Marc Levy - Le voleur d'ombres

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Lorsque l’on a un don, il est dommage de le gâcher, vraiment dommage.

Sur ces mots, le vieux professeur se retourna sans me saluer.

Ma garde achevée, je rentrai chez moi, préoccupé. Toute la journée et toute la nuit, j’avais ressenti une impression d’inachevé qui me pesait, sans que je réussisse à en identifier la cause.

*

* *

La semaine fut infernale, les Urgences ne désemplissaient pas et mes gardes se prolongeaient bien au-delà des vingt-quatre heures usuelles.

Je retrouvai Sophie le samedi matin, les yeux plus cernés que jamais.

Nous nous étions donné rendez-vous dans un parc, devant le grand bassin où des enfants jouaient à faire naviguer des modèles réduits.

En arrivant, elle me tendit un panier rempli d’oeufs, de salaisons et d’un pâté.

— Tiens me dit-elle, c’est de la part des fermiers, ils l’ont déposé pour toi hier à l’hôpital, tu étais déjà parti, ils m’ont chargée de te le remettre.

— Promets-moi que ce n’est pas de la terrine de lièvre !

— Non, c’est du cochon. Les oeufs sont tout frais. Si tu viens chez moi ce soir, je te ferai une omelette.

— Comment va ton malade ?

— Il reprend des couleurs un peu plus chaque jour, il sortira bientôt.

Je me penchai en arrière sur ma chaise, mains derrière la nuque, et profitai de la chaleur des rayons du soleil.

— Comment as-tu fait ? me demanda Sophie. Trois psys ont tout tenté pour le faire parler, et toi en quelques minutes passées avec lui dans le jardin tu as réussi...

J’étais trop fatigué pour lui donner l’explication logique qu’elle voulait entendre. Sophie avait besoin de rationnel et c’était ce dont je manquais le plus à l’instant où elle me parlait.

Les mots sortirent de ma bouche sans que j’y réfléchisse, comme si une force me poussait à dire tout haut ce que je n’avais encore jamais osé avouer, pas même à moi.

— Ce petit garçon ne m’a rien dit, c’est son ombre qui m’a confié de quoi il souffrait.

J’ai reconnu soudain dans les yeux de Sophie le regard désolé que ma mère m’avait adressé un jour dans le grenier.

Elle resta silencieuse quelques instants, puis se leva.

— Ce ne sont pas nos études qui nous empêchent de vivre une vraie relation, dit-elle, la lèvre tremblante. Nos horaires ne sont qu’un prétexte. La véritable raison, c’est que tu ne me fais pas assez confiance.

— C’est peut-être en effet une question de confiance, sinon, tu m’aurais cru, répondis-je.

Sophie s’en est allée. J’ai attendu quelques secondes et une petite voix au fond de moi m’a traité d’imbécile. Alors j’ai couru derrière elle pour la rattraper.

— J’ai eu de la chance, voilà tout, je lui ai posé les bonnes questions. Je suis allé puiser dans ma propre enfance, je lui ai demandé s’il avait perdu un ami, je l’ai fait parler de ses parents et de fil en aiguille j’ai soulevé le lièvre, enfin, façon de parler...

C’était juste un coup de bol, et je n’en tire aucune gloire.

Pourquoi accordes-tu tant d’importance à cela, il est en voie de guérison. C’est ce qui compte, non ?

— J’ai passé des heures au chevet de ce môme sans jamais entendre le son de sa voix, et toi tu veux me faire croire qu’en quelques minutes tu as réussi à lui faire te raconter sa vie ?

Je n’avais encore jamais vu Sophie dans un tel état de colère.

Je la pris dans mes bras et, ce faisant, sans que j’y prête attention, mon ombre chevaucha la sienne.

« Je n’ai aucun talent, je n’excelle dans aucun domaine, mes professeurs ne cessaient de me le répéter. Je n’ai pas été la petite fille dont mon père rêvait ; de toute façon, c’est un fils qu’il voulait. Pas assez jolie, trop maigre ou trop grosse selon les âges, bonne élève mais loin d’être la meilleure... Je n’ai pas le souvenir d’avoir entendu le moindre compliment venant de lui.

Rien en moi ne trouvait grâce à ses yeux. »

Dans l’ombre de Sophie, j’ai entendu le murmure de cette confidence et cela m’a rapproché d’elle. Je l’ai prise par la main.

— Suis-moi, j’ai un secret à te confier.

Sophie s’est laissé entraîner vers un peuplier, nous nous sommes allongés sur l’herbe, à l’ombre des branches où il faisait un peu plus frais.

— Mon père est parti un samedi matin où je rentrais d’une colle, héritée la première semaine de la rentrée. Il m’attendait dans la cuisine pour m’annoncer son départ. Toute mon enfance, je me suis reproché de ne pas avoir été quelqu’un d’assez bien pour lui avoir donné envie de rester à la maison.

J’ai passé des nuits entières à chercher la faute que j’avais pu commettre, en quoi j’avais pu le décevoir. Je ne cessais de me répéter que si j’avais été un enfant brillant, capable de le rendre fier, il ne m’aurait pas quitté. Je savais qu’il aimait une autre femme que ma mère, mais il fallait que je me rende responsable de son absence. Parce que la douleur était le seul moyen de résister à la peur d’oublier son visage, de me rappeler qu’il existait, que j’étais comme les copains de ma classe, et que moi aussi j’avais un père.

— Pourquoi me dis-tu ça maintenant ?

— Tu voulais que l’on se fasse confiance, non ? Cette façon d’être terrorisée dès qu’une situation te dépasse, de t’isoler dès que tu crois échouer... Je te dis cela maintenant parce qu’il n’y a pas que les mots qui permettent d’entendre ce que l’autre n’arrive pas à formuler. Ton petit patient crevait de solitude, à s’en laisser dépérir, il était devenu l’ombre de lui-même. C’est sa tristesse qui m’a guidé jusqu’à lui.

Sophie baissa les yeux.

— J’ai toujours eu des rapports conflictuels avec mon père, avoua-t-elle.

Je ne répondis pas, Sophie posa sa tête contre moi et nous restâmes silencieux un moment. J’écoutais le chant des fauvettes au-dessus de nos têtes, il résonnait comme un reproche de ne pas être allé au bout de ce que je devais dire, alors je pris mon courage à deux mains.

— J’aurais adoré avoir des rapports avec le mien, même conflictuels. Ce n’est pas parce qu’un père trop exigeant est inapte au bonheur que sa fille doit suivre le même chemin que lui. Le jour où ton père tombera malade, il appréciera à sa juste valeur ce que tu fais dans la vie. Bon, ça tient toujours ta proposition de me faire une omelette chez toi ?

*

* *

Le petit patient de Sophie n’est pas sorti de l’hôpital. Cinq jours après qu’il eut commencé à se réalimenter, des complications se développèrent et il fallut le perfuser à nouveau. Au cours d’une nuit, il eut une hémorragie intestinale, l’équipe de réanimation fit tout son possible, sans succès. C’est Sophie qui annonça son décès aux parents, ce rôle était normalement dévolu à l’interne de service mais elle se trouvait seule, assise au pied d’un lit vide quand les parents entrèrent dans la chambre 302.

J’appris la nouvelle alors que je prenais ma pause dans le jardin. Sophie me rejoignit ; impossible de trouver les mots justes pour la consoler. Je la serrai très fort contre moi. Le conseil que Fernstein m’avait prodigué dans le couloir de l’hôpital me hantait. Impuissant à guérir, impuissant à consoler, j’aurais voulu pouvoir frapper à la porte de son bureau et lui demander de l’aide, mais ces choses-là ne se font pas.

La petite fille à la marelle se présenta devant nous. Elle nous regardait fixement, frappée par notre chagrin. Sa mère entra dans le jardin, s’installa sur un banc et l’appela. La petite fille nous jeta un dernier coup d’oeil avant de la rejoindre. La mère posa sur le banc une boîte en carton. La petite fille défit le noeud de la ficelle et sortit de la boîte un pain au chocolat, la maman attrapa un éclair au café.

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Наталья 13 октября 2023 в 13:50
Всем романтичным, верящим в настоящую дружбу, любовь -читать ! Лёгкий, понятный язык, современная лексика. Полезные мысли о долге, ответственности.
Трогательная история отношений между сыном и матерью. Книга с непередаваемым словами французским шармом.
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