Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE

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Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.

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Et la grande lutte contre les objets: l'heure est venue de te parler de ta grande erreur. Car j'ai jugé fervents et j'ai reconnu comme heureux, brassant et rebrassant la gangue dans le dénuement des terres craquantes, meurtris de soleil comme un fruit blet, écorchés aux pierres, taraudant dans la profondeur de l'argile pour remonter dormir nus sous la tente, ceux-là qui vivaient d'extraire une fois l'an un diamant pur. Et j'ai vu malheureux, aigres de cœur et divisés ceux qui, de recevoir dans leur luxe des diamants, ne disposaient cependant plus que de verroterie inutile. Car tu n'as pas besoin d'un objet mais d'un dieu.

Car la possession de l'objet certes est permanente, mais non point l'aliment que tu en reçois. Car l'objet n'a de sens que de t'augmenter, et tu t'augmentes de sa conquête mais non de sa possession. C'est pourquoi je vénère celui-là qui provoque, étant conquête difficile, cette ascension de montagne, cette éducation en vue d'un poème, cette séduction de l'âme inaccessible, et t'oblige ainsi de devenir. Mais je méprise tel autre qui est provision faite car tu n'as plus rien à en recevoir. Et, une fois dégagé le diamant, qu'en feras-tu?

Car j'apporte le sens de la fête, lequel était oublié. La fête est couronnement des préparatifs de la fête, la fête est sommet de montagne après l'ascension, la fête est capture du diamant quand il t'est permis de le dégager de la terre, la fête est victoire couronnant la guerre, la fête est premier repas du malade dans le premier jour de sa guérison, la fête est promesse de l'amour quand elle baisse les yeux si tu lui parles…

Et c'est pourquoi j'inventai pour t'instruire cette image:

Si je le désirais je te pourrais créer une civilisation fervente, pleine de joie dans les équipes et de rires clairs des ouvriers qui reviennent de leur travail, et d'un goût puissant de la vie, et d'attente chaude des miracles du lendemain et du poème où l'on fera retentir sur toi les étoiles et où, cependant, tu ne ferais rien d'autre que de piocher le sol pour en extraire ces diamants qui deviendront enfin lumière après cette mue silencieuse dans les entrailles du globe. (Car venus du soleil, puis devenus fougères, puis nuit opaque, les voilà redevenus lumière.) Donc, t'ai-je dit, je t'assure une vie pathétique si je te condamne à cette extraction et te convie pour un jour de l'année à la fête capitale, laquelle consistera en offrande des diamants, qui devant le peuple en sueur seront brûlés et rendus en lumière. Car tes mouvements intérieurs ne sont point gouvernés par l'usage des objets conquis et ton âme s'alimente du sens des choses et non des choses.

Et certes, ce diamant, j'en pourrais tout aussi bien pour ton luxe fleurir une princesse plutôt que le brûler. Ou, l'enfermant dans un coffret au secret d'un temple, le faire rayonner plus fort non pour les yeux mais pour l'esprit (qui à travers les murs s'en alimente). Mais, certes, je n'en ferai rien d'essentiel pour toi si je te le donne.

Car il se trouve que j'ai compris le sens profond du sacrifice qui n'est point de t'amputer de rien mais de t'enrichir. Car tu te trompes de mamelle quand tu tends les bras vers l'objet alors que tu cherchais son sens. Car si je t'invente un empire où chaque soir on te distribue des diamants récoltés ailleurs, autant t'enrichir de cailloux, car tu n'y trouveras plus rien de ce que tu souhaitais d'obtenir. Plus riche celui-là qui peine l'année durant contre le roc et brûle une fois l'an le fruit de son travail pour en tirer l'éclat de lumière, que celui-là qui tous les jours reçoit, venus d'ailleurs, des fruits qui n'ont rien exigé de lui.

(Ainsi d'une quille: ta joie est de la renverser. Et c'est la fête. Mais tu n'as rien à attendre d'une quille tombée.)

C'est pourquoi sacrifices et fêtes se confondent. Car tu montres par là le sens de ton acte. Mais comment prétendrais-tu que la fête est autre chose qu'une fois ramassé le bois, le feu de joie quand tu le brûles, une fois gravie la montagne, tes muscles heureux dans l'étendue, une fois extrait le diamant, son apparition à la lumière, une fois mûres les vignes, la vendange? Où vois-tu qu'il serait possible d'user d'une fête comme d'une provision? Une fête c'est après la marche ton arrivée et couronnement ainsi de ta marche, mais tu n'as rien à espérer de ton changement en sédentaire. Et c'est pourquoi tu ne t'installes ni dans la musique, ni dans le poème, ni dans la femme conquise, ni dans le paysage entrevu du haut des montagnes. Et je te perds si je te distribue dans l'égalité de mes jours. Si je ne les ordonne selon un navire qui va quelque part. Car le poème lui-même est une fête à condition de le gravir. Car le temple est une fête de t'y délivrer des soucis médiocres. Tu as tous les jours souffert de la ville qui t'a brisé de son charroi. Tu as tous les jours subi cette fièvre née de l'urgence et du pain à gagner et des-maladies à guérir et des problèmes à dénouer, te rendant ici, te rendant là, riant ici et pleurant là. Puis vient l'heure accordée au silence et à la béatitude. Et tu montes les marches et pousses la porte et il n'est plus rien pour toi que pleine mer et contemplation de la Voie Lactée et provision de silence et victoire contre l'usuel, et tu en avais besoin comme de nourriture car tu avais souffert des objets et des choses lesquels ne sont point pour toi. Et il te fallait ici devenir pour qu'un visage te naisse des choses et qu'une structure s'établisse qui leur donnât un sens à travers les spectacles disparates du jour. Mais que viendras-tu faire dans mon temple si tu n'as point vécu dans la ville, et lutté et gravi et souffert, si tu n'apportes point la provision de pierres qu'il s'agit en toi de bâtir. Je te l'a dit de mes guerriers et de l'amour. Si tu n'es qu'amant il n'est personne qui aime et la femme bâille auprès de toi. Le guerrier seul peut faire l'amour. Si tu n'es que guerrier il n'est personne qui meure sinon insecte vêtu d'écaillés de métal. L'homme seul et qui a aimé peut mourir en homme. Et il n'est point ici contradiction sinon dans le langage. Ainsi fruits et racines ont même commune mesure qui est l'arbre.

CXIII

Car nous ne nous entendons pas sur la réalité. Et moi je dénomme réalité non ce qui est mesurable dans une balance (de laquelle je me moque car je ne suis point une balance et peu m'importent les réalités pour balance), mais ce qui pèse sur moi. Et pèse sur moi ce visage triste ou cette cantate ou cette ferveur dans l'empire ou cette pitié pour les hommes ou cette qualité de la démarche ou ce goût de vivre ou cette injure ou ce regret ou cette séparation ou cette communion dans la vendange (bien plus que les grappes vendangées, car si même on les porte ailleurs pour les vendre, j'en ai déjà reçu l'essentiel. Ainsi de celui-là qui devait être, décoré par le roi et qui participa à la fête, jouit de son rayonnement, reçut les félicitations de ses amis, et connut ainsi l'orgueil du triomphe — mais le roi mourut d'une chute de cheval avant d'avoir accroché contre sa poitrine l'objet de métal. Me diras-tu que l'homme n'a rien reçu?).

La réalité pour ton chien c'est un os. La réalité pour ta balance c'est un poids de fonte. Mais la réalité pour toi est d'une autre nature.

Et c'est pourquoi je dis futiles les financiers et raisonnables les danseuses. Non que je méprise l'œuvre des premiers mais parce que je méprise leur morgue, leur assurance et leur satisfaction de soi car ils se croient le but et la fin et l'essence quand ils ne sont que des valets, et qu'ils servent d'abord les danseuses.

Car ne te trompe point sur le sens du travail. Il est des travaux qui sont urgents. Comme des cuisines de mon palais. Car s'il n'est point de nourriture il n'est point d'hommes. Et il convient que les hommes d'abord soient nourris, vêtus et abrités. Il convient qu'ils soient, tout simplement. Et de tels services sont d'abord urgents. Mais l'important ne se loge point ici: il se loge dans leur seule qualité. Et les danses et les poèmes et les ciseleurs des étages d'en haut, et le géomètre et l'observateur des étoiles, que permet d'abord le travail des cuisines, sont seuls qui honorent l'homme et qui lui donnent un sens.

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