Patrick Suskind - Le parfum
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Il n’y avait que ceux qui avaient une fille atteignant l’âge critique : ils continuaient à ne pas aimer la laisser sans surveillance, à redouter le crépuscule et, le matin, à être tout heureux de la retrouver fraîche et dispose – sans à vrai dire s’avouer clairement pourquoi.
41
Il y avait un homme dans Grasse qui ne se fiait pas à cette paix revenue. Il s’appelait Antoine Richis, avait la charge de deuxième consul et habitait une belle demeure au début de la rue Droite.
Richis était veuf et avait une fille nommée Laure. Bien qu’il n’eût pas quarante ans et qu’il eût toute sa vitalité, il ne pensait pas se remarier avant quelque temps. Il entendait d’abord marier sa fille. Et la marier non pas au premier venu, mais à un homme de qualité. Il y avait un certain baron de Bouyon, qui possédait un fils et un fief près de Vence, une bonne réputation et des finances désastreuses : Richis et lui s’étaient déjà mis d’accord sur le futur mariage de leurs enfants. Une fois Laure casée, il songerait lui-même à trouver un parti du côté de maisons vénérables comme les Drée, les Maubert ou les Fontmichel, non qu’il fût arrogant et prétendît à tout prix mettre une noble dans son lit, mais il entendait fonder une dynastie et mettre sa postérité sur une voie qui menât à la plus haute considération sociale et à l’influence politique. Pour cela, il lui fallait encore au moins deux fils, dont l’un reprendrait son affaire, tandis que l’autre, en passant par une carrière juridique et par le parlement d’Aix, parviendrait à se faire anoblir. Mais étant donné sa condition, il ne pouvait caresser de telles ambitions avec quelque chance de succès que si lui et sa famille s’alliaient étroitement à la noblesse provençale.
Ce qui lui donnait quelque droit de forger des plans aussi ambitieux, c’était sa fabuleuse richesse. Antoine Richis était de très loin le bourgeois le plus fortuné de tout le pays. Il possédait des propriétés terriennes non seulement dans la région de Grasse, où il cultivait l’oranger, l’olivier, le froment et le chanvre, mais aussi près de Vence et du côté d’Antibes, où il avait des métayers. Il possédait des immeubles à Aix, des maisons à la campagne, des parts sur des navires commerçant avec les Indes, un comptoir permanent à Gênes, et le plus grand entrepôt de France pour la parfumerie, les épices, les huiles et les cuirs.
Pourtant, ce que Richis possédait de plus précieux, c’était sa fille. Elle était son unique enfant, elle venait juste d’avoir seize ans, elle avait les cheveux d’un roux profond et les yeux verts. Son visage était si ravissant que les visiteurs de tout âge et de tout sexe en étaient immédiatement pétrifiés et ne pouvaient plus en détacher leur regard, léchant littéralement son visage des yeux, comme s’ils avaient léché de la glace avec leur langue, et avec l’expression d’abandon stupide qui caractérise ce genre d’activités buccales. Quand il regardait sa fille, Richis lui-même se surprenait (pour un temps indéterminé, un quart d’heure, une demi-heure peut-être) à oublier le monde et, du même coup, ses affaires, ce qui par ailleurs ne lui arrivait même pas en dormant, et il s’abîmait complètement dans la contemplation de cette merveilleuse fille, et après coup était incapable de dire ce qu’il venait de faire. Et depuis peu (il l’avait noté avec quelque malaise), le soir quand il l’accompagna jusqu’à son lit, ou le matin quand il venait la réveiller et qu’elle dormait encore, jetée sur son lit comme par la main d’un dieu, et que le drapé de sa chemise dessinait ses hanches et ses seins, et que, de la région du sein, de l’aisselle, du coude et l’avant-bras lisse où elle avait niché son visage, montait son souffle calme et chaud... Voilà que Richis sentait son estomac se nouer atrocement, et sa gorge se serrer, et il avalait sa salive et, par Dieu ! se maudissait d’être le père de cette femme, et non un inconnu, un homme quelconque, devant qui elle serait couchée comme maintenant devant lui et qui sans scrupules pourrait se coucher contre elle, sur elle, en elle, avec tout son désir. Et il ruisselait de sueur et ses membres tremblaient, tandis qu’il étranglait en lui cette envie atroce et qu’il se penchait vers elle pour l’éveiller d’un chaste baiser paternel.
L’année passée, à l’époque des meurtres, il n’avait pas encore ce genre d’accès fâcheux. La séduction qu’exerçait alors sur lui sa fille était – du moins lui semblait-il – encore celle d’une enfant. Et c’est d’ailleurs pourquoi il n’avait jamais sérieusement redouté que Laure pût être la victime d’un meurtrier dont on savait qu’il ne s’en prenait ni aux enfants ni aux femmes, mais exclusivement à des jeunes filles pubères et vierges. Certes, il avait renforcé la garde de la maison, fait poser de nouvelles grilles aux fenêtres de l’étage et ordonné à la femme de chambre de dormir dans la même pièce que Laure. Mais il avait répugné à l’expédier au loin, comme ses pairs l’avaient fait de leurs filles, voire de leurs familles entières. Il trouvait cette attitude méprisable et indigne d’un membre du conseil et d’un deuxième consul, qui devait à son sens donner à ses concitoyens l’exemple du calme, du courage et de la fermeté. Au demeurant, il n’était pas homme à se laisser dicter ses décisions par autrui, ni par une foule paniquée, ni moins encore par quelque crapule anonyme comme ce criminel. Aussi, pendant la période terrible, avait-il été l’un des rares dans la ville à être cuirassé contre la fièvre de l’angoisse et à garder la tête froide. Mais, curieusement, voilà qu’à présent cela changeait. Tandis que les gens, à l’extérieur, faisaient comme s’ils avaient déjà pendu le meurtrier, fêtaient la fin de ses méfaits et oubliaient rapidement la période fatale, l’angoisse envahissait maintenant le cœur de Richis comme un vilain poison. Longtemps, il ne voulut pas s’avouer que c’était cette angoisse qui l’incitait à remettre des voyages qu’il aurait pourtant dû déjà avoir faits, à ne sortir de chez lui qu’à contrecœur, à abréger visites et réunions pour rentrer le plus vite possible. Il prétextait envers lui-même des malaises et le surmenage, et s’avouait bien aussi qu’il était un peu soucieux, comme l’est après tout n’importe quel père qui a une fille en âge d’être mariée, c’était un souci tout à fait normal... La renommée de sa beauté ne s’était-elle pas déjà répandue à l’extérieur ? Est-ce que les gens ne se tordaient pas le cou pour la voir, quand on allait avec elle à la messe du dimanche ? Est-ce que certains messieurs du conseil ne faisaient pas déjà des avances, en leur nom et en celui de leurs fils ?...
42
Mais voici qu’un jour de mars Richis était assis au salon et vit Laure sortir dans le jardin. Elle portait une robe bleue, sur laquelle retombait sa chevelure rousse, flamboyant au soleil : il ne l’avait jamais vue aussi belle. Elle disparut derrière une haie. Et elle mit peut-être deux secondes de trop, le temps de deux battements de cœur, avant de réapparaître : Richis éprouva une frayeur mortelle, car pendant ces deux battements de cœur, il avait cru l’avoir perdue à jamais.
La nuit même, il se réveilla d’un rêve affreux dont il ne put se rappeler le contenu, mais qui concernait Laure ; et il se précipita dans sa chambre, persuadé qu’elle était morte, qu’il allait la trouver sur son lit assassinée, violée et rasée... et il la découvrit intacte.
Il regagna sa propre chambre, trempé de sueur et frémissant d’émotion ; non, pas d’émotion, mais de peur ; il s’avoua enfin que c’était la peur pure et simple qui l’avait pris à la gorge, et cet aveu lui fit recouvrer son calme et sa lucidité. S’il était sincère, il n’avait jamais cru à l’efficacité de l’excommunication par l’évêque ; il ne croyait pas non plus que le meurtrier se trouvât maintenant à Grenoble ; ni d’ailleurs qu’il eût quitté la ville. Non, il vivait encore ici, au milieu des Grassois ; et à un moment ou à un autre, il frapperait à nouveau. En août et en septembre, Richis avait vu quelques-unes des jeunes filles assassinées. Le spectacle l’avait terrifié et en même temps, il devait se l’avouer, fasciné, car elles étaient toutes, et chacune d’une façon bien particulière, d’une beauté exquise. Jamais il n’aurait cru qu’il y avait à Grasse tant de beautés inconnues. Ce meurtrier lui avait ouvert les yeux. Ce meurtrier avait un goût parfait. Et il avait une démarche systématique. Non seulement tous les meurtres étaient perpétrés de la même manière soigneuse, mais le choix des victimes trahissait aussi une volonté de planification quasi économique. Certes, Richis ignorait ce que le meurtrier voulait effectivement de ses victimes, car il ne pouvait pas leur avoir pris ce qu’elles avaient de mieux, leur beauté et le charme de leur jeunesse... à moins que si ? En tout cas, si absurde que cela parût, le meurtrier ne lui semblait pas être un esprit destructeur, mais au contraire un collectionneur méticuleux. Car effectivement (songeait Richis), si l’on se figurait toutes ces victimes non pas comme des individualités prises une à une, mais comme des éléments participant à un principe supérieur, et si l’on imaginait idéalement leurs qualités respectives fondues dans un ensemble cohérent, la mosaïque constituée par une telle juxtaposition serait nécessairement l’image même de la beauté, et la séduction qui en émanerait ne serait plus d’ordre humain, mais divin. (Nous voyons que Richis était un esprit des Lumières, qui ne reculait pas devant des déductions blasphématoires, et que, raisonnant selon des catégories visuelles et non olfactives, il était pourtant tout près de la vérité.)
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