Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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«Je refuse donc à la tête de mon empire les commentateurs des géomètres qui vénèrent comme idole ce qui a servi à bâtir et, de ce que les émeut un temple, adorent son pouvoir dans les pierres. Ceux-là me viendraient gouverner les hommes avec leurs vérités pour triangles.»
Cependant je m'attristai:
«Il n'est donc point de vérité, dis-je à mon père.
— Si tu réussis à me formuler, m'expliqua-t-il en souriant, à quel souhait de la connaissance Une réponse est refusée, je pleurerai aussi sur l'infirmité qui nous entrave. Mais je ne conçois point l'objet que tu me prétendais saisir. Celui-là qui lit une lettre d'amour s'estime comblé quels que soient l'encre et le papier. Il ne cherchait l'amour ni dans le papier ni dans l'encre.»
CV
Il m'apparut donc que les hommes, soumis aux illusions de leur langage et ayant observé qu'est fertile de démontrer l'objet pour acquérir des connaissances, ayant constaté de cette méthode l'efficacité foudroyante, ruinèrent leur patrimoine. Car ce qui est vrai, et sans doute non absolument de la matière, devient faux pour l'esprit. Tu es en effet toi, homme, ainsi bâti que les objets te sont vides et morts s'ils ne sont point d'un royaume spirituel et que même si te voilà épais et ladre tu ne souhaites cet objet-ci plus beau que l'autre qu'à cause du sens qu'il a chez toi, de même que l'or, tu le souhaites comme gonflé de trésors invisibles et que ta femme, si elle souhaite cette parure ce n'est point pour s'en alourdir la chevelure mais à cause qu'elle est convention dans un langage et hiérarchie et message secret et signe de domination.
M'apparut ainsi la seule fontaine où se pussent abreuver l'esprit et le cœur. Le seul aliment qui te convînt. Le seul patrimoine à sauver. Et qu'il te fallait rebâtir là où tu avais dilapidé. Car te voilà assis parmi tes ruines d'objets épars, et si l'animal est satisfait, l'homme est chez toi menacé par la famine et ne connaissant point ce dont il a faim, car tu es de même ainsi bâti que ton besoin de nourriture est le fruit de ta nourriture et que si une part de toi est maintenue chétive et en demi-sommeil faute d'aliment ou d'exercice, tu ne réclames ni cet exercice ni cet aliment.
C'est pourquoi tu ne sauras point, si nul ne descend vers toi de sa montagne et ne t'éclaire, quelle route à suivre te sauvera. De même que tu ne croiras point, aussi savamment que l'on te raisonne, quel homme naîtra de toi ou s'y réveillera puisqu'il n'y est point encore.
C'est pourquoi ma contrainte est puissance de l'arbre et par elle libération de la rocaille.
Et je puis, d'étage en étage, te faire communiquer avec des trésors de plus en plus vastes. Car certes est déjà beau celui de l'amour et de la maison et du domaine et de l'empire et du temple et de la basilique qu'est devenue l'année quand l'ont changée les jours de fête, mais si tu me permets de te guider pour t'aider à gravir la plus haute montagne, j'ai des trésors pour toi si durs à conquérir que beaucoup y renonceront dans leur ascension, car pour bâtir l'image nouvelle, je leur vole les pierres d'autres temples auxquels ils tiennent.
Mais, réussissant pour quelques-uns, je leur suis tellement pathétique que l'âme leur brûle. Car il est des structures si chaudes qu'elles sont comme un feu pour les âmes. Ceux-là je les dirai embrasés par l'amour.
Viens donc chez moi te faire bâtir, tu sortiras resplendissant.
Mais Dieu se perd. Car je te l'ai dit du poème. Si beau qu'il soit il ne peut pas t'alimenter pour tous les jours… Ma sentinelle qui va de long en large ne peut non plus être jour et nuit fervente à l'empire. Se défait souvent dans les âmes le nœud divin qui noue les choses. Va voir chez le sculpteur. Il est triste aujourd'hui. Il hoche la tête devant son marbre. «Pourquoi, se dit-il, ce nez, ce menton, cette oreille…» car il ne voit plus la capture. Et le doute est rançon de Dieu, car il te manque alors et te fait mal.
CVI
Mais tu ne communiques qu'à travers un cérémonial. Car si, distrait, tu écoutes cette musique et considères ce temple, il ne naîtra rien en toi et tu ne seras pas alimenté. C'est pourquoi je n'ai point d'autre moyen de t'expliquer la vie à laquelle je te convie que de t'y engager de force et de t'en allaiter. Comment t'expliquerais-je cette musique quand l'entendre ne te suffit pas, si tu n'es pas préparé pour t'en faire combler? Si prête à mourir en toi l'image du domaine, pour ne laisser d'elle que ses gravats. Le mot d'ironie qui n'est que de cancre, un mauvais sommeil, un bruit qui te gêne et te voilà privé de Dieu. Te voilà refusé. Te voilà assis sur ton seuil avec en arrière ta porte close, et totalement séparé du monde qui n'est plus que somme d'objets vides. Car tu ne communiques point avec les objets mais avec les nœuds qui les nouent.
Comment donc t'y ferai-je accéder quand tu t'en décroches si aisément?
D'où l'importance de mon cérémonial, car il s'agit de te sauver de tout détruire quand il t'arrive d'être à la porte de chez toi.
C'est pourquoi je condamne avant tout le mélangeur de livres.
Et je te bâtis et te maintiens tel, non que tu sois perpétuellement alimenté, ce qui n'est point de la faiblesse de ton cœur, mais que tu sois route bien tracée, porte bien ouverte, temple bien bâti pour recevoir. Je te veux instrument de musique attendant le musicien.
C'est pourquoi je t'ai dit que le poème que je t'ai réservé était ascension de toi-même.
Et ceux-là seuls accèdent à la connaissance véritable qui refont le chemin perdu et retrouvent les êtres qu'ils ont répandus en gravats.
Je veux te montrer ta patrie qui est la seule où ton esprit se puisse mouvoir.
Et c'est pourquoi je dis encore que ma contrainte te délivre et t'apporte la seule liberté qui compte. Car tu appelais liberté ce pouvoir que tu as de démolir ton temple, de mêler les mots du poème, d'égaliser les jours que mon cérémonial avait bâtis en basilique. Liberté de faire le désert. Et où te trouveras-tu?
Moi j'appelle liberté ta délivrance.
C'est pourquoi je t'ai dit autrefois: liberté de l'esclave ou de l'homme, respect de l'ulcère ou de la chair saine? Justice pour l'homme ou pour la pègre? C'est contre toi, à travers toi, pour toi que je suis juste. Et certes je suis injuste pour l'homme de la pègre ou le cancre ou la chenille qui n'a pas mué puisque je les force de se renoncer et de devenir.
CVII
Car t'instruisant je te contrains. Mais telle est la contrainte qu'une fois absolue elle
devient invisible, comme de t'obliger au détour pour chercher la porte à travers le mur, et tu ne me la reproches ni ne t'en lamentes.
Car les règles du jeu de l'enfant sont contraintes. Mais il les souhaite. Car mes notables tu les vois briguer les charges et les devoirs des notables, lesquels sont contraintes. Et les femmes tu les vois qui obéissent à l'usage dans le choix de leurs parures, lesquelles varient chaque année et là aussi il s'agit d'un langage qui est contrainte. Car nul ne souhaite la liberté de ne plus être compris.
Si je dénomme maison tel arrangement de mes pierres tu n'es point libre de changer le mot sous peine d'être seul, faute de savoir te faire entendre.
Si je dis de fête et de joie tel jour de l'année, tu n'es point libre de n'en point tenir compte sous peine d'être seul, faute de communier avec le peuple dont tu sors.
Si je tire un domaine de tel arrangement de mes chèvres, de mes moutons, de mes demeures, de mes montagnes, tu n'es point libre de t'en affranchir sous peine d'être seul, faute de collaborer quand tu travailles à l'embellissement du domaine.
Ta liberté quand elle a fondu tes glaciers en mare te laisse d'abord seul, car tu n'es plus élément du glacier qui gravit le soleil sous son manteau de neige, mais égal à l'autre et au même niveau, sous peine de vous haïr à cause de vos différences, et ayant trouvé l'état de repos que trouvent bientôt les billes mêlées, et n'étant plus soumis à rien qui vous domine, même à l'absolu du langage, voilà désormais interdite toute communication entre vous, et, vous ayant inventé pour chacun votre langage particulier, ayant élu chacun votre jour de fête, vous voilà tranchés les uns d'avec les autres et plus seuls que les astres dans leur infranchissable solitude.
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