François Mauriac - Le Désert de l'amour

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Un soir, dans un bar, Raymond Courrèges retrouve par hasard Maria Cross, une femme à laquelle, adolescent, il a témoigné une passion ardente et maladroite, qu'elle a repoussée.
Dans les souvenirs de Raymond, que le visage de Maria fait ressurgir, nous découvrons bientôt d ?autres ombres, d'autres blessures, telle la rivalité équivoque d'un père et d'un fils pour une même femme.
C'est à quarante ans que François Mauriac publia ce roman, constat désabusé de la stérilité des passions humaines, illustration mélancolique, dans le Paris noceur des années 1920, du thème pascalien de la misère de l'homme sans Dieu. «
, devait-il écrire, c'est le roman de mon renoncement. Ce pourrait être le titre de mon œuvre entière. »

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Quelle tempête la plus bénigne taquinerie suscite, dans un jeune cœur, à cet équinoxe du printemps ! Raymond ne distinguait pas l'une des Cosserouge des autres et, dans sa haine, il ne considérait que le bloc des Cosserouge, espèce de monstre gras à trois chignons, toujours suant et gloussant sous les arbres immobiles de ces après-midi d'août 19…

Parfois, il prenait le train, traversait la fournaise de Bordeaux, gagnait les docks où, dans l'eau morte que des flaques de pétrole et d'huile tachaient d'arc-en-ciel, s'ébattaient des corps consumés par la misère et par les scrofules. Ils riaient, se poursuivaient ; leurs pieds nus claquant sur les dalles y faisaient de frêles traces mouillées.

Octobre revint : la traversée était accomplie, Raymond avait passé l'endroit périlleux de sa vie, il allait être sauvé, il était déjà sauvé dans cette rentrée où les livres de classe neufs, dont il avait toujours aimé l'odeur, lui offraient en tableau synoptique, cette année-là qu'il devenait philosophe, tous les songes et tous les systèmes humains. Il allait être sauvé — non par ses seules forces. Mais le temps était proche de la venue d'une femme — celle-là même qui le regarde, ce soir, à travers la fumée et les couples de ce petit bar, et dont le temps n'a pas altéré le front vaste et calme.

Durant les mois d'hiver qu'il vécut avant cette rencontre, il avait été en proie à un engourdissement profond ; une sorte d'hébétude le désarmait ; inoffensif, il n'était plus l'éternel puni. Après ces vacances où l'avait torturé la double obsession de la fuite et de la mort, il accomplissait volontiers les gestes ordonnés, et la discipline l'aidait à vivre ; mais il n'en goûtait que mieux la douceur du retour quotidien, la course de tous les soirs d'une banlieue à une banlieue. La porte du collège franchie, il entrait dans le secret de la petite route humide qui avait tantôt son odeur de brouillard et tantôt son haleine de froid sec ; il était familier aussi avec tous ces ciels ténébreux ou déblayés et rongés d'étoiles, ou tendus de nuages éclairés du dedans par la lune qu'il ne voyait pas ; puis c'était l'octroi, le tramway toujours assailli d'un peuple accablé, sale et doux ; le grand rectangle jaune s'enfonçait dans une demi-campagne, plus illuminé que le Titanic, et roulait entre des jardinets tragiques, submergés au fond de l'hiver et de la nuit.

A la maison, il ne se sentait plus l'objet d'une enquête perpétuelle ; l'attention générale avait été reportée sur le docteur.

« Il m'inquiète, disait M meCourrèges à sa belle-mère, vous êtes bien heureuse de ne pas vous faire de mauvais sang ; j'envie des natures comme les vôtres.

— Paul est un peu surmené, il travaille trop, c'est certain ; mais il a un fonds de santé qui me rassure… »

La bru haussait les épaules et ne cherchait pas à comprendre ce que la vieille marmonnait pour soi seule : « Il n'est pas malade, mais c'est vrai qu'il souffre. »

M meCourrèges répétait : « Il n'y a pas comme les médecins pour ne pas se soigner. » A table, elle l'épiait ; il levait vers elle un visage crispé.

« C'est vendredi : pourquoi une côtelette ?

— Il te faut un régime fortifiant.

— Qu'en sais-tu ?

— Pourquoi ne consultes-tu pas Dulac ? Un médecin ne peut pas se soigner tout seul.

— Mais enfin, ma pauvre Lucie, pourquoi veux-tu que je sois malade ?

— Tu ne te vois pas, tu es à faire peur ; tout le monde le remarque. Hier encore, je ne sais plus qui m'a demandé : « Mais qu'a donc votre mari ? » Tu devrais prendre de la choléine… Je suis sûre que c'est le foie…

— Pourquoi le foie plutôt qu'un autre organe ? »

Elle déclarait d'un ton péremptoire : « J'ai cette impression. » Lucie avait l'impression très nette que c'était le foie, rien ne l'en eût fait démordre ; et elle entourait le docteur de rappels plus harcelants que des mouches : « Tu as déjà pris deux tasses de café ; je dirai à la cuisine qu'on ne remplisse plus la cafetière ; c'est la troisième cigarette depuis le déjeuner, ne proteste pas : les trois bouts sont dans le cendrier. »

« La preuve qu'il se sait malade — disait-elle un jour à sa belle-mère, — c'est qu'hier je l'ai surpris devant une glace ; lui qui ne s'est jamais occupé de son physique, il observait de tout près sa figure, y promenait ses doigts ; on aurait dit qu'il voulait déplisser son front, ses tempes ; il a même ouvert la bouche et regardé ses dents. »

M meCourrèges mère, par-dessus ses besicles, observait sa bru, comme si elle eût craint de déchiffrer, sur cette face méfiante, plus qu'une inquiétude : un soupçon. La vieille femme sentait que le baiser de son fils, le soir, était plus appuyé que naguère, et peut-être savait-elle ce que signifiait le poids de cette tête d'homme une seconde abandonnée : elle s'était accoutumée, depuis l'adolescence de son fils, à deviner ces blessures qu'un seul être au monde, celui qui les a faites, pourrait guérir. Mais l'épouse, elle, bien qu'elle fût depuis des années froissée dans sa tendresse, ne croyait pourtant qu'au mal physique ; et chaque fois que le docteur s'asseyait en face d'elle et qu'il appliquait ses deux mains unies sur sa face douloureuse, elle répétait :

« C'est notre avis à tous : tu devrais consulter Dulac.

— Dulac ne me dirait rien que je ne sache.

— Peux-tu t'ausculter toi-même ? »

Le docteur ne répondait pas, attentif à cette angoisse de son coeur contracté, comme tenu et à peine serré par une main. Ah ! certes, il en comptait mieux les battements qu'il n'eût fait dans une autre poitrine, — encore tout haletant de ce jeu auquel il venait de se livrer près de Maria Cross : que c'est difficile d'introduire un mot plus tendre, une allusion amoureuse dans une causerie avec une femme déférente et qui impose à son médecin un caractère sacré, le revêt d'une paternité spirituelle !

Le docteur revivait les circonstances de cette visite : il avait laissé sa voiture sur la grand-route, devant l'église de Talence, et suivi à pied un chemin plein de flaques. Le crépuscule était si rapide que ce fut la nuit avant qu'il eût franchi le portail. Au bout d'une allée mal entretenue, une lampe rougissait les vitres, au rez-de-chaussée d'un logis bas. Il n'avait pas sonné ; aucun domestique ne l'avait précédé à travers la salle à manger, il était entré sans frapper dans le salon où Maria Cross étendue ne se leva pas ; elle avait même, pendant quelques secondes, poursuivi sa lecture. Puis : « Voilà, docteur, je suis à vous. » Et elle lui offrait ses deux mains, écartait un peu ses pieds pour qu'il pût s'asseoir sur la chaise longue : « Ne prenez pas cette chaise, elle est cassée. C'est luxe et misère, ici, vous savez… »

M. Larousselle avait installé Maria Cross dans cette maison de campagne où le visiteur trébuchait dans les déchirures des tapis, où les plis des rideaux dissimulaient des trous. Parfois Maria Cross demeurait silencieuse ; mais, pour que le docteur pût prendre l'initiative d'une conversation favorable à l'aveu qu'il avait résolu de faire, il n'aurait point fallu que cette glace, au-dessus de la chaise longue, reflétât une figure rongée de barbe, des yeux sanglants et abîmés par le microscope, ce front déjà chauve à l'époque où Paul Courrèges préparait l'internat. Tout de même, il tenterait sa chance : une petie main pendait, touchait presque le tapis ; il l'avait saisie dans la sienne et dit à mi-voix : « Maria… » Elle n'avait pas retiré sa main confiante : « Non, docteur, je n'ai pas de fièvre. » Et, comme toujours elle ne parlait que de soi, elle avait ajouté : « J'ai fait, mon ami, une chose que vous approuverez : j'ai dit à M. Larousselle que la voiture ne m'était plus nécessaire, qu'il pouvait vendre l'équipage et remercier Firmin. Vous savez comme il est : un homme incapable de rien comprendre à un sentiment noble ; il a ri, a prétendu que, pour un caprice de quelques jours, ce n'était pas la peine de « tout chambarder ici ». Je tiens bon et par tous les temps je n'use plus que du tramway : encore aujourd'hui, pour revenir du cimetière. J'ai pensé que vous seriez content de moi. Je me sens moins indigne de notre petit mort ; je me sens moins… moins… entretenue. »

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