François Mauriac - Le Nœud de vipères

Здесь есть возможность читать онлайн «François Mauriac - Le Nœud de vipères» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Город: Paris, Год выпуска: 1974, Издательство: Éditions Bernard Grasset, Жанр: Современная проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Le Nœud de vipères: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Le Nœud de vipères»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Dans sa propriété de Calèse, en Gironde, Louis, un vieil avocat avare et anticlérical, attend la mort. Il espère vivre asse longtemps pour achever de rédiger la confession qu'il destine à sa femme, Isa. Isa, avec qui il a vécu plus de quarante ans. Quatre décennies d'indifférence, de brouilles, de rancunes, de haine. Trois enfants sont nés de cette union. Un rêve maintient le vieil homme en vie : frustrer les siens de l'héritage qu'ils attendent, telle une meute au moment de la curée. La mort d'Isa va bouleverser tous ses plans. Entre l'affaire Dreyfus et le krach de 1929, c'est « l'histoire d'un homme aveuglé par ses passions, qui croit haïr sa femme et ses enfants et n'aimer que l'argent, alors que sa nature, s'il l'avait suivie, l'aurait conduit à l'amour de Dieu », disait François Mauriac de son chef-d'œuvre.

Le Nœud de vipères — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Le Nœud de vipères», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

— Tu fatigues papa, Geneviève.

Hubert pensait que sa lourde sœur « gaffait », et que j’étais atteint dans mon orgueil. Il voyait, sur ma figure, les signes de l’angoisse ; mais il n’en pouvait connaître la cause. Il ne savait pas que Geneviève rouvrait une plaie, y mettait les doigts. Je soupirai : « Heureux Phili ! »

Mes enfants échangèrent un regard étonné. De bonne foi, ils m’avaient toujours pris pour un demi-fou. Peut-être m’eussent-ils fait enfermer sans aucun trouble de conscience.

— Une crapule, gronda Hubert, et qui nous tient.

— Son beau-père est plus indulgent que toi, dis-je. Alfred répète souvent que Phili « n’est pas un mauvais drôle ».

Geneviève prit feu.

— Il tient aussi Alfred : le gendre a corrompu le beau-père, c’est bien connu en ville : on les a rencontrés ensemble, avec des filles… Quelle honte ! c’était un des chagrins qui rongeaient maman…

Geneviève s’essuyait les yeux. Hubert crut que je voulais détourner leur attention de l’essentiel :

— Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit, Geneviève, dit-il d’un ton irrité. On dirait qu’il n’y a que toi et les tiens au monde.

Furieuse, elle protesta « qu’elle voudrait bien savoir qui était le plus égoïste des deux ». Elle ajouta :

— Bien sûr, chacun pense à ses enfants d’abord. J’ai toujours tout fait pour Janine, et je m’en vante, comme maman a tout fait pour nous. Je me jetterais au feu…

Son frère l’interrompit, de ce ton âpre où je me reconnaissais, pour dire : « qu’elle y jetterait les autres aussi ».

Que cette dispute, naguère, m’eût diverti ! J’aurais salué avec joie les signes annonciateurs d’une bataille sans merci autour des quelques bribes d’héritage dont je ne fusse pas parvenu à les frustrer. Mais je n’éprouvais plus qu’un peu de dégoût, de l’ennui… Que cette question soit vidée une fois pour toutes ! Qu’ils me laissent mourir en paix !

— C’est étrange, mes enfants, leur dis-je, que je finisse par faire ce qui m’a toujours paru être la plus grande folie…

Ah ! ils ne songeaient plus à se battre ! Ils tournaient vers moi des yeux durs et méfiants. Ils attendaient ; ils se mettaient en garde.

— Moi qui m’étais toujours proposé en exemple le vieux métayer, dépouillé de son vivant, et que sa progéniture laisse crever de faim… Et lorsque l’agonie dure trop longtemps, on ajoute des édredons, on le couvre jusqu’à la bouche…

— Père, je t’en supplie…

Ils protestaient avec une expression d’horreur qui n’était pas jouée. Je changeai brusquement de ton :

— Tu vas être occupé, Hubert : les partages seront difficiles. J’ai des dépôts un peu partout, ici, à Paris, à l’étranger. Et les propriétés, les immeubles…

À chaque mot, leurs yeux s’agrandissaient, mais ils ne voulaient pas me croire. Je vis les mains fines d’Hubert s’ouvrir toutes grandes et se refermer.

— Il faut que tout soit fini avant ma mort, en même temps que vous partagerez ce qui vous vient de votre mère. Je me réserve la jouissance de Calèse : la maison et le parc (l’entretien et les réparations à votre charge). Pour les vignes, qu’on ne m’en parle plus. Une rente mensuelle, dont le montant reste à fixer, me sera versée par le notaire… Fais-moi passer mon portefeuille, oui… dans la poche gauche de mon veston.

Hubert me le tendit d’une main tremblante. J’en tirai une enveloppe :

— Tu trouveras là quelques indications sur l’ensemble de ma fortune. Tu peux la porter à maître Arcam… Ou plutôt, non, téléphone-lui de venir, je la lui remettrai moi-même et lui confirmerai, en ta présence, mes volontés.

Hubert prit l’enveloppe et me demanda avec une expression anxieuse :

— Tu te moques de nous ? Non ?

— Va téléphoner au notaire : tu verras bien si je me moque…

Il se précipita vers la porte, puis se reprit :

— Non, dit-il, aujourd’hui ce serait inconvenant… Il faut attendre une semaine.

Il passa une main sur ses yeux ; sans doute avait-il honte, s’efforçait-il de penser à sa mère. Il tournait et retournait l’enveloppe.

— Eh bien, repris-je, ouvre et lis : je t’y autorise.

Il se rapprocha vivement de la fenêtre, fit sauter le cachet. Il lut comme il aurait mangé. Geneviève, n’y tenant plus, se leva et tendit, par dessus l’épaule de son frère, une tête avide.

Je contemplais ce couple fraternel. Il n’y avait rien là qui dût me faire horreur. Un homme d’affaires menacé, un père et une mère de famille retrouvant soudain des millions qu’ils croyaient perdus. Non, ils ne me faisaient pas horreur. Mais ma propre indifférence m’étonnait. Je ressemblais à l’opéré qui se réveille et qui dit qu’il n’a rien senti. J’avais arraché de moi quelque chose à quoi je tenais, croyais-je, par de profondes attaches. Or je n’éprouvais rien que du soulagement, un allégement physique : je respirais mieux. Au fond, que faisais-je, depuis des années, sinon d’essayer de perdre cette fortune, d’en combler quelqu’un qui ne fût pas l’un des miens ? Je me suis toujours trompé sur l’objet de mes désirs. Nous ne savons, pas ce que nous désirons, nous n’aimons pas ce que nous croyons aimer.

J’entendis Hubert dire à sa sœur : « C’est énorme… c’est énorme… c’est une fortune énorme. » Ils échangèrent quelques mots à voix basse ; et Geneviève déclara qu’ils n’acceptaient pas mon sacrifice, qu’ils ne voulaient pas que je me dépouille.

Ces mots « sacrifice », « dépouille » sonnaient étrangement à mes oreilles. Hubert insistait :

— Tu as agi sous le coup de l’émotion d’aujourd’hui. Tu te crois plus malade que tu n’es. Tu n’as pas soixante-dix ans ; on vit très vieux avec ce que tu as. Au bout de quelque temps, tu aurais des regrets. Je te déchargerai, si tu le veux, de tous les soins matériels. Mais garde en paix ce qui t’appartient. Nous ne désirons que ce qui est juste. Nous n’avons jamais cherché que la justice…

La fatigue m’envahissait, ils virent mes yeux se fermer. Je leur dis que ma décision était prise et que je n’en parlerais plus désormais que devant le notaire. Déjà ils gagnaient la porte ; sans tourner la tête, je les rappelai :

— J’oubliais de vous avertir qu’une rente mensuelle de quinze cents francs doit être versée à mon fils Robert, je le lui ai promis. Tu m’en feras souvenir quand nous signerons l’acte.

Hubert rougit. Il n’attendait pas cette flèche. Mais Geneviève n’y vit pas de malice. L’œil rond, elle fit un rapide calcul et dit :

— Dix-huit mille francs par an… Ne trouves-tu pas que c’est beaucoup ?

XVIII

La prairie est plus claire que le ciel. La terre, gorgée d’eau, fume, et les ornières, pleines de pluie, reflètent un azur trouble. Tout m’intéresse comme au jour où Calèse m’appartenait. Rien n’est plus à moi et je ne sens pas ma pauvreté. Le bruit de la pluie, la nuit, sur la vendange pourrissante, ne me donne pas moins de tristesse que lorsque j’étais le maître de cette récolte menacée. Ce que j’ai pris pour un signe d’attachement à la propriété, n’est que l’instinct charnel du paysan, fils de paysans, né de ceux qui depuis des siècles interrogent l’horizon avec angoisse. La rente que je dois toucher, chaque mois, s’accumulera chez le notaire : je n’ai jamais eu besoin de rien. J’ai été prisonnier pendant toute ma vie d’une passion qui ne me possédait pas. Comme un chien aboie à la lune, j’ai été fasciné par un reflet. Se réveiller à soixante-huit ans ! Renaître au moment de mourir ! Qu’il me soit donné quelques années encore, quelques mois, quelques semaines…

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Le Nœud de vipères»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Le Nœud de vipères» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


François Villon - Poésies diverses
François Villon
François Villon - Ballades en jargon
François Villon
François Mauriac - Un adolescent d'autrefois
François Mauriac
François Mauriac - Thérèse Desqueyroux
François Mauriac
François Mauriac - Le Désert de l'amour
François Mauriac
François-Xavier Putallaz - El mal
François-Xavier Putallaz
François-René de Chateaubrian - René
François-René de Chateaubrian
Rabelais François - Gargantua i Pantagruel
Rabelais François
Constantin-François Volney - Leçons d'histoire
Constantin-François Volney
Отзывы о книге «Le Nœud de vipères»

Обсуждение, отзывы о книге «Le Nœud de vipères» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x