Patrick Suskind - Le parfum

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Il ne lui fallut pas longtemps pour que l’élève dépasse largement le maître, non seulement en matière de macération, mais aussi dans l’art de l’enfleurage à froid ; ni pour que Grenouille le fasse savoir à Druot, de la manière discrète et obséquieuse qui avait déjà fait ses preuves. Druot lui laissa volontiers le soin de se rendre à l’abattoir pour acheter les graisses qui convenaient le mieux, de les nettoyer, de les disposer, de les filtrer et de les doser entre elles : tâche extrêmement délicate que Druot redoutait toujours, car une graisse malpropre, rance ou sentant trop le porc, l’agneau ou le bœuf pouvait gâcher le produit le plus précieux. Il lui laissa le soin de déterminer l’intervalle entre les plaques dans le local d’enfleurage, le moment où il fallait renouveler les fleurs, le degré de saturation de la pommade, il le laissa bientôt prendre toutes les décisions délicates que lui, Druot, tout comme Baldini en son temps, ne pouvait prendre qu’approximativement, en appliquant des règles apprises, tandis que Grenouille les prenait selon la science de son nez... ce qu’à vrai dire Druot ne soupçonnait pas.

— Il a la main heureuse, disait Druot, il a une bonne intuition de ces choses.

Et parfois il pensait aussi : il est tout simplement beaucoup plus doué que moi, il me vaut cent fois, comme parfumeur. Ce qui ne l’empêchait pas de le tenir pour un parfait imbécile, puisque Grenouille, croyait-il, ne savait pas tirer le moindre profit de ses dons, tandis que lui, Druot, avec ses capacités plus restreintes, ne tarderait pas à passer maître. Et Grenouille faisait tout pour le confirmer dans cette opinion, s’appliquait à paraître bête, ne manifestait pas la moindre ambition, faisait comme s’il n’avait pas idée de son génie et n’agissait que sur les instructions d’un Druot bien plus expérimenté que lui et sans lequel il eût été nul. De la sorte, ils s’entendaient le mieux du monde.

Puis vint l’automne, puis l’hiver. L’atelier était plus calme. Les parfums des fleurs étaient prisonniers dans la cave, dans des creusets ou des flacons, et sauf quand Madame voulait faire transformer telle ou telle pommade en essence, ou distiller un sac d’épices sèches, il n’y avait pas trop à faire. Il arrivait encore des olives, quelques pleines corbeilles chaque semaine. Ils en exprimaient l’huile vierge, le reste passait au moulin. Et du vin, dont Grenouille distillait en alcool et rectifiait une partie.

Druot se montrait de moins en moins. Il faisait son devoir dans le lit de Madame et, quand il apparaissait, puant la sueur et le sperme, c’était pour filer sans tarder aux « Quatre Dauphins ». Madame aussi descendait rarement. Elle s’occupait de gérer sa fortune et de transformer sa garde-robe en prévision de la fin de son année de deuil. Souvent, Grenouille ne voyait personne de la journée, hormis la servante, qui lui donnait sa soupe à midi, et le soir du pain et des olives. Il ne sortait guère. Quant aux manifestations de sa corporation, à savoir les réunions et défilés périodiques des compagnons, il y participait juste assez souvent pour ne se faire remarquer ni par son absence ni par sa présence. Il n’avait ni amis ni relations, mais veillait soigneusement à ne pas passer pour arrogant ou pour sauvage. Il laissait les autres compagnons trouver sa société insipide et sans intérêt. Il était passé maître dans l’art de respirer l’ennui et de passer pour un pauvre imbécile – mais sans aller jusqu’à faire les frais de plaisanteries amusées, ni de quelqu’une de ces farces bien senties qui étaient une spécialité de la corporation. Il parvint à se rendre parfaitement inintéressant. On le laissait en paix. Et c’est tout ce qu’il voulait.

38

Il passait son temps dans l’atelier. Vis-à-vis de Druot, il prétendit vouloir inventer une recette d’eau de Cologne. Mais en réalité, il poursuivait des expériences sur des parfums tout différents. Le parfum qu’il s’était fabriqué à Montpellier tirait à sa fin, bien qu’il en usât très parcimonieusement. Il en créa un nouveau. Mais cette fois, il ne se contenta pas de mélanger à la hâte des ingrédients pour imiter tant bien que mal l’odeur humaine, il mit son point d’honneur à se pourvoir d’un parfum personnel, ou plutôt d’une quantité de parfums personnels.

D’abord, il se fit un parfum de banalité, un vêtement olfactif gris souris pour tous les jours, où figurait bien encore l’odeur de fromage aigre propre à l’humanité, mais elle ne se dégageait plus à l’extérieur que comme à travers une épaisse couche de vêtements de lin et de laine enveloppant la peau sèche d’un vieillard. Avec cette odeur, il pourrait commodément se mêler aux hommes. Le parfum était assez fort pour justifier olfactivement l’existence d’une personne, mais trop discret pour gêner qui que ce fût. Du coup, Grenouille n’était pas vraiment présent par l’odeur, et pourtant très humblement justifié d’être là : position hybride qui lui convenait fort bien, tant dans la maison Arnulfi que lorsqu’il avait éventuellement à faire en ville.

En certaines circonstances, à vrai dire, ce parfum modeste se révéla gênant. Quand il avait des courses à faire pour Druot ou que, pour son propre compte, il voulait acheter chez un marchand un peu de civette ou quelques grains de musc, il pouvait arriver qu’on le remarquât tellement peu qu’on l’oubliait et qu’on le ne servait pas ; ou bien on le voyait, mais on le servait de travers et on le plantait là sans finir de le servir. Pour les cas de ce genre, il s’était composé un parfum un peu plus dru, sentant légèrement la sueur, un peu plus anguleux et encombrant, olfactivement parlant, qui lui donnait une allure plus brusque et faisait croire aux gens qu’il était pressé et avait des affaires urgentes. Il avait aussi une imitation de l’ aura seminalis de Druot (reconstituée à s’y tromper par enfleurage d’un drap de lit crasseux, à l’aide d’une pâte faite d’œufs de canard frais et de farine de froment échauffée) qui donnait de bons résultats quand il s’agissait de provoquer un certain degré d’attention.

Un autre parfum de son arsenal était destiné à susciter la pitié et fit ses preuves sur les femmes d’âge moyen et avancé. Il sentait le lait maigre et le bois tendre et propre. Quand il s’en mettait, Grenouille – même s’il était mal rasé, qu’il avait la mine lugubre et qu’il était enveloppé d’un manteau faisait l’effet d’un petit garçon pâle dans un pourpoint élimé, et il fallait l’aider. Sur le marché, quand elles flairaient son odeur, les marchandes lui fourraient dans les poches des noix et des poires sèches, parce qu’il avait tellement l’air d’avoir faim et d’être désemparé, disaient-elles. Et la femme du boucher, au demeurant une implacable garce, lui permettait de faire son choix parmi les déchets nauséabonds de viande et d’os, et de les emporter gratis, car ce parfum d’innocence faisait vibrer en elle la corde maternelle. Ces déchets, à leur tour, lui fournirent par extraction directe à l’alcool les principaux ingrédients d’une odeur qu’il prit lorsqu’il voulait à tout prix être seul et qu’on s’écarte de lui. Cette composition suscitait autour de lui une atmosphère de vague nausée, une exhalaison putride analogue à celle qui émane au réveil des vieilles bouches mal entretenues. Elle était si efficace que même Druot, pourtant peu délicat, ne pouvait faire autrement que de se détourner et de prendre le large, sans d’ailleurs savoir clairement ce qui l’avait réellement chassé. Et quelques gouttes de ce repellent , lâchées sur le seuil de la cabane, suffisaient pour tenir à l’écart tout intrus, homme ou bête.

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