Patrick Suskind - Le parfum

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C’était alors le grand moment de Mme Arnulfi, qui venait tester le précieux produit, l’étiqueter et enregistrer méticuleusement dans ses livres la quantité et la qualité du butin. Après avoir en personne obturé les creusets, les avoir scellés et les avoir descendus dans les profondeurs fraîches de sa cave, elle mettait sa robe noire, prenait son voile de deuil et faisait la tournée des négociants et grossistes en parfums de la ville. En termes émouvants, elle dépeignait à ces messieurs sa situation de femme seule, se faisait faire des offres, comparait les prix, soupirait et enfin vendait... Ou ne vendait pas. Stockée au frais, la pommade se conservait longtemps. Et qui sait si les prix, s’ils laissaient actuellement à désirer, n’allaient pas grimper pendant l’hiver ou au printemps prochain ? On pouvait aussi envisager, plutôt que de faire affaire avec ces gros épiciers, de s’entendre avec d’autres petits producteurs pour expédier ensemble par bateau un chargement de pommade vers Gênes, ou pour se joindre à un convoi à destination de la foire d’automne de Beaucaire : opérations périlleuses, certes, mais extrêmement rentables en cas de succès. Mme Arnulfi pesait soigneusement les avantages de ces diverses possibilités avant de se décider, et parfois aussi elle les combinait, vendant une partie de ses trésors, en conservant une autre et risquant une troisième dans une opération commerciale. Mais quand son enquête lui donnait le sentiment que le marché de la pommade était saturé et que la marchandise n’était pas près de se faire rare et de lui rapporter, elle rentrait promptement chez elle, voile au vent, et chargeait Druot de soumettre tout le stock à un lavage et de le transformer en essence absolue.

Alors, toute la pommade remontait de la cave, était précautionneusement réchauffée dans des pots fermés, puis additionnée d’esprit-de-vin très pur et, à l’aide d’un agitateur incorporé qu’actionnait Grenouille, remuée longuement et lavée. Redescendu à la cave, ce mélange refroidissait rapidement, la graisse de la pommade se figeait et l’alcool qui s’en dissociait pouvait être transvasé dans une bouteille. C’était dès lors quasiment un parfum, à vrai dire d’une intensité énorme, tandis que le reliquat de pommade avait perdu la plus grande part de son odeur. Ainsi, le parfum des fleurs avait une nouvelle fois changé de support. Mais l’opération n’était pas terminée pour autant. Après avoir soigneusement filtré l’alcool parfumé à travers de la gaze, qui retenait jusqu’au moindre grumeau de graisse, Druot le versait dans un petit alambic et le distillait lentement à petit feu modeste. Une fois l’alcool évaporé, il restait dans la cornue une infime quantité d’un liquide pâle que Grenouille connaissait bien, mais que jamais, ni chez Runel, ni même chez Baldini, il n’avait senti être de cette qualité et de cette pureté : la pure huile des fleurs, leur parfum tout nu, concentré cent mille fois pour donner quelques gouttes d’essence absolue. Cette essence avait une odeur qui n’avait plus rien d’agréable : une odeur forte et âcre, presque douloureuse. Et pourtant il suffisait d’en délayer une goutte dans un litre d’alcool pour lui redonner vie et pour ressusciter un champ entier de fleurs.

La récolte finale était terriblement maigre. Dans la cornue de l’alambic, il y avait tout juste assez de liquide pour remplir trois petits flacons. Trois petits flacons, c’est tout ce qui était resté du parfum de cent mille fleurs. Mais ces flacons valaient une fortune, déjà ici, à Grasse. Et bien davantage encore si on les expédiait à Paris ou à Lyon, à Grenoble, à Gênes ou à Marseille ! Mme Arnulfi, en contemplant ces petites bouteilles, avait un beau regard humide, elle les caressait des yeux et, en les fermant hermétiquement avec des bouchons de verre à l’émeri, elle retenait son souffle, pour surtout ne pas faire évaporer la moindre partie de leur précieux contenu. Et afin que même après le bouchage pas un atome n’aille s’évaporer, elle scellait les bouchons à la cire liquide et les coiffait d’une vessie de poisson qu’elle ficelait solidement sur le goulot. Puis elle plaçait les flacons dans un petit coffret garni d’ouate et allait les mettre sous clef à la cave.

37

En avril, ils macérèrent ainsi du genêt et de la fleur d’oranger, en mai toute une mer de roses, dont l’odeur plongea tout un mois la ville dans une invisible brume crémeuse et sucrée. Grenouille travaillait comme un bœuf. Modestement, avec une docilité quasi servile, il s’acquittait de toutes les tâches subalternes que lui assignait Druot. Mais tandis que d’un air faussement stupide il touillait, transvasait, lavait les bassines, balayait l’atelier ou charriait le bois de chauffe, rien n’échappait à son attention des opérations essentielles, de la métamorphose des parfums. De manière plus précise que Druot n’eût pu le faire, à savoir avec son nez, Grenouille suivait et surveillait le passage des parfums des pétales à l’alcool en passant par la graisse, jusqu’aux délicieux petits flacons. Bien avant que Druot ne s’en avisât, il sentait quand la graisse chauffait trop, il sentait quand les fleurs étaient épuisées, quand la soupe était saturée de parfum, il sentait ce qui se passait à l’intérieur des bouteilles à mélanger, et à quel moment précis il fallait mettre fin à la distillation. Et à l’occasion il s’exprimait, à vrai dire sans insister et sans se départir de son attitude soumise. Il lui semblait, disait-il, que peut être la graisse était un peu chaude ; il était tenté de croire qu’on pouvait bientôt filtrer ; il avait comme l’impression que l’alcool de l’alambic avait fini de s’évaporer... Et Druot, qui n’était certes pas prodigieusement intelligent, mais qui n’était pas non plus complètement stupide, comprit à la longue qu’il ne pouvait prendre de meilleures décisions qu’en entérinant ce qu’« il semblait » à Grenouille, ou ce dont « il avait comme l’impression ». Et comme Grenouille ne faisait jamais l’important ni le prétentieux en exprimant ce qu’il était tenté de croire ou ce dont il avait l’impression, et comme jamais (surtout en présence de Mme Arnulfi !) il ne mettait en doute l’autorité de Druot ni sa position prépondérante de premier compagnon, Druot ne vit aucune raison de ne pas suivre les conseils de Grenouille et même de ne pas lui laisser de plus en plus souvent et ouvertement le soin de décider.

De plus en plus fréquemment, non seulement Grenouille agitait, mais il dosait, il chauffait, il filtrait, tandis que Druot faisait un saut aux « Quatre Dauphins » pour vider un godet, ou bien montait voir si Madame n’avait besoin de rien. Il savait qu’il pouvait se reposer sur Grenouille. Et Grenouille, bien qu’il eût deux fois plus de travail, était heureux d’être seul, de pouvoir se perfectionner dans cet art nouveau et, à l’occasion, se livrer à de petites expériences. Avec une joie sournoise, il constata que la pommade préparée par ses soins était incomparablement plus fine, et son essence absolue de quelques degrés plus pure, que celles qui étaient issues de sa collaboration avec Druot.

Fin juillet, ce fut l’époque du jasmin, en août celle de la jacinthe nocturne. Ces deux plantes avaient des parfums si exquis et en même temps si fragiles que non seulement leurs fleurs devaient être cueillies avant le lever du soleil, mais qu’elles exigeaient le procédé d’épuisement le plus spécial et le plus délicat. La chaleur atténuait leur parfum, et l’immersion soudaine dans la graisse brûlante et la macération l’auraient détruit. Ces plus nobles des fleurs ne se laissaient pas tout bonnement arracher leur âme, il fallait littéralement la leur soustraire par ruse et par flatterie. Dans un local réservé à leur enfleurage, on les répandait sur des plaques de verre enduites de graisse froide, ou bien on les enveloppait mollement dans des linges imprégnés d’huile, et il fallait qu’elles y meurent en s’endormant doucement. Il fallait trois ou quatre jours pour qu’elles soient fanées et qu’elles aient alors exhalé leur parfum au profit de la graisse ou de l’huile voisines. On les en détachait alors prudemment et l’on répandait des fleurs fraîches. L’opération se répétait bien dix ou vingt fois et, d’ici que la pommade fût saturée ou que l’on pût exprimer des linges l’huile odorante, on était en septembre. Le résultat était encore nettement plus maigre que dans le cas de la macération. Mais la pâte de jasmin ou l’huile antique de tubéreuse obtenues par cet enfleurage à froid étaient d’une qualité qui surclassait tout autre produit de l’art des parfumeurs, tant elles étaient fines et fidèles à l’original. De fait, s’agissant du jasmin, on avait le sentiment que l’odeur érotique des fleurs, douce et tenace, avait laissé son reflet sur les plaques graisseuses comme dans un miroir, qui à présent le renvoyait tout naturellement – cum grano salis , bien sûr. Car il va de soi que le nez de Grenouille distinguait encore la différence entre l’odeur des fleurs et leur parfum mis en conserve : l’odeur propre de la graisse (si pure qu’elle fût) enrobait là comme un voile ténu l’image originale de la senteur naturelle, l’atténuait, en affaiblissait doucement l’éclat, rendant peut-être du coup supportable aux gens du commun une beauté qui sans cela ne l’eût pas été... Mais en tout cas, l’enfleurage à froid était le moyen le plus raffiné et le plus efficace de capter les parfums délicats. Il n’en existait pas de meilleur. Et si cette méthode ne suffisait pas encore à convaincre entièrement le nez de Grenouille, il savait tout de même qu’elle était mille fois suffisante pour duper un monde de nez grossiers.

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