Carlos Zafón - Le jeu de l'ange

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— Ignatius B. Samson s'est suicidé. Il a laissé un récit inédit de vingt pages dans lequel il meurt avec Chloé Permanyer, tous deux enlacés après avoir absorbé un poison.

— L'auteur meurt dans son propre roman ? demanda Herminia, interloquée.

— Ce sont ses adieux au monde du roman-feuilleton. Un détail tout à fait avant-garde dont j'étais sûr qu'il vous plairait beaucoup.

— Et il ne pourrait pas y avoir un antidote, ou…, demanda la Poison.

— Martín, je n'ai pas besoin de vous rappeler que c'est vous, et non le présumé défunt Ignatius, qui avez signé un contrat…, commença Escobillas.

Barrido leva la main pour faire taire son associé.

— Je crois savoir ce qui se passe, Martín. Vous êtes à bout. Voici des années que vous faites fonctionner votre cervelle sans arrêt, ce dont cette maison vous sait gré et qu'elle apprécie, et vous avez besoin de souffler. Je le comprends. Nous le comprenons, n'est-ce pas ?

Barrido regarda Escobillas et la Poison, qui manifestèrent leur assentiment avec des mines de circonstance.

— Vous êtes un artiste et vous voulez faire de l'art, de la haute littérature, qui vous vienne droit du cœur et vous permette d'inscrire votre nom en lettres d'or sur les marches de l'histoire universelle.

— Tel que vous l'expliquez, c'est parfaitement ridicule, m'écriai-je.

— Parce que ça l'est, assena Escobillas.

— Non, pas du tout, le coupa Barrido. C'est humain. Et nous sommes humains. Moi, mon associé et Herminia qui, par sa sensibilité et sa délicatesse, est sûrement la plus humaine des trois, n'est-ce pas Herminia ?

— Impossible d'être plus humaine, confirma-t-elle.

— Et comme nous sommes humains, nous vous comprenons et souhaitons vous aider. Parce que nous sommes fiers de vous et convaincus que vos succès seront les nôtres, et parce que dans cette maison, en fin de compte, ce sont les personnes qui comptent et non les chiffres.

Ayant terminé ce discours, Barrido observa une pause, comme au théâtre. Il attendait peut-être que je l'applaudisse, mais quand il vit que je ne bronchais pas, il poursuivit derechef son exposé.

— Et donc, je vous fais la proposition suivante : prenez six mois, neuf s'il le faut, parce qu'un accouchement est un accouchement, et enfermez-vous dans votre bureau pour écrire le grand roman de votre vie. Dès que vous l'aurez terminé, apportez-le-nous, et nous le publierons sous votre nom, en y mettant le paquet et en jouant le tout pour le tout. Parce que nous sommes de votre côté.

Je regardai Barrido, puis Escobillas. La Poison était sur le point d'éclater en sanglots sous le coup de l'émotion.

— Sans avance, naturellement, précisa Escobillas.

Barrido balaya l'air d'un geste euphorique.

— Qu'en pensez-vous ?

Je me mis au travail le jour même. Mon plan était aussi simple qu'insensé. Le jour je récrirais le livre de Vidal, et la nuit travaillerais au mien. Je tirerais parti de toutes les mauvaises habitudes que m'avait enseignées Ignatius B. Samson et les mettrais au service du peu de dignité et d'honnêteté que j'avais pu garder au cœur. J'écrirais par gratitude, par désespoir et par vanité. J'écrirais surtout pour Cristina, pour lui démontrer que, moi aussi, j'étais capable de payer ma dette à Vidal, et que David Martín, même à l'article de la mort, avait gagné le droit de la regarder dans les yeux sans avoir honte de ses ridicules espérances.

Je ne retournai pas consulter le docteur Trías. Je n'en voyais pas la nécessité. Le jour où je ne pourrais plus écrire ni imaginer un mot de plus, je serais le premier à m'en rendre compte. Mon fidèle et peu scrupuleux pharmacien me délivrait sans poser de questions toutes les pilules de codéine que je lui demandais et, parfois, d'autres gâteries qui mettaient mes veines en feu et dynamitaient autant la douleur que la conscience. Je ne parlai à personne de ma visite au médecin ni des résultats des examens.

Me suffisait, pour survivre, la livraison hebdomadaire que je commandais chez Gisbert, une formidable épicerie en tout genre de la rue Mirallers, derrière la cathédrale Santa Mariá del Mar. La commande était toujours identique. C'était la fille des patrons qui me l'apportait, une jeune personne qui restait à me manger des yeux comme un faon effarouché quand je l'invitais à pénétrer dans l'entrée où elle m'attendait pendant que j'allais chercher l'argent pour la payer.

— Ça c'est pour ton père, et ça c'est pour toi.

Je lui donnais toujours dix centimes de pourboire, qu'elle acceptait en silence. Chaque semaine la fillette revenait sonner à ma porte avec la commande, et chaque semaine je la payais et lui donnais dix centimes de pourboire. Durant neuf mois et un jour, le temps nécessaire pour mener à bien l'écriture du seul livre qui porterait mon nom, cette fille dont j'ignorais le prénom et dont j'oubliais systématiquement le visage avant de la retrouver sur le seuil de ma porte fut, le plus souvent, la seule personne que je vis.

Du jour au lendemain, sans m'en avoir prévenu, Cristina cessa de venir à nos rendez-vous de l'après-midi. Je commençais à craindre que Vidal ne se soit aperçu de notre stratagème, quand un jour, alors que je l'attendais déjà depuis presque une semaine, j'ouvris la porte en croyant que c'était elle et me trouvai devant Pep, un des domestiques de la villa Helius. Il m'apportait de la part de Cristina un paquet soigneusement fermé qui contenait le manuscrit entier de Vidal. Pep m'expliqua que le père de Cristina avait été victime d'une rupture d'anévrisme qui l'avait laissé pratiquement infirme et qu'elle l'avait conduit dans un sanatorium, à Puigcerdà dans les Pyrénées, où, apparemment, exerçait un jeune médecin expert dans le traitement de ce genre de maladie.

— M. Vidal s'est chargé de tout sans compter, expliqua Pep.

Vidal n'oubliait jamais ses serviteurs, pensai-je avec une certaine amertume.

— Elle m'a demandé de vous le remettre en main propre. Et de n'en rien dire à personne.

Le garçon me remit le paquet, soulagé de se débarrasser de sa mystérieuse mission.

— Est-ce qu'elle t'a laissé une indication quelconque sur le lieu où je peux la joindre, en cas de besoin ?

— Non, monsieur Martín. Tout ce que je sais, c'est le nom de l'endroit où a été transporté le père de Mlle Cristina : la villa San Antonio.

Quelques jours plus tard, Vidal me rendit une de ses visites surprises et resta toute la soirée chez moi à boire mon anis, fumer mes cigarettes et me parler de ce qui était arrivé à son chauffeur.

— C'est incroyable. Un homme fort comme un chêne qui, d'un coup, s'écroule comme une masse et ne sait même plus qui il est.

— Comment va Cristina ?

— Tu peux l'imaginer. Sa mère est morte voici des années et Manuel est la seule famille qui lui reste. Elle a emporté avec elle un album de photos de famille et le montre tous les jours au pauvre homme pour voir si cela lui rappelle quelque chose.

Pendant que Vidal parlait, son roman – ou devrais-je préciser le mien ? – était posé, à l'envers, au sommet d'une pile de dossiers sur la table de la galerie, à cinquante centimètres de ses mains. Il me raconta qu'en l'absence de Manuel il avait incité Pep – paraît-il bon cavalier – à se familiariser avec l'art de la conduite automobile, mais que, pour l'instant, c'était un désastre.

— Laissez-lui le temps. Une auto n'est pas un cheval. Tout le secret est dans la pratique.

— Mais, dis-moi, maintenant que tu m'en parles, Manuel t'a appris à conduire, n'est-ce pas ?

— Un peu, admis-je. Et ce n'est pas si facile qu'on le pense.

— Si ce roman que tu as en chantier ne se vend pas, tu pourras toujours devenir mon chauffeur.

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