Todes
Robert Silverberg
Robert Silverberg - La saison des mutants
Robert Silverberg
Robert Silverberg - Le temps des changements
Robert Silverberg
Robert Silverberg - La face des eaux
Robert Silverberg
Robert Silverberg - La porte des mondes
Robert Silverberg
Robert Silverberg - Le livre des crânes
Robert Silverberg
Отзывы о книге «Le Livre des Changements»

Обсуждение, отзывы о книге «Le Livre des Changements» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x