Yves Meynard - Le Livre des Chevaliers

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« Comme le bateleur l’avait promis, elle est devenue vivante. C’était une vraie jeune fille, presque aussi grande que moi, tiède et douce, et jolie, si jolie… Je l’ai aimée alors. Peux-tu me croire ? »

Keokle releva le regard pour croiser celui d’Adelrune. Il haussa encore le ton ; sa voix devenait rauque. Adelrune l’écoutait sans sourciller, même s’il était secoué par un tumulte intérieur.

— Crois-moi, je l’ai aimée. Je n’avais jamais aimé une femme auparavant, mais je l’ai aimée dès que je l’ai vue. Et elle me regardait avec la même expression que la compagne du bateleur avait eue. Elle était mienne.

« Je l’ai prise ; je ne pouvais pas attendre. C’était encore plus merveilleux que tout ce que j’avais pu imaginer. Et quand j’ai été rassasié… je l’ai ramenée à son état initial, comme le bateleur m’avait montré. Tu comprends, c’était beaucoup plus facile comme ça. Je pouvais me concentrer sur mon travail ; elle n’attirait pas l’attention. Quand je me sentais seul, je l’amenais à la vie, et nous nous donnions du plaisir. Après quoi, elle redevenait une poupée. Ça ne la dérangeait pas : elle me l’a dit elle-même.

« J’ai été très heureux pendant longtemps. Mais alors quelque chose s’est passé ; une nuit, après que nous nous soyons aimés, quand j’ai voulu la faire redevenir un jouet, le sort n’a pas fonctionné. J’ai cru que j’avais oublié une syllabe ; j’ai recommencé, mais j’ai échoué une nouvelle fois. Je me suis mis à craindre que la magie se soit épuisée, ou que j’aie perdu mon talent d’enchanteur. Ce n’était pas ça du tout. Après quelques mois, quand son ventre a commencé à s’arrondir, j’ai enfin compris. Le charme pouvait ramener un être à son état antérieur, mais pas deux. Je n’aurais jamais cru que je pouvais la féconder ; après tout, ce n’était qu’une poupée. Mais cela s’était bel et bien produit ; elle était enceinte.

« Durant toute sa grossesse, je n’ai eu d’autre choix que de la dissimuler chez moi. Elle était devenue… très encombrante. Elle avalait des quantités prodigieuses de nourriture et elle ne cessait de piquer des crises de colère. Je ne pouvais jamais la contenter. Elle n’était plus la jeune femme douce et docile qui partageait ma couche avec joie. Sans aucune raison, elle se mettait à m’invectiver ou éclatait en sanglots. J’avais beau essayer de lui faire comprendre que personne ne devait soupçonner qu’elle se cachait chez moi, parce que cela aurait attiré des ennuis sans fin, elle n’en criait que plus fort.

« Une fois, le Didacteur Mornude est venu me voir ; il prétendait que ce n’était qu’une visite dominicale, mais je savais qu’il croyait que je cachais quelqu’un chez moi. Heureusement, j’avais pu mettre la main sur de la poudre d’herbe-à-sommeil. Une cuillerée dans un verre d’eau chaque matin, et ma compagne restait tranquille pour le reste de la journée. Le Didacteur Mornude n’a rien vu ni entendu de suspect, et il est reparti rassuré.

« Elle a enfin fini par accoucher. Ce fut plutôt bref, et moins malpropre que je ne l’avais craint. J’étais sûr que tu ne serais pas viable, au mieux gravement difforme. Mais tu paraissais bien proportionné et en bonne santé. J’ai coupé ton ombilic avec un burin et je l’ai attaché solidement. J’avais donné assez d’herbe-à-sommeil à ta mère pour qu’elle s’endorme aussitôt le placenta expulsé.

« Je ne pouvais pas attendre plus longtemps : j’ai invoqué l’enchantement de transformation, et elle est retournée sans encombre à la forme d’une poupée. Je t’ai enveloppé de langes pour que tu sois bien au chaud et je me suis rendu au temple le plus proche. Il était minuit passé ; il n’y avait personne dans les rues de Faudace. Je t’ai déposé sur le pas de la porte, j’ai sonné à toute volée et j’ai couru me cacher. Un Recteur a ouvert la porte et après une seconde il est rentré en te tenant dans ses bras ; alors je suis revenu à ma boutique. »

Keokle eut une brève quinte de toux. Il s’essuya les yeux et reprit.

— Je l’ai laissée sous sa forme de poupée pendant longtemps : presque une année complète. J’avais besoin de calme et de silence, d’une maison vide à part moi-même. Je m’affairais à fabriquer mes jouets. Je me suis remis lentement. À la longue, j’ai fini par me sentir de nouveau seul. Aussi, je l’ai ramenée à sa forme de femme.

« De son point de vue, il ne s’était passé que quelques instants. Elle t’a réclamé. Je lui ai expliqué ce qui t’était arrivé : tu avais été adopté par Harkle, le maçon, et sa femme. Elle a demandé à te voir. Je lui ai expliqué que ce n’était pas possible, pas même raisonnable. Je lui ai rappelé que c’était moi qui l’avais façonnée et qu’elle était mienne. Elle s’est mise à pleurer ; je l’ai suppliée d’arrêter. Je lui ai dit à quel point je l’aimais. Et je le lui ai prouvé ; j’étais resté solitaire trop longtemps, et je ne pouvais pas me retenir.

« Quand j’ai eu fini, elle avait cessé de pleurer. Elle m’a caressé et embrassé. Elle était redevenue tendre. Elle voulait aller à la cuisine, pour manger et boire un peu. Elle m’a promis qu’elle ne ferait plus de bruit. Je me sentais tellement soulagé, tellement heureux de savoir qu’elle était de nouveau comme avant. Je l’ai serrée dans mes bras, je l’ai embrassée fougueusement.

« Nous sommes descendus au rez-de-chaussée. Nous venions de nous asseoir quand elle m’a demandé ses pantoufles ; elle les avait oubliées dans ma chambre et elle avait froid aux pieds. Je suis monté les chercher.

« Pendant que j’étais à l’étage, elle a pris un couteau dans un tiroir et s’est ouvert la gorge. Elle avait promis qu’elle ne ferait plus de bruit, et elle a tenu parole. Je ne l’ai même pas entendue tomber. Peut-être qu’elle s’est allongée sur le sol avant de se tuer.

« Quand je suis revenu, je l’ai trouvée gisant dans une mare de sang. Elle se débattait encore, mais à peine. C’était comme une marionnette dont les fils se seraient emmêlés. Je ne pouvais rien faire. Tu comprends, n’est-ce pas ? Tu dois comprendre. Il n’y avait rien à faire : la coupure était si profonde que sa gorge béait comme une seconde bouche. Personne à Faudace n’aurait pu la secourir.

« Alors j’ai pris la décision qui s’imposait. Je l’ai ramenée à la forme d’une poupée. J’ai épongé tout son sang, je me suis assuré que la pièce soit propre et nette. Je ne m’étais pas rendu compte qu’il y avait des larmes et du sang sur le visage de la poupée. J’ai bien tenté de les essuyer, mais on aurait dit que c’était devenu un genre de vernis sur la porcelaine : rien ne pouvait les enlever. Le cou était fêlé presque de part en part, mais avec un peu de soin, la tête resterait attachée au corps.

« Après tout cela, je me suis amendé. J’avais enfin compris l’avertissement du cinquante-huitième Précepte : “ Tu ne t’égareras point sur le chemin de la sorcellerie, car par les arts magiques tu mettras ton âme en péril. ” J’ai enfermé les feuillets dans un coffre et j’ai juré de ne jamais plus utiliser la magie animatrice. J’ai gardé la poupée par-devers moi, afin de ne jamais oublier mon échec. D’habitude, je l’assois dans mon atelier pour qu’elle puisse me regarder travailler. Parfois je la dépose sur une étagère dans cette pièce-ci, pour qu’elle puisse voir par la fenêtre. Bien sûr, je prends soin qu’elle ne soit pas remarquée par les passants.

« Je lui parle souvent, tu sais. J’ai eu de longues conversations avec elle, et je crois avoir beaucoup appris. Je sais en tout cas que ce qui s’est passé n’était pas ma faute. Elle était viciée, d’une manière ou d’une autre. Sans doute que ma maîtrise de la magie était insuffisante ; peut-être que le Divin est intervenu dans l’enchantement afin de m’apprendre une dure leçon. Elle était viciée, et c’est pour cela qu’elle a contrevenu au quatre-vingt-dixième Précepte et mis fin à ses jours… »

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