Yves Meynard - Le Livre des Chevaliers

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— Je suis d’accord avec toi, dit Riander. C’était en effet un meurtre ignoble. Indigne d’un chevalier.

Adelrune le dévisagea, interloqué. Il s’était attendu à ce que Riander rejette patiemment les accusations qu’il dirigeait contre lui-même. Cela était-il un stratagème visant à le sortir de son abattement ? Mais il voyait bien que Riander était parfaitement sérieux. Son tuteur reprit la parole.

— Sans vouloir t’insulter, Adelrune, je dois te dire que tu es resté un enfant de la Règle. Tu as conservé tout au long de ton apprentissage la croyance absurde qu’un chevalier doit être sans reproche pour mériter son titre. Je ne vois pas d’où t’est venue cette idée, car je n’ai certainement jamais rien dit de tel. Tu persistes à oublier Sire Ancelin, qui tua une douzaine de ses plus chers compagnons, Sire Actavaron, qui séduisit l’épouse de son meilleur ami, Sire Cobalt, qui mena une vie de vols et de mensonges dans les rues d’Avyona pendant une année entière, et tant d’autres que je ne peux pas les compter.

— Mais…

— On peut être imparfait et quand même bon. On peut avoir commis une faute et quand même être jugé digne. Que croyais-tu ? Que la formation que je t’ai donnée te permettrait de te comporter comme un saint homme en toutes circonstances ? La Règle peut afficher une telle prétention au nom de ses époptes, mais tu sais mieux que personne que ce n’est là qu’un mensonge. Écoute-moi bien : tout le reste de ta vie, tu seras hanté par les décisions que tu auras prises et par celles que tu souhaiteras avoir prises. Sire Lominarch épargna la vie d’Ysalva, qui plus tard détruisit le seul exemplaire restant des Principes Écarlates, par lequel l’Ordre de la Wyverne aurait encore pu être sauvé. Mais s’il l’avait tuée, il aurait été un assassin.

— Ce n’est pas là une juste comparaison, rétorqua Adelrune. Keokle n’aurait jamais pu influencer le cours de l’histoire de cette façon. Et quoi qu’il en soit, Lominarch agit honorablement : il épargna Ysalva plutôt que de la tuer.

— Mais pourquoi l’a-t-il laissée vivre ? Tu ne te souviens pas ? Je t’ai raconté l’histoire : il l’a épargnée parce qu’elle était jeune et jolie, et qu’il bouillait d’envie de coucher avec elle. Sa miséricorde ne venait ni de sa tête ni de son cœur, mais bien de son sexe. D’où est venu ton jugement du fabriquant de jouets, Adelrune ? Du plus profond de toi-même. Tu n’as pas réfléchi ; tu n’as ressenti nulle pitié, mais seulement de la colère. Tu as eu tort de le tuer, mais je ne peux croire que les choses auraient pu se passer autrement. Si j’avais été à ta place, je l’aurais castré avant de l’exécuter. J’aurais été encore davantage dans mon tort ; mais je ne suis pas plus irréprochable que toi.

Adelrune détourna le visage.

— Cela ne suffit pas, dit-il. Dites-moi ce que je suis tant que vous voudrez ; moi, je sais ce que je ne suis pas.

— Un jour, il y a bien longtemps, Sire Aldyve entra dans une auberge de l’autre côté du monde, et on lui demanda, comme à tous les nouveaux venus, d’expliquer qui il était. Après une heure entière, il n’avait pas encore fini de décrire tous les aspects de son être, aussi le réduisit-on au silence en lui enfournant une saucisse dans la bouche. Il paraît qu’on l’entendit remarquer par la suite : « Que m’auraient-ils donc fait s’ils m’avaient demandé de leur dire ce que je n’étais pas ! »

Adelrune sourit, amusé malgré lui.

— Je vous soupçonne, dit-il, d’avoir inventé cette histoire à l’instant même.

— Aldyve se comprenait lui-même mieux que tu ne te comprends. Moi, je te comprends, Adelrune ; oserais-tu le nier ? Je sais tout ce que tu es. Le talent de mon vieil ami survit en moi ; quand tu t’es présenté à ma porte, en ce jour du début du printemps, j’ai pu voir jusqu’au tréfonds de ton âme. Je savais ce que tu promettais de devenir. Et tu as rempli tes promesses, toutes tes promesses, les noires comme les blanches.

Adelrune mit une main devant ses yeux ; une larme s’échappa d’entre ses doigts.

— Je souhaiterais ne pas l’avoir tué, dit-il. Il méritait d’être puni, mais le châtiment que je lui ai infligé était excessif.

— C’est vrai. Mais tout comme j’ai volontiers pardonné sa faiblesse à Lominarch, je te pardonne la tienne. Sois sûr d’une chose : que tu croies ou non au destin, de par ta vocation même, il est certain que plus d’une occasion de te racheter se présentera à toi dans l’avenir. Mais même si tu libères mille prisonniers, même si tu répares mille injustices, tu ne pourras jamais défaire ce que tu as fait. Et tu ne seras jamais vraiment pardonné si tu ne te pardonnes pas à toi-même.

Adelrune retira sa main de devant ses yeux, hocha la tête.

— Vous avez raison, admit-il. Mais je persiste à croire que tout aurait été mieux si j’étais resté à Faudace. Si je n’avais jamais lu le Livre des Chevaliers. De cette manière, je n’aurais pu faire le mal.

— Il est trop tard pour de tels regrets. Adelrune de Faudace, moi, Riander, ton précepteur, je te le dis solennellement : tu es un chevalier, à partir de cet instant. Agenouillez-vous, Sire Adelrune, que vous puissiez être adoubé selon les convenances.

Adelrune, vaincu, s’agenouilla. Riander le frappa sur les deux épaules avec une force terrible. Momentanément aveuglé par la douleur, il entendit Riander lui ordonner de se relever.

— Sire Adelrune, au cours de vos épreuves, vous avez obtenu votre armure, votre bouclier, votre arme et votre monture. Votre formation est de ce fait terminée. À partir de maintenant, vous êtes le Chevalier Adelrune de Faudace.

Adelrune inclina la tête pendant un long moment. Riander reprit la parole, d’un ton de voix normal.

— Je n’ai jamais été aussi fier d’un de mes élèves. Ne peux-tu pas te permettre de ressentir un peu de cette fierté ?

Adelrune leva la tête.

— Je pensais à l’histoire de Sire Aldyve. Elle est pleine d’enseignements. Comme toujours, vous êtes encore plus sage qu’on ne pourrait l’espérer.

Après une pause, il continua :

— Oui. Oui, je ressens un peu de votre fierté. J’ai souhaité toute ma vie être chevalier. Peut-être qu’au fond, après cette longue attente, j’avais peur que cela ne m’arrive. Ce n’est pas exactement ce que je m’étais imaginé ; sans doute en est-il toujours ainsi. Mais dites-moi une dernière chose : que vais-je faire maintenant ?

Riander eut un sourire tandis qu’il prenait Adelrune par le bras et l’emmenait vers l’extrémité de la pièce.

— Le monde est immense. Il est plein de gens, plein d’actions d’éclat, de batailles et de magie. Où que tu ailles, le monde t’attendra. Il y a un millier d’injustices à réparer, un millier de batailles auxquelles se joindre – ou à prévenir ; un millier d’histoires à écrire. Tu n’es plus lié par aucune Règle, mais seulement par le mystère du monde lui-même.

Ils avaient atteint l’avant du salon sans fin. Le soleil s’était couché et la combe tout entière était noyée dans l’ombre. À ce moment, on frappa à la porte. Riander alla ouvrir et vit un garçon de peut-être seize ans, vêtu d’un surcot de mailles en loques trop grand pour lui, qui devait dater d’au moins un siècle. Le garçon étreignait un rouleau de parchemin.

— Vous… vous êtes bien Riander, messire ? Je me nomme Thybalt. Je veux devenir chevalier. Le Livre disait que vous exigez une liste d’actes d’éclat. La voici. Si vous voulez bien la lire…

Riander prit le parchemin, le lut attentivement, du début à la fin, par trois fois. Puis il regarda le garçon qui tremblait sur le seuil de sa porte.

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