Patrick Suskind - Le parfum

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Cette idée, pour Grenouille, était extrêmement désagréable. Cela le terrorisait au-delà de toute expression de penser que ce parfum qu’il ne possédait pas encore, s’il le possédait, il ne pourrait que le perdre à nouveau, inéluctablement. Combien de temps ce parfum durerait-il ? Quelques jours ? Quelques semaines ? Peut-être un mois, s’il s’en parfumait très parcimonieusement ? Et alors ? Il se voyait déjà secouer le flacon pour en faire descendre la dernière goutte, puis le rincer à l’esprit-de-vin, pour ne pas en perdre le moindre reste, et ensuite il voyait, il sentait son parfum adoré s’évanouir pour toujours et irrémédiablement. Ce serait comme une lente agonie, une sorte d’étouffement à l’envers, une évanescence progressive et torturante de soi-même en direction de l’horreur du monde.

Il était glacé et frissonnant. Il eut soudain envie d’abandonner ses projets, de sortir dans la nuit et de partir. Il allait traverser les montagnes enneigées, sans s’arrêter, et parcourir les cent lieues qui le séparaient de l’Auvergne, et là-bas se réfugier dans sa vieille caverne et s’y endormir pour ne jamais se réveiller. Mais il n’en fit rien. Il resta assis et ne céda pas, parce que c’était chez lui une envie ancienne, de partir et de se réfugier dans une caverne. Il connaissait cela. Ce qu’en revanche il ne connaissait pas encore, c’était de posséder un parfum humain, aussi magnifique que le parfum de la jeune fille derrière le mur. Et quoiqu’il sût devoir cruellement payer la possession de ce parfum de sa perte ultérieure, cette possession et cette perte lui parurent plus désirables que de renoncer abruptement à l’une comme à l’autre. Car il avait passé sa vie à renoncer. Tandis que jamais encore il n’avait possédé et perdu.

Peu à peu, les doutes refluèrent, et avec eux les frissons. Il sentit son sang l’irriguer à nouveau de chaleur et de vie, il sentit que la volonté de faire ce qu’il avait résolu prenait à nouveau possession de lui. Et ce plus fortement qu’avant, car cette volonté ne procédait plus à présent d’un simple désir, mais aussi d’une décision mûrement réfléchie. La tique, placée devant le choix de se dessécher sur place ou de se laisser choir, optait pour la seconde solution, sachant fort bien que cette chute serait sa dernière. Grenouille se laissa de nouveau aller sur sa couche, se lova douillettement entre sa paille et sa couverture, et se trouva très héroïque.

Mais Grenouille n’eût pas été Grenouille s’il s’était longtemps satisfait de cet héroïque fatalisme. Son caractère était pour cela bien trop accrocheur, sa nature trop roublarde et son esprit trop subtil. C’était entendu, il avait décidé de posséder ce parfum de la jeune fille derrière le mur. Bien. Et si au bout de quelques semaines il le perdait à nouveau et qu’il en mourait, soit. Mais mieux vaudrait ne pas mourir et posséder tout de même le parfum, ou du moins retarder le plus possible cette perte. Il fallait rendre le parfum plus durable. Capter son évanescence sans le dépouiller de son caractère : c’était un problème de parfumerie.

Il est des parfums qui tiennent des dizaine d’années. Une armoire frottée au musc, une peau imprégnée d’huile de cannelle, un nodule d’ambres, un coffre en bois de cèdre possèdent quasiment la vie éternelle, olfactivement parlant. Et d’autres parfums – huile de limette, bergamote, extraits des narcisse et de tubéreuse, et beaucoup d’essences florales s’évaporent au bout de quelques heures, si on les expose à l’air à l’état pur et sans les lier. Le parfumeur tourne cette fâcheuse difficulté en liant les senteurs trop évanescentes par des senteurs tenaces qui leur mettent en quelque sorte des entraves et brident leur aspiration à la liberté, tout l’art consistant à laisser ces entraves assez lâches pour que l’odeur qui les subit paraisse conserver sa liberté, mais à les resserrer tout de même suffisamment pour qu’elle ne puisse s’enfuir. Grenouille avait un jour parfaitement réussi ce tour de force sur une huile de tubéreuse, dont il avait ligoté la senteur éphémère par d’infimes adjonctions de civette, de vanille, de labdanum et de cyprès, qui du coup la mettaient véritablement en valeur. Pourquoi ne pas traiter de manière analogue le parfum de la jeune fille ? Ce parfum qui était le plus précieux et le plus fragile de tous, pourquoi l’utiliser pur et le gaspiller ? Quelle balourdise ! Quel extraordinaire manque de raffinement ! Laissait-on les diamants sans les tailler ? Portait-on l’or en pépites autour du cou ? Etait-il, lui Grenouille, un grossier pilleur d’odeurs comme Druot et comme les autres macérateurs, distillateurs et écraseurs de fleurs ? Ou bien était-il, oui ou non, le plus grand parfumeur du monde ?

Il se frappa le front, effaré de n’y avoir pas songé plus tôt : naturellement, qu’il ne fallait pas utiliser à l’état brut ce parfum unique au monde ! Il fallait le sertir comme la pierre la plus précieuse. Il fallait composer comme un orfèvre un diadème odorant, au centre et au sommet duquel, inséré dans d’autres senteurs et tout à la fois les dominant, son parfum jetterait tous ses feux. Il allait faire un parfum selon toutes les règles de l’art, et l’odeur de la jeune fille derrière le mur en serait l’âme.

Mais pour en constituer le corps, la base, le torse et la tête, pour lui fournir ses notes aiguës et lui donner un fixateur, les adjuvants idoines n’étaient pas le musc et la civette, ni l’huile de rose ou le néroli, c’était bien clair. Un tel parfum, un parfum humain, exigeait d’autres ingrédients.

40

Au mois de mai de la même année, dans un champ de roses à l’est de Grasse et à mi-chemin du petit village d’Opio, on découvrit le cadavre nu d’une jeune fille de quinze ans. Elle avait été assommée d’un coup de gourdin derrière la nuque. Le paysan qui trouva le corps fut tellement troublé par son affreuse découverte qu’il faillit se rendre suspect : il déclara d’une voix tremblante au lieutenant de police que jamais il n’avait rien vu de si beau... alors qu’en fait, il voulait dire qu’il n’avait jamais rien vu d’aussi affreux.

De fait, la jeune fille était d’une beauté exquise. Elle était de ce type de femmes nonchalantes et languides qu’on dirait faites de miel brun, elles en ont la saveur sucrée, le contact lisse et l’étonnante onctuosité ; il leur suffit d’un geste indolent, de rejeter leurs cheveux en arrière ou de faire lentement claquer le fouet de leur regard pour dompter tout l’espace autour d’elles et se retrouver, tranquilles, au centre d’un cyclone, apparemment inconscientes du champ de gravitation où elles attirent irrésistiblement vers elles les désirs et les âmes des hommes comme des femmes. Et elle était jeune, toute jeune et fraîche, le charme propre à son type n’avait pas encore eu le temps de s’empâter. Les membres charnus étaient encore lisses et fermes, le sein comme un œuf dur qu’on vient de peler, et le visage plutôt plat, ceint d’une opulente chevelure noire, possédait encore les contours les plus tendres et les endroits les plus secrets. La chevelure elle-même avait à vrai dire disparu. Le meurtrier l’avait coupée et emportée, comme il avait emporté les vêtements.

On suspecta les gitans. De la part des gitans, on pouvait s’attendre à tout. On savait bien que les gitans faisaient des tapis avec des morceaux de vieux vêtements, qu’ils utilisaient des cheveux pour bourrer leurs coussins et qu’ils fabriquaient de petites poupées avec la peau et les dents des suppliciés. Un crime aussi pervers, ce ne pouvaient être que les gitans. Seulement, il n’y avait pas de gitans en ce moment, pas le moindre à des lieues à la ronde ; la dernière fois que des gitans étaient passés dans la région, c’était en décembre.

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