Dan Franck - Les Enfants

Здесь есть возможность читать онлайн «Dan Franck - Les Enfants» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Жанр: Современная проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Les Enfants: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Les Enfants»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Quand deux célibataires se rencontrent, se découvrent et s'aiment, ils décident souvent de vivre ensemble. Facile à dire, et même à faire… Sauf lorsqu'ils sont chacun lestés d'une histoire ancienne dont les enfants constituent le prolongement. Rassembler tout ce petit monde dans une maison commune relève alors de la comédie, de la tragédie, de la farce. Un vaste théâtre… Entre les passions nouvelles, les différences d'âge et de culture, les filles et les garçons, les ados, le chat, le hamster, le mardi soir et un week-end sur deux, Dan Franck nous offre, après La Séparation, le roman tendre et drolatique des familles recomposées.

Les Enfants — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Les Enfants», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Le reup, de toute façon, n'a rien à craindre. Pendant longtemps, ses enfants et le hachik sont restés sur des lignes parallèles. En retrait les uns par rapport aux autres. Bonjour, Au revoir, Il pleut, Non merci. Toute perpendiculaire l'atteignait là où ses propres enfants n'étaient pas. Naguère, il s'était senti coupable de ne pas vivre avec eux. Puis, cette première culpabilité s'était doublée d'une seconde, plus insidieuse encore: non seulement il ne vivait pas avec eux, mais, pire encore, il vivait avec d'autres. Il les trahissait. Ce n'était plus la douleur originelle, cette amputation à laquelle il a fini par se résoudre, revenant en boitant un week-end sur deux. C'était le sentiment trouble, terriblement malfaisant, que d'autres s'installaient là où les siens auraient dû se trouver. Coulaient leurs pas dans l'empreinte de ses fils. Dormaient, mangeaient, jouaient, lisaient, travaillaient, invitaient, quand il eût tant aimé que tout cela fût accompli par ses garçons, ou au moins avec eux.

Il ne se comprenait pas lui-même et détestait ces secrets qu'il gardait pour lui. Dans une existence antérieure, il avait vécu avec une femme et ses deux filles sans jamais éprouver de tels petits sentiments. Mais il n'avait pas d'enfants. C'était plus facile.

Il ne considérait pas Héloïse et Paul comme des intrus, comme des malvenus, il ne mettait jamais en doute cette certitude chevillée en lui que leur place était là. Cependant, il ne les aimait jamais autant que comme deux éléments fondateurs de la bande des Quatre. Il ne les observait jamais mieux que lorsque le groupe était réuni. Il ne se sentait lui-même jamais plus apaisé qu'en ces occasions où la collectivité lui permettait d'oublier les mesquineries de son cœur.

Il s'en voulait terriblement de ne pas accepter que Jeanne accroche ses photos sur les murs. Il s'en voulait terriblement d'éprouver une pointe de rancœur quand Héloïse entrait dans la chambre de l'aîné des Grands Absents. Il s'en voulait terriblement d'avoir un haut-le-cœur en voyant un copain de Paul endormi dans le lit du benjamin des Grands Absents. Il s'en voulait terriblement de devoir prendre sur lui pour dire oui chaque fois qu'on lui demandait l'autorisation d'organiser des fêtes et des réjouissances. Il s'en voulait terriblement de se cacher pendant la célébration des anniversaires, se bouchant les oreilles pour ne pas entendre les cris de tous ces enfants faisant des rondes sur sa mauvaise conscience.

Il ne se supportait pas. Il mourait sous un premier remords, aussitôt multiplié par un deuxième, puis un troisième, un quatrième… Lorsque la vague des hontes et des naufrages l'emportait, il grimpait à l'étage, s'enfermait dans son bureau et noircissait des feuilles. De puis toujours, quand ses enfants ne sont pas là, il les appelle avec sa plume. C'est une manière de leur prendre la main.

Pendant dix ans, il a écrit ce livre.

Et puis le temps, peu à peu, a fait son travail. Quelque chose s'est tissé entre les deux de la bande des Quatre et lui-même. Les enfants l'ont d'abord observé avec une sorte de suspicion mêlée d'interrogations multiples, puis ils se sont approchés.

Au fil des années, ils ont tendu un doigt, puis deux, puis la main, la joue de temps en temps. Pas souvent pour Paul, qui emprunte au gynécée une réserve dont il ne se départit pas. Avec Pap', mais aussi avec les autres. Paul vit dans sa bulle, à croupetons dans son univers. Il est un terrien rêveur. Il s'enferme dans sa chambre et y reste indéfiniment, l'œil collé à la lunette d'un microscope, observant des moustiques coupés par le travers, des mouches sans ailes, des feuilles aux nervures pulvérisées. Il aime l'infiniment petit. Il découpe les sous-multiples jusqu'à leur quintessence.

Il est solitaire. Nul ne pénètre dans son monde. Pas même sa mère. Il dessine souvent, des armes, des personnages décapités, l'univers foudroyé. Des paysages d'une violence stupéfiante, dissimulés au creux de ses tiroirs. Personne n'en perçoit les contours.

Paul parle peu, ne demande pas, ne se plaint jamais. Il se meut au sein du groupe sans déranger. Alors que Tom et Victor assurent leur présence par des éructations sonores, il marque la sienne par un silence tenace souvent vrillé par un trait d'esprit brillant qui le pose soudain au centre d'un cercle où on le croyait absent. C'est si drôle, si intelligent, si imprévu, qu' on l'applaudit avec force. Il exhibe alors un sourire timide puis, gêné d'en avoir tant dit, saute dans sa soucoupe volante et revient au plus vite sur sa petite planète.

Il déteste se faire remarquer. Il exécute sans bruit les gestes que tous les garçons du monde accomplissent dans la démonstration. Il aime balancer de l'eau sur les quidams qui passent sous ses fenêtres. Il rit silencieusement. Lorsqu'il se fait prendre, il pleure silencieusement. Silencieusement, il achète des lance-pierres et des pistolets à plomb avec lesquels il tire sur les oiseaux. Lorsqu'on les lui supprime, il ne se plaint pas. Silencieusement, il s'en procure d'autres. Hihihi.

Jeanne, parfois, se désespère. Elle voit des fautes graves là où il n'y a que des virages pris sur la corde – pas même des dérapages. Pap' lui dit:

«C'est normal. Il grandit. Tu n'as jamais vécu avec des garçons…»

Elle ne l'écoute pas. Elle fait toute seule. Elle ne partage pas son fils. Elle est coupable d'avoir quitté son père, coupable de vivre avec un autre homme, coupable si son enfant est solitaire.

Lui, il pense que Paul a découvert une brèche qu'il explore avec délice. La sachant culpabilisée, il la punit. Elle reçoit un onze en classe comme un zéro pointé; il obtient des neuf. Lorsqu'il sèche un cours, il se débrouille pour qu'elle en soit avertie. Il multiplie les retards, les petits mensonges, les petits écarts… Il est un rêveur sioux. Absent et malin.

Les explications entre la mère et son fils se déroulent dans la chambre, porte close. Après, Jeanne parle et raconte. Sans tenir compte des objections ou des conseils qu'il voudrait lui donner. Elle lui fait comprendre que cette histoire n'est pas la sienne, qu'il ne peut y entrer. Elle ferme la porte. Quand il monte dans son bureau, elle décroche le téléphone et appelle les siennes, mère et sœurs du gynécée. La famille, selon le code de ses usages, est seule habilitée à donner un coup de main.

Si Jeanne ignore le monde des garçons, Pap' avait oublié celui des filles. Héloïse l'a tout d'abord charmé par ses poupées-rubans, puis par ses gammes maladroites au piano, ses tutus blancs d'apprentie danseuse, les coups d'œil jetés à la dérobée sur les miroirs de passage.

Jeanne a débroussaillé le chemin en créant des connivences entre eux trois. Elle a pris la main de chacun puis les a posées l'une sur l'autre en disant: «Maintenant, débrouillez-vous.» On lui a fait une petite place. Il l'a prise avec bonheur.

Héloïse le présente aujourd'hui comme un beau-père, tout en précisant qu'il n'en est pas un réellement puisque sa mère et lui sont mariés, mais un peu seulement si l'on considère qu'un passage à Las Vegas n'est pas comme un passage devant Monsieur le Maire, plutôt un parrain, une espèce de parrain seulement étant donné qu'il a été coopté tardivement. Les deux garçons, qui sont les siens, sont plus que des copains et moins que des cousins, pas des demi-frères puisque issus de père et mère différents, assez quand même quand on se voit, mais comme on ne se voit pas souvent, ce n'est pas vraiment ça non plus…

Héloïse voudrait clarifier les choses:

«Mariez-vous!» répète-t-elle souvent.

Ils partagent le goût des livres et de la musique. Elle vient parfois dans son bureau pour y faire ses devoirs, pour lui raconter la dernière fantaisie du reup, lui demander son avis sur une robe blanche assortie au pull mauve, le chignon bien serré ou plus lâche… Avec elle, le rôle de beau-père lui convient parfaitement: il n'a aucune autorité à faire valoir. Prend ce qu'on donne et donne ce qu'on lui demande, au gré des événements et des humeurs. Il est plus copain qu'éducateur. Il accompagne plus qu'il n'oriente. Il est parfois le dépositaire de secrets qu'aucun père ne recevra jamais. Héloïse est devenue sa complice, c'est-à-dire la leur.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Les Enfants»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Les Enfants» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «Les Enfants»

Обсуждение, отзывы о книге «Les Enfants» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x