François Mauriac - Le Nœud de vipères

Здесь есть возможность читать онлайн «François Mauriac - Le Nœud de vipères» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Город: Paris, Год выпуска: 1974, Издательство: Éditions Bernard Grasset, Жанр: Современная проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Le Nœud de vipères: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Le Nœud de vipères»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Dans sa propriété de Calèse, en Gironde, Louis, un vieil avocat avare et anticlérical, attend la mort. Il espère vivre asse longtemps pour achever de rédiger la confession qu'il destine à sa femme, Isa. Isa, avec qui il a vécu plus de quarante ans. Quatre décennies d'indifférence, de brouilles, de rancunes, de haine. Trois enfants sont nés de cette union. Un rêve maintient le vieil homme en vie : frustrer les siens de l'héritage qu'ils attendent, telle une meute au moment de la curée. La mort d'Isa va bouleverser tous ses plans. Entre l'affaire Dreyfus et le krach de 1929, c'est « l'histoire d'un homme aveuglé par ses passions, qui croit haïr sa femme et ses enfants et n'aimer que l'argent, alors que sa nature, s'il l'avait suivie, l'aurait conduit à l'amour de Dieu », disait François Mauriac de son chef-d'œuvre.

Le Nœud de vipères — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Le Nœud de vipères», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Au crépuscule, une fille entra pour préparer mon lit ; elle ne ferma pas les volets. Je m’étendis dans l’ombre. Les bruits de la rue, la lumière des réverbères ne m’empêchaient pas de somnoler. Je reprenais brièvement conscience, comme en voyage lorsque le train s’arrête ; et de nouveau je m’assoupissais. Bien que je ne me sentisse pas plus malade, il me semblait que je n’avais qu’à demeurer ainsi et à attendre patiemment que ce sommeil devînt éternel.

Il me restait encore à prendre des dispositions pour que la rente promise fût versée à Robert et je voulais aussi passer à la poste restante, puisque personne, maintenant, ne me rendrait ce service. Depuis trois jours, je n’avais pas lu mon courrier. Cette attente de la lettre inconnue et qui survit à tout, quel signe que l’espérance est indéracinable et qu’il reste toujours en nous de ce chiendent !

Ce fut ce souci du courrier qui me donna la force de me lever, le lendemain, vers midi, et de me rendre au bureau de poste. Il pleuvait, j’étais sans parapluie, je longeais les murs. Mes allures éveillaient la curiosité, on se retournait. J’avais envie de crier aux gens : « Qu’ai-je donc d’extraordinaire ? Me prenez-vous pour un dément ? Il ne faut pas le dire : les enfants en profiteraient. Ne me regardez pas ainsi : je suis comme tout le monde, — sauf que mes enfants me haïssent et que je dois me défendre contre eux. Mais ce n’est pas là être fou. Parfois je suis sous l’influence de toutes les drogues que l’angine de poitrine m’oblige à prendre. Eh bien, oui, je parle seul parce que je suis toujours seul. Le dialogue est nécessaire à l’être humain. Qu’y a-t-il d’extraordinaire dans les gestes et dans les paroles d’un homme seul ? »

Le paquet que l’on me remit contenait des imprimés, quelques lettres de banque, et trois télégrammes. Il s’agissait sans doute d’un ordre de bourse qui n’avait pu être exécuté. J’attendis d’être assis dans un bistro pour les ouvrir. À de longues tables, des maçons, des espèces de pierrots de tout âge, mangeaient lentement leurs portions congrues et buvaient leur litre sans presque causer. Ils avaient travaillé, depuis le matin, sous la pluie. Ils allaient recommencer à une heure et demie. C’était la fin de juillet. Le monde emplissait les gares… Auraient-ils rien compris à mon tourment ? Sans doute ! et comment un vieil avocat l’eût-il ignoré ? Dès la première affaire que j’avais plaidée, il s’agissait d’enfants qui se disputaient, pour ne pas avoir à nourrir leur père. Le malheureux changeait tous les trois mois de foyer, partout maudit, et il était d’accord avec ses fils pour appeler à grands cris la mort qui les délivrerait de lui. Dans combien de métairies avais-je assisté à ce drame du vieux qui, pendant longtemps, refuse de lâcher son bien, puis se laisse enjôler, jusqu’à ce que ses enfants le fassent mourir de travail et de faim ! Oui, il devait connaître ça, le maigre maçon noueux qui, à deux pas de moi, écrasait lentement du pain entre ses gencives nues.

Aujourd’hui, un vieillard bien mis n’étonne personne dans les bistros. Je déchiquetais un morceau de lapin blanchâtre et m’amusais des gouttes de pluie qui se rejoignaient sur la vitre ; je déchiffrais à l’envers le nom du propriétaire. En cherchant mon mouchoir, ma main sentit le paquet de lettres. Je mis mes lunettes, et ouvris au hasard un télégramme : « Obsèques de mère demain, 23 juillet, neuf heures, église Saint-Louis. » Il était daté du matin même. Les deux autres, expédiés l’avant-veille, avaient dû se suivre à quelques heures d’intervalle. L’un disait : « Mère au plus mal, reviens. » L’autre : « Mère décédée… » Les trois étaient signés d’Hubert.

Je froissai les télégrammes et continuai de manger, l’esprit préoccupé parce qu’il faudrait trouver la force de prendre le train du soir. Pendant plusieurs minutes, je ne pensai qu’à cela ; puis un autre sentiment se fit jour en moi : la stupeur de survivre à Isa. Il était entendu que j’allais mourir. Que je dusse partir le premier, cela ne faisait question ni pour moi, ni pour personne. Projets, ruses, complots, n’avaient d’autre objectif que les jours qui suivraient ma mort toute proche. Pas plus que ma famille, je ne nourrissais à ce sujet le moindre doute. Il y avait un aspect de ma femme, que je n’avais jamais perdu de vue : c’était ma veuve, celle qui serait gênée par ses crêpes pour ouvrir le coffre. Une perturbation dans les astres ne m’eût pas causé plus de surprise que cette mort, plus de malaise. En dépit de moi-même, l’homme d’affaires en moi commençait à examiner la situation et le parti à en tirer contre mes ennemis. Tels étaient mes sentiments jusqu’à l’heure où le train s’ébranla.

Alors, mon imagination entra en jeu. Pour la première fois, je vis Isa telle qu’elle avait dû être sur son lit, la veille et l’avant-veille. Je recomposai le décor, sa chambre de Calèse (j’ignorais qu’elle était morte à Bordeaux). Je murmurai : « la mise en bière… » et cédai à un lâche soulagement. Quelle aurait été mon attitude ? Qu’aurais-je manifesté sous le regard attentif et hostile des enfants ? La question se trouvait résolue. Pour le reste, le lit où je serais obligé de me coucher en arrivant, supprimerait toute difficulté. Car il ne fallait pas penser que je pusse assister aux obsèques : à l’instant, je venais de m’efforcer en vain d’atteindre les lavabos. Cette impuissance ne m’effrayait pas : Isa morte, je ne m’attendais plus à mourir ; mon tour était passé. Mais j’avais peur d’une crise, d’autant plus que j’occupais seul mon compartiment. On m’attendrait à la gare (j’avais télégraphié), Hubert, sans doute…

Non, ce n’était pas lui. Quel soulagement, lorsque m’apparut la grosse figure d’Alfred, décomposée par l’insomnie ! Il sembla effrayé quand il me vit. Je dus prendre son bras et ne pus monter seul dans l’auto. Nous roulions dans le triste Bordeaux d’un matin pluvieux, à travers un quartier d’abattoirs et d’écoles. Je n’avais pas besoin de parler : Alfred entrait dans les moindres détails, décrivait l’endroit précis du jardin public où Isa s’était affaissée : un peu avant d’arriver aux serres, devant le massif de palmiers, la pharmacie où on l’avait transportée, la difficulté de hisser ce corps pesant jusqu’à sa chambre, au premier étage ; la saignée, la ponction… Elle avait gardé sa connaissance toute la nuit, malgré l’hémorragie cérébrale. Elle m’avait demandé par signes, avec insistance, et puis elle s’était endormie au moment où un prêtre apportait les saintes huiles. « Mais elle avait communié la veille… »

Alfred voulait me laisser devant la maison, déjà drapée de noir, et continuer sa route, sous prétexte qu’il avait à peine le temps de s’habiller pour la cérémonie. Mais il dut se résigner à me faire descendre de l’auto. Il m’aida à monter les premières marches. Je ne reconnus pas le vestibule. Entre des murs de ténèbres, des brasiers de cierges brûlaient autour d’un monceau de fleurs. Je clignai des yeux. Le dépaysement que j’éprouvai ressemblait à celui de certains rêves. Deux religieuses immobiles avaient dû être fournies avec le reste. De cet agglomérat d’étoffes, de fleurs et de lumières, l’escalier habituel, avec son tapis usé, montait vers la vie de tous les jours.

Hubert le descendait. Il était en habit, très correct. Il me tendit la main et me parla ; mais que sa voix venait de loin ! Je répondais et aucun son ne montait à mes lèvres. Sa figure se rapprocha de la mienne, devint énorme, puis je sombrai. J’ai su depuis que cet évanouissement n’avait pas duré trois minutes. Je revins à moi dans une petite pièce qui avait été la salle d’attente, avant que j’eusse renoncé au Barreau. Des sels me piquaient les muqueuses. Je reconnus la voix de Geneviève : « Il revient… » Mes yeux s’ouvrirent : ils étaient tous penchés sur moi. Leurs visages me semblaient différents, rouges, altérés, quelques-uns verdâtres. Janine, plus forte que sa mère, semblait avoir le même âge. Les larmes avaient surtout raviné la figure d’Hubert. Il avait cette expression laide et touchante de quand il était enfant, à l’époque où Isa, le prenant sur ses genoux, lui disait : « Mais c’est un vrai chagrin qu’il a, mon petit garçon… » Seul Phili, dans cet habit qu’il avait traîné à travers toutes les boîtes de Paris et de Berlin, tournait vers moi son beau visage indifférent et ennuyé, — tel qu’il devait être lorsqu’il partait pour une fête, ou plutôt lorsqu’il en revenait, débraillé et ivre, car il n’avait pas encore noué sa cravate. Derrière lui, je distinguais mal des femmes voilées qui devaient être Olympe et ses filles. D’autres plastrons blancs luisaient dans la pénombre.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Le Nœud de vipères»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Le Nœud de vipères» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


François Villon - Poésies diverses
François Villon
François Villon - Ballades en jargon
François Villon
François Mauriac - Un adolescent d'autrefois
François Mauriac
François Mauriac - Thérèse Desqueyroux
François Mauriac
François Mauriac - Le Désert de l'amour
François Mauriac
François-Xavier Putallaz - El mal
François-Xavier Putallaz
François-René de Chateaubrian - René
François-René de Chateaubrian
Rabelais François - Gargantua i Pantagruel
Rabelais François
Constantin-François Volney - Leçons d'histoire
Constantin-François Volney
Отзывы о книге «Le Nœud de vipères»

Обсуждение, отзывы о книге «Le Nœud de vipères» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x