Patrick Suskind - Le parfum

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L’un de ces palais camouflés le retint plus longtemps. La maison était située au début de la rue Droite, une grande rue qui traversait toute la ville d’ouest en est. Elle n’avait pas une allure extraordinaire, sa façade était bien un peu plus large et plus cossue que celle des bâtiments voisins, mais sans rien d’imposant. Devant le porche stationnait un haquet chargé de tonneaux qu’on était en train d’avaler sur une rampe. Un second chariot attendait. Un homme pénétra dans le comptoir, des papiers à la main, en ressortit en compagnie d’un autre et tous deux disparurent sous le porche. Grenouille était debout de l’autre côté de la rue et les regardait faire. Ce qui se passait là ne l’intéressait pas. Pourtant il restait. Quelque chose le retenait.

Il ferma les yeux et se concentra sur les odeurs qui lui arrivaient du bâtiment d’en face. Il y avait les odeurs des tonneaux, vinaigre et vin, puis les centaines d’odeurs capiteuses de l’entrepôt, puis les odeurs de richesse qui transpiraient des murs comme une fine sueur d’or, et enfin les odeurs d’un jardin qui devait se trouver de l’autre côté de la maison. Il n’était pas facile de saisir les parfums plus délicats de ce jardin, car ils ne filtraient qu’en filets ténus jusqu’à la rue, par-dessus les toits pentus. Grenouille distinguait là des magnolias, des jacinthes, des daphnés et des rhododendrons... mais il semblait y avoir encore autre chose, quelque chose de terriblement bon qui sentait là, dans ce jardin, une odeur délicieusement exquise comme il n’en avait jamais senti de sa vie, ou alors une seule fois... Il fallait qu’il approche de cette odeur.

Il se demanda s’il allait simplement passer par le porche pour pénétrer dans cette demeure. Mais entre-temps, il y avait tant de gens occupés à décharger et à contrôler les tonneaux qu’il se ferait sûrement remarquer. Il se décida à remonter la rue pour trouver une ruelle ou un passage qui le ramènerait peut-être sur le côté de la maison. Au bout de quelques mètres, il avait atteint la porte de la ville, où commençait la rue Droite. Il franchit la porte, prit tout de suite à gauche et longea les remparts en suivant la pente. Il n’eut pas à aller loin pour sentir l’odeur du jardin, faible d’abord et encore mélangée à l’air des champs, puis de plus en plus forte. Il sut enfin qu’il était tout près. Le jardin touchait les remparts. Grenouille était juste à côté. En se reculant un peu, il apercevait par-dessus le mur d’enceinte les branches les plus hautes des orangers.

De nouveau, il ferma les yeux. Les senteurs du jardin l’assaillirent, nettes et bien dessinées comme les bandes colorées d’un arc-en-ciel. Et la senteur précieuse, celle qui lui importait, était bien là. Grenouille en était brûlant de volupté et glacé de terreur. Le sang lui monta à la tête comme à un galopin pris en faute, puis reflua vers le milieu du corps, puis remonta, puis reflua encore, et il ne pouvait rien y faire. L’attaque de cette odeur avait été trop brusque. L’espace d’un instant, d’un soupir qui lui parut une éternité, il lui sembla que le temps se dédoublait ou qu’il s’annihilait tout à fait, car il ne savait plus si maintenant était maintenant, si ici était ici, ou bien si au contraire ici et maintenant étaient autrefois et là-bas : à savoir rue des Marais, à Paris, en septembre 1753. Car le parfum qui flottait dans l’air, en provenant de ce jardin, c’était le parfum de la jeune fille rousse qu’il avait alors assassinée. D’avoir retrouvé ce parfum dans le vaste monde, cela lui fit verser des larmes de pur bonheur... et que cela put ne pas être vrai, cela l’emplissait d’une terreur mortelle.

Il en eut le vertige, et tituba un peu et dut s’appuyer contre le mur d’enceinte, et se laisser lentement glisser jusqu’à s’accroupir. Se recueillant, alors, et reprenant ses esprits, il se mit à respirer ce terrible parfum à traits plus brefs et moins dangereux. Et il constata que ce parfum derrière le mur était certes extrêmement semblable au parfum de la jeune fille rousse, mais qu’il n’était pas parfaitement identique. Il émanait bien lui aussi d’une jeune fille rousse, il n’y avait aucun doute possible. Grenouille voyait devant lui cette jeune fille dans son imagination olfactive comme dans un tableau, elle n’était pas tranquillement assise, elle sautait de-ci, de-là, elle se donnait chaud, puis se rafraîchissait ; manifestement, elle jouait à un jeu où l’on devait se déplacer brusquement, puis brusquement se tenir immobile – et ce avec une deuxième personne, à l’odeur du reste complètement insignifiante. Elle avait une peau d’une blancheur éclatante. Elle avait les yeux verts. Elle avait des taches de rousseur sur le visage, dans le cou et sur les seins, c’est-à-dire... Grenouille bloqua un instant sa respiration, puis renifla plus vigoureusement et s’efforça de refouler le souvenir olfactif de la jeune fille de la rue des Marais... C’est-à-dire que cette jeune fille-ci n’avait pas encore de seins à proprement parler ! Ses seins étaient tout juste esquissés. Ses seins n’étaient que des boutons, infiniment tendres et à peine odorants, piquetés de taches de rousseur, et qui commençaient à se gonfler peut être depuis quelques jours seulement, peut-être seulement depuis quelques heures... peut-être depuis cet instant même. En un mot : cette jeune fille était encore une enfant. Mais quelle enfant !

Grenouille avait le front couvert de sueur. Il savait que les enfants n’ont guère d’odeur, tout comme les boutons de fleurs avant l’éclosion. Mais cette fleur-ci, cette fleur presque fermée encore, derrière son mur, qui venait tout juste d’exhaler ses premiers effluves, sans que personne s’en avise à part Grenouille, avait dès maintenant un parfum si prodigieusement céleste, à vous hérisser le poil ! Lorsqu’elle aurait atteint son plein et splendide épanouissement, elle répandrait un parfum comme jamais le monde n’en avait senti. Dès à présent, songeait Grenouille, elle a une odeur plus délicieuse que naguère la jeune fille de la rue des Marais : moins forte, moins volumineuse, mais plus subtile, plus multiforme et en même temps plus naturelle. Or, dans un an ou deux, cette odeur aurait mûri et pris une vigueur telle que nul être humain, homme ou femme, ne pourrait s’y soustraire. Et les gens seraient réduits à merci, désarmés, sans défense, devant le charme de cette jeune fille, et ils ne sauraient pas pourquoi. Et comme ils sont stupides et ne savent se servir de leur nez que pour souffler dedans, mais qu’ils croient pouvoir tout connaître par les yeux, ils diraient : c’est parce que cette jeune fille possède la beauté, l’élégance et la grâce. Bornés comme ils le sont, ils loueraient ses traits réguliers, sa silhouette svelte et sa poitrine parfaite. Et ils diraient que ses yeux sont comme des émeraudes, et ses dents comme des perles, et ses membres comme de l’ivoire, et Dieu sait encore quelles comparaisons idiotes. Et ils l’éliraient Reine du Jasmin, et elle se laisserait portraiturer par des peintres imbéciles et on resterait bouche bée devant son portrait, et on dirait que c’est la plus belle femme de France. Et les godelureaux passeraient des nuits à pleurnicher sous sa fenêtre sur accompagnement de mandolines, et de vieux messieurs gras et riches se traîneraient aux pieds de son père pour mendier sa main... Et les femmes de tout âge soupireraient à sa vue et rêveraient dans leur sommeil d’avoir sa séduction fatale, ne serait ce qu’une journée. Et tous ignoreraient que ce n’est pas à son aspect qu’ils succombent en vérité, non pas à la prétendue perfection de sa beauté apparente, mais à son incomparable, à son magnifique parfum ! Lui seul le saurait, lui, Grenouille, lui seul. Il le savait déjà !

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