Amélie Nothomb - Stupeur et tremblements

Здесь есть возможность читать онлайн «Amélie Nothomb - Stupeur et tremblements» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Жанр: Современная проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Stupeur et tremblements: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Stupeur et tremblements»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Grand prix du roman de l'Académie française
Amélie, une jeune femme belge, vient de terminer ses études universitaires. Sa connaissance parfaite du japonais, langue qu'elle maîtrise pour y avoir vécu dans son enfance, lui permet de décrocher un contrat d'un an dans une prestigieuse entreprise de l'empire du soleil levant, la compagnie Yumimoto. Amélie espère réussir dans ce pays qui la fascine tant. Fascinée par la hiérarchie d'entreprise japonaise, précise et méthodique, la jeune femme l'est d'autant plus par sa supérieure directe, l'intrigante et fière Mademoiselle Mori. Ses débuts sont déconcertants. Monsieur Saito lui fait rédiger une lettre, réponse à une invitation pour une partie de golf. A peine le courrier est-il terminé que Saito le déchire et ordonne à Amélie de recommencer. La jeune fille va rapidement déchanter à la découverte d'une culture qu'elle ne connaît absolument pas. Ses fréquentes initiatives sont régulièrement sujettes aux réprobations de ses supérieurs. Les humiliations et les vexations se succèdent et la soumission s'installe. Face à cet acharnement, la jeune femme se plie à leurs exigences. Amélie pensait être traductrice, elle finira dame pipi dans les toilettes de l'entreprise.
«Monsieur Haneda était le supérieur de monsieur Omochi, qui était le supérieur de monsieur Saito, qui était le supérieur de mademoiselle Mori, qui était ma supérieure. Et moi, je n'étais la supérieure de personne. On pourrait dire les choses autrement. J'étais aux ordres de mademoiselle Mori, qui était aux ordres de monsieur Saito, et ainsi de suite, avec cette précision que les ordres pouvaient, en aval, sauter les échelons hiérarchiques. Donc, dans la compagnie Yumimoto, j'étais aux ordres de tout le monde.»

Stupeur et tremblements — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Stupeur et tremblements», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Une éternité plus tard, soit que le monstre fût lassé du jouet, soit que ce tonifiant exercice lui eût donné faim pour un double sandwich futon-mayonnaise, il s'en alla.

Silence de mort dans la section comptabilité. A part moi, personne n'osait regarder la victime. Celle-ci resta prostrée quelques minutes. Quand elle eut la force de se lever, elle fila sans prononcer un mot.

Je n'eus aucune hésitation quant à l'endroit où elle avait couru: où vont les femmes violées? Là où de l'eau coule, là où l'on peut vomir, là où il y a le moins de monde possible. Dans les bureaux de Yumimoto, l'endroit qui répondait le mieux à ces exigences était les toilettes. Ce fut là que je commis ma gaffe.

Mon sang ne fit qu'un tour: il fallait que j'aille la réconforter. J'eus beau tenter de me raisonner en pensant aux humiliations qu'elle m'avait infligées, aux insultes qu'elle m'avait jetées en pleine figure, ma ridicule compassion eut le dessus. Ridicule, je maintiens: tant qu'à agir en dépit du bon sens, j'aurais été cent fois mieux inspirée de m'interposer entre Omochi et ma supérieure. Au moins, c'eût été courageux. Alors que mon attitude finale fut simplement gentille et bête.

Je courus aux toilettes. Elle était en train de pleurer devant un lavabo. Je pense qu'elle ne me vit pas entrer. Malheureusement, elle m'entendit lui dire:

– Fubuki, je suis désolée! Je suis de tout cœur avec vous. Je suis avec vous.

Déjà je m'approchais d'elle, lui tendant un bras vibrant de réconfort quand je vis se tourner vers moi son regard éberlué de colère. Sa voix, méconnaissable de fureur pathologique, me rugit:

– Comment osez-vous? Comment osez-vous?

Je ne devais pas être dans un jour d'intelligence car j'entrepris de lui expliquer:

– Je ne voulais pas vous importuner. Je voulais seulement vous dire mon amitié…

Au paroxysme de la haine, elle rejeta mon bras comme un tourniquet et cria:

– Voulez-vous vous taire? Voulez vous partir?

Manifestement, je ne le voulais pas, car je restais plantée là, interdite.

Elle marcha vers moi, avec Hiroshima dans l'œil droit et Nagasaki dans l'œil gauche. J'ai une certitude: c'est que si elle avait eu le droit de me tuer, elle n'eût pas hésité.

Je compris enfin ce que je devais faire: je déguerpis.

De retour à mon bureau, je passai le reste de la journée à simuler une activité minimale tout en analysant mon imbécillité, vaste sujet de méditation s'il en fut.

Fubuki avait été humiliée de fond en comble sous les yeux de ses collègues. La seule chose qu'elle avait pu nous cacher, le dernier bastion de son honneur qu'elle avait pu préserver, c'étaient ses larmes. Elle avait eu la force de ne pas pleurer devant nous.

Et moi, futée, j'étais allée la regarder sangloter dans sa retraite. C'était comme si j'avais cherché à consommer sa honte jusqu'à la lie. Jamais elle n'eût pu concevoir, croire, admettre que mon comportement relevât de la bonté, même de la sotte bonté.

Une heure plus tard, la victime vint se rasseoir à son bureau. Personne n'eut un regard pour elle. Elle eut un regard pour moi: sès yeux séchés me vrillèrent de haine. Il y était écrit: «Toi, tu ne perds rien pour attendre.»

Puis elle reprit son travail comme si de rien n'était, me laissant le loisir d'interpréter la sentence.

Il était clair que, selon elle, mon attitude avait été de pures représailles. Elle savait qu'elle m'avait maltraitée par le passé. Pour elle, nul doute que mon seul but avait été la vengeance. C'était pour lui rendre la monnaie de sa pièce que j'étais allée contempler ses larmes dans les toilettes.

J'aurais tellement voulu la détromper, lui dire: «D'accord, c'était stupide et maladroit, mais je vous conjure de me croire: je n'ai pas eu d'autre motivation que la bonne, brave et bête humanité. Il y a quelque temps, je vous en ai voulu, c'est exact, et cependant, quand je vous ai vue si bassement humiliée, il n'y a plus eu place en moi que pour la compassion primitive. Et fine comme vous l'êtes, pouvez-vous douter qu'il y ait, dans cette entreprise, non, sur cette planète, quelqu'un qui vous estime, vous admire et subisse votre empire à un degré comparable au mien?»

Je ne saurai jamais comment elle eût réagi si je lui avais déclaré cela.

Le lendemain, Fubuki m'accueillit avec, cette fois, un visage d'une sérénité olympienne. «Elle s'est remise, elle va mieux», pensai-je.

Elle m'annonça d'une voix posée:

– J'ai une nouvelle affectation pour vous. Suivez-moi.

Je la suivis hors de la salle. Déjà, je n'étais pas rassurée: ma nouvelle affectation ne se passait donc pas au sein de la section comptabilité? Qu'est-ce que cela pouvait être? Et où me conduisait-elle?

Mon appréhension se précisa quand je constatai que nous prenions la direction des toilettes. Mais non, pensai-je. Nous allions certainement tourner à droite ou à gauche à la dernière seconde pour nous rendre dans un autre bureau.

Nous ne virâmes ni à bâbord ni à tribord. Elle m'entraîna bel et bien aux toilettes.

«Sans doute m'a-t-elle emmenée en ce lieu isolé pour que nous nous expliquions au sujet d'hier», me dis-je.

Non pas. Elle déclara, impassible:

– Voici votre nouveau poste.

Le visage assuré, elle me montra, très professionnelle, les gestes qui seraient désormais les miens. Il s'agissait de remplacer le rouleau de «tissu sec et propre» quand celui-ci aurait entièrement servi à essuyer des mains; il s'agissait aussi de renouveler les fournitures de papier-toilette au sein des cabinets – à cet effet, elle me confia les précieuses clefs d'un débarras où ces merveilles étaient entreposées à l'abri des convoitises dont, sans nul doute, elles eussent été l'objet de la part des cadres de la compagnie Yumimoto.

Le clou fut atteint quand la belle créature empoigna délicatement la brosse à chiottes pour m'expliquer, avec beaucoup de sérieux, quel en était le mode d'emploi – supposait-elle que je l'ignorais? Déjà, je n'aurais jamais pu imaginer qu'il me serait donné de voir cette déesse tenir un tel instrument. A plus forte raison pour le désigner comme mon nouveau sceptre.

Au dernier degré de l'ahurissement, je posai une question:

– A qui est-ce que je succède?

– A personne. Les femmes d'ouvrage effectuent ces tâches le soir.

– Et elles ont démissionné?

– Non. Seulement, vous avez dû vous apercevoir que leur service nocturne ne suffit pas. Il n'est pas rare qu'en cours de journée nous n'ayons plus de tissu sec à dérouler, ou que nous trouvions un cabinet sans papier-toilette, ou encore qu'une cuvette reste souillée jusqu'au soir. C'est gênant, surtout quand nous recevons des cadres extérieurs à Yumimoto.

L'espace d'un instant, je me demandai en quoi il était plus gênant, pour un cadre, de voir une cuvette souillée par un membre extérieur à sa compagnie que par un collègue. Je n'eus pas le temps de trouver la réponse à cette question d'étiquette car Fubuki conclut, avec un doux sourire:

– Désormais, grâce à vous, nous ne souffrirons plus de ces inconvénients.

Et elle partit. Je me retrouvai seule dans le lieu de ma promotion. Éberluée, je restai immobile, les bras ballants. Ce fut alors que la porte se rouvrit sur Fubuki. Comme au théâtre, elle était revenue pour me dire le plus beau:

– J'oubliais: il va de soi que votre service s'étend aussi aux toilettes des messieurs.

Récapitulons. Petite, je voulais devenir Dieu. Très vite, je compris que c'était trop demander et je mis un peu d'eau bénite dans mon vin de messe: je serais Jésus. J'eus rapidement conscience de mon excès d'ambition et acceptai de «faire» martyre quand je serais grande.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Stupeur et tremblements»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Stupeur et tremblements» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Amélie Nothomb - Riquet à la houppe
Amélie Nothomb
Amélie Nothomb - Fear and Trembling
Amélie Nothomb
Amélie Nothomb - Kosmetyka wroga
Amélie Nothomb
Amélie Nothomb - Z pokorą i uniżeniem
Amélie Nothomb
Amélie Nothomb - Le sabotage amoureux
Amélie Nothomb
Amélie Nothomb - Les Catilinaires
Amélie Nothomb
Amélie Nothomb - Hygiène de l’assassin
Amélie Nothomb
Amélie Nothomb - Mercure
Amélie Nothomb
Amélie Nothomb - Métaphysique des tubes
Amélie Nothomb
Отзывы о книге «Stupeur et tremblements»

Обсуждение, отзывы о книге «Stupeur et tremblements» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x