Daniel Pennac - Au bonheur des ogres

Здесь есть возможность читать онлайн «Daniel Pennac - Au bonheur des ogres» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Город: Paris, Год выпуска: 1985, ISBN: 1985, Издательство: Éditions Gallimard, Жанр: Иронический детектив, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Au bonheur des ogres: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Au bonheur des ogres»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Côté famille, maman s'est tirée une fois de plus en m'abandonnant les mômes, et le Petit s'est mis à rêver d'ogres Noël.
Côté cœur, tante Julia a été séduite par ma nature de bouc (de bouc émissaire).
Côté boulot, la première bombe a explosé au rayon des jouets, cinq minutes après mon passage. La deuxième, quinze jours plus tard, au rayon des pulls, sous mes yeux. Comme j'étais là aussi pour l'explosion de la troisième, ils m'ont tous soupçonné.
Pourquoi moi ?
Je dois avoir un don…

Au bonheur des ogres — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Au bonheur des ogres», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

C’est ce qu’il répond à ceux qui râlent contre cette invasion de centenaires.

— Ici, ils ont l’impression de se reconstruire un monde, ça mange pas de pain.

Plus il est monté en grade, Théo, plus le nombre des petits vieux a augmenté. Il en venait des hospices les plus éloignés. Et, depuis que Sainclair l’a sacré Empereur de la Bricole (non seulement il peut reconstruire Paris avec n’importe quoi, mais encore il peut vendre une tondeuse à gazon à qui veut aménager sa salle de bains), le sous-sol tout entier appartient aux petits vieux de Théo.

— Un avant-goût de leur paradis.

— Où les as-tu dégotées, ces blouses grises ?

— Liquidation d’un orphelinat, à côté de chez moi. Avec ça sur le dos, au moins, je sais toujours où ils sont.

A midi, dans le petit restau où nous fuyons la cantine, Théo se paie un soudain fou rire.

— Tu sais quoi ?

— Quoi ?

— Lehmann fait courir le bruit que je suis gérontophile. Comme qui dirait le pédophile du troisième âge, tu vois ?

(Tendre Lehmann…)

— Tiens, à propos de pédophilie, tu donneras ça au Petit, pour son album.

C’est une nouvelle petite photo. Costume lie-de-vin, velours de soie, mimosa à la boutonnière. Derrière : la légende, que le Petit recopiera avec pleins et déliés.

« Ça, c’est quand Théo fait le bateau-mouche. »

Comprenne qui voudra. Théo comprend, lui. Et les innombrables amis de Théo, qui trouvent ces messages photographiques épinglés sur sa porte quand il n’est pas là. Et le Petit ? Devrais-je interdire cette collection ? Je sais bien que l’enfance n’est pas son rayon à Théo, mais tout de même…

6

En début d’après-midi, deux ou trois réclamations sont déjà tombées dans la corbeille. Dont une sérieuse emmerde côté literie. Lehmann me fait appeler. Je passe devant le rayon des jouets. Aucune trace de l’explosion. Le comptoir n’a pas été réparé, mais remplacé, dans la nuit, par le même, exactement. Impression étrange, comme s’il n’y avait pas eu d’explosion, comme si j’avais été victime d’une hallucination collective. Comme si on cherchait à me découper un morceau de mémoire. Ces pensées démoralisantes pendant que l’escalier roulant plonge le rayon des jouets dans les profondeurs grouillantes du Magasin.

Le type qui râle chez Lehmann a les épaules si larges qu’elles obstruent la porte vitrée. Un dos à provoquer des éclipses de soleil. Du coup, je ne vois pas la tête de Lehmann. Si j’en juge par le frémissement des muscles, sous le blazer du client, et par la veine qui palpite sous la peau rougie de son cou, il ne doit pas en mener large, Lehmann. Ce qui se tient debout en face de lui n’est pas précisément du genre colosse débonnaire. Un sanguin qui n’élève pas la voix. Les pires. Il n’a pas fait un seul pas dans le bureau. Il a refermé la porte derrière lui, et murmure ses griefs, doigt tendu vers Lehmann. Je frappe trois petits coups discrets. A peine toc, toc, toc.

— Entrez !

Ouh ! là, angoisse dans la voix de Lehmann. Le mastodonte ouvre lui-même la porte, sans se retourner. Je me faufile entre son bras et le chambranle avec la souplesse craintive du chien battu.

— Trois jours d’hosto et quinze d’arrêt de travail, il va y laisser son calbute, votre Contrôle Technique.

C’est la voix du client. Neutre, comme je m’y attendais, et remplie d’une dangereuse certitude. Il n’est pas venu se plaindre, ni discuter, ni même exiger — il est venu imposer son droit par sa force, c’est tout. Suffit de lui jeter un coup d’œil pour comprendre qu’il n’a jamais eu d’autre mode d’emploi. Suffit de lui en jeter un second pour constater que ça ne l’a pas mené bien haut dans la hiérarchie sociale. Il doit avoir un cœur qui le gêne quelque part. Mais Lehmann ne sent pas ces choses-là. Habitué à filer des coups, il n’a peur que d’une chose : en prendre. Et sur ce terrain-là, l’autre est crédible.

Je mets suffisamment de terreur dans mon regard pour que Lehmann trouve enfin le courage de m’affranchir. En deux mots comme en mille, M. Machin, ici présent, plongeur sous-marin de son état (pourquoi ce détail ? pour authentifier le muscle ?) a commandé, la semaine dernière, un lit de 140 au rayon meubles plein bois.

— Le plein bois, c’est bien votre secteur, Malaussène ?

Oui timide de mon bonnet.

— A donc demandé un lit de 140, noyer chantourné, ref. T. P. 885, à vos services, monsieur Malaussène, lit dont les deux pieds de tête se sont brisés au premier usage.

Pause. Coup d’œil au plongeur dont la mâchoire inférieure torture un atome de chewing-gum. Coup d’œil à Lehmann qui n’est pas mécontent de me refiler le paquet.

— La garantie, dis-je…

— La garantie jouera, mais votre responsabilité est engagée ailleurs, sinon, je ne vous aurais pas fait venir.

Gros plan sur mes godasses.

— Il y avait quelqu’un d’autre, sur ce lit.

Ce genre de plaisirs, même au plus profond de sa trouille, Lehmann ne pourra jamais s’en passer.

— Une jeune personne, si vous voyez ce que je…

Mais le reste s’évapore sous le regard chalumeau du mastard. Et c’est lui-même qui achève, laconique :

— Une clavicule et deux côtes. Ma fiancée. A l’hôpital.

— OOOH !

C’est un vrai cri que j’ai poussé. Un cri de douleur. Qui les a fait sursauter tous les deux.

— OOOH !

Comme si on m’avait frappé à l’estomac. Puis, compression de ma cage thoracique par la pointe de mon coude, juste au-dessous du sein, et je deviens aussi blanc que les draps du plumard fatal. Cette fois, Hercule fait un pas en avant, esquissant même le geste de me rattraper au cas où je tomberais dans les vapes.

— J’ai fait ça ?

Voix blanche, début d’asphyxie. Chancelant, je m’appuye au bureau de Lehmann.

— J’ai fait ça ?

D’imaginer seulement cette montagne de barbaque tombant du haut de son plongeoir sur les corps de Louna ou de Clara, et faisant sauter tous leurs osselets, suffit à me sortir des larmes certifiées conformes. Et, c’est le visage ruisselant que je demande :

— Comment s’appelait-elle ?

Le reste marche comme sur des roulettes. Sincèrement ému par mon émotion, M. Muscle se dégonfle d’un seul coup. Impressionnant. On croirait presque voir la forme de son cœur. Lehmann en profite aussitôt pour me charger méchamment. Je lui présente ma démission en sanglotant. Il ricane que ce serait trop facile. Je supplie, arguant que le Magasin ne peut vraiment rien attendre d’une nullité de mon espèce.

— La nullité, ça se paye, Malaussène ! Comme le reste ! Plus que le reste !

Et il se propose de me la faire payer si cher, ma nullité, que l’énorme client traverse soudain la pièce pour venir poser ses deux poings sur son bureau.

— Ça vous fait bicher, de torturer ce type ?

« Ce type », c’est moi. Ça y est, me voilà sous la protection de Sa Majesté le Muscle. Lehmann souhaiterait son fauteuil plus profond. L’autre s’explique : déjà, à l’école, ça lui foutait les boules de voir des caves s’attaquer à plus faible qu’eux.

— Alors, écoute-moi bien, bonhomme.

« Bonhomme », c’est Lehmann. Couleur de cierge. De ces cierges qu’on brûle pour que ça passe.

Ce qu’il a à écouter est simple. Primo, l’autre retire sa plainte. Deuxio, il viendra bientôt vérifier si je suis toujours en poste. Tertio, si je n’y suis plus, si Lehmann m’a fait jeter…

— Je te casse comme ça !

« Ça », c’est la jolie règle d’ébène de Lehmann, souvenir colonial, qui vient de péter net entre les doigts de mon sauveur.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Au bonheur des ogres»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Au bonheur des ogres» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «Au bonheur des ogres»

Обсуждение, отзывы о книге «Au bonheur des ogres» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x