Muriel Barbery - L'élégance du hérisson

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L'élégance du hérisson: краткое содержание, описание и аннотация

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« Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’image que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.
Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal à poissons, la vacuité et l’ineptie de l’existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C’est pour ça que j’ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. »

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Dix minutes plus tard, Colombe est venue dans ma chambre avec un sourire tout mielleux. Alors ça, je ne peux pas le supporter. Je préfère encore qu’elle me crie dessus. « Paloma, ma puce, tu veux bien me rendre un grand service ? » a-t-elle roucoulé. « Non », ai-je répondu. Elle a inspiré un grand coup en regrettant que je ne sois pas son esclave personnelle — elle aurait pu me faire fouetter — se serait sentie beaucoup mieux — m’énerve cette morveuse. « Je veux un accord », ai-je ajouté. « Tu ne sais même pas ce que je veux » a-t-elle rétorqué avec un petit air méprisant. « Tu veux que j’aille voir Mme Michel », ai-je dit. Elle est restée la bouche ouverte. À force de se raconter que je suis débile, elle finit par le croire. « O.K. si tu ne mets pas de musique fort dans ta chambre pendant un mois. » « Une semaine », a dit Colombe. « Alors, je n’irai pas », ai-je dit. « O.K. », a dit Colombe, « va voir cette vieille raclure et dis-lui de m’apporter le paquet de Marian dès qu’il arrive à la loge. » Et elle est sortie en claquant la porte.

Je suis donc allée voir Mme Michel et elle m’a invitée à boire un thé.

Pour l’instant, je la teste. Je n’ai pas dit grand-chose. Elle m’a regardée bizarrement, comme si elle me voyait pour la première fois. Elle n’a rien dit sur Colombe. Si c’était une vraie concierge, elle aurait dit quelque chose comme : « Oui, bon, mais votre sœur, là, faut quand même pas qu’elle se croie tout permis. » Au lieu de ça, elle m’a offert une tasse de thé et elle m’a parlé très poliment, comme si j’étais une vraie personne.

Dans la loge, la télévision était allumée. Elle ne la regardait pas. Il y avait un reportage sur les jeunes qui brûlent des voitures en banlieue. En voyant les images, je me suis demandé : qu’est-ce qui peut pousser un jeune à brûler une voiture ? Qu’est-ce qui peut bien se passer dans sa tête ? Et après, c’est cette pensée-là qui m’est venue : et moi ? Pourquoi je veux brûler l’appartement ? Les journalistes parlent du chômage et de la misère, moi je parle de l’égoïsme et de la fausseté de ma famille. Mais ce sont des fadaises. Il y a toujours eu du chômage et de la misère et des familles merdiques. Et pourtant, on ne brûle pas des voitures ou des appartements tous les matins, quand même ! Je me suis dit que, finalement, tout ça, c’étaient de fausses raisons. Pourquoi est-ce qu’on brûle une voiture ? Pourquoi est-ce que je veux mettre le feu à l’appartement ?

Je n’ai pas eu de réponse à ma question jusqu’à ce que j’aille faire des courses avec ma tante Hélène, la sœur de ma mère, et ma cousine Sophie. En fait, il s’agissait d’aller acheter un cadeau pour l’anniversaire de maman qu’on fête dimanche prochain. On a pris le prétexte d’aller ensemble au musée Dapper et en fait, on est allées faire les boutiques de décoration du IIe et du VIIIe. L’idée, c’était de trouver un porte-parapluie et d’acheter aussi mon cadeau.

Concernant le porte-parapluie, ça a été interminable. Ça a pris trois heures alors que, d’après moi, tous ceux que nous avons vus étaient strictement identiques, soit des cylindres tout bêtes, soit des machins avec des ferronneries genre antiquaire. Le tout hors de prix. Ça ne vous dérange pas quelque part, vous, l’idée qu’un porte-parapluie puisse coûter deux cent quatre-vingt-dix-neuf euros ? C’est pourtant le prix que Hélène a payé pour une chose prétentieuse en « cuir vieilli » (mon œil : frotté à la brosse en fer, oui) avec des coutures façon sellier, comme si on habitait dans un haras. Moi, j’ai acheté à maman une petite boîte à somnifères en laque noire dans une boutique asiatique. Trente euros. Je trouvais déjà ça très cher mais Hélène m’a demandé si je voulais rajouter quelque chose, vu que ce n’était pas grand-chose. Le mari d’Hélène est gastro-entérologue et je peux vous garantir que, au pays des médecins, le gastro-entérologue n’est pas le plus pauvre... Mais j’aime quand même bien Hélène et Claude parce qu’ils sont... eh bien, je ne sais pas très bien comment dire... entiers. Ils sont contents de leur vie, je crois, enfin ils ne jouent pas à être autre chose que ce qu’ils sont. Et ils ont Sophie. Ma cousine Sophie est trisomique. Je ne suis pas du genre à m’extasier devant les trisomiques comme il est de bon ton de le faire dans ma famille (même Colombe s’y met). Le discours convenu, c’est : ils sont handicapés mais ils sont tellement attachants, tellement affectueux, tellement émouvants I Personnellement, je trouve la présence de Sophie plutôt pénible : elle bave, elle crie, elle boude, elle fait des caprices et elle ne comprend rien. Mais ça ne veut pas dire que je n’approuve pas Hélène et Claude. Ils disent eux-mêmes qu’elle est dure et que c’est une vraie galère d’avoir une fille trisomique mais ils l’aiment et ils s’occupent d’elle très bien, je trouve. Ça, plus leur caractère entier, eh bien, ça fait que je les aime bien. Quand on voit maman qui joue à être une femme moderne bien dans sa peau ou Jacinthe Rosen qui joue à être une bourgeoise-depuis-le-berceau, ça rend Hélène, qui ne joue à rien du tout et qui est contente de ce qu’elle a, plutôt sympathique.

Mais bref, après le cirque du porte-parapluie, on est allées manger un gâteau et boire un chocolat chez Angelina, le salon de thé de la rue de Rivoli. Vous me direz qu’il n’y a pas plus éloigné de la thématique jeunes de banlieue qui brûlent des voitures. Eh bien pas du tout ! J’ai vu quelque chose chez Angelina qui m’a permis de comprendre certaines autres choses. À la table à côté de la nôtre, il y avait un couple avec un bébé. Un couple de Blancs avec un bébé asiatique, un petit garçon qui s’appelait Théo. Hélène et eux ont sympathisé et ont bavardé un moment. Ils ont sympathisé en tant que parents d’un enfant différent, évidemment, c’est comme ça qu’ils se sont reconnus et qu’ils ont commencé à parler. On a appris que Théo était un petit garçon adopté, qu’il avait quinze mois quand ils l’ont ramené de Thaïlande, que ses parents sont morts dans le tsunami, ainsi que tous ses frères et sœurs. Moi, je regardais autour de moi et je me disais : comment il va faire ? On était chez Angelina, quand même : toutes ces personnes bien habillées, croquant avec préciosité dans des pâtisseries ruineuses, et qui n’étaient là que pour... eh bien que pour la signification du lieu, l’appartenance à un certain monde, avec ses croyances, ses codes, ses projets, son histoire, etc. C’est symbolique, quoi. Quand on prend le thé chez Angelina, on est en France, dans un monde riche, hiérarchisé, rationnel, cartésien, policé. Comment va-t-il faire, le petit Théo ? Il a passé les premiers mois de sa vie dans un village de pêcheurs en Thaïlande, dans un monde oriental, dominé par des valeurs et des émotions propres où l’appartenance symbolique, ça se joue peut-être à la fête du village quand on honore le dieu de la Pluie, où les enfants sont baignés dans des croyances magiques, etc. Et le voilà en France, à Paris, chez Angelina, immergé sans transition dans une culture différente et dans une position qui a changé du tout au tout : de l’Asie à l’Europe, du monde des pauvres à celui des riches.

Alors tout à coup, je me suis dit : Théo, il aura peut-être envie de brûler des voitures, plus tard. Parce que c’est un geste de colère et de frustration et peut-être que la plus grande colère et la plus grande frustration, ce n’est pas le chômage, ce n’est pas la misère, ce n’est pas l’absence de futur : c’est le sentiment de ne pas avoir de culture parce qu’on est écartelé entre des cultures, des symboles incompatibles. Comment exister si on ne sait pas où on est ? S’il faut assumer en même temps une culture de pêcheurs thaïlandais et de grands bourgeois parisiens ? De fils d’immigrés et de membres d’une vieille nation conservatrice ? Alors on brûle des voitures parce que quand on n’a pas de culture, on n’est plus un animal civilisé : on est une bête sauvage. Et une bête sauvage, ça brûle, ça tue, ça pille.

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