François Mauriac - Le Désert de l'amour

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Un soir, dans un bar, Raymond Courrèges retrouve par hasard Maria Cross, une femme à laquelle, adolescent, il a témoigné une passion ardente et maladroite, qu'elle a repoussée.
Dans les souvenirs de Raymond, que le visage de Maria fait ressurgir, nous découvrons bientôt d ?autres ombres, d'autres blessures, telle la rivalité équivoque d'un père et d'un fils pour une même femme.
C'est à quarante ans que François Mauriac publia ce roman, constat désabusé de la stérilité des passions humaines, illustration mélancolique, dans le Paris noceur des années 1920, du thème pascalien de la misère de l'homme sans Dieu. «
, devait-il écrire, c'est le roman de mon renoncement. Ce pourrait être le titre de mon œuvre entière. »

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« C'est ennuyeux, j'ai oublié mon rouge. »

Et l'homme répondait :

« Il doit y en avoir au lavabo.

— Quelle horreur ! pour attraper…

— Gladys te prêtera le sien. »

Cette femme entra : un chapeau cloche supprimait le haut du visage et ne laissait voir que le menton où le temps inscrit l'âge des femmes. La quarantième année avait touché de-ci, de-là ce bas de figure, tiré la peau, amorcé un fanon. Sous les fourrures, le corps devait être ramassé. Aveugle comme au sortir du toril, elle s'arrêta au seuil du bar étincelant. Lorsque la rejoignit son compagnon, qu'une dispute avec le chauffeur avait retenu, Courrèges, sans le reconnaître d'abord, se dit : « J'ai vu quelque part cette tête-là… ; c'est une tête de Bordeaux. » Et soudain un nom lui vint aux lèvres, tandis qu'il observait cette face cinquantenaire, comme élargie par la satisfaction d'être soi : Victor Larousselle… Le cœur battant, Raymond examina de nouveau la femme qui, ayant vu qu'elle était la seule avec un chapeau, l'enleva soudain et secoua, face au miroir, ses cheveux frais coupés. Des yeux apparurent, grands et calmes, puis un front large, mais délimité strictement par les sept pointes jeunes d'une chevelure sombre. Dans le haut de ce visage, s'était concentré tout ce que cette femme recelait de jeunesse survivante. Raymond la reconnut, malgré les cheveux retranchés, le corps épaissi, et cette destruction lente, partie du cou et qui montait vers la bouche et les joues. Il la reconnut comme il aurait fait une route de son enfance, même si les chênes qui l'ombrageaient en avaient été abattus. Courrèges supputait le nombre des années et, après deux secondes, se disait : « Elle a quarante-quatre ans ; j'en avais dix-huit et elle vingt-sept. » Comme tous ceux qui confondent bonheur et jeunesse, il avait une conscience sourde, mais toujours en éveil, du temps écoulé ; son oeil ne cessait de mesurer le gouffre du temps mort ; chaque être qui avait tenu un rôle dans sa destinée, il avait tôt fait de l'insérer à sa place et, voyant le visage, se souvenait du millésime.

« Me reconnaîtra-t-elle ? » Mais se fût-elle si brusquement détournée si elle ne l'avait reconnu ? Rapprochée de son compagnon, elle devait le supplier de ne point demeurer ici, car il répondit à voix très haute, sur le ton d'un homme qui aime que la galerie l'admire : « Mais non, ce n'est pas triste : dans un quart d'heure, ce sera plein comme un œuf. » Il poussa une table, non loin de celle où était accoudé Raymond, s'assit lourdement, et il y avait sur sa face où le sang affluait, outre tous les signes de la sclérose, une satisfaction sans ombre. Mais comme la femme demeurait debout, immobile, il l'interpella : « Eh bien, qu'est-ce que tu attends ? » Plus de satisfaction, soudain, dans ses yeux ni sur ses lèvres grosses et quasi violettes. Croyant parler à voix basse, il ajouta : « Naturellement, il suffit que ça m'amuse d'être ici pour que tu fasses la tête… » Sans doute lui disait-elle : « Fais attention, on nous écoute », car il cria presque : « Je sais me tenir, peut-être ! et quand même on nous entendrait ! »

Assise non loin de Raymond, la femme s'était rassurée : il aurait fallu que le jeune homme se penchât pour la voir et il dépendait d'elle de fuir son regard. Courrèges devina cette sécurité, comprit soudain, avec quelle terreur ! que cette occasion, désirée par lui depuis dix-sept ans, pouvait être perdue. Après dix-sept ans, il croyait retrouver intact le vœu d'humilier cette femme qui l'avait humilié, de lui montrer quelle espèce d'homme il était : de ceux qui n'acceptent pas qu'une femelle les roule. Pendant des années, il s'était complu à imaginer les circonstances qui les mettraient face à face et quelle serait alors sa ruse pour asservir, faire pleurer celle devant qui, autrefois, il avait été si pitoyable… Certes, s'il avait reconnu, ce soir, au lieu de cette femme, tout autre comparse de sa vie lorsqu'il était un collégien de dix-huit ans : le camarade qu'il préférait à cette époque ou le pion dont il avait horreur, sans doute, à leur vue, n'eût-il découvert en lui aucune trace de cette préférence ni de cette haine qu'avait ressenties l'enfant qu'il n'était plus. Mais, pour cette femme, ne se retrouvait-il pas tel que ce jeudi de juin 19…, au crépuscule, sur cette route de banlieue poussiéreuse et qui sentait le lis, devant un portail dont la cloche pour lui ne sonnerait jamais plus ? Maria ! Maria Cross ! De l'adolescent hérissé, honteux, qu'il était encore, elle avait fait un homme nouveau qu'il devait être à tout jamais. Mais elle, cette Maria Cross, qu'elle avait peu changé ! Toujours ces yeux qui interrogent, ce front plein de lumière. Courrèges se disait que son camarade préféré de 19… eût été, ce soir, un homme lourd, déjà chauve, avec une barbe : mais le visage de certaines femmes jusque dans la maturité demeure baigné d'enfance ; c'est peut-être leur enfance éternelle qui fixe notre amour et le délivre du temps. Elle était là, toute pareille, après dix-sept années de passions inconnues, comme ces vierges noires dont aucune flamme de la Réforme ni de la Terreur ne put altérer le sourire. Ce même homme important l'entretenait encore, dont l'impatience et l'humeur se manifestaient avec bruit parce que les gens qu'il attendait n'arrivaient pas :

« C'est Gladys qui l'aura encore mis en retard… Moi qui suis toujours exact, j'ai horreur des gens qui ne le sont pas. Moi, c'est curieux, je ne peux pas supporter de faire attendre, c'est plus fort que moi. Les gens sont maintenant d'une grossièreté… »

Maria Cross lui toucha l'épaule et dut répéter : « On nous écoute… », car il gronda qu'il ne disait rien qu'on ne pût entendre et qu'il était incroyable que ce fût elle qui prétendît lui apprendre à vivre.

Sa seule présence livrait Courrèges sans défense à ce qui n'était plus. S'il avait toujours gardé une conscience claire du temps écoulé, il détestait d'en éveiller des images précises et ne redoutait rien autant que les émeutes de spectres ; mais rien à faire, ce soir, contre ce torrent de visages déchaîné en lui par la présence de Maria : il entendait sonner six heures et les pupitres de l'étude claquaient ; il n'avait pas même assez plu pour que la poussière fût rabattue, le tramway n'était pas assez éclairé pour qu'il pût achever de lire Aphrodite , — tramway plein d'ouvriers à qui la fatigue du jour donnait une expression de douceur.

II

Entre le collège où, chassé de la classe, il était l'enfant sale, errant dans le couloir, collé contre un mur, et la maison de famille en banlieue, s'étendait cet intervalle de temps qui le délivrait, ce long voyage du retour en tramway où il était seul enfin parmi des êtres indifférents, sans regard — l'hiver surtout, parce que la nuit, à peine déchirée de loin en loin par un réverbère ou par les vitres d'un bar, le séparait du monde, l'isolait dans l'odeur de laine mouillée des vêtements de travail ; une cigarette éteinte restait collée aux lèvres tombantes ; le sommeil renversait des faces aux rides charbonnées, un journal glissait des mains lourdes ; cette femme en cheveux levait vers les lampes le feuilleton et sa bouche remuait comme pour une prière. Mais enfin, peu après l'église de Talence, il fallait descendre.

Le tramway, feu de bengale mouvant, éclairait une seconde les ifs et les charmilles nues d'une propriété, puis l'enfant écoutait décroître le vacarme des roues et du trolley, sur la route pleine de flaques, qui sentait le bois pourri, les feuilles. Il suivait alors le petit chemin qui longe le jardin des Courrèges, poussait le portail entrebâillé des communs ; la lampe de la salle à manger éclairait ce massif contre la maison où, au printemps, on plantait les fuchsias qui aiment l'ombre. Déjà Raymond avait le front durci, comme au collège, les sourcils rapprochés au point de n'être plus qu'une seule ligne touffue au-dessus des yeux, le coin droit de la bouche un peu tombant ; il entrait au salon, jetait un bonsoir collectif à des personnes serrées autour d'une lampe parcimonieuse. Sa mère lui demandait combien de fois il faudrait lui dire de racler ses semelles au décrottoir et s'il comptait aller à table « avec ces mains ». M meCourrèges mère glissait à mi-voix à sa bru : « Vous savez ce que dit Paul, qu'il ne faut pas énerver inutilement le petit. » Ainsi, dès son apparition, naissaient à son propos d'aigres paroles.

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