Patrick Suskind - Le parfum
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Ah ! Il voulait avoir ce parfum ! Non pas l’avoir de façon aussi vaine, aussi lourdaude que naguère celui de la jeune fille de la rue des Marais. Celui-là, il n’avait fait que s’en soûler, le détruisant du même coup. Non, le parfum de cette jeune fille derrière le mur, il voulait véritablement se l’approprier ; l’ôter d’elle comme une peau et en faire son propre parfum. Comment cela se passerait, il l’ignorait encore. Mais il avait deux ans devant lui pour l’apprendre. Au fond, cela ne pouvait pas être plus difficile que d’extraire le parfum d’une fleur rare.
Il se releva. Avec recueillement, comme s’il quittait un sanctuaire ou une dormeuse, il s’éloigna, courbant l’échine, sans faire de bruit, pour que personne ne pût le voir ni l’entendre, ni n’ait l’attention attirée sur sa précieuse trouvaille. Il s’esquiva ainsi en longeant les remparts jusqu’à l’extrémité opposée de la ville, où enfin le parfum de la jeune fille se perdit et où il rentra par la ports dite des Fainéants. Il s’arrêta à l’ombre des maisons. La puanteur des ruelles le rasséréna et l’aida à dompter la passion qui l’avait enflammé. Au bout d’un quart d’heure, il avait recouvré tout son calme. Il songea qu’il n’irait plus, pour le moment, près du jardin des remparts. Ce n’était pas nécessaire. Cela le mettait dans un état de trop grande excitation. La fleur qui s’y épanouirait n’avait pas besoin de lui, et de toute façon il savait déjà comment elle s’épanouirait. Il ne fallait pas qu’il s’enivre de son parfum de manière intempestive. Il fallait qu’il se plonge dans le travail. Qu’il accroisse ses connaissances et perfectionne ses capacités techniques, pour être fin prêt à la saison de la récolte. Il avait encore deux ans devant lui.
36
Non loin de la porte des Fainéants, dans la rue de la Louve, Grenouille découvrit un petit atelier de parfumeur et y demanda du travail.
Il apprit que le patron, le maître parfumeur Honoré Arnulfi, était mort l’hiver précédent et que sa veuve, une femme brune et vive qui pouvait avoir trente ans, gérait seule l’affaire, avec l’aide d’un compagnon.
Mme Arnulfi, après de longues plaintes sur la dureté des temps et sur la précarité de sa situation financière, déclara qu’à vrai dire, elle ne pouvait guère se permettre d’embaucher un second compagnon, mais qu’inversement elle en avait un urgent besoin, vu tout le travail qu’il y avait à faire ; elle ajouta qu’elle ne pouvait loger un second compagnon chez elle, dans cette maison, mais qu’en revanche, elle avait une petite cabane dans son oliveraie, derrière le couvent des franciscains (à dix minutes à peine), où pourrait au besoin coucher un jeune homme point trop difficile ; elle dit encore qu’en honnête patronne, elle n’ignorait rien de ses devoirs concernant le bon entretien de ses compagnons, mais qu’inversement elle ne voyait pas comment elle pourrait leur fournir deux repas chauds par jour... Bref, Mme Arnulfi avait (et Grenouille l’avait à vrai dire flairé depuis un moment) un sens des affaires aussi sain que son affaire était saine. Et comme lui ne se souciait pas d’argent et qu’il déclara accepter ces maigres conditions et deux francs de salaires par semaine, ils tombèrent vite d’accord. Le premier compagnon fut appelé, c’était un géant du nom de Druot, dont Grenouille devina tout de suite qu’il partageait habituellement le lit de la patronne, qui ne prenait manifestement pas certaines décisions sans le consulter. Il se planta devant Grenouille, qui en face de ce colosse avait vraiment l’air d’un ridicule freluquet, et le toisa ; jambes écartées, dégageant une puissante odeur de sperme, il le regarda même dans le blanc des yeux, comme pour déjouer quelque intention perfide ou démasquer un éventuel rival, et pour finir, il grimaça un sourire condescendant et donna son accord d’un signe de tête.
Du coup, tout était réglé. Grenouille eut droit à une poignée de main, à un casse-croûte pour le soir, à une couverture et à la clef de la cabane, un réduit sans fenêtre qui fleurait bon le vieux foin et la crotte de mouton, et où il s’installa du mieux qu’il put. Le lendemain, il prit son travail chez Mme Arnulfi.
C’était l’époque des narcisses. Mme Arnulfi faisait cultiver ces fleurs sur des parcelles qui lui appartenaient, dans le grand bassin en dessous de la ville, ou bien elle les achetait à des paysans, non sans marchander chaque lot avec acharnement. Les fleurs étaient livrées dès le petit matin, déversées par corbeilles entières dans l’atelier, où des dizaines de milliers de corolles s’amassaient en tas odorants, volumineux, mais légers comme l’air. Druot, pendant ce temps, faisait fondre dans un grand chaudron de la graisse de porc et de bœuf, pour obtenir une soupe crémeuse que Grenouille devait remuer sans arrêt avec une spatule longue comme un balai et où Druot versait par boisseaux les fleurs fraîches. Celles-ci, semblables à des yeux écarquillés par l’angoisse de la mort, flottaient une seconde à la surface et blêmissaient dès que la spatule les enfonçait et que la graisse chaude les engloutissait. Et presque instantanément elles se ramollissaient et se fanaient, et manifestement la mort les prenait si brusquement qu’elles n’avaient pas le choix : il fallait qu’elles exhalent leur dernier soupir parfumé en le confiant à l’élément qui les noyait ; car (Grenouille le constatait avec un ravissement indescriptible) plus il enfonçait de fleurs dans son chaudron, plus puissant était le parfum qui montait de la graisse. Or, ce n’étaient nullement les fleurs mortes qui continuaient à sentir dans la graisse, non, c’était la graisse elle-même qui s’était approprié le parfum des fleurs.
A la longue, la soupe devenait trop épaisse et ils devaient vite la verser sur de grands tamis, pour la débarrasser des cadavres exsangues et la préparer à recevoir des fleurs fraîches. Et ils continuaient ainsi à déverser, à agiter et à filtrer sans arrêt toute la journée, car l’affaire ne souffrait aucun retard jusqu’au moment où, le soir, tout ce tas de fleurs était passé par le chaudron. Pour que, surtout, rien ne se perde, les déchets étaient arrosés d’eau bouillante et essorés au pressoir à vis, ce qui donnait malgré tout encore une huile au parfum délicat. Mais le gros du parfum, l’âme de cet océan de fleurs, demeurait prisonnier dans le chaudron, où il était conservé dans cette graisse terne et gris blanc, qui ne se figeait que lentement.
Le jour suivant, on poursuivait la macération (tel était le nom de ce procédé), on rallumait sous le chaudron, la graisse refondait et on y passait d’autres fleurs. Et ainsi de suite plusieurs jours durant, du matin au soir. Le travail était fatigant. Grenouille avait les bras en plomb, des ampoules aux mains et mal dans le dos, quand le soir il regagnait en titubant sa cabane. Druot, qui était bien trois fois plus vigoureux que lui, le laissait tourner sans le relayer une seule fois, se contentant de verser les fleurs légères comme l’air, d’entretenir le feu et à l’occasion, à cause de la chaleur, d’aller boire un coup. Mais Grenouille ne mouftait pas. Sans un mot pour se plaindre, il touillait les fleurs dans leur graisse du matin au soir, ne sentant même pas la fatigue sur le moment, car il ne cessait d’être fasciné par l’opération qui se déroulait sous ses yeux et sous son nez : les fleurs qui fanaient à toute allure et leur parfum qui était absorbé.
Au bout d’un certain temps, Druot décidait que la graisse était désormais saturée et qu’elle n’absorberait plus de parfum supplémentaire. Ils éteignaient le feu, filtraient une dernière fois la soupe épaisse et en remplissaient des creusets de grès où elle se figeait bientôt en une pommade au parfum magnifique.
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