Amélie Nothomb - Stupeur et tremblements

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Grand prix du roman de l'Académie française
Amélie, une jeune femme belge, vient de terminer ses études universitaires. Sa connaissance parfaite du japonais, langue qu'elle maîtrise pour y avoir vécu dans son enfance, lui permet de décrocher un contrat d'un an dans une prestigieuse entreprise de l'empire du soleil levant, la compagnie Yumimoto. Amélie espère réussir dans ce pays qui la fascine tant. Fascinée par la hiérarchie d'entreprise japonaise, précise et méthodique, la jeune femme l'est d'autant plus par sa supérieure directe, l'intrigante et fière Mademoiselle Mori. Ses débuts sont déconcertants. Monsieur Saito lui fait rédiger une lettre, réponse à une invitation pour une partie de golf. A peine le courrier est-il terminé que Saito le déchire et ordonne à Amélie de recommencer. La jeune fille va rapidement déchanter à la découverte d'une culture qu'elle ne connaît absolument pas. Ses fréquentes initiatives sont régulièrement sujettes aux réprobations de ses supérieurs. Les humiliations et les vexations se succèdent et la soumission s'installe. Face à cet acharnement, la jeune femme se plie à leurs exigences. Amélie pensait être traductrice, elle finira dame pipi dans les toilettes de l'entreprise.
«Monsieur Haneda était le supérieur de monsieur Omochi, qui était le supérieur de monsieur Saito, qui était le supérieur de mademoiselle Mori, qui était ma supérieure. Et moi, je n'étais la supérieure de personne. On pourrait dire les choses autrement. J'étais aux ordres de mademoiselle Mori, qui était aux ordres de monsieur Saito, et ainsi de suite, avec cette précision que les ordres pouvaient, en aval, sauter les échelons hiérarchiques. Donc, dans la compagnie Yumimoto, j'étais aux ordres de tout le monde.»

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Elle me regarda avec perplexité, l'air de se demander ce que cette handicapée mentale avait encore trouvé.

– Oui, continuai-je. Entre vous et moi, il y a la même différence qu'entre Ryuichi Sakamoto et David Bowie. L'Orient et l'Occident. Derrière le conflit apparent, la même curiosité réciproque, les mêmes malentendus cachant un réel désir de s'entendre.

J'avais beau m'en tenir à des litotes pour le moins ascétiques, je me rendais compte que j'allais déjà trop loin.

– Non, dit sobrement ma supérieure.

– Pourquoi?

Qu'allait-elle rétorquer? Elle avait l'embarras du choix: «Je n'éprouve aucune curiosité envers vous», ou «je n'ai aucun désir de m'entendre avec vous», ou «quelle outrecuidance d'oser comparer votre sort à celui d'un prisonnier de guerre!», ou «il y' avait entre ces deux personnages quelque chose de trouble qu'en aucun cas je ne reprendrais à mon compte».

Mais non. Fubuki fut très habile.

D'une voix neutre et polie, elle se contenta de me donner une réponse autrement percutantè derrière sa courtoisie:

– Je trouve que vous ne ressemblez pas à David Bowie.

Il fallait reconnaître qu'elle avait raison.

Il était rarissime que je parle, à ce poste qui était désormais le mien. Ce n'était pas interdit et, pourtant, une règle non écrite m'en empêchait. Bizarrement, quand on exerce une tâche aussi peu reluisante, la seule façon de préserver son honneur consiste à se taire.

En effet, si une nettoyeuse de chiottes bavarde, on a tendance à penser qu'elle est à l'aise dans son travail, qu'elle y est à sa place et que cet emploi l'épanouit au point de lui inspirer le désir de gazouiller.

En revanche, si elle se tait, c'est qu'elle vit son travail comme une mortification monacale. Effacée dans son mutisme, elle accomplit sa mission expiatoire en rémission des péchés de l’humanité. Bernanos parle de accablante banalité du Mal; la nettoyeuse de chiottes, elle, connaît l'accablante banalité de la déjection, toujours la même derrière de répugnantes disparités.

Son silence dit sa consternation. Elle est la carmélite des commodités.

Je me taisais donc et pensais d'autant plus. Par exemple, en dépit de mon absence de ressemblance avec David Bowie, je trouvais que ma comparaison tenait la route. Il y avait bel et bien une parenté de situation entre mon cas et le sien. Car enfin, pour m'avoir attribué un poste aussi ordurier, il fallait bien que les sentiments de Fubuki à mon égard ne fussent pas tout à fait nets.

Elle avait d'autres subordonnés que moi. Je n'étais pas la seule personne qu'elle haïssait et méprisait. Elle eût pu en martyriser d'autres que moi. Or, elle n'exerçait sa cruauté qu'envers moi. Ce devait être un privilège.

Je décidai d'y voir une élection.

Ces pages pourraient donner à croire que je n'avais aucune vie en dehors de Yumimoto. Ce n'est pas exact. J'avais, en dehors de la compagnie, une existence qui était loin d'être vide ou insignifiante.

J'ai cependant décidé de n'en pas parler ici. D'abord parce que ce serait hors sujet. Ensuite parce que, vu mes horaires de travail, cette vie privée était pour le moins limitée dans le temps.

Mais surtout pour une raison d'ordre schizophrénique: quand j'étais à mon poste, aux toilettes du quarante-quatrième étage de Yumimoto, en train de récurer les vestiges des immondices d'un cadre, il m'était impossible de concevoir qu'en dehors de cet immeuble, à onze stations de métro de là, il y avait un endroit où des gens m'aimaient, me respectaient et ne voyaient aucun rapport entre une brosse à chiottes et moi.

Quand cette partie nocturne de mon quotidien me surgissait à l'esprit sur ce lieu de travail, je ne pouvais que penser ceci: «Non. Tu as inventé cette maison et ces individus. Si tu as l'impression qu'ils existent depuis plus longtemps que ta nouvelle affectation, c'est une illusion. Ouvre les yeux: que pèse la chair de ces précieux humains face à l'éternité de la faïence des sanitaires? Rappelle-toi ces photos de villes bombardées: les gens sont morts, les maisons sont rasées, mais les toilettes se dressent encore fièrement dans le ciel, juchées sur les tuyauteries en érection. Quand l'Apocalypse aura fait son œuvre, les cités ne seront plus que des forêts de chiottes. La chambre douce où tu dors, les personnes que tu aimes, ce sont des créations compensatoires de ton esprit. Il est typique des êtres qui exercent un métier lamentable de se composer ce que Nietzsche appelle un arrière-monde, un paradis terrestre ou céleste auquel ils s'efforcent de croire pour se consoler de leur condition infecte. Leur éden mental est d'autant plus beau que leur tâche est vile. Crois-moi: rien n'existe en dehors des commodités du quarante-quatrième étage. Tout est ici et maintenant.»

Alors je m'approchais de la baie vitrée, parcourais des yeux les onze stations de métro et regardais au bout du trajet: nulle maison n'y était visible ou pensable. «Tu vois bien: cette demeure tranquille est le fruit de ton imagination.»

Il ne me restait plus qu'à coller le front au verre et à me jeter par la fenêtre. Je suis la seule personne au monde à qui est arrivé ce miracle: ce qui m'a sauvé la vie, c'est la défenestration.

Encore aujourd'hui, il doit y avoir des lambeaux de mon corps dans la ville entière.

Les mois passèrent. Chaque jour, le temps perdait de sa consistance. J'étais incapable de déterminer s'il s'écoulait vite ou lentement. Ma mémoire commençait à fonctionner comme une chasse d'eau. Je la tirais le soir. Une brosse mentale éliminait les dernières traces de souillure.

Nettoyage rituel qui ne servait à rien, puisque la cuvette de mon cerveau retrouvait la saleté tous les matins.

Comme l'a remarqué le commun des mortels, les toilettes sont un endroit propice à la méditation. Pour moi qui y étais devenue carmélite, ce fut l'occasion de réfléchir. Et j'y compris une, grande chose: c'est qu'au Japon, l'existence, c’est l’entreprise.

Certes, c'est une vérité qui a déjà été écrite dans nombre de traités d'économie consacrés à ce pays. Mais il y a un mur de différence entre lire une phrase dans un essai et la vivre. Je pouvais me pénétrer de ce qu'elle signifiait pour les membres de la compagnie Yumimoto et pour moi.

Mon calvaire n'était pas pire que le leur. Il était seulement plus dégradant. Cela ne suffisait pas pour que j'envie la position des autres. Elle était aussi misérable que la mienne.

Les comptables qui passaient dix heures par jour à recopier des chiffres étaient à mes yeux des victimes sacrifiées sur l'autel d'une divinité dépourvue de grandeur et de mystère. De toute éternité, les humbles ont voué leur vie à des réalités qui les dépassaient: au moins, auparavant, pouvaient-ils supposer quelque cause mystique à ce gâchis. A présent, ils ne pouvaient plus s'illusionner. Ils donnaient leur existence pour rien.

Le Japon est le pays où le taux de suicide est le plus élevé, comme chacun sait. Pour ma part, ce qui m'étonne, c'est que le suicide n'y soit pas plus fréquent.

Et en dehors de l'entreprise, qu'est-ce qui attendait les comptables au cerveau rincé par les nombres? La bière obligatoire avec des collègues aussi trépanés qu'eux, des heures de métro bondé, une épouse déjà endormie, des enfants déjà lassés, le sommeil qui vous aspire comme un lavabo qui se vide, les rares vacances dont personne ne connaît le mode d'emploi: rien qui mérite le nom de vie.

Le pire, c’est de penser qu’à l’échelle mondiale ces gens sont des privilégiés.

Décembre arriva, mois de ma démission. Ce mot pourrait étonner: j' approchais du terme de mon contrat, il ne s'agissait donc pas de démissionner. Et poùrtant si. Je ne pouvais pas me contenter d'attendre le soir du 7 janvier 1991 et de partir en serrant quelques mains. Dans un pays où, jusqu'à il y a peu, contrat ou pas contrat, on était engagé forcément pour toujours, on ne quittait pas un emploi sans y mettre les formes.

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