Yves Meynard - Le Livre des Chevaliers
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Keokle s’était perché sur un haut tabouret ; il avait baissé le regard sur ses doigts qui s’entrelaçaient nerveusement.
— Quand j’ai fabriqué ta mère, commença-t-il à voix basse, quand je l’ai façonnée de porcelaine, de bois, de tissu, de cheveux de bébé, je n’avais pas de mauvaises intentions. Le cinquante-huitième Précepte nous met en garde contre la sorcellerie en général, mais il y a des exceptions. Saint Pancratus, après tout, usa bel et bien d’un enchantement pour abriter sa maisonnée durant la Guerre des Flammes, comme le Didacteur Kottin nous l’apprend dans ses Commentaires. De même pour le Didacteur Renuil, qui, selon deux sources indépendantes et dignes de foi, possédait des connaissances approfondies en sorcellerie.
« Et puis, au début, ce n’était vraiment rien d’autre qu’une poupée. La meilleure poupée, la plus jolie, que j’ai jamais façonnée. Pendant des semaines je me suis contenté de l’asseoir sur une étagère au-dessus de mon lit et de la regarder. Quand la lumière tombait sur elle d’une certaine façon, elle avait l’air d’être vivante. Il n’y avait rien de mal à cela, rien de mal à simplement se l’imaginer vivante, n’est-ce pas ? »
Keokle avala sa salive avec bruit. Adelrune, stupéfait, restait debout à l’écouter en silence, immobile, la tête vidée de toute autre pensée. Le marchand de jouets continua.
— Mais alors il y a eu les sorts du bateleur. L’homme est passé par Faudace il y a quinze ans. Je suis allé voir son spectacle. Il se déplaçait dans une roulotte de bois miteuse peinte en blanc et bleu, et ses tours – franchement, ses tours étaient pitoyables. Il arrivait à peine à jongler avec quatre balles à la fois ; quand il essayait de cracher le feu, il ouvrait trop grand la bouche, et le naphte lui dégoulinait le long des joues. Il était toujours sur le point de mettre le feu à ses vêtements.
« Je l’avoue, c’est à cause de ses assistantes que j’étais venu au spectacle. Je n’étais sans doute pas le seul dans ce cas. Tu comprends, il avait deux jeunes femmes avec lui, belles, jeunes et agiles. Elles avaient de ces façons de caracoler et de faire des cabrioles, elles se tenaient l’une sur les épaules de l’autre… Ce n’est pas un tort d’admirer les femmes ; le Didacteur Otterlène affirme qu’un sain désir est la base solide d’une famille.
« À la fin du spectacle, je suis allé parler au bateleur. Les deux jeunes femmes se tenaient juste à côté de lui ; je pouvais sentir la chaleur de leurs corps, flairer leur sueur. Ça m’étourdissait. Il m’a dit qu’il avait remarqué à quel point je prêtais attention au spectacle. Il a fait une plaisanterie à mes dépens, au sujet de moi et de ses filles, et tous les trois ont éclaté de rire. J’ai ri aussi, même si la plaisanterie était cruelle, parce que les jeunes femmes avaient de si beaux rires.
« Il m’a regardé soudain d’une drôle de manière, et il m’a dit qu’il avait peut-être quelque chose de spécial pour moi, si j’étais prêt à payer le prix. Je croyais qu’il m’offrait de partager le lit d’une des deux jeunes femmes pour la nuit. Je lui ai répondu qu’il n’en était pas question ; la Règle interdit aux femmes de vendre leur corps et aux hommes de les acheter.
« Tous les trois ont ri de moi une deuxième fois. Je me souviens… je me souviens de ce qu’une des filles, la plus blonde, a dit : « Gros bêta, je ne coucherais jamais avec toi, même si tu m’offrais tous les trésors du monde ! Je suis à lui, et à lui seulement. Il m’a faite comme ça. » Et elle a regardé le bateleur avec une expression qui tenait autant de la dévotion que de la possession… J’ai su qu’elle disait la vérité.
« Il m’a parlé de ce qu’il avait dans la roulotte. Des pages arrachées à un livre de sorts. Elles contenaient six enchantements. De la magie sympathique. Il s’était servi du sixième, par deux fois, pour façonner ses filles, pour donner à une matière inerte une semblance humaine. Il a dit qu’il les avait créées à partir de marionnettes ; et qu’elles étaient restées des marionnettes en réalité. »
Keokle s’épongea le front. L’histoire coulait de ses lèvres de plus en plus vite ; son regard était perdu dans le vague.
— J’ai refusé de le croire ; je pensais qu’il se moquait de moi. Mais il m’a prouvé le contraire. Il nous a fait rentrer dans la roulotte et il a fermé la porte. Puis il a prononcé des mots tandis qu’il touchait la fille blonde. Je l’ai vue, elle, et j’ai vu une poupée, ensemble dans le même espace, et puis il n’y a plus eu que la poupée. Ce n’était même pas une jolie poupée. Je pouvais faire cent fois mieux. Je me souviens que c’était à cela que je pensais tout ce temps : J’aurais pu faire bien mieux.
« Il m’a montré les pages dont il parlait. Du vélin épais, taché, encré de violet et d’argent. Il était prêt à me laisser les copier, si je payais. Il n’a pas demandé autant que j’aurais craint. Il a dit qu’il me faisait une faveur, que rares sont les gens qui ont des aptitudes pour la sorcellerie et qu’il avait senti le talent qui sommeillait en moi. Il a parlé d’autres choses encore, de la fraternité des magiciens, et je ne sais quoi d’autre : je n’écoutais pas vraiment. Durant tout son discours, je n’arrêtais pas de toucher la poupée qui avait été une femme une minute plus tôt. Quand il a eu terminé, quand il a su qu’il m’avait ferré, il m’a laissé prendre la poupée et l’asseoir sur mes genoux. Puis il a récité le sort à l’envers, et la jeune femme blonde est réapparue, assise sur moi. Elle était chaude et lourde, et son odeur m’emplissait les narines…
« Je suis allé chez moi chercher l’argent et je suis revenu à la roulotte après la tombée de la nuit. Je ne me suis jamais inquiété du sort que le bateleur me réservait ; je ne m’imaginais pas qu’il avait pu me tendre un piège, que lui et ses filles avaient projeté de me battre et me détrousser – la seule chose que je craignais, c’est qu’ils soient partis avant mon retour. Mais ils étaient encore là. Le bateleur m’a emmené dans sa maison sur roues ; je lui ai donné mon argent. Il a sorti les pages d’un coffre, les a placées sur un petit bureau. Il a allumé une bougie et m’a dit que je devais terminer avant que la bougie n’ait complètement brûlé. Je n’ai pas protesté ; je me suis mis au travail sans perdre une seconde. J’ai terminé juste avant que la flamme se noie dans sa propre cire. Le bateleur m’a ouvert la porte. J’avais les yeux usés par ma tâche : je ne voyais presque plus mon chemin dans l’obscurité. Derrière moi, j’entendais le bateleur parler dans la roulotte. J’ai entendu le rire entrecoupé d’une femme…
« Je suis parvenu à rentrer chez moi, en cachant les pages magiques sous ma chemise. Pendant des semaines, je les ai laissées au fond d’un coffre, sans les lire – je n’avais pas pu prendre le temps de saisir le sens de ce que je copiais. Entre deux commandes spéciales, je m’affairais à façonner une nouvelle poupée. J’ai pris tout mon temps, je me suis servi des meilleurs matériaux auxquels j’avais accès. Elle était si belle… Jamais je n’ai été plus fier de mon œuvre. J’ai toujours eu beaucoup de talent.
« Mais je ne pouvais pas éternellement l’admirer telle qu’elle était. Je devais essayer la magie du bateleur. J’ai fini par ressortir les pages du coffre et j’ai commencé à les étudier. Les sorts n’étaient pas faciles à utiliser, ni à tester. Je les ai mémorisés, je me suis entraîné à les invoquer. Je ne pouvais pas savoir si je m’y prenais correctement, mais je sentais une puissance qui s’éveillait en moi quand je prononçais les mots à voix haute. Finalement, je me suis senti assez confiant pour essayer le sixième sort, le charme d’animation que le bateleur avait utilisé. J’ai pris la poupée sur son étagère, je l’ai déposée sur le lit et j’ai invoqué la magie.
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