Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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Mais il arrivait que l'un d'entre eux me répondît:
«Je bâtis des palais, je taille des diamants, je sculpte des statues de pierre…»
Et ceux-là certes ne travaillaient point pour tous mais pour quelques-uns seulement car le produit de leur activité n'était point divisible.
Et en effet si tu observes celui-là qui travaille une année pour peindre son vase, comment distribuerais-tu de tels vases à tous? Car un homme travaille pour plusieurs dans une cité. Il est les femmes, les malades, les infirmes, les enfants, les vieillards et ceux qui aujourd'hui se reposent. Il est aussi des serviteurs de mon empire, lesquels ne façonnent point d'objets: les soldats, les gendarmes, les poètes, les danseurs, les gouverneurs. Et ceux-là cependant autant que les autres consomment, s'habillent, se chaussent, mangent, boivent et dorment dans un lit d'une maison. Et puisqu'ils n'échangent point d'objet contre les objets qu'ils consomment, il faut bien que quelque part tu voles ces objets à ceux-là qui les fabriquent afin d'en alimenter également ceux qui ne les fabriquent point. Et aucun homme installé dans son atelier ne peut prétendre consommer la totalité de ce qu'il produit. Donc il est des objets que tu ne peux prétendre offrir à tous car il ne serait personne pour les façonner.
Et cependant n'importe-t-il pas que de tels objets soient conçus et soient fabriqués puisqu'ils sont le luxe et la fleur et le sens de ta civilisation? Et puisque précisément l'objet qui vaut et qui est digne de l'homme est celui qui a coûté beaucoup de temps. Et c'est le sens même du diamant, lequel est année de travail qui donne une larme grande comme l'ongle. Ou la goutte de parfum tirée du tombereau de fleurs. Et que m'importe à moi le destin de la larme et de la goutte de parfum puisque je connais d'avance qu'elles ne sont point distribuables à tous et que je connais également qu'une civilisation repose non sur le destin de l'objet mais sur sa naissance?
Moi le seigneur je vole du pain et des vêtements aux travailleurs pour les donner à mes soldats, à mes femmes et à mes vieillards.
Pourquoi serais-je plus troublé de voler du pain et des vêtements pour les donner à mes sculpteurs et aux polisseurs de diamants et aux poètes qui, bien qu'ils écrivent leurs poèmes, doivent se nourrir?
Sinon il n'est plus ni diamant, ni palais, ni quoi que ce soit qui soit souhaitable.
Et ce qui enrichit bien peu mon peuple: il s'enrichit du seul déversement dans les autres activités de ses activités de civilisation qui certes coûtent beaucoup de temps à ceux qui s'y emploient, mais emploient peu d'hommes dans la cité comme me le montrèrent nos rencontres.
Et par ailleurs je réfléchissais sur ce que, si le destinataire de l'objet n'avait point d'importance puisque de toute façon cet objet n'était pas distribuable-à-tous et que par conséquent je ne pouvais prétendre qu'il volât les autres, il me venait cette évidence que le canevas des destinataires est chose délicate à toucher et qui demande beaucoup de précautions car il est trame d'une civilisation. Et peu importe leur qualité ou les justifications morales.
Il est certes là un problème moral. Mais il est un problème exactement opposé. Et si je pense avec des mots qui excluent les contradictions j'éteins chez moi toute lumière.
CXVI
(Notes pour plus tard: Les réfugiés berbères qui ne veulent travailler se couchent. Action impossible.
Mais j'impose non des actes mais des structures. Et je différencie les jours. Et je hiérarchise les hommes et je crée des habitations plus ou moins belles pour apporter la jalousie. Et je crée des règles plus ou moins justes pour provoquer des mouvements divers. Et je ne puis m'intéresser à la justice car elle est ici de laisser croupir cette mare absolument morte. Et je les oblige bien à prendre mon langage puisque mon langage a un sens pour eux. Et ce n'est là qu'un système de conventions à l'aide desquelles je veux atteindre, comme à travers l'aveugle sourd-muet, l'homme, qui est entièrement endormi en eux. Ainsi l'aveugle sourd-muet, tu le brûles et tu lui dis: feu. Et chaque fois que tu le brûles tu lui dis: feu. Et tu es injuste pour l'individu puisque tu le brûles. Mais tu es juste pour l'homme puisque lui ayant dit: feu, tu l'éclairés. Et viendra le jour où quand tu lui diras: feu sans le brûler il retirera aussitôt la main. Et ce sera signe qu'il est né.
Les voilà donc noués malgré eux dans l'absolu d'un réseau qu'ils ne peuvent juger puisqu'il est, tout simplement. Les maisons «sont» différentes. Les repas «sont» différents. (Et j'introduis aussi la fête qui est de tendre vers un jour et dès lors d'exister, «et je les soumettrai à des torsions et des tensions et des figures. Et certes toute tension est injustice car il n'est pas juste que ce jour diffère des autres».) Et la fête les fait s'éloigner ou s'approcher de quelque chose. Et les maisons plus ou moins belles gagner ou perdre. Et entrer et sortir. Et je dessinerai des lignes blanches à travers le camp pour que soient des zones dangereuses et d'autres de sécurité. Et j'introduirai le lieu interdit où l'on est puni de mort pour les orienter dans l'espace. Et voilà ainsi qu'il sera créé des vertèbres à la méduse. Et elle commencera de marcher, ce qui est admirable.
L'homme disposait d'un langage vide. Mais le langage sera de nouveau sur lui comme un mors. Et il sera des mots cruels qui le pourront faire pleurer. Et il sera des mots chantants qui lui éclaireront le cœur.
«Je vous facilite les choses…» et tout est perdu. Non à cause des richesses, mais parce qu'elles ne sont plus tremplin pour quoi que ce soit mais provisions gagnées. Tu t'es trompé non de donner plus mais d'exiger moins. Si tu donnes plus, tu dois exiger plus.
La justice et l'égalité. Et voilà la mort. Mais la fraternité ne se trouve que dans l'arbre. Car tu ne dois point confondre alliance et communauté, laquelle n'est que promiscuité sans dieu qui domine, ni irrigation, ni musculature, et donc pourrissement.
Car ils se sont dissous d'avoir vécu dans l'égalité, la justice et la communauté totales. Ceci est repos des billes mêlées.
Jette-leur une graine qui les absorbe dans l'injustice de l'arbre.)
CXVII
En ce qui concerne donc mon voisin, j'ai observé qu'il n'était point fertile d'examiner de son empire les faits, les états de choses, les institutions, les objets, mais exclusivement les pentes. Car si tu examines mon empire tu t'en iras voir les forgerons et les trouveras forgeant des clous et se passionnant pour les clous et te chantant les cantiques de la clouterie. Puis tu t'en iras voir les bûcherons et tu les trouveras abattant des arbres et se passionnant pour l'abattage d'arbres, et se remplissant d'une intense jubilation à l'heure de la fête du bûcheron, qui est du premier craquement, lorsque la majesté de l'arbre commence de se prosterner. Et si tu vas voir les astronomes, tu les verras se passionnant pour les étoiles et n'écoutant plus que leur silence. Et en effet chacun s'imagine être tel. Maintenant si je te demande: «Que se passe-t-il dans mon empire, que naîtra-t-il demain chez moi?» tu me diras: «On forgera des clous, on abattra des arbres, on observera les étoiles et il y aura donc des réserves de clous, des réserves de bois et des observations d'étoiles.» Car myope et le nez contre, tu n'as point reconnu la construction d'un navire.
Et certes nul d'entre eux n'aurait su te dire: «Demain nous serons embarqués sur la mer.» Chacun croyait servir son dieu et disposait d'un langage malhabile pour te chanter le dieu des dieux qui est navire. Car la fertilité du navire est qu'il devienne amour des clous pour le cloutier.
Et quant à la prévision de l'avenir tu en aurais su bien plus long si tu avais dominé cet assemblage disparate et pris conscience de ce dont j'ai augmenté l'âme de mon peuple et qui est pente vers la mer. Alors tu l'eusses vu, ce voilier, assemblage de clous, de planches, de troncs d'arbres et gouverné par les étoiles, se pétrir lentement dans le silence et s'assembler à la façon du cèdre qui draine les sucs et les sels de la rocaille pour les établir dans la lumière.
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