Patrick Suskind - Le parfum

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Or, en admettant (songeait Richis, poursuivant son raisonnement) que le meurtrier fût un tel collectionneur de beauté et qu’il travaillât à composer la beauté parfaite, même si ce n’était que dans l’imagination de son cerveau malade ; en admettant ensuite que c’était un homme d’un goût sublime et d’une parfaite méthode, comme il semblait effectivement, eh bien, il était alors impensable qu’il prive sa composition de l’élément le plus précieux qu’il pouvait trouver sur terre : la beauté de Laure. Toutes les tâches meurtrières, qu’il avait accomplies jusque-là n’auraient pas de valeur sans elle. Elle était la clef de voûte de son édifice.

Richis, tandis qu’il se livrait à cette épouvantable déduction, était assis en chemise de nuit sur son lit et il s’étonna d’avoir à ce point recouvré son calme. Il ne frissonnait plus de froid, ne tremblait plus. La peur vague qui le tourmentait depuis des semaines avait disparu, faisant place à la conscience d’un danger concret : les projets et les efforts du meurtrier visaient manifestement Laure, depuis le début. Tous les autres meurtres n’étaient qu’accessoires, par rapport à ce dernier meurtre, qui viendrait les couronner. Certes, le but matériel des meurtres restait obscur, il n’était pas même clair qu’ils en eussent un. Mais l’essentiel, à savoir la méthode systématique du meurtrier et son mobile idéal, Richis l’avait percé à jour. Et plus il y réfléchissait, plus ces deux idées lui plaisaient ; et son respect pour le meurtrier augmentait également – respect qui, à vrai dire, rejaillissait aussitôt sur lui-même comme d’un miroir bien clair. Car après tout, c’était lui, Richis, qui avait deviné la démarche de l’adversaire grâce à son subtil esprit d’analyse.

Si lui-même, Richis, avait été un meurtrier, et avait possédé les mêmes idées passionnées que ce meurtrier, il ne s’y serait pas pris différemment, et comme lui il mettrait tout en œuvre pour couronner son travail de dément par le meurtre de Laure, cette créature splendide et unique.

Cette dernière idée lui plut tout particulièrement. D’être ainsi capable de se mettre en pensée à la place du futur meurtrier de sa fille, cela le rendait en effet infiniment supérieur à ce meurtrier. Car le meurtrier, c’était bien clair, n’était pas capable en dépit de toute son intelligence, de se mettre à la place de Richis – ne fut-ce que parce qu’il ne pouvait pas soupçonner que Richis s’était depuis longtemps mis à la sienne. Au fond, ce n’était pas différent des affaires – mutatis mutandis , bien entendu. On était plus fort qu’un concurrent dès qu’on avait deviné ses intentions ; on ne se laissait plus flouer par lui ; pas quand on s’appelait Antoine Richis, qu’on avait roulé sa bosse et qu’on avait un tempérament de lutteur. Après tout, la plus grande affaire de parfumerie de France, sa fortune et sa charge de deuxième consul ne lui étaient pas échues telles quelles par la grâce de Dieu, il les avait conquises de haute lutte, à coups de défis et de ruses, en discernant les dangers en temps voulu, en devinant astucieusement les plans de ses concurrents et en abattant des atouts contre ses adversaires. Et ses buts futurs, le pouvoir et l’anoblissement pour ses descendants, il les atteindrait de la même façon. Et c’est aussi de cette façon qu’il allait contrecarrer les plans de ce meurtrier, son concurrent pour la possession de Laure – et ne serait-ce que parce que Laure était aussi la clef de voûte de son édifice à lui, Richis, l’édifice que constituaient ses propres plans. Il aimait sa fille, certes ; mais aussi il en avait besoin. Et ce dont il avait besoin pour réaliser ses ambitions les plus hautes, il ne laisserait personne le lui dérober, il s’y cramponnerait du bec et des ongles.

A présent, il se sentait mieux. Maintenant que ces réflexions nocturnes concernant la lutte contre le démon, il était parvenu à les ramener sur le plan d’un affrontement entre hommes d’affaires, il se sentait envahi d’un courage tout neuf, et même d’allégresse. Envolée, la dernière trace de peur ; disparu, ce sentiment d’irrésolution et de préoccupation morose ; balayé, ce brouillard de pressentiments lugubres, où il tournait en rond à tâtons depuis des semaines. Il se retrouvait sur un terrain familier et se sentait de taille à relever n’importe quel défi.

43

C’est avec soulagement et presque avec bonne humeur qu’il sauta à bas de son lit, tira le cordon de la sonnette et, quand son valet entra, titubant de sommeil, lui ordonna d’apprêter les bagages et des provisions de route, car il entendait partir pour Grenoble au lever du jour en compagnie de sa fille. Puis il s’habilla et fit lever en fanfare le reste du personnel.

Une grande agitation s’empara donc, en pleine nuit, de la maison de la rue Droite. Les foyers flambaient dans les cuisines, les servantes surexcitées filaient dans les couloirs, le valet grimpait et dévalait les escaliers, dans les caves on entendait tinter le trousseau de clefs du magasinier, dans la cour les flambeaux jetaient leurs lueurs, les palefreniers couraient chercher les chevaux, d’autres tiraient des mulets de leur écurie, on harnachait et on sellait, on courait et on chargeait... On aurait pu croire que les hordes austro-sardes envahissaient le pays, pillant et brûlant tout sur leur passage, comme en l’an 1746, et que le maître de maison s’apprêtait à fuir dans la panique et la précipitation. Mais nullement ! Aussi olympien qu’un maréchal de France, le maître de maison était assis au pupitre de son comptoir, buvait son café au lait et donnait ses consignes aux domestiques qui défilaient au pas de course. Dans le même temps, il rédigeait des lettres à l’adresse du maire et premier consul, de son notaire, de son avocat, de son banquier à Marseille, du baron de Bouyon et de divers fournisseurs et clients.

Vers six heures du matin, il en avait terminé avec cette correspondance et avait pris toutes les dispositions nécessaires à ses plans. Il mit dans ses poches deux petits pistolets de voyage, se ceignit de la ceinture où était son argent et referma à clef son pupitre. Puis il alla éveiller sa fille.

A huit heures, la petite caravane s’ébranla. Richis chevauchait en tête, magnifique à voir dans un habit bordeaux aux lisérés d’or, avec une redingote noire et un feutre noir crânement orné d’un plumet. Venait ensuite sa fille, plus modestement vêtue, mais d’une beauté si radieuse que la foule, dans la rue et aux fenêtres, n’avait d’yeux que pour elle et laissait échapper des cris d’admiration dévote, tandis que les hommes se découvraient : apparemment devant le deuxième consul, mais en réalité devant elle et son allure de reine. Puis venait la femme de chambre, qu’on remarquait à peine, puis le valet de Richis avec deux chevaux de somme (l’emploi d’une voiture étant contre-indiqué, vu l’état notoirement déplorable de la route de Grenoble) ; fermaient enfin la marche une douzaine de mulets chargés de toutes sortes de bagages et conduits par deux palefreniers. A la porte du Cours, les sentinelles présentèrent les armes, et ne les reposèrent que quand le dernier mulet eut fini de passer en trottinant. Des enfants couraient derrière, qui suivirent un bon moment, puis firent adieu de la main à cette troupe qui s’éloigna lentement sur le chemin abrupt et sinueux qui gravissait la montagne.

Le départ d’Antoine Richis et de sa fille fit sur les gens une impression étrangement profonde. Ils eurent le sentiment d’avoir assisté à une cérémonie archaïque de sacrifice. Le bruit s’était répandu que Richis partait pour Grenoble : pour la ville, donc, où sévissait à présent ce monstre qui tuait les jeunes filles. Les gens ne savaient qu’en penser. Était-ce criminelle légèreté, de la part de Richis, ou admirable courage ? Voulait-il défier les dieux, ou les apaiser ? Très vaguement, ils pressentaient qu’ils venaient de voir la belle jeune fille aux cheveux roux pour la dernière fois. Ils pressentaient que Laure Richis était perdue.

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