François Mauriac - Le Nœud de vipères

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Dans sa propriété de Calèse, en Gironde, Louis, un vieil avocat avare et anticlérical, attend la mort. Il espère vivre asse longtemps pour achever de rédiger la confession qu'il destine à sa femme, Isa. Isa, avec qui il a vécu plus de quarante ans. Quatre décennies d'indifférence, de brouilles, de rancunes, de haine. Trois enfants sont nés de cette union. Un rêve maintient le vieil homme en vie : frustrer les siens de l'héritage qu'ils attendent, telle une meute au moment de la curée. La mort d'Isa va bouleverser tous ses plans. Entre l'affaire Dreyfus et le krach de 1929, c'est « l'histoire d'un homme aveuglé par ses passions, qui croit haïr sa femme et ses enfants et n'aimer que l'argent, alors que sa nature, s'il l'avait suivie, l'aurait conduit à l'amour de Dieu », disait François Mauriac de son chef-d'œuvre.

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Elle me répondit, d’un air de contentement, que « ça lui avait sans doute porté un coup… »

— Mais vous ne lui avez pas dit… vous ne l’avez pas tenue au courant de ce que vous aviez découvert…

Elle interrogea son frère du regard : devait-elle avoir l’air de comprendre ? Je dus faire une étrange figure, à cette minute, car ils semblèrent effrayés ; et tandis que Geneviève m’aidait à me redresser, Hubert répondit avec précipitation que sa mère était tombée malade plus de dix jours après mon départ et que, durant cette période, ils avaient décidé de la tenir en dehors de ces tristes débats. Disait-il vrai ? Il ajouta, d’une voix chevrotante :

— D’ailleurs, si nous avions cédé à la tentation de lui en parler, nous serions les premiers responsables…

Il se détourna un peu, et je voyais le mouvement convulsif de ses épaules. Quelqu’un entrebâilla la porte et demanda si l’on se mettait à table. J’entendis la voix de Phili : « Que voulez-vous ! ce n’est pas ma faute, moi, ça me creuse… » Geneviève s’informa, à travers ses larmes, de ce que je voulais manger. Hubert me dit qu’il viendrait, après le déjeuner ; nous nous expliquerions, une fois pour toutes, si j’avais la force de l’entendre. Je fis un signe d’acquiescement.

Quand ils furent sortis, la sœur m’aida à me lever, je pus prendre un bain, m’habiller, boire un bol de bouillon. Je ne voulais pas engager cette bataille, en malade que l’adversaire ménage et protège.

Quand ils revinrent, ce fut pour trouver un autre homme que ce vieillard qui leur avait fait pitié. J’avais pris les drogues nécessaires ; j’étais assis, le buste droit ; je me sentais moins oppressé, comme chaque fois que je quitte mon lit.

Hubert avait revêtu un costume de ville ; mais Geneviève était enveloppée dans une vieille robe de chambre de sa mère. « Je n’ai rien de noir à me mettre… » Ils s’assirent en face de moi ; et après les premières paroles de convenance :

— J’ai beaucoup réfléchi… commença Hubert.

Il avait soigneusement préparé son discours. Il s’adressait à moi comme si j’avais été une assemblée d’actionnaires, en pesant chaque terme, et avec le souci d’éviter tout éclat.

— Au chevet de maman, j’ai fait mon examen de conscience ; je me suis efforcé de changer mon point de vue, de me mettre à ta place. Un père dont l’idée fixe est de déshériter ses enfants, c’est cela que nous considérions en toi et qui, à mes yeux, légitime ou du moins excuse toute notre conduite. Mais nous t’avons donné barre sur nous par cette lutte sans merci et par ces…

Comme il cherchait le terme juste, je lui soufflai doucement : « Par ces lâches complots. »

Ses pommettes se colorèrent. Geneviève se rebiffa :

— Pourquoi « lâches » ? Tu es tellement plus fort que nous…

— Allons donc ! un vieillard très malade contre une jeune meute…

— Un vieillard très malade, reprit Hubert, jouit, dans une maison comme la nôtre, d’une position privilégiée : il ne quitte pas sa chambre, il y demeure aux aguets, il n’a rien à faire qu’à observer les habitudes de la famille et à en tirer profit. Il combine ses coups, seul, les prépare à loisir. Il sait tout des autres qui ne savent rien de lui. Il connaît les postes d’écoute… (comme je ne pouvais m’empêcher de sourire, ils sourirent aussi). Oui, continua Hubert, une famille est toujours imprudente. On se dispute, on hausse la voix : tout le monde finit par crier sans s’en apercevoir. Nous nous sommes trop fiés à l’épaisseur des murs de la vieille maison, oubliant que les planchers en sont minces. Et il y a aussi les fenêtres ouvertes…

Ces allusions créèrent entre nous une espèce de détente, Hubert, le premier, revint au ton sérieux :

— J’admets que nous ayons pu t’apparaître coupables. Encore une fois, ce serait un jeu, pour moi, d’invoquer le cas de légitime défense ; mais j’écarte tout ce qui pourrait envenimer le débat. Je ne chercherai pas non plus à établir qui, dans cette triste guerre, fut l’agresseur. Je consens même à plaider coupable. Mais il faut que tu comprennes…

Il s’était levé, il essuyait les verres de ses lunettes. Ses yeux clignotaient dans sa figure creuse, rongée.

— Il faut que tu comprennes que je luttais pour l’honneur, pour la vie de mes enfants. Tu ne peux imaginer notre situation ; tu es d’un autre siècle ; tu as vécu dans cette époque fabuleuse où un homme prudent tablait sur des valeurs sûres. J’entends bien que tu as été à la hauteur des circonstances ; que tu as vu, avant tout le monde, venir le grain ; que tu as réalisé à temps… mais, c’est parce que tu étais hors des affaires, hors d’affaire, c’est bien le cas de le dire ! Tu pouvais juger froidement de la situation, tu la dominais, tu n’étais pas engagé comme moi jusqu’au-dessus des oreilles… Le réveil a été trop brusque… On n’a pas eu le loisir de se retourner… C’est la première fois que toutes les branches craquent en même temps. On ne peut se raccrocher à rien, on ne peut se rattraper sur rien…

Avec quelle angoisse il répéta : « sur rien… sur rien… » Jusqu’où était-il engagé ? Au bord de quel désastre se débattait-il ? Il eut peur de s’être trop livré, se reprit, émit les lieux communs habituels : l’outillage intensif d’après la guerre, la surproduction, la crise de consommation… Ce qu’il disait importait peu. C’était à son angoisse que je demeurais attentif. À ce moment là, je m’aperçus que ma haine était morte, mort aussi ce désir de représailles. Mort, peut-être, depuis longtemps. J’avais entretenu ma fureur, je m’étais déchiré les flancs. Mais à quoi bon se refuser à l’évidence ? J’éprouvais, devant mon fils, un sentiment confus où la curiosité dominait : l’agitation de ce malheureux, cette terreur, ces affres que je pouvais interrompre d’un mot… comme cela m’apparaissait étrange ! Je voyais en esprit cette fortune, qui avait été, semblait-il, le tout de ma vie, que j’avais cherché à donner, à perdre, dont je n’avais même pas été libre de disposer à mon gré, cette chose dont je me sentais, soudain, plus que détaché, qui ne m’intéressait plus, qui ne me concernait plus. Hubert maintenant silencieux, m’épiait à travers ses lunettes : que pouvais-je bien manigancer ? Quel coup allais-je lui assener ? Il avait déjà un rictus, il rejetait son buste, levait à demi le bras comme l’enfant qui se protège. Il reprit d’une voix timide :

— Je ne te demande rien de plus que d’assainir ma position. Avec ce qui me reviendra de maman, je n’aurai plus besoin (il hésita un instant avant de jeter le chiffre) que d’un million. Une fois le terrain déblayé, je m’en tirerai toujours. Fais ce que tu veux du reste ; je m’engage à respecter ta volonté…

Il ravala sa salive ; il m’observait à la dérobée ; mais je gardais un visage impénétrable.

— Mais toi, ma fille ? dis-je en me tournant vers Geneviève, tu es dans une bonne situation ? Ton mari est un sage…

L’éloge de son mari l’irritait toujours. Elle protesta qu’Alfred n’achetait plus de rhum depuis deux ans : il était sûr, évidemment, de ne pas se tromper ! Sans doute ils avaient de quoi vivre, mais Phili menaçait de lâcher sa femme et n’attendait que d’être certain que la fortune était perdue. Comme je murmurais : « Le beau malheur ! » elle reprit vivement :

— Oui, c’est une canaille, nous le savons, Janine le sait… mais s’il la quitte, elle en mourra. Mais oui, elle en mourra. Tu ne peux pas comprendre ça, père. Ça n’est pas dans tes cordes. Janine en sait plus long sur Phili que nous-mêmes. Elle m’a souvent répété qu’il est pire que tout ce que nous pouvons imaginer. Il n’empêche qu’elle mourrait s’il la quittait. Ça te paraît absurde. Ces choses-là n’existent pas pour toi. Mais avec ton immense intelligence, tu peux comprendre ce que tu ne sens pas.

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