Boulle, Pierre - Le photographe

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La réunion fut encore plus agitée qu’il n’était prévu. Des bagarres éclatèrent à la sortie entre les ligueurs et un groupe de contre-manifestants. Au premier rang des troupes de choc, suivant son habitude, Martial Gaur se trouva bientôt au cœur de la mêlée. Comme il venait de se débarrasser d’un adversaire, il reprit son souffle en regardant autour de lui, cherchant le point où son action serait la plus utile. Son parti semblait vainqueur.

Non loin de lui, cinq ou six de ses compagnons avaient isolé deux ennemis et les rouaient de coups. L’un de ceux-ci avait glissé sur le sol et tentait de se protéger la tête de ses bras repliés.

Martial s’approcha pour prendre part à l’hallali, glissant la main dans la poche de sa gabardine où il avait l’habitude de dissimuler sa matraque. Il y trouva l’appareil de Tournette et le sortit sans trop songer à ce qu’il faisait. Il le contempla un instant avec une expression de surprise, puis se recula de quelques pas et l’approcha de son œil, cherchant à viser la scène, ce qu’il parvint à faire après quelques secondes de tâtonnements. Il suivit alors son déroulement avec un intérêt croissant.

Un instinct lui inspira de retenir un moment son doigt, déjà crispé sur la détente. Un de ses amis, penché sur le corps, brandissait un coup de poing américain. Il n’actionna le déclic qu’au moment précis où l’arme écrasait la figure de la victime. Il éprouva alors une certaine satisfaction, comme un sentiment de réussite. Puis il rechargea l’appareil, toujours sans réfléchir, et prit un autre cliché montrant le sang qui maculait le trottoir.

Son geste était passé inaperçu dans le désordre. Il resta un long moment songeur, comme indifférent au tourbillon des émeutiers, qui s’éloignaient de lui. Un nouveau brouhaha lui fit relever la tête. La fortune du combat semblait avoir tourné. Il était maintenant entouré d’ennemis et ceux-ci malmenaient trois de ses camarades, qui pliaient sous le nombre. L’un de ceux-ci surtout était en mauvaise posture. C’était un garçon que Martial connaissait bien, un nommé Verveuil, qui se signalait en général dans les réunions par son fanatisme et sa brutalité.

Gaur n’éprouvait que peu de sympathie pour lui, mais il avait souvent fait le coup de poing à ses côtés et un sentiment élémentaire de solidarité lui commandait de se porter à son aide, comme cela était de règle parmi les ligueurs et comme il le faisait toujours un des premiers. Verveuil l’avait aperçu et son regard, entre deux horizons, l’appelait à son secours.

Martial Gaur ne réagit pas à cet appel muet. Il fit au contraire trois pas en arrière et braqua son appareil sur le tableau. Alors, il eut une hésitation, puis, soudain, bondit en avant. Mais ce n’était pas pour secourir son compagnon, c’était seulement pour traverser la rue et gagner l’abri d’une porte cochère. Il venait de s’apercevoir que son précédent poste présentait un grave inconvénient : il avait le soleil en face de lui.

Il prit plusieurs photos, sans même entendre les injures que lui lançait le malheureux Verveuil. Ensuite, comme la bataille tendait de nouveau à s’éloigner, il se déplaça pour se rapprocher du centre de l’action, non plus comme autrefois avec des mines de défi, mais furtivement, prenant garde de ne pas se trouver lui-même engagé et de conserver la liberté de ses mouvements, regardant autour de lui d’un œil nouveau, un œil indifférent aux passions en cause dans cette bagarre, peu soucieux de distinguer les amis des ennemis, mais allumé par le seul désir de découvrir des images pittoresques – un œil impartial »

comme disait le vieux Tournette.

III

TOURNETTE examina avec attention ces premiers clichés, qu’il lui avait apportés. Il ne fallait pas attendre de lui des louanges excessives. Il commença même par critiquer sévèrement la distance, l’angle de prise de vues et bien d’autres détails, pour conclure enfin :

« Cela pourrait être plus mal. Tu as du coup d’œil et des réflexes, comme je le pensais. C’est déjà quelque chose. »

Martial Gaur sourit en se rappelant la fierté que lui avaient causée cette appréciation, et aussi sa joie, quand une des photos fut publiée dans un journal du soir.

« Il te reste à apprendre le métier », avait ajouté Tournette.

C’est ce qu’il avait fait. Il apprit le métier avec une application et une ardeur dont personne ne l’aurait cru capable, ce métier de chasseur d’images insolites qu’il avait exercé dans toutes les parties du monde, qui distillait pour lui une odeur enivrante d’aventure et qui lui avait procuré les plus grandes joies de son existence. Il décida de remonter à pied une partie du boulevard Saint-Michel. Il accomplissait rarement d’aussi longues marches, que sa jambe rendait pénibles, mais aujourd’hui, l’agitation de la rue l’attirait. Il éprouvait la tentation de plonger dans la foule, comme il le faisait autrefois, l’appareil à la main, tous les sens en alerte à la poursuite du cliché hors-série que suscite parfois l’effervescence populaire.

Cette chasse avait été le but de sa vie pendant près d’un quart de siècle. Sans doute n’avait-il jamais rencontré la perle unique, l’image sensationnelle, celle qui arrache des larmes de regret à tous les confrères et fait trembler d’émotion les directeurs de magazine, au point de les inciter à se ruiner pour la publier les premiers. Deux ou trois fois, pourtant, il était passé très près et l’espoir de la conquérir un jour l’avait fait vivre dans un état de surexcitation permanente pendant des années.

La fièvre était tombée aujourd’hui. L’odeur d’aventure avait cédé la place à un fade parfum d’alcôve. Il n’était plus qu’un photographe en chambre, presque spécialisé dans les jeunes beautés déshabillées. Malheur !... Jamais il ne capturerait l’oiseau rare. Tout de même, il avait à son tableau de chasse deux ou trois documents qui auraient fait la fierté de bien des confrères.

Le spectacle de la rue le tentait décidément aujourd’hui.

Place de la Sorbonne, il aperçut un grand diable dégingandé, juché sur le toit d’une voiture, qui haranguait la foule massée autour de lui. Le rictus et les gestes désordonnés de l’orateur lui parurent curieux. Il s’approcha avec imprudence et porta l’appareil à son œil. Une bousculade lui fît perdre l’équilibre. Il rattrapa l’instrument de justesse et dut se cramponner à l’épaule d’un voisin pour ne pas tomber. Maudite jambe ! Il fut contraint de regarder où il mettait le pied pour gagner un endroit plus calme. Quand il put enfin lever les yeux, une colonne d’agents surgissait et la plupart des agitateurs avaient disparu. Trop tard.

Il haussa les épaules. Quand se résignerait-il donc à admettre que ce genre d’instantanés n’était plus pour lui ? Il était condamné à la photographie en chambre jusqu’à la fin de ses jours. Il rengaina l’appareil inutile et allait se mettre en quête d’un taxi, quand quelqu’un le toucha légèrement à l’épaule.

« Les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas grand-chose dans le ventre, fit une voix grinçante. De notre temps, deux douzaines de flics ne nous auraient pas fait fuir. »

C’était Verveuil. Martial Gaur ne fut pas surpris de le rencontrer, car il savait que son ancien compagnon habitait le quartier, qu’il n’avait pas cessé, lui, de militer parmi les factieux et qu’il était attiré par ce genre de manifestation comme un moucheron par la lumière.

Ils s’étaient retrouvés quelque temps auparavant, après s’être perdus de vue pendant des années, à la suite d’une longue brouille. Martial lui serra la main sans aucune chaleur. Il avait accepté du bout des lèvres une réconciliation à laquelle il ne voyait, lui, aucune utilité.

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