Yves Meynard - Le Livre des Chevaliers
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Le troisième jour, il atteignit les collines. Il mit pied à terre pour réduire le fardeau de sa monture. Tous deux gravirent les côtes en zigzaguant, choisissant toujours le chemin le plus facile. Adelrune avait laissé son esprit se vider presque complètement, comme la première fois qu’il était venu ici. Maintenant, comme naguère, il fuyait le souvenir d’une chose terrifiante. Mais cette fois-ci, ce qui le terrifiait était en lui-même ; quoi qu’il fasse, il ne pouvait y échapper indéfiniment.
Au coucher du soleil, il arriva enfin en vue de la maison de Riander. Il mena Griffin jusqu’au fond de la petite combe, jusqu’à la porte de la maison de briques roses. La moitié du bâtiment était plongée dans l’ombre, l’autre moitié était teintée de couleur pêche par le soleil couchant. Adelrune alla frapper, mais la porte le reconnut et s’ouvrit de son propre chef.
Il entra. La maison était restée la même, remous immuable dans le flot du temps. Les pièces s’étendaient à l’infini. Riander restait introuvable. Adelrune marcha le long du salon, finit par atteindre la galerie de portraits et il y trouva enfin son tuteur, occupé à terminer un tableau. Il s’approcha en silence, non pas parce qu’il ne voulait pas être entendu, mais parce qu’il n’osait faire le moindre bruit.
Et alors il vit que c’était lui que Riander peignait. Il ne put réprimer une exclamation de surprise ; Riander sursauta, le vit, laissa tomber ses pinceaux, poussa un cri de joie et le serra dans ses bras. Adelrune frissonna violemment dans l’étreinte de son tuteur, se débattit. « Laissez-moi ! » supplia-t-il, et Riander le libéra.
Adelrune s’assit sur le sol, recroquevillé et tremblant. Au bout d’un moment, il leva la tête et examina le portrait. Riander s’était accroupi à ses côtés ; son visage exprimait le souci.
Sur le mur, Adelrune était représenté devant un arrière-plan, en teintes sombres, d’arbres entrelacés ; il portait l’armure de l’Owla, le bouclier de Sawyd et la lance de Kadul. La gemme bleue du pommeau de sa dague brillait à sa ceinture.
— Vous saviez, dit-il en se tournant vers Riander. Vous saviez ce qui allait se passer…
— Non. Pas dans le sens où tu l’entends. Je ne pouvais pas savoir à l’avance ce qui t’arriverait. J’étais sincèrement convaincu que tu reviendrais après une semaine, deux au plus. Je n’aurais jamais pu prédire ce qui s’est passé. J’ai pu peindre ce tableau parce que tes voyages me parvenaient en rêve ; ce que je t’ai pris nous garde liés jusqu’à un certain point.
Riander secoua la tête, l’air affligé.
— Je me suis beaucoup inquiété. Aucun autre de mes élèves n’a jamais été mis aussi durement à l’épreuve.
— Une épreuve à laquelle j’ai échoué. Riander, vous devez effacer ce portrait immédiatement. Je ne suis pas un chevalier. J’ai honte qu’il m’ait fallu tant de temps pour le comprendre.
Riander se leva, son visage affichant de l’incrédulité mêlée à une autre émotion. Adelrune se sentit trop gêné de rester assis sur le sol ; il se releva péniblement, refusant la main tendue de Riander.
— Comment peux-tu donc ne pas être un chevalier ? demanda Riander quand son élève fut debout. Le roi à bord du Vaisseau de Yeldred t’a adoubé dans les règles.
— Joyell était dément ! Que peut vouloir dire pour moi d’être adoubé par un tel homme, un homme que je me suis empressé de trahir en détruisant tous ses rêves ? Et de toute façon… de toute façon, la formation de ses chevaliers était insuffisante, leur titre n’était qu’honorifique. La chevalerie de Yeldred n’est pas la vraie chevalerie.
— Tu juges donc que Sa Majesté Joyell n’était pas digne de te prononcer chevalier. Mais y a-t-il donc quelqu’un d’autre qui le soit ?
— …Vous, bien sûr. Mais…
— Et si je te disais, moi, que tu es un chevalier ?
— Ha ! Mon tuteur ne serait pas aussi sot !
— Pourquoi est-ce une sottise ?
Adelrune ne répondit pas. Il examinait le tableau, et voyait maintenant que les arbres noueux et le feuillage cachaient des formes. Il pouvait distinguer des visages familiers : il reconnut Joyell, Madra et Kodo…
Riander reprit la parole. Il demanda doucement :
— Dis-moi, Adelrune, pourquoi ce serait une sottise de ma part de juger que tu es un chevalier.
— Vous n’avez donc pas vu ce qui s’est passé ?
— Si ; tout. Y compris ce qui t’est arrivé à Faudace.
— Et vous posez encore la question ?
Riander hocha la tête.
— Alors, commencerons-nous par les raisons mineures ? demanda Adelrune d’une voix tremblante. Si vraiment vous voulez tout entendre, fort bien. Je ne suis pas un chevalier, je n’ai jamais été et je ne serai jamais digne d’être un chevalier parce que j’ai mené Kodo droit dans les griffes du magicien gris et que nous n’avons pu nous échapper que par le plus grand des hasards. Parce que j’ai choisi de ne pas défier Berthold Weer qui exploitait la vertu de ses servantes. Parce que j’ai trahi le roi Joyell de Yeldred. Parce que j’ai détruit l’œuvre de Gliovold en libérant la Reine. Parce que Jarellène est morte par ma faute !
— Tu es Adelrune de Faudace, qui a libéré les Rejetons de Kuzar gardés captifs par le magicien gris. Qui s’est fait des amies des sorcières de la Vlae Dhras et a échappé à la Manticore. Qui a évité le massacre d’Ossué et contrecarré la puissance de la Reine de la Forêt. De tous mes élèves, aucun n’a jamais eu un tel effet immédiat sur le monde. Ne peux-tu donc pas comprendre ? Tu transformes tout ce que tu touches. Un jour, on composera des lais sur le héros Adelrune. Ta vie commence à peine, et déjà tes exploits satisferaient plus d’un chevalier aguerri.
— D’accord, dit Adelrune d’un ton amer. D’accord, je suis un héros digne d’être immortalisé par une ballade. Que suggérez-vous pour le dernier couplet, celui où je tue mon propre père ? « Sire Adelrune entra dans l’échoppe ; la fin de sa quête approchait. D’un coup de dague, il tua le marchand ; le sang, de sa gorge, coulait… »
La voix du jeune homme s’était élevée presque jusqu’au cri. Riander lui saisit les poignets et les serra violemment.
— Assez, Adelrune. Tais-toi !
La bouche d’Adelrune se referma sans qu’il l’ait consciemment décidé.
— On pourrait dire, continua Riander, que tu as vengé la mort de ta mère. Que tu as réparé l’injustice qui accompagna ta naissance.
— Le dirait-on qu’on aurait tort, répliqua Adelrune d’un ton maintenant calme. Je me suis répété la même chose une douzaine de fois durant mon voyage, mais cela ne tient pas.
« Je n’ai pas vaincu un puissant ennemi. Je n’ai pas occis un mage qui menaçait ma vie. J’ai tué un homme sans armes, un homme terrifié qui n’avait invoqué ses sortilèges pervers que pour combler le vide de son existence. Et même là, l’eussé-je tué dans un mouvement de rage, au nom de ma mère, je pourrais encore croire que j’avais agi à juste titre. Mais savez-vous pourquoi je l’ai tué ?
— Dis-moi.
— Je l’ai tué parce que je ne pouvais pas lui pardonner de m’avoir déçu. J’avais devant moi l’homme qui avait détruit ma vie et celle de ma mère, et il l’avait fait par simple égoïsme. Il ne me haïssait même pas. Il était mesquin et lâche, c’est tout. Je crois que… je crois que je l’aurais épargné à la fin, s’il avait demandé grâce. Mais il a cité la Règle, et je ne pouvais plus supporter la moindre allusion aux Préceptes et aux Commentaires… Je voulais qu’il se taise. À la toute fin, c’est pour le réduire au silence que je l’ai tué.
Adelrune poussa un sanglot, essuya la sueur qui perlait à son front.
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