Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE

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Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.

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Ma contrainte est cérémonial de l'amour.

XCVIII

Si ton amour n'a point l'espoir d'être reçu, tu dois le taire. Il peut couver en toi s'il est silence. Car il crée une direction dans le monde et toute direction t'augmente qui te permet de t'approcher, de t'éloigner, d'entrer, de sortir, de trouver, de perdre. Car tu es celui qui doit vivre. Et il n'est point de vie si nul dieu pour toi n'a créé de lignes de force.

Si ton amour n'est point reçu et qu'il devient vaine supplication comme de récompense à ta fidélité, et qu'il n'est point de ta force d'âme de te taire, alors, s'il est un médecin fais-toi guérir. Car il ne faut point confondre l'amour avec l'esclavage du cœur. L'amour qui prie est beau, mais celui qui supplie est d'un valet.

Si ton amour se heurte à l'absolu des choses comme d'avoir à franchir l'impénétrable mur d'un monastère ou de l'exil, alors remercie Dieu si celle-là t'aime en retour, bien qu'en apparence sourde et aveugle. Car il est une veilleuse allumée pour toi dans le monde. Et peu m'importe que tu ne puisses t'en servir. Car celui-là qui meurt dans le désert est riche d'une maison lointaine, bien qu'il meure.

Car si je bâtis de grandes âmes et que je choisisse la plus parfaite pour la murer dans le silence, nul, te semble-t-il, n'en reçoit rien. Et cependant voici qu'elle ennoblit tout mon empire. Quiconque passe au loin se prosterne. Et naissent les signes et les miracles.

Alors s'il est amour vers toi, bien qu'inutile, et amour en retour de ta part, tu marcheras dans la lumière. Car grande est la prière à laquelle seul répond le silence, s'il se trouve qu'existé le dieu.

Et si ton amour est reçu et si des bras s'ouvrent pour toi, alors prie Dieu qu'il sauve cet amour de pourrir, car je crains pour les cœurs comblés.

XCIX

Et pourtant, comme j'avais aimé la liberté qui fit mon cœur retentissant, et comme j'eusse versé mon sang pour la conquérir, et comme j'ai observé lumineux le regard des hommes qui luttaient pour cette conquête (comme par ailleurs j'ai vu sinistres et moutonneux comme un bétail et vulgaires de cœur vers les provisions, ceux dont on suspendait la ration dans l'étable, et qui, le groin levé, devenaient porcs autour de l'auge).

Comme ainsi j'ai vu la flamme de la liberté faire resplendir les hommes, et la tyrannie les abrutir.

Et comme il n'est point de ma démarche de rien abandonner de moi, et que je méprise les bazars d'idées, sachant que si les mots ne rendent point compte de la vie, ce sont les mots qu'il faut changer et que si tu te trompes, bloqué dans une contradiction sans issue, c'est la phrase qu'il faut rompre, et qu'il te faut découvrir la montagne d'où la plaine se montrera claire.

Découvrant ici à la fois que seules sont grandes les âmes qui furent fondées, et forgées, et bâties en forteresses par la contrainte et par le culte et par le cérémonial qui est à la fois tradition et prière et obligation non discutée.

Et que seules sont belles les âmes fières qui n'acceptent point de plier, tiennent les hommes droits dans les supplices, libres de soi et de ne point abjurer, donc libres de soi et choisissant et décidant, et épousant celle-là qu'ils aiment contre la rumeur de la multitude ou la disgrâce du roi.

Il me vint que contrainte ni liberté n'avaient de sens.

Car aucun de mes mouvements n'est à refuser, bien que les mots qui les signifient se tirent la langue.

Si donc tu emprisonnes selon une idée préconçue et s'il se trouve que tu en emprisonnes beaucoup (et peut-être les pourrais-tu emprisonner tous, car tous charrient une part de ce que tu condamnes, comme le serait d'emprisonner les désirs illégitimes, et des saints eux-mêmes iraient en prison), c'est que ton idée préconçue est mauvais point de vue pour juger des hommes, montagne interdite et sanglante qui départage mal et te force d'agir contre l'homme lui-même. Car celui-là que tu condamnes, sa belle part pourrait être grande. Or, il se trouve que tu l'écrases.

Et si tes gendarmes, lesquels nécessairement sont stupides, et agents aveugles de tes ordres et de par leur fonction à laquelle tu ne demandes point d'intuition mais bien au contraire refuses ce droit, car il s'agit pour eux, non de saisir et de juger mais de distinguer selon tes signes, si tes gendarmes reçoivent pour consigne de classer en noir et non en blanc — car il n'est pour eux que deux couleurs — celui-là par exemple qui fredonne quand il est seul ou doute quelquefois de Dieu ou bâille au travail de la terre ou en quelque sorte pense, agit, aime, hait, admire ou méprise quoi que ce soit, alors s'ouvre le siècle abominable où d'abord te voilà plongé dans un peuple de trahison dont tu ne sauras point trancher assez de têtes, et ta foule sera foule de suspects, et ton peuple d'espions, car tu as choisi un mode de partage qui passe non en dehors des hommes, ce qui te permettrait de ranger les uns à droite et les autres à gauche, opérant ainsi œuvre de clarté, mais à travers l'homme lui-même, le divisant d'avec lui-même, le faisant espion de soi-même, suspect de soi-même, traître de soi-même, car il est de chacun de douter de Dieu par les nuits chaudes. Car il est de chacun de fredonner dans la solitude ou de bâiller au travail de la terre, ou à certaines heures, de penser, agir, aimer, haïr, admirer ou mépriser quoi que ce soit au monde. Car l'homme vit. Et seul t'apparaîtrait comme saint, sauvé et souhaitable celui dont les idées seraient d'un ridicule bazar et non mouvements de son cœur.

Et comme tu demandes à tes gendarmes de dépister de l'homme ce qui est de l'homme lui-même et non de tel ou tel, ils y mettront leur zèle, le découvriront de chacun, puisqu'il s'y trouve, s'épouvanteront des progrès du mal, t'épouvanteront par leurs rapports, te feront partager leur foi en l'urgence de la répression et, quand ils t'auront converti, te feront bâtir des cachots pour y enfermer ton peuple entier. Jusqu'au jour où tu seras bien obligé, puisque eux aussi sont des hommes, de les y enfermer eux-mêmes.

Et si tu veux un jour que des paysans labourent tes terres dans la bonté de leur soleil, que des sculpteurs sculptent leurs pierres, que des géomètres fondent leurs figures, il te faudra bien changer de montagne. Et, selon la montagne choisie, tes bagnards deviendront tes saints, et tu élèveras des statues à celui-là que tu condamnais à casser des pierres.

CI

Me vint donc la notion de pillage à quoi j'avais toujours pensé mais sans que Dieu m'eût éclairé sur elle. Et certes je savais qu'est pillard celui-là qui brise le style en profondeur pour en tirer des effets qui le servent, effets louables en soi car il est du style de te les permettre, lequel est fondé pour que les hommes y puissent charrier leurs mouvements intérieurs. Mais il se trouve que tu brises ton véhicule sous prétexte de véhiculer, à la façon de celui-là qui tue son âne par des charges qu'il ne saurait supporter. Alors que par des charges bien mesurées tu l'exerces au travail et qu'il travaillera d'autant mieux qu'il travaille déjà. Donc celui qui écrit contre les règles je l'expulse. Qu'il se débrouille pour s'exprimer selon les règles car alors seulement il fonde les règles.

Or il se trouve que l'exercice de la liberté, quand elle est liberté de la beauté de l'homme, est pillage comme d'une réserve. Et certes ne sert de rien une réserve qui dort et une beauté due à la qualité de la matrice mais que tu ne sortiras jamais du moule pour l'exposer à la lumière. Il est beau de fonder des greniers où s'engrangent les graines. Ils n'ont de sens pourtant que si ces graines tu les y puises pour les disperser en hiver. Et le sens du grenier c'est le contraire du grenier qui est ce lieu-là où tu fais rentrer. Il devient le lieu dont tu fais sortir. Mais un langage maladroit est seul cause de la contradiction, car entrer ou sortir sont mots qui se tirent la langue quand il s'agissait simplement de dire non: «Ce grenier est lieu où je fais rentrer» à quoi cet autre logicien te répondra avec raison: «C'est le lieu dont je fais sortir», quand tu dominais leur vent de paroles, absorbais leurs contradictions et fondais la signification du grenier en le disant escale des graines.

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