La flotte a un grand frisson profond… Je fais la planche et je regarde… A la place du Wander, il ne reste que d’extraordinaires débris et un nuage de fumée qui évoque le champignon de Bikini [13] Lequel compte parmi les espèces vénéneuses.
!
Nous avons passé une bonne fin de vacances, Félicie et moi. J’ai télégraphié à Bucher, lequel, après son séjour au cambron, est venu récupérer sa petite. Je pense qu’il va orienter son activité d’un autre côté, car il a eu chaud aux plumes.
Un coup de tube au Vieux pour lui dire que tout a bien boomé. Je lui ai fait part du retard de l’explosion et il a souri.
— Elle devait se produire un quart d’heure après l’amorçage, m’a-t-il expliqué, radieux… Mais je connais votre imprudence… J’ai voulu vous laisser une marge de sécurité…
— Elle m’a sauvé la mise…
— Alors, tant mieux, je ne sais pas trop où je pourrais trouver un garçon comme vous !
Sur ces bons mots j’ai raccroché… Martha était derrière moi, avec son air désenchanté, sa peau blanche, ses yeux bleus, son petit sourire qui réclame du bonheur… et qui vous en donne tant que vous en voulez !
Elle s’est approchée :
— Qu’est-ce que vous faites ce soir ? a-t-elle murmuré.
Je l’ai regardée :
— Comme d’habitude, ai-je ricané, le fantôme dans les couloirs de l’hôtel après minuit !
FIN
Il faut toujours rabâcher la même chose, il y a des gens tellement crétins [14] Et je suis poli [15] .
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En tranches napolitaines, dirait Breffort s'il avait le temps de dire tout ce qu'on lui prête !
Pour ceux qui ont des connaissances plus piètres que les miennes, je traduis : « Le soleil est bon pour vous. » En Angleterre on remplace le mot sun par le mot Guinness.
Si vous avez une phrase mieux torchée à me proposer, je suis preneur, même sans facilité de paiement !
Mon honnêteté, aussi foncière que le crédit du même nom, m'oblige à avouer que l'expression « vivant fardeau » n'est pas de moi. J'ai dû l'avoir empruntée soit à La Veillée des Chaumières, soit à un roman de Pierre Benoît, ce qui du reste revient au même !
Je tiens à suggérer au passage que les articles concernant le sport soient étudiés dans les classes de français, afin de montrer aux élèves ce qu'est le style « cliché ». Ce style n'a de pire que celui des critiques du music-hall qui, en fait de ponctuation, ne connaissent que le point d'exclamation.
Un grand critique (il mesure 1,86 m) me le disait pas plus tard que l'année d'avant : « San-Antonio, votre esprit vous mènera tout droit à l'Académie de Billard de l'Avenue de Wagram. » En attendant, à dix voix près j'ai raté le Goncourt !
Ne vous tourmentez pas pour mes parenthèses. Aussi longues que soient les phrases comprises entre, je ne perds jamais de vue l'idée initiale. C'est pour cette raison que certains critiques aussi éminents qu'un économiste est distingué, m'ont surnommé le roi du suspense grammatical.
Comparaison indigente, bien sûr, mais qui sert de repoussoir à d'autres dont l'originalité est à ce point brûlante qu'on a dû ignifuger le papier utilisé pour l'impression de ce livre.
Toujours çà et là des facilités qui renforcent indirectement ma prose. Comme me disait un batteur d'orchestre, j'ai un style à percussion !
Ne vous étonnez pas, je parle plusieurs langues.
Conscient de la mission éducative d'un écrivain, je pense que Christophe Colomb a également découvert l'Amérique. C'est un détail de sa vie que beaucoup de gens ignorent ; principalement les Américains, qui ont tendance, eux, à découvrir l'Europe. Indirectement, Colomb est donc le père du Coca-cola, du chewing-gum et de Dillinger. C'est de cette triple découverte qu'est née l'expression : « Ben, mon Colomb ! »
Lequel compte parmi les espèces vénéneuses.
Et je suis poli [15] Ce qui pourtant n'est pas mon genre !
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Ce qui pourtant n'est pas mon genre !