Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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Et tu n'as rien pour te dominer sinon la discipline qui te vient de ton caporal, lequel te surveille. Et les caporaux n'ont de discipline, s'ils doutent de soi, que celle qui leur vient de leurs sergents, lesquels les surveillent. Et les sergents des capitaines, lesquels les surveillent. Et ainsi jusqu'à moi, qui n'ai plus que Dieu pour me gouverner et qui demeure, si je doute, en porte à faux dans le désert.
Mais je veux te dire un secret et qui est celui de la permanence. Car si tu dors ta vie est suspendue. Mais elle est suspendue de même quand te viennent ces éclipses du cœur qui sont secret de ta faiblesse. Car autour de toi rien n'a changé et tout a changé en toi-même. Et te voici devant la ville, toi sentinelle, mais non plus appuyé contre la poitrine de ta bien-aimée à écouter les battements du cœur que tu ne distingues point d'avec son silence ou son haleine car tout n'est que signe de cette bien-aimée, laquelle est une, mais perdu parmi des objets en vrac que tu ne sais plus réunir en un, soumis aux airs nocturnes qui se contredisent les uns les autres, à ce chant de l'ivrogne qui nie la plainte du malade, à cette lamentation autour de quelque mort qui nie le cri du nouveau-né, à ce temple qui nie cette cohue de foire. Et tu te dis: «Qu'ai-je affaire de tout ce désordre et de ce spectacle incohérent?», car si tu ne sais plus qu'il est ici un arbre, alors racines, tronc, branches et feuillage n'ont plus de commune mesure. Et comment serais-tu fidèle quand il n'est plus personne pour recevoir? Je sais de toi que tu ne dormirais point si tu veillais quelque malade que tu aimerais. Mais s'est évanoui celui que tu eusses pu aimer et il s'est fait matériaux en vrac.
Car s'est défait le nœud divin qui noue les choses.
Mais je te désire fidèle à toi-même, sachant que tu vas revenir. Je ne te demande point de comprendre ni de ressentir dans chaque instant, sachant trop que l'amour même le plus ivre est fait de traversées de tant de déserts intérieurs. Et devant la bien-aimée elle-même tu te demandes: «Son front est un front. Comment puis-je l'aimer? Sa voix est cette voix. Elle a dit ici cette sottise. Elle a fait ici ce faux pas…» Elle est somme qui se décompose et ne peut plus t'alimenter, et bientôt tu la crois haïr. Mais comment la haïrais-tu? Tu n'es même pas capable d'aimer.
Mais tu te tais car tu sais bien obscurément qu'il ne s'agit là que d'un sommeil. Ce qui est, dans l'instant, vrai de la femme, est vrai du poème que tu lisais ou du domaine ou de l'empire. Te manque le pouvoir d'être allaité et de même de découvrir, qui est aussi amour et connaissance, les nœuds divins qui nouent les choses. Toi, ma sentinelle endormie, tes amours tu les retrouveras ensemble comme un tribut qui te reviendra, non l'un ou l'autre, mais tous, et il convient de respecter en toi, quand te vient l'ennui d'être infidèle, cette maison abandonnée.
Quand vont sur le chemin de ronde mes sentinelles, je ne prétends pas que toutes soient ferventes. Beaucoup s'ennuient et rêvent de la soupe, car si tous les dieux dorment en toi, te reste l'appel animal des satisfactions de ton ventre, et qui s'ennuie pense à manger. Je ne prétends point que leurs âmes à toutes soient éveillées. Car je dis âme ce qui de toi communique avec ces ensembles qui sont nœuds divins qui nouent les choses et se rit des murs. Mais simplement de temps à autre que l'une de leurs âmes brûle. Qu'il en soit une dont le cœur batte. Qu'il en soit une qui connaisse l'amour et tout à coup se sente remplie par le poids et les bruits de la ville. Une qui se sente vaste et respire les étoiles et contienne l'horizon comme ces conques que remplit le chant de la mer.
Il me suffit que tu aies connu la visite et cette plénitude d'être un homme, et que tu te tiennes bien préparé pour recevoir, car il en est comme du sommeil bu de la faim ou du désir qui te reviennent par intervalles, et ton doute n'est rien que de pur et je t'en voudrais consoler.
Te reviendra, si tu es sculpteur, le sens du visage. Te reviendra, si tu es prêtre, le sens de Dieu, te reviendra, si tu es amant, le sens de l'amour, te reviendra, si tu es sentinelle, le sens de l'empire, te reviendra, si tu es fidèle à toi-même et nettoies ta maison bien qu'elle semble abandonnée, ce qui peut seul t'alimenter le cœur. Car tu ne connais point l'heure de la visite, mais il importe que tu saches qu'elle est seule au monde à pouvoir combler.
C'est pourquoi je te construis tel par de mornes heures d'étude pour que le poème, par miracle, te puisse incendier, et par les rites et les coutumes de l'empire pour que cet empire te puisse prendre au cœur. Car il n'est point de don que tu n'aies préparé. Et la visite ne vient pas s'il n'est point de maison bâtie pour la recevoir.
Sentinelle, sentinelle, c'est en marchant le long des remparts dans l'ennui du doute qui vient des nuits chaudes, c'est en écoutant les bruits de la ville quand la ville ne te parle pas, c'est en surveillant les demeures des hommes quand elles sont morne assemblage, c'est en respirant le désert autour quand il n'est que vide, c'est en t'efforçant d'aimer sans aimer, de croire sans croire, et d'être fidèle quand il n'est plus à qui être fidèle, que tu prépares en toi l'illumination de la sentinelle, qui te viendra parfois comme récompense et don de l'amour.
Fidèle à toi-même n'est point difficile quand se montre à qui être fidèle, mais je veux que ton souvenir forme un appel de chaque instant et que tu dises: «Que ma maison soit visitée. Je l'ai construite et la tiens pure…» Et ma contrainte est pour t'aider. Et j'oblige mes prêtres au sacrifice même si les voilà, ces sacrifices, qui n'ont plus de sens. J'oblige mes sculpteurs à sculpter même si voilà qu'ils doutent d'eux-mêmes. J'oblige mes sentinelles à faire les cent pas sous peine de mort, sinon les voilà mortes d'elles-mêmes, tranchées déjà par elles-mêmes, d'avec l'empire.
Je les sauve par ma rigueur.
Ainsi de celui-là qui se prépare dans l'austérité du poste de garde. Car je l'envoie en éclaireur franchir les rangs de l'ennemi. Et il sait bien qu'il en mourra. Car ils sont en éveil. Et il redoute les supplices dont on l'écrasera pour faire sourdre, mêlés de cris, les secrets de la citadelle. Et certes il est des hommes noués par l'amour dans l'instant, et qui se harnachent chauds de joie car la seule joie est d'épouser et voilà qu'ils épousent. Car ne crois pas, quand tu te saisis de la bien-aimée au soir des noces qu'il soit d'abord pour toi simple conquête d'un corps, duquel tu eusses pu hériter dans le quartier réservé de la ville où sont des filles semblables d'apparence, mais changement du sens et de la couleur de toute chose. Et ton retour vers la maison le soir, et ton réveil devenu héritage rendu, et l'espérance des enfants et leur enseignement par toi de la prière. Et jusqu'à cette bouilloire qui devient du thé auprès d'elle avant l'amour. Car à peine a-t-elle franchi ta maison que tes tapis de haute laine deviennent prairie pour ses pas. Et de tout ce que tu reçois et qui est sens nouveau du monde, il est si peu de chose dont tu uses. Tu n'es comblé ni par l'objet donné ni par la caresse du corps, ni par l'usage de tel ou tel avantage mais par la seule qualité du nœud divin qui noue les choses.
Et celui-là qui se harnache pour mourir et dont il te semble qu'il ne reçoive rien dans l'instant puisque cette caresse même qui est si peu de chose ne lui est pas promise, mais bien au contraire la soif dans le soleil, le vent de sable qui crisse aux dents, puis les hommes autour de lui devenus pressoir de secrets, et celui qui se harnache pour la mort pour entrer vêtu dans la mort de son uniforme de mort et dont il te semble qu'il devrait crier son désespoir comme tel que j'ai condamné à la pendaison pour quelque crime, et qui lutte de sa chair contre d'implacables barreaux, mais celui-là qui se harnache pour la mort tu le découvres pacifique, te regardant d'un regard calme et répondant aux plaisanteries du corps de garde, lesquelles sont affection bourrue, et non par forfanterie ni pour montrer quelque courage, ou quelque dédain de la mort, ou quelque cynisme, ni quoi que ce soit de semblable, mais transparent comme une eau calme et n'ayant rien à te cacher — et s'il est triste un peu, disant sans gêne sa tristesse — rien à te cacher sinon son amour. Et je te dirai pourquoi plus tard.
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