Yves Meynard - Le Livre des Chevaliers

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Il leva haut le bras ; la lame tachée de la dague brillait à son poing.

— Non ! Rappelle-toi le premier Précepte de la Règle ! cria Keokle. Tu ne commettras point…

Adelrune lui enfonça sa dague dans la gorge.

Il ne coula pas beaucoup de sang. Le fabriquant de jouets, projeté contre le mur par la force du coup, resta immobile pendant un moment, puis s’effondra. Du bout du pied, Adelrune le tourna face vers le haut ; seul le pommeau de la dague émergeait de la chair de Keokle. Ses yeux étaient révulsés ; un mince filet écarlate coulait du coin de sa bouche jusque dans ses cheveux.

Adelrune tomba à genoux à côté du cadavre et laissa échapper un long gémissement. Il crut, pendant un instant, qu’il allait mourir à son tour, que l’horreur arrêterait son cœur de battre ; puis qu’il allait retirer la dague et ouvrir sa propre gorge.

Mais il resta prostré, immobile, la tête enfouie dans ses bras, attendant que le tourbillon de ses pensées se calme, qu’il redevienne capable de trouver un sens à ce qui lui arrivait. Il feuilleta le Livre des Chevaliers en imagination. Le septième chapitre racontait l’histoire du premier combat de Sire Oldelin. Il avait occis un brigand qui avait terrorisé la campagne par ses pillages et ses viols. Le brigand avait presque réussi à empaler Sire Oldelin sur sa lame empoisonnée, mais en fin de compte le chevalier avait tué son adversaire.

Un groupe de bûcherons avait croisé Sire Oldelin en train de creuser une tombe pour le brigand, les joues baignées de larmes. Ils avaient répandu la nouvelle aux alentours, émerveillés par la grandeur d’âme du chevalier : alors même que les blessures causées par la lame empoisonnée lui arrachaient des larmes de souffrance, il avait célébré le rite funéraire dans ses moindres détails, allant même jusqu’à creuser une tombe assez large pour un noble. La vérité, telle que le révélait le Livre, était que Sire Oldelin éprouvait un tel remords qu’il avait projeté de coucher son propre cadavre à côté de celui de son ennemi, et il aurait mené son plan à exécution s’il n’avait été surpris par l’arrivée des bûcherons.

Riander avait évoqué le sujet plus d’une fois – mais Adelrune ne pouvait endurer de se remémorer les leçons de son tuteur. Il s’était montré indigne de son enseignement. Quelle importance cela avait-il de savoir si tous les chevaliers ressentaient un tel tourment la première fois qu’ils tuaient ? Un vrai chevalier n’aurait jamais tué Keokle.

Après un long moment, les affres du remords d’Adelrune refluèrent quelque peu. Il trouva la force de se relever. Il lui fallait terminer sa quête, toute dénuée de signification qu’elle fût.

La poupée était toujours assise dans son fauteuil ; son regard aveugle semblait l’accuser. Adelrune s’approcha d’elle en titubant et la prit dans ses bras. Il fut surpris de constater à quel point elle était lourde ; elle lui parut plus grande qu’il ne l’avait d’abord cru. Sa tête s’appuyait contre son épaule, ses yeux maintenant fermés, comme si elle ne faisait que dormir. Du sang avait commencé à sourdre de l’entaille à son cou. La porcelaine et le bois dont elle était faite changeaient, devenaient chair. De seconde en seconde, elle était plus grande et plus lourde.

Il la porta jusqu’à l’avant de la boutique.

— Je vous demande pardon, murmura-t-il à l’oreille du cadavre, d’une voix éteinte. Je suis arrivé trop tard.

— Tu n’as rien à te faire pardonner, dit une voix sur sa gauche.

Adelrune sursauta, jeta un regard aux alentours : qui donc avait parlé ? Il remarqua une poupée sur une étagère, dont les cheveux bruns bouclés étaient ramassés à l’arrière. Elle ressemblait à Sawyd. Et c’était de fait la voix de Sawyd qu’il avait entendue.

La poupée parla de nouveau.

— Tu n’as rien à te reprocher. Elle est morte quand tu étais encore aux langes. Comment aurais-tu pu la secourir ?

— Que se passe-t-il ? s’écria Adelrune, le corps secoué de frissons.

Une marionnette à fils prit la parole. Elle était tout habillée de gris, et Adelrune crut reconnaître sur la tête de bois sculpté les traits du magicien gris.

— Il y a plusieurs explications possibles. Keokle est mort : peut-être que la magie qu’il possédait a été brusquement libérée et se répand maintenant de manière incontrôlée à travers son domicile, avec des effets apparemment miraculeux. Cela expliquerait le retour de ta mère à sa forme humaine, quoique le contact de ta chair et de ton sang, qui sont aussi les siens, pourrait suffire en théorie à déclencher la métamorphose, par le principe de contagion. Une autre explication, peut-être plus probable, serait que les épreuves que tu viens de traverser ont altéré ta raison, de sorte que tu vois des choses qui n’existent pas. Il se peut bien sûr que ni l’une ni l’autre de ces hypothèses ne décrive correctement la réalité.

Une marionnette habillée d’hermine se redressa et parla avec la voix du roi Joyell.

— Qu’importe l’explication finale ? Tu as enfin rempli la tâche que tu t’étais assignée. Ta quête est accomplie.

— Pouvons-nous en être sûrs ? Je crois pour ma part qu’il a tout gâché, tout détruit, dit une voix desséchée, venant d’un morceau de velours noir déchiré, cousu de petits rubis de strass, accroché à une patère sur le mur.

— Adelrune, dit Jarellène, sa tête de bois couronnée de cheveux blond foncé émergeant d’entre les jouets qui encombraient une étagère basse, ne nous écoute pas. Quitte la boutique et mets un terme à tout cela. Tu as libéré ta mère, libère-toi maintenant.

— Jarellène…

— Je ne suis pas Jarellène. Si jamais tu as aimé celle qui portait ce nom, va.

Adelrune sortit de la boutique. Le cadavre pesait de plus en plus lourd dans ses bras. Des passants le remarquèrent et poussèrent des cris de stupeur et d’indignation. Il ne leur prêta aucune attention, descendit la rue jusqu’à la place du marché. Il demanda au vendeur de bois de délier ses fagots ; l’homme, après un coup d’œil à ce qu’Adelrune transportait, obéit d’un air hébété.

Adelrune posa le corps sur les fagots ; il lissa la jolie robe bleue garnie de dentelle au col et aux poignets, redressa les membres. Le sang qui avait coulé de la gorge ouverte avait taché la dentelle ; Adelrune replaça la tête pour refermer la blessure béante. Puis, de la nappe rose qu’il portait encore attachée à sa ceinture, il sortit la scytale et l’enroula autour de l’os. Les lettres argentées brillèrent, épelant cinq mots. Le bois prit feu avec un grondement sourd : des flammes s’élevèrent, clairement visibles même à la lumière du jour. Puis Adelrune jeta la scytale et l’os au cœur du brasier, et avec un hurlement strident une colonne de flammes s’éleva à vingt pieds de hauteur. Les quelques curieux qui l’entouraient s’enfuirent.

Adelrune resta immobile face au brasier, malgré la chaleur surnaturelle qui cuisait sa chair encore plus que le souffle d’une forge, fixant les flammes d’un regard qui ne cillait pas, même si leur lumière rivalisait avec celle du soleil, attendant que le bûcher funéraire de sa mère se soit complètement consumé.

Enfin, il se détourna. Derrière lui ne restaient que des cendres d’un gris argenté, que la brise matinale emportait. Il sortit sa bourse, jeta deux pièces sur le sol, pour payer le bois.

Il revint à la boutique de jouets, rentra à l’intérieur. Les marionnettes en rangées contre les murs demeuraient silencieuses et immobiles. Dans l’arrière-boutique, le cadavre gisait toujours sur le dos ; son sang avait cessé de couler. Adelrune ramassa son bouclier et sa lance.

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