Boulle, Pierre - Le photographe

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A son hôtel, il passa au bar pour voir si Herst, qui devait le rejoindre ce soir, était arrivé. Herst n’était pas encore là. Sans doute, l’atmosphère d’émeute qui régnait dans Paris compliquait-elle son service. Il hésita à l’attendre au bar, puis se ravisa et monta dans sa chambre, après avoir laissé un message pour son ami.

L’hôtel, situé dans une rue peu passante, non loin de Notre-Dame-des-Champs, était silencieux et assez confortable. Le photographe y avait ses habitudes depuis longtemps. C’était là qu’il descendait toujours autrefois entre deux expéditions et il en avait fait sa résidence permanente après avoir renoncé aux voyages.

Parvenu à son palier, il s’arrêta devant la chambre voisine de la sienne. C’était la chambre d’Olga. Depuis plus d’une heure qu’il remuait des souvenirs poussiéreux, il ferait sans doute bien de chercher d’autres distractions. Il resta un instant immobile devant la porte, hésitant à frapper, l’image d’Olga devant les yeux l’entraînant loin des fantômes du passé.

Une curieuse fille, cette Olga, Olga... Poulain, il n’était pas sûr d’avoir bien retenu son nom – agréable, sans doute, mais d’un comportement bizarre. Il songea à la façon dont elle s’était jetée dans ses bras quelques jours auparavant, ce qui lui avait causé une stupéfaction dont il n’était pas encore revenu.

Il se demanda pour la centième fois ce qu’elle avait bien pu trouver d’attirant en lui, Martial Gaur, un ours assez misanthrope, aux façons bourrues, plus jeune et estropié pardessus le marché. Quelques starlettes de sa clientèle lui faisaient parfois des avances et il lui était arrivé d’en profiter, mais alors, il y avait un motif évident, il ne se faisait aucune illusion à ce sujet : leur espoir d’obtenir de lui une série de photos où elles seraient particulièrement avantagées. Dans cette spécialité, qu’il maudissait souvent, mais à laquelle il apportait toutes ses qualités professionnelles, il avait en effet acquis une réputation égalant celle des meilleurs studios.

Ce n’était certes pas ce genre d’intérêt qui avait guidé Olga.

Elle ne lui demandait aucun service. Elle n’était ni actrice ni covergirl. Elle exerçait un métier qui n’avait rien à voir avec la photographie : gérante dans une boutique d’antiquaire. Du moins, c’est ce qu’il croyait se rappeler qu’elle lui avait dit. Il se fichait complètement de ces détails.

Elle habitait l’hôtel depuis un mois environ. Ils avaient fait connaissance au bar, où ils venaient parfois faire leur correspondance, après s’être rencontrés deux ou trois fois par hasard dans l’ascenseur. Il avait remarqué chez elle un certain air de gravité, par moment même de dureté, qui contrastait avec une silhouette très jeune (elle ne devait pas avoir plus de vingt-cinq ans), un visage un peu ingrat, bizarrement éclairé à l’occasion par une flamme intermittente, qui passait dans des yeux singulièrement profonds. Cela le changeait des pimbêches qu’il voyait chaque jour. En outre, un élément piquant excitait sa curiosité au sujet de cette fille, lui donnant un peu le caractère d’une énigme : il était sûr d’avoir déjà vu ce visage quelque part, et presque certain que c’était sur une photographie. Son œil professionnel avait une mémoire infaillible en cette matière. Mais où avait-il enregistré les traits de cette physionomie ! (alors qu’elle était plus jeune sans doute ; il gardait le souvenir d’une expression enfantine) il était bien incapable de se le rappeler et sentait que tous ses efforts dans cette voie seraient vains.

Ils avaient pris un verre ensemble. En souriant, elle lui apprit alors (ce fut pour lui un autre sujet d’étonnement) qu’elle le connaissait de nom et de réputation. Elle se souvenait fort bien, lui déclara-t-elle, d’une certaine photo, prise par lui pendant la guerre d’Indochine, quelle avait remarquée dans un magazine à grand tirage.

Il se rappelait cette photo, lui, bien sûr, un des plus beaux fleurons de sa couronne. Son amour-propre avait été flatté et il s’était laissé aller à lui faire d’autres confidences. Dans l’isolement et l’obscurité où il vivait actuellement, il lui était difficile de rester insensible à une telle marque d’intérêt. Tout de même, réfléchissant par la suite à cet incident, il n’avait pu s’empêcher de le trouver étrange. Qu’on se souvienne d’une image insolite (celle-là l’était) passe encore, (et pourtant ? Quel âge pouvait-elle avoir pendant la guerre d’Indochine ? A peine une enfant !) mais se rappeler le nom du photographe, cela paraissait à peine vraisemblable. Un photographe n’atteint jamais la notoriété d’un peintre, hélas ! Même pour les clichés les plus sensationnels, ce nom ne restait guère que dans la mémoire de quelques spécialistes, des gens du métier, et encore, pour peu de temps. Cependant, elle lui avait mentionné des détails exacts et la date approximative de la publication... Un véritable phénomène de femme ! Et ce souvenir ne pouvait même pas être attribué à un intérêt marqué pour l’art de la photographie en général. Il s’était vite aperçu qu’elle n’y entendait rien et ignorait les deux ou trois documents qui faisaient vraiment autorité dans le monde des chasseurs d’images.

Après tout, peut-être mon physique lui a-t-il inspiré une passion violente ; alors, elle se sera documentée sur mon compte pour m’amener à partager sa flamme en flattant ma vanité, se dit-il, réfléchissant encore à cette anomalie. Malgré l’invraisemblance de cette explication, c’était encore la plus raisonnable qu’il pût trouver. De toute façon, c’était assez agréable pour son amour-propre.

Il fut amené à mentionner par hasard une certaine collection de ses meilleurs clichés, à son propre jugement, parmi lesquels beaucoup n’avaient jamais été publiés pour des raisons diverses. Elle le pria de les lui montrer. Il les gardait dans un tiroir, ne les faisant jamais voir à personne et ne les regardant que rarement lui-même. Elle manifesta une insistance si amicale qu’il ne pouvait se dérober. Il l’amena dans sa chambre qui, par hasard, était voisine de la sienne et, après avoir sorti son album, se laissa encore aller à évoquer d’autres souvenirs, avec un peu de l’enthousiasme d’autrefois, ressuscité par cette sympathie.

Il parla longtemps, presque sans la regarder, chaque image donnant naissance à une anecdote nouvelle. Comme il parvenait au dernier cliché (c’était celui du fellagha responsable de son infirmité) le regard d’Olga rencontra le sien et il lui sembla y lire une émotion proche de la sienne. Cela lui avait paru ainsi sur le moment, peut-être parce qu’il avait perdu l’habitude des situations de ce genre. En y réfléchissant par la suite, et aujourd’hui encore – il avait la manie de revivre par la pensée certaines manifestations qui l’avaient troublé et de les analyser pour leur découvrir un mobile – cet émoi lui paraissait difficilement explicable. Il se prenait à la soupçonner d’avoir joué la comédie et feint des sentiments qu’elle n’éprouvait pas avec une habileté presque diabolique. L’instant d’après, il s’en voulait de ces suppositions.

Quels que fussent ses sentiments ou ses raisons, elle était tout naturellement tombée dans ses bras et devenue sa maîtresse. Cela n’avait pas été autrement compliqué. Il aimait la simplicité par-dessus tout et elle semblait l’apprécier aussi...

Bizarre, tout de même, répéta-t-il en songeant à cette aventure.

Mais sans doute était-ce son propre caractère qui l’incitait à trouver étrange une attitude parfaitement normale. Cela devenait chez lui une manie. Un moment auparavant, il était enclin à juger hypocrites et presque suspectes les amabilités de Verveuil. Voilà maintenant qu’il considérait avec réticence l’élan d’une femme éprise. Il fallait être lui, Martial Gaur, pour se tenir ainsi en permanence sur ses gardes.

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