Patrick Suskind - Le parfum
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Faute de gitans, on suspecta ensuite les saisonniers italiens. Mais il n’y avait pas non plus d’Italiens en ce moment, pour eux c’était trop tôt dans l’année, ils ne viendraient dans le pays qu’en juin pour la récolte du jasmin, ça ne pouvait donc pas être eux non plus. Finalement, c’est sur les perruquiers que se portèrent les soupçons, et l’on fouilla chez eux pour retrouver les cheveux de la jeune fille assassinée. Sans résultat. Puis on dit que c’étaient sûrement les juifs, puis les moines – prétendument lubriques – du monastère bénédictin (qui en vérité avaient tous largement dépassé les soixante-dix ans), puis les cisterciens, puis les francs-maçons, puis les fous de la Charité, puis les charbonniers, et en dernier ressort la noblesse débauchée, en particulier le marquis de Cabris, car il était marié pour la troisième fois et l’on disait qu’il organisait des messes noires dans ses caves et qu’il y buvait du sang de vierge pour stimuler sa virilité. Au demeurant, on ne put apporter aucune preuve matérielle. Personne n’avait été témoin du meurtre, on ne retrouva ni les vêtements ni les cheveux de la morte. Au bout de quelques semaines, le lieutenant de police considéra que l’enquête était close.
A la mi-juin, les Italiens arrivèrent, beaucoup avec leurs familles afin de se louer pour la cueillette. Les paysans les embauchèrent mais, compte tenu du meurtre, interdirent à leurs femmes et à leurs filles de les fréquenter. Car bien que ces saisonniers ne fussent pas effectivement responsables du meurtre qui avait eu lieu, ils auraient pu l’être en principe : il valait donc mieux être sur ses gardes.
Peu après le début de la récolte du jasmin, il y eut deux autres meurtres. De nouveau, les victimes étaient des beautés, de nouveau elles étaient du genre brun et languide, de nouveau on les retrouva nues et rasées dans des champs de fleurs, avec une plaie contuse derrière la nuque. De nouveau, aucune trace du meurtrier. La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre et les représailles allaient éclater contre les étrangers, quand on apprit que les deux victimes étaient italiennes et filles d’un journalier gênois.
Alors, la peur s’abattit sur le pays. Les gens ne savaient plus contre qui diriger leur rage impuissante. Il y en avait bien encore quelques-uns pour soupçonner les fous ou le ténébreux marquis, mais personne n’y croyait vraiment, car ceux-là étaient jour et nuit sous surveillance, et celui-ci était depuis belle lurette parti pour Paris. On serra donc les rangs. Les paysans ouvrirent leurs granges aux migrants, qui couchaient jusque-là à la belle étoile. Les citadins instaurèrent dans chaque quartier une patrouille de nuit. Le lieutenant de police doubla la garde aux portes de la ville. Mais toutes ces mesures ne servirent à rien. Quelques jours seulement après le double meurtre, on trouva de nouveau le cadavre d’une jeune fille, dans le même état que les autres. Il s’agissait cette fois d’une lavandière sarde du palais épiscopal, assommée près du grand lavoir de la fontaine de la Foux, aux portes même de la ville. Et bien que les édiles sous la pression des bourgeois en émoi, prissent des mesures supplémentaires (contrôles plus rigoureux aux portes, renforcement des gardes de nuit, interdiction à toute personne du sexe de sortir après le coucher du soleil), il ne s’écoula pas une semaine, cet été-là sans qu’on découvre le cadavre d’une jeune fille. Et à chaque fois elles venaient juste de devenir des femmes, à chaque fois, c’étaient les plus belles, et généralement elles étaient de ce même type brun et marqué... Encore que bientôt le meurtrier ne dédaignât point non plus le genre qui était le plus répandu dans la population locale : les tendrons à peau laiteuse, et un peu plus rondes. Dans les derniers temps, il y avait même parmi ses victimes des filles châtain, voire châtain clair – pourvu qu’elles ne fussent pas maigres. Il les débusquait partout, non seulement dans la campagne de Grasse, mais en pleine ville et jusque dans les maisons. La fille d’un menuisier fut trouvée morte dans sa chambre, au cinquième étage, et dans la maison personne n’avait entendu le moindre bruit, et aucun des chiens n’avait donné de la voix, alors que d’habitude ils aboyaient dès qu’ils flairaient un inconnu. L’assassin semblait insaisissable, immatériel, un pur esprit.
Les gens se révoltaient, insultant les pouvoirs publics. A la moindre rumeur, cela tournait à l’émeute. Un colporteur qui vendait de la poudre d’amour et autres charlataneries manqua de se faire écharper, le bruit ayant couru que ses petites médecines contenaient de la poudre de cheveux de jeune fille. On tenta de mettre le feu à l’hôtel de Cabris et à l’hospice de la Charité. Le drapier Alexandre Misnard abattit d’un coup de feu son propre valet qui rentrait en pleine nuit, parce qu’il le prit pour le sinistre tueur de filles. Ceux qui en avaient les moyens expédiaient leurs filles adolescentes chez des parents éloignés ou dans des pensionnats de Nice, d’Aix ou de Marseille. Sur les instances du conseil municipal, le lieutenant de police fut relevé de ses fonctions. Son successeur chargea une commission médicale d’examiner les corps de ces beautés rasées, afin d’établir si elles étaient restées vierges. Il apparut qu’elles étaient toutes intactes.
Curieusement, cette nouvelle accrut encore l’effroi, au lieu de l’atténuer : chacun avait tacitement admis qu’on avait abusé de ces jeunes filles. On aurait au moins tenu là un mobile de l’assassin. A présent on ignorait tout, on était complètement désemparé. Et les croyants se réfugièrent dans la prière, suppliant Dieu d’épargner au moins à leur propre maison ce fléau diabolique.
Au conseil municipal siégeaient les trente aristocrates et grands bourgeois les plus fortunés et les plus respectés de Grasse, pour la plupart philosophes et anticléricaux, qui jusque-là se souciaient fort peu de cette brave bête d’évêque et auraient volontiers transformé couvents et abbayes en autant d’entrepôts et de manufactures. Or, dans leur désarroi, ces fiers et puissants personnages du conseil ne crurent pas déchoir en adressant à Monseigneur l’Evêque une humble requête, où ils priaient Son Excellence, puisque le bras temporel ne parvenait pas à frapper le monstre qui décimait les vierges, de bien vouloir l’excommunier et dénoncer en chaire, à l’instar de son Révérendissime prédécesseur, qui en avait usé de même, en l’an 1708, avec les épouvantables sauterelles qui menaçaient alors le pays. Et de fait, fin septembre, le tueur de Grasse, alors meurtrier de vingt-quatre jeunes beautés issues de toutes les couches sociales, fut personnellement et solennellement excommunié par l’évêque du haut de toutes les chaires de la ville, y compris celle de Notre-Dame-du-Puy, et l’excommunication fut de surcroît placardée dans toutes les églises.
Le résultat fut foudroyant. Les meurtres cessèrent du jour au lendemain. Octobre et novembre s’écoulèrent sans qu’il y eût un seul cadavre. Début décembre, on rapporta qu’à Grenoble sévissait depuis peu un tueur de jeunes filles qui étranglait ses victimes, mettant leurs vêtements en lambeaux et leur arrachant les cheveux par poignées. Et quoique ces crimes de malotru ne concordassent point avec les meurtres soigneux commis à Grasse, tout le monde fut convaincu qu’il s’agissait d’un seul et même assassin. Les habitants de Grasse se signèrent par trois fois tant ils furent soulagés que la brute ne se déchaînât plus chez eux, mais à sept jours de là, dans la lointaine Grenoble. Ils organisèrent une retraite aux flambeaux en l’honneur de l’évêque, et une grande messe d’actions de grâces le 24 décembre. A l’occasion du premier janvier 1766, on assouplit les mesures de sécurité qu’on avait précédemment renforcées et l’on supprima le couvre-feu instauré pour les femmes. Avec une incroyable rapidité, la vie publique et privée redevint normale. La peur s’était comme envolée, personne ne parlait plus de l’horreur qui régnait quelques mois plus tôt sur la ville et la campagne. On n’en parlait même plus dans les familles des victimes. On eût cru que la parole épiscopale avait expulsé non seulement l’assassin, mais tout souvenir de lui. Et c’est ce qui convenait aux gens.
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