Patrick Suskind - Le parfum

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La première odeur individuelle, Grenouille se la procura à l’hospice de la Charité. Il s’arrangea pour s’emparer, alors qu’on devait le brûler, du drap d’un compagnon boursier qui venait de mourir de consomption et qui y avait couché pendant deux mois. Le linge était à ce point imprégné de la crasse de cet ouvrier qu’il en avait absorbé les humeurs aussi bien qu’une pâte d’enfleurage et qu’on pouvait directement le laver à l’alcool. Le résultat fut fantastique : sous le nez de Grenouille, l’ouvrier boursier, surgissant de l’esprit-de-vin, ressuscita olfactivement d’entre les morts et se mit à flotter là, dans l’espace, défiguré, bien sûr, par cette curieuse méthode de reproduction et par les nombreux miasmes de sa maladie, mais fort reconnaissable par le profil individuel de son odeur : un petit homme de trente ans, blond, le nez épaté, les membres courts, les pieds plats et sentant le fromage, le sexe gonflé, un tempérament bilieux et une mauvaise haleine. Il n’était pas joli, olfactivement, cet ouvrier boursier ; il ne valait pas, comme le petit chien, d’être gardé longtemps. Et cependant Grenouille fit flotter toute une nuit son odeur fantomatique dans sa cabane, le reniflant sans cesse, enchanté et profondément satisfait par le sentiment du pouvoir qu’il avait ainsi sur l’aura d’un autre être humain. Le lendemain, il jeta le liquide.

Il fit encore un autre test, pendant ces journées d’hiver. A une mendiante muette qui errait dans la ville, il donna un franc pour qu’elle porte à même la peau pendant une journée de petits rubans préparés avec divers mélanges de graisses et d’huiles. Il en ressortit que ce qui convenait le mieux pour fixer l’odeur humaine, c’était une combinaison de graisse de rognons d’agneau et de graisses plusieurs fois purifiées de porc et de vache, dans la proportion deux cinq trois, plus un petit peu d’huile vierge.

Grenouille s’en tint là. Il renonça à s’emparer complètement de quelque être humain vivant pour le traiter en parfumeur. Cela aurait toujours comporté des risques, sans rien lui apprendre de nouveau. Il savait qu’il maîtrisait désormais les techniques permettant de ravir son odeur à un être humain, et il n’était pas nécessaire qu’il se le prouvât de nouveau.

D’ailleurs, l’odeur humaine en général lui était en soi indifférente. L’odeur humaine, il était capable de l’imiter suffisamment bien avec des produits de remplacement. Ce qu’il désirait, c’était l’odeur de certains êtres humains : à savoir de ces êtres rarissimes qui inspirent l’amour. C’étaient eux ses victimes.

39

En janvier, la veuve Arnulfi épousa en justes noces son premier compagnon Dominique Druot, du coup promu au rang de maître gantier et parfumeur. Il y eut un grand banquet pour les maîtres de jurande, un plus modeste pour les compagnons, Madame acheta un nouveau matelas pour le lit que désormais elle partageait officiellement avec Druot, et elle ressortit de son armoire sa garde-robe colorée. Pour le reste, tout alla comme avant. Elle conserva le bon vieux nom d’Arnulfi, conserva aussi l’intégralité de sa fortune, la direction financière de l’affaire et les clefs de la cave, Druot accomplissait chaque jour son devoir conjugal, puis allait se requinquer à la taverne ; et Grenouille, bien qu’il fût à présent premier et unique compagnon, faisait le plus gros du travail sans que rien fût changé à son maigre salaire, à sa pauvre nourriture et à son piètre gîte.

L’année débuta par le flot jaune des casses, par les jacinthes, les violettes, les narcisses narcotiques. Un dimanche du mois de mars – il pouvait s’être écoulé un an depuis son arrivée à Grasse –, Grenouille résolut d’aller voir où en étaient les choses derrière le mur, à l’autre bout de la ville. Cette fois, il était préparé à l’odeur, il savait assez précisément ce qui l’attendait... et pourtant, quand il la flaira, dès la Porte Neuve, à mi-chemin seulement de cet endroit des remparts, son cœur se mit à battre plus fort et il sentit son sang lui picoter les veines de bonheur : elle était encore là, cette plante à l’incomparable beauté, elle avait passé l’hiver sans dommage, elle était en pleine sève, elle poussait, s’épanouissait, portait la plus splendide des floraisons ! Son odeur, comme il s’y attendait, était devenue plus forte, sans rien perdre de sa finesse. Ce qui l’an passé encore était délicatement épars et égrené s’était à présent comme lié pour former un flux crémeux de parfum, irisé de mille couleurs et reliant pourtant chacune d’elles sans se rompre. Et ce flux, constatait Grenouille avec ravissement, provenait d’une source de plus en plus abondante. Une année encore, une année seulement, encore seulement douze mois, et cette source déborderait, et lui pourrait venir la saisir et capter la généreuse explosion de son parfum.

Il longea rapidement les remparts jusqu’au fameux endroit où ils bordaient le jardin. Quoique la jeune fille ne fût manifestement pas dans le jardin, mais dans la maison, dans une chambre aux fenêtres closes, son parfum flottait jusqu’à lui comme une douce brise ininterrompue. Grenouille se tint parfaitement immobile. Il n’était ni enivré ni abasourdi comme la première fois qu’il l’avait sentie. Il était envahi par le bonheur de l’amoureux qui de loin guette ou observe sa dulcinée, sachant qu’il viendra la chercher dans un an. En vérité, Grenouille, la tique solitaire, cet être abominable, ce monstre de Grenouille, qui n’avait jamais éprouvé l’amour et ne put jamais l’inspirer, était ce jour de mars sous les remparts de Grasse, et il aimait, et cet amour le rendait profondément heureux.

Certes, il n’aimait pas un être humain ; n’allez pas croire, par exemple, qu’il aimait cette jeune fille, là-bas, dans la maison au-delà du mur. Il aimait le parfum. Lui seul et rien d’autre, et encore l’aimait-il uniquement parce que ce serait le sien. Il viendrait le chercher dans un an, il se le jura sur sa vie. Et après s’être fait ce serment aberrant, ou avoir prononcé ce vœu, cette promesse de fidélité à lui-même et à son futur parfum, il s’éloigna allègrement de cet endroit et rentra dans la ville par la porte du Cours.

La nuit, couché dans sa cabane, il exhuma encore ce parfum de sa mémoire (il ne put résister à la tentation) et il y plongea, le caressa et se fit caresser par lui, d’aussi près et aussi étroitement, dans son rêve, que s’il l’avait déjà possédé réellement, son parfum, son propre parfum ; et il l’aima sur lui, et s’aima à travers lui, pendant un long moment de délicieuse ivresse. Il voulut emporter dans son sommeil cette passion narcissique. Mais juste au moment où il fermait les yeux, alors qu’il ne lui aurait plus fallu qu’un instant pour s’assoupir, voilà qu’elle le quitta ; elle avait soudain disparu, remplacée autour de lui par cette odeur froide et aigre d’écurie de chèvres.

Grenouille fut saisi d’effroi. Que va-t-il se passer, songea-t-il, si ce parfum que je posséderai... que va-t-il se passer, s’il finit ?... Ce n’est pas comme dans la mémoire, où tous les parfums sont impérissables. Le parfum réel s’use au contact du monde. Il est évanescent. Et une fois qu’il sera usé, la source où je l’aurai pris n’existera plus. Et je serai nu comme avant, et je devrai m’en tirer grâce à des produits de remplacement. Non, ce sera pire qu’avant ! Car entre-temps je l’aurai connu et possédé, mon magnifique parfum à moi, et je ne pourrai pas l’oublier, car je n’oublie jamais un parfum. Et ainsi je continuerai toute ma vie à me nourrir du souvenir que j’aurai de lui, tout comme en ce moment je me suis nourri du souvenir que j’ai par avance de ce parfum que je posséderai... Alors, en somme, pourquoi en ai-je besoin ?

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