Boulle, Pierre - Le photographe

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Il eut un haussement d’épaules familier et, après une nouvelle hésitation gagna sa chambre sans bruit, renonçant à frapper à la porte de son amie. Après tout, il avait bien le temps de la voir, ce soir, ou demain peut-être, si Herst le quittait trop tard. Il devait lui rendre justice sur ce point : elle ne compliquait pas sa vie de vieux célibataire, assez bohème, farouchement épris de son indépendance et il lui en était reconnaissant. Il aimait la solitude à ses heures et n’aurait pu supporter qu’une femme s’incrustât dans sa vie à chaque instant. Rien à craindre à ce point de vue avec Olga Poulain, si tel était bien son nom.

Elle désirait ne lui apporter aucun souci, aucune entrave et elle avait pris grand soin de le lui faire entendre, ce qui avait été pour lui une autre source de stupéfaction.

Elle semblait satisfaite de passer de temps en temps quelques heures avec lui, sans jamais lui imposer sa présence.

Jamais encore, elle ne lui avait demandé de la « sortir » ; jamais elle n’avait souhaité être présentée à ses amis, dont le nombre était d’ailleurs limité : trois ou quatre bohèmes comme lui, comme Herst, qui, la cinquantaine ou la quarantaine passée, continuaient de mener une vie d’étudiants vieillis et dont les distractions favorites étaient le bridge, le billard et les échecs dans les cafés enfumés de la rive gauche.

« La femme idéale pour moi, en somme », murmura-t-il en déposant son matériel sur son lit.

C’était une constatation évidente, mais l’abondance des qualités qu’il reconnaissait en elle l’incitait encore à trouver étrange la coïncidence qui avait fait croiser leur chemin.

V

LA sonnerie du téléphone le surprit alors qu’il songeait encore à Olga, traînant en robe de chambre, après avoir pris une douche. C’était Herst, qui venait d’arriver.

« C’est toi ? Je suis en train de me changer. J’ai eu une journée fatigante. Je suis prêt dans dix minutes. Tu m’attends au bar ou tu viens ici ? »

Herst lui dit de ne pas se presser. Il ne faisait que passer pour lui serrer la main, n’étant pas libre ce soir pour dîner avec lui comme ils l’avaient projeté.

« Alors monte, et dis au barman de nous apporter à boire dans ma chambre. Tu as bien cinq minutes, tout de même ? »

Quand il poussa la porte, il lui sembla entendre un léger bruit dans la chambre voisine. Olga devait être là et l’entendait certainement accueillir son ami. Mais elle se tiendrait à l’écart, sans manifester sa présence, suivant son habitude. Il sourit ; il l’appréciait ainsi. Il eût agi de la même façon dans un cas semblable. Après tout, cette compréhension mutuelle devait pouvoir remplacer l’amour, qu’il était bien incapable de ressentir, lui, aujourd’hui et qu’il la soupçonnait encore de tenir à l’écart de ses préoccupations habituelles, malgré ses marques de tendresse.

« Comment va notre cher Malarche ? Pas encore assassiné ? »

C’était la plaisanterie traditionnelle par laquelle il saluait son ami. Ancien adjudant parachutiste, après avoir exercé différents métiers aventureux, y compris celui de boxeur et de judoka, Herst avait aujourd’hui une profession assez peu courante. Devant ses amis, il se définissait lui-même comme le gorille numéro un de la République. Il était en fait le chef des gardes du corps qui accompagnaient le président au cours de ses déplacements et des cérémonies officielles. En certaines périodes, ce n’était pas une occupation de tout repos.

« Le président se porte à merveille.

— Je me doutais que tu ne serais pas libre ce soir. Tu dois être sur les dents avec ces troubles.

— Ce ne sont pas les manifestations tapageuses qui me donnent du tracas. Au contraire, en ce moment, il se tient tranquille. Il ne sort pas. Je ne suis pas responsable de sa sécurité. C’est quand il règne un calme apparent et lorsqu’il met le nez dehors que je commence à trembler. La semaine prochaine, tu ne me verras pas souvent. Mais, dès ce soir, je dois assister à une conférence des huiles qui doivent préparer un plan d’ensemble et nous répartir le boulot pour la cérémonie.

— La cérémonie ? La semaine prochaine ?

— Tu ne sais peut-être pas que le président se marie samedi prochain, non ?

— Je l’avais oublié. »

Herst leva les yeux au ciel et émit quelques remarques sarcastiques au sujet de ces artistes qui vivent enfermés dans leur tour d’ivoire, sans jamais accorder la moindre pensée aux événements qui tourmentent le reste des humains. Puis, il jeta sa gabardine sur le lit et laissa tomber son corps d’athlète un peu alourdi sur le seul fauteuil de la chambre.

« Tu sais, moi, le mariage du président...

— Je sais. Tu t’en fous. »

Sans transition, comme cela lui arrivait parfois avec son ami, Herst donna libre cours au torrent des soucis qui alarmaient la fin de sa carrière.

« Si encore il se contentait d’un mariage simple, dans l’intimité, d’abord cela irriterait moins ses adversaires. On crierait moins fort au scandale et, surtout, la surveillance serait plus facile pour nous. Mais non ! Pas lui, tu ne le connais pas.

C’est quand il y a de l’électricité dans l’air qu’il tient à se montrer, à braver ses opposants en public. Il a exigé une cérémonie avec le grand tralala. L’église, ce qui fait crier au sacrilège par les bigots, un cortège, et lui, au premier rang bien sûr. Et si nous le serrons de trop près quand il sera entouré par la foule, il nous écartera comme il le fait d’habitude.

— Mais crois-tu vraiment que sa vie est menacée ?

— Si je savais quelque chose de précis, cela irait mieux. Je sais seulement ce qui est de notoriété publique, c’est-à-dire que des milliers de Français le haïssent et donneraient cher pour avoir sa peau. Dans une atmosphère de ce genre, il y a des présidents qui vivent jusqu’à un âge avancé et qui meurent dans leur lit. Il y en a d’autres qui sont éliminés dès le début de leur carrière. Voilà. Les services spécialisés nous ont communiqué des rumeurs peu rassurantes, nous recommandant de redoubler de vigilance − seulement, c’est lui-même qui nous empêche d’appliquer des consignes strictes. Il tient au contact direct avec la foule, son meilleur atout d’après lui. C’est peut-être vrai, mais c’est parfois de la folie. Ainsi...

— Ainsi ? demanda Martial Gaur qui écoutait d’une oreille distraite.

— Garde ça pour toi, bien entendu. A la sortie de l’église, il y aura une photo, comme de juste, des tas de photos, même. Les photographes du monde entier seront là. Tu penses comme tes confrères vont rater une pareille occasion ! Lui-même, cela l’enchante ; il aime poser. Et sa petite écervelée de fiancée y tient encore plus que lui. Il manquerait quelque chose à son bonheur et à sa gloire si son mariage se faisait sans acclamations populaires et sans photos. Tu peux être certain que la pose durera longtemps, plusieurs minutes sans doute. Eh bien, il exige que nous nous tenions à l’écart pendant tout ce temps-là. Il ne nous trouve pas photogéniques, probablement. Il ne faut pas qu’on nous voie sur ces clichés. Toujours, la gloriole

− tu vois ça d’ici ? La place de l’église grouillant de monde et lui, plastronnant sur le parvis, dominant la foule... Une cible qu’un enfant de dix ans ne manquerait pas ! »

Martial avait repris un peu d’intérêt à la conversation en entendant parler de photographie.

« Je suppose tout de même, dit-il avec ironie, que les balcons de la place seront surveillés, et aussi qu’il y aura quelques inspecteurs en civil dans la foule ?

— Bien sûr, mais on ne pense jamais à tout, dit Herst avec une sorte d’accablement. Certes, les immeubles qui font face à l’église seront surveillés, mais on ne peut pas enquêter dans toutes les maisons du quartier. Et puis, si tu savais comment cela se passe ! Il y a au moins trois services, outre le mien, qui s’occupent de la sécurité, sans compter certains très hauts personnages, qui n’entendent rien à ces questions, qui veulent à toute force placer leur mot et donner des conseils. Résultat : on compte sur les autres, sans savoir exactement les mesures qu’ils ont prises. C’est ce qu’ils appellent le partage des responsabilités, en fait, la pagaille la plus noire. Je ne dors plus.

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