Robert Silverberg - Le Livre des Changements

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« Le Livre des Changements » nous narre l'histoire du Prince Furvain. Cinquième fils de Coronal et poète à ses heures, il s'ennuyait ferme. Un jour, il décide de faire un voyage, et est capturé par la bande du brigand Kasinibon. Tandis qu'en captivité, il rêve du long passé de Majipoor, il commence alors à écrire une poésie, plus sérieuse et réfléchie que ces rimes habituelles. Le livre des changements s'avère être une épopée sur l'histoire de Majipoor.

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Il percevait l’Esprit du Divin qui flottait loin au-dessus de ce vaste océan : impersonnel, inconnaissable, infini et omniscient. S’il n’avait ni formes ni caractéristiques, Furvain l’avait malgré tout identifié, ce qui était réciproque. L’Esprit vint effleurer ses pensées et établir des liens entre eux. Et, au cours de cet instant à la fois bref et interminable, le plus beau de tous les poèmes lui fut dicté ; les mots se déversaient en lui tels les flots d’une cataracte qui emportait tout sur son passage, un poème que seul un dieu aurait pu composer, une œuvre qui révélait le sens de la vie et de la mort, du destin de tous les mondes et de tous les êtres qui y vivaient. Ce fut à tout le moins ce qu’il pensa à son réveil, alors qu’il restait allongé et frissonnait, rendu fébrile par la stupéfaction, pour se remémorer la vision qui lui avait été accordée.

Il n’en subsistait rien, pas la moindre bribe à partir de laquelle il aurait pu tenter de reconstituer le reste. Cela avait éclaté comme une bulle de savon pour se dissiper dans les ténèbres. Il avait une fois de plus été en présence d’un poème sublime, à la beauté et à la profondeur incommensurables, juste avant que tout ne lui soit confisqué.

Le songe qu’il venait de faire n’avait cependant pas la même nature que le précédent. Le premier relevait de la plaisanterie cruelle, du quolibet cinglant. Un poème dont il n’avait même pas pu prendre connaissance avait été agité sous son nez, afin de l’humilier en l’informant qu’une œuvre capitale se tapissait quelque part dans les profondeurs de son être mais resterait à jamais inaccessible. Cette fois, il avait vécu le poème en question, ligne après ligne, strophe après strophe, chant après chant, dans son immensité majestueuse. Bien qu’il l’eût perdu au réveil, peut-être réussirait-il à le retrouver. Le premier songe signifiait : Ton talent est privé de substance et tu ne peux écrire que des banalités. Le second lui avait annoncé : Tu as en toi une grandeur divine et tu dois chercher un moyen de l’exploiter.

Bien que cette vision se fût évaporée, Furvain prit conscience qu’il en subsistait un élément, une chose qui paraissait avoir été gravée dans son esprit. Il disposait encore de sa structure, du contenant : la versification, le rythme, la façon de construire les vers en strophes et d’assembler ces strophes en chants. Ce n’était certes qu’une coquille vide, mais elle était toujours là et il pouvait entretenir l’espoir de reconstituer cette œuvre magistrale.

La structure était si singulière qu’il ne risquait pas de l’oublier, mais il prit malgré tout des précautions. Il tendit la main vers sa plume et une feuille vierge pour coucher tout cela par écrit. Plutôt que d’essayer à ce stade de recouvrer ne fût-ce qu’un fragment de ce qui s’annonçait très difficile à recréer, il se servit de syllabes privées de sens pour reproduire sa forme, des mots absurdes qui respectaient le canevas rythmique d’un long passage.

Lorsqu’il eut terminé, il regarda avec surprise ce qu’il venait de coucher sur le papier puis le relut en un murmure, encore et encore, désormais capable d’analyser ce qu’il avait machinalement transcrit de ce souvenir onirique. La construction était effectivement remarquable, mais d’une outrance presque comique. Tout en comptant les syllabes, il se demanda si un poète avait déjà utilisé un rythme compliqué à ce point et s’il était possible d’écrire une œuvre d’une certaine importance établie sur une prosodie aussi extravagante.

Car c’était un prodige de complexité. On n’y trouvait aucun élément de la versification scandée traditionnelle qu’il connaissait si bien : jambes, trochées, dactyles, spondées et anapestes à partir desquels il avait bâti tant de poèmes avec rapidité et aisance. Ces formes classiques étaient si profondément ancrées en lui qu’il donnait l’impression d’aligner les mots sans réfléchir, que ses poèmes étaient le fruit d’un processus d’écriture automatique et non d’un acte conscient. Mais cette structure – il la récitait encore et encore, pour essayer de percer ses secrets – était étrangère à tout ce qu’il savait sur cet art.

Il ne put tout d’abord déceler aucune régularité dans les rythmes, et il aurait été bien en peine d’expliquer la curieuse fascination qu’ils exerçaient sur lui. Mais il prit conscience que la versification de son poème-songe était quantitative, fondée sur la longueur des syllabes et non sur les accentuations, un système qu’il jugea tout d’abord étonnamment arbitraire et irrégulier mais qui, finit-il par découvrir, était d’une souplesse merveilleuse entre les mains d’un individu assez talentueux pour tirer parti de ses finesses. Cela avait presque la puissance d’une incantation ; ceux qui se laissaient captiver par ce sortilège sonore en étaient charmés comme par un maléfice. Le principe des rimes était lui aussi extraordinaire, avec des strophes de dix-sept lignes ne pouvant contenir que trois sonorités différentes, imbriquées dans une structure de cinq couplets internes séparés par un triolet qu’équilibraient quatre lignes paraissant être en prose alors qu’elles s’imbriquaient dans les strophes adjacentes.

Était-il possible d’écrire quelque chose ayant un sens en respectant de telles règles ? Évidemment, conclut-il. Mais quel poète serait suffisamment patient pour s’atteler à une œuvre d’une telle envergure ? Le Divin, naturellement ! Il était, par définition, capable de réaliser n’importe quoi. L’entité omnipotente qui avait créé le monde et les étoiles devait pouvoir venir à bout d’un vulgaire arrangement de syllabes et de rimes. Cependant, qu’un simple mortel ose entrer en compétition avec Lui ne relevait pas du blasphème mais de la pure stupidité. Furvain savait qu’il écrirait trois ou quatre strophes de ce genre, s’il s’y appliquait, peut-être sept qui auraient un vague sens poétique. Mais un chant complet ? Et une série de chants constituant une œuvre épique cohérente ? Non, estima-t-il. Non. Non. Il n’en résulterait qu’un plongeon dans la folie. C’était une certitude. Se lancer dans une pareille entreprise équivaudrait à ouvrir son esprit à la démence.

Il s’agissait néanmoins d’un rêve bien plus beau que le précédent, qui n’avait laissé quant à lui qu’un goût de cendres dans sa bouche. Celui-ci lui démontrait qu’il était – non le Divin mais lui, car sa piété était fragile et il avait l’intime conviction que l’auteur de tout ceci n’était autre que son esprit, et qu’il n’avait bénéficié d’aucune assistance surnaturelle – capable de concevoir un système de strophes d’une complexité inouïe. Il conclut que cela avait toujours été présent au tréfonds de son être pour finir par éclore pendant son sommeil, à la fin d’une interminable gestation. Les tensions et contraintes de sa captivité avaient dû précipiter l’enfantement. Il ne trouvait plus la perspective d’un long séjour dans cette forteresse aussi amusante. Il avait désormais de sérieuses difficultés à considérer ses mésaventures sous un jour comique. La colère que lui inspirait sa captivité, les frustrations, la nervosité croissante : tout cela avait pu altérer les processus chimiques se produisant dans son cerveau et orienter ses pensées vers des voies différentes ; en d’autres termes, ses tourments intérieurs venaient de stimuler de nouvelles facettes de ses talents de poète.

Il n’avait aucun désir de tester le système d’écriture défini pendant la nuit, mais avoir conçu une chose pareille l’emplissait de satisfaction. Cela annonçait peut-être la résurgence de sa capacité de composer de la poésie légère. Il n’aurait pu donner au monde l’impérissable chef-d’œuvre que Kasinibon l’incitait à écrire, mais il serait ravi de rentrer en possession du talent mineur dont il avait bénéficié jusqu’à une période récente.

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