Muriel Barbery - L'élégance du hérisson

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L'élégance du hérisson: краткое содержание, описание и аннотация

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« Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’image que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.
Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal à poissons, la vacuité et l’ineptie de l’existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C’est pour ça que j’ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. »

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— Le petit Pallières a la bouche ouverte quand elle passe, ajoute-t-elle. Mais elle ne le voit même pas. Il devrait se mettre un sac-poubelle sur la tête. Ah, si toutes les demoiselles de l’immeuble étaient comme Olympe...

— C’est vrai, Olympe est très gentille, dis-je.

— Oui, dit Manuela, c’est une bonne petite. Neptune a eu les chiasses mardi, vous savez, eh bien elle l’a soigné.

Une chiasse toute seule, c’est bien trop mesquin.

— Je sais, dis-je, nous en sommes quittes pour un nouveau tapis dans le hall. On le livre demain. Ça ne fera pas de mal, celui-ci était affreux.

— Vous savez, dit Manuela, vous pouvez garder la robe. La fille de la dame a dit à Maria : Gardez tout, et Maria m’a dit de vous dire qu’elle vous donne la robe.

— Oh, dis-je, c’est vraiment très gentil mais je ne peux pas accepter.

— Ah, ne recommencez pas, dit Manuela, agacée. De toute façon, c’est vous qui allez payer le pressing. Regardez-moi ça, on dirait une orange .

L’orange est probablement une forme vertueuse de l’orgie.

— Eh bien, remerciez Maria pour moi, dis-je, je suis vraiment très touchée.

— C’est mieux comme ça, dit-elle. Oui, oui, je lui dirai merci pour vous.

On frappe deux petits coups brefs à la porte.

6

La basse portouce

C’est Kakuro Ozu.

— Bonjour, bonjour, dit-il en bondissant dans la loge. Oh, bonjour madame Lopes, ajoute-t-il en voyant Manuela.

— Bonjour monsieur Ozu, répond-elle en hurlant presque.

Manuela est quelqu’un de très enthousiaste.

— Nous prenions le thé, vous vous joignez à nous ? dis je.

— Ah mais volontiers, dit Kakuro en se saisissant d’une chaise. Et, apercevant Léon : Oh, le beau morceau ! Je ne l’avais pas bien vu l’autre fois. On dirait un sumo !

— Prenez donc une madeleine, elles sont à l’ orgie , dit Manuela qui s’emmêle les pinceaux tout en poussant le panier vers Kakuro.

L’orgie est vraisemblablement une forme vicieuse de l’orange.

— Merci, dit Kakuro en en attrapant une.

— Fameuse ! articule-t-il sitôt la bouchée engloutie.

Manuela se tortille sur sa chaise, l’air béat.

— Je suis venu vous demander votre avis, dit Kakuro après quatre madeleines. Je suis en pleine querelle avec un ami sur la question de la suprématie européenne en matière de culture, poursuit-il en me décochant un clin d’œil pimpant.

Manuela, qui ferait bien d’être plus indulgente avec le petit Pallières, a la bouche grand ouverte.

— Il penche pour l’Angleterre, je suis évidemment pour la France. J’ai donc dit que je connaissais quelqu’un qui pouvait nous départager. Voulez-vous bien être l’arbitre ?

— Mais je suis juge et partie, dis-je en m’asseyant, je ne peux pas voter.

— Non, non, non, dit Kakuro, vous n’allez pas voter. Vous allez juste répondre à ma question : quelles sont les deux inventions majeures de la culture française et de la culture britannique ? Madame Lopes, j’ai de la chance cet après-midi, vous allez donner votre avis aussi, si vous voulez bien, ajoute-t-il.

— Les Anglais..., commence Manuela très en forme, puis elle s’arrête. D’abord vous, Renée, dit-elle, soudain rappelée à plus de prudence en se remémorant sans doute qu’elle est portugaise.

Je réfléchis un instant.

— Pour la France : la langue du XVIIIe et le fromage coulant.

— Et pour l’Angleterre ? demande Kakuro.

— Pour l’Angleterre, c’est facile, dis-je.

— Le poudînngueuh ? suggère Manuela en prononçant tel quel.

Kakuro rit à gorge déployée.

— Il en faut un autre, dit-il.

— Eh bien le rutebi, dit-elle, toujours aussi british.

— Ha ha, rit Kakuro. Je suis d’accord avec vous ! Alors, Renée, votre proposition ?

— L’habeas corpus et le gazon, dis-je en riant.

Et, par le fait, ça nous fait tous bien rire, y compris Manuela qui a entendu « la basse portouce », ce qui ne veut rien dire, mais que ça fait quand même marrer.

Juste à ce moment, on frappe à la loge.

C’est fou comme cette loge qui, hier, n’intéressait personne, semble aujourd’hui au centre de l’attention mondiale.

— Entrez, dis-je sans réfléchir, dans le feu de la conversation.

Solange Josse passe la tête par la porte.

Nous la regardons tous trois d’un air interrogateur, comme si nous étions les convives d’un banquet qu’importunait une servante malpolie.

Elle ouvre la bouche, se ravise.

Paloma passe la tête au niveau de la serrure.

Je me ressaisis, me lève.

— Je peux vous laisser Paloma une petite heure ? demande Mme Josse, qui s’est reprise aussi mais dont le curiosimètre explose.

— Bonjour, cher monsieur, dit-elle à Kakuro qui s’est levé et vient lui serrer la main.

— Bonjour, chère madame, dit-il aimablement. Bonjour Paloma, je suis content de te voir. Eh bien, chère amie, elle est en de bonnes mains, vous pouvez nous la laisser.

Comment congédier avec grâce et en une seule leçon.

— Euh... bien... oui... merci, dit Solange Josse, et elle fait lentement marche arrière, encore un peu sonnée.

Je ferme la porte derrière elle.

— Veux-tu une tasse de thé ? m’enquiers-je.

— Bien volontiers, me répond-elle.

Une vraie princesse chez les cadres du parti. Je lui sers une demi-tasse de thé au jasmin tandis que Manuela la ravitaille en madeleines rescapées.

— Qu’est-ce que les Anglais ont inventé, selon toi ? lui demande Kakuro, toujours à son concours culturel.

Paloma réfléchit intensément.

— Le chapeau comme emblème de la psychorigidité, dit-elle.

— Magnifique, dit Kakuro.

Je note que j’ai probablement largement sous-estimé Paloma et qu’il faudra approfondir cette affaire-là, mais, parce que le destin frappe toujours trois fois et puisque tous les conspirateurs sont voués un jour à être démasqués, on tambourine de nouveau au carreau de la loge, différant ma réflexion.

Paul N’Guyen est la première personne qui ne semble surprise de rien.

— Bonjour, madame Michel, me dit-il, puis : Bonjour à tous.

— Ah, Paul, dit Kakuro, nous avons définitivement discrédité l’Angleterre.

Paul sourit gentiment.

— Très bien, dit-il. Votre fille vient d’appeler. Elle rappelle dans cinq minutes.

Et il lui tend un portable.

— Entendu, dit Kakuro. Eh bien, mesdames, je dois prendre congé.

Il s’incline devant nous.

— Au revoir, proférons-nous toutes d’une même voix, comme un chœur virginal.

— Eh bien, dit Manuela, voilà une bonne chose de faite.

— Laquelle ? je demande.

— Toutes les madeleines sont mangées.

Nous rions.

Elle me regarde l’air songeur, sourit.

— C’est incroyable, hein ? me dit-elle.

Oui, c’est incroyable.

Renée, qui a désormais deux amis, n’est plus si farouche.

Mais Renée, qui a désormais deux amis, sent poindre en elle une terreur informe.

Lorsque Manuela s’en va, Paloma se love sans façons dans le fauteuil du chat, devant la télé, et, me regardant de ses grands yeux sérieux, me demande :

— Vous croyez que la vie a un sens ?

7

Bleu nuit

Au pressing, j’avais dû affronter le courroux de la dame des lieux.

— Des taches pareilles sur une robe de cette qualité, avait-elle maugréé en me remettant un ticket bleu azur.

Ce matin, c’est une autre à laquelle je tends mon rectangle de papier. Plus jeune et moins réveillée. Elle farfouille interminablement parmi des rangées compactes de cintres puis me tend une belle robe en lin prune, ligotée de plastique transparent.

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