Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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Ainsi des heures du jour qui ne sont plus attente d'un pas léger, puis d'un sourire dans ta porte, lequel sourire est le gâteau de miel que l'amour loin de toi a composé dans le silence et dont tu vas te rassasier. Qui ne sont plus heures de l'adieu quand il faut bien que l'on s'en aille. Qui ne sont plus heures du sommeil où tu répares ton désir.
Il n'est plus temple mais pierres en vrac. Et tu n'es plus. Et comment renoncerais-tu, sachant même que tu oublieras et construiras un autre temple, car la vie est ainsi, qu'un jour, elle reprendra cette aiguière et ce tapis de haute laine et ces heures du matin, du midi et du soir, et de nouveau donnera un sens à tes gains et de nouveau donnera un sens à tes fatigues et de nouveau te fera près ou loin, ou t'approchant, ou t'éloignant, ou perdant, ou retrouvant quelque chose. Car maintenant qu'elle ne sert plus de clef de voûte, tu ne t'approches, ni ne t'éloignes, ni ne perds, ni ne retrouves, ni ne prolonges, ni ne recules quoi que ce soit au monde.
Car si tu crois communiquer avec ces choses et les prendre et les désirer et y renoncer et les espérer et les briser et les répandre et les conquérir et les posséder, tu te trompes car tu ne prends, ne retiens, ne possèdes, ne perds, ne retrouves, n'espères, ne désires que la lumière qui leur est donnée par leur soleil. Car il n'est point de passerelle entre les choses et toi, mais entre toi et les visages invisibles qui sont de Dieu, ou de l'empire, ou de l'amour. Et si je te vois, marin, sur la mer, c'est à cause d'un visage qui a fait de l'absence un trésor, à cause du retour que te disent les chants anciens des galères, à cause des histoires d'îles miraculeuses et des récifs de corail de là-bas. Car je te le dis, le chant des galères charge pour toi le chant des vagues quand bien même les galères ne sont plus, et les récifs de corail, même si jamais tes voiles ne t'y emporteront, augmentent de leur couleur la couleur de tes crépuscules sur les eaux. Et les naufrages que l'on t'a dits, même si tu ne dois jamais sombrer, font aux plaintes de la mer, le long des falaises, leur musique de cérémonie qui est d'ensevelir les morts. — Sinon que ferais-tu sauf de bâiller en tirant des cordages secs, alors que te voilà fermant tes bras sur ta poitrine, grand comme la mer. Car je ne connais rien qui ne soit d'abord visage, ou civilisation, ou temple bâti pour ton cœur.
Et c'est pourquoi tu ne veux point renoncer à toi-même quand, ayant trop longtemps vécu d'un amour, tu n'as plus d'autre sens.
Et c'est pourquoi les murs de la prison ne peuvent enfermer celui qui aime, car il est d'un empire qui n'est point des choses mais du sens des choses et se rit des murs. Et qu'elle existe quelque part même endormie, et donc comme morte et ne lui servant de rien dans l'instant, et même si tu bâtis ces murs de forteresse entre elle et lui, voilà qu'en silence dans le secret de son esprit, elle s'alimente. Et tu ne saurais les séparer.
Ainsi de toute apparition née du nœud divin qui noue les choses. Car tu ne peux rien recevoir, si tu en es privé, de celle-là que seulement tu désires et qui t'exaspère dans ta nuit blanche, non plus que ton chien, s'il a faim, d'une image de viande, car n'est point né le dieu qui est de l'esprit et franchit les murs. Mais je te l'ai dit de celui-là qui est le maître du domaine et se promène à l'aube dans la terre mouillée. Rien du domaine ne le sert dans l'instant. Il ne voit rien qu'un chemin creux. Et cependant il n'est point le même qu'un autre, mais grand de cœur. Ainsi celui-là qui est sentinelle de l'empire dont il ne touche rien qu'un chemin de ronde qui est de granit sous les étoiles. Il va de long en large, menacé dans sa chair. Que connais-tu de plus pauvre que lui, prisonnier d'une prison de cent pas? Alourdi d'armes, puni de geôle s'il s'assoit et de mort s'il s'endort. Glacé par le gel, trempé par la pluie, brûlé par le sable et n'ayant rien d'autre à attendre sinon d'un fusil ajusté dans l'ombre, et qui s'aligne sur son cœur. Que connais-tu de plus désespéré? Quel mendiant n'est pas plus riche dans la liberté de sa démarche, et le spectacle du peuple où il trempe, et le droit qu'il a de se distraire de droite à gauche?
Et cependant ma sentinelle est de l'empire. Et l'empire l'alimente. Elle est plus vaste que le mendiant. Et sa mort même sera payante parce qu'alors elle s'échangera contre l'empire.
J'envoie mes prisonniers rompre des pierres. Et ils les rompent et ils sont vides. Mais si tu bâtis ta maison, crois-tu rompre les mêmes pierres? Tu bâtis le mur d'une maison et tes gestes sont non d'un châtiment mais d'un cantique.
Car il suffit pour y voir clair de changer de perspective. Certes, celui-là tu le trouves enrichi si à l'instant qu'il va mourir il est sauvé et vit plus loin. Mais si tu changes de montagne et considères sa destinée faite, et déjà nouée comme gerbe, tu le trouveras plus heureux d'une mort qui a eu un sens.
Ainsi encore de celui-là que j'ai fait saisir une nuit de guerre afin qu'il me livre les projets de mon ennemi. «Je suis de chez moi, me dit-il, et tes bourreaux n'y peuvent rien…» J'eusse pu l'écraser sous une meule sans en faire sourdre l'huile du secret, car il était de son empire.
«Pauvre es-tu, lui disais-je, et à ma merci.»
Mais il riait de m'entendre le dire pauvre. Car son bien possédé, je ne pouvais pas le trancher de lui.
Voici donc le sens de l'apprentissage. Car tes richesses véritables ne sont point objets, lesquels vaudraient quand tu en uses, comme il en est de ton âne quand tu le chevauches ou de tes écuelles lorsque tu manges, mais qui n'ont plus de sens une fois rangés. Ni lorsque la force des choses t'en sépare, comme la femme que tu te bornes à désirer sans l'aimer.
Car, certes, l'animal ne peut accéder qu'à l'objet. Et non à la couleur de l'objet selon un langage. Mais tu es homme et t'alimentes du sens des choses et non des choses.
Et toi je te construis et je t'élève. Et je te montre dans la pierre ce qui n'est point de la pierre, mais mouvement du cœur du sculpteur et majesté du guerrier mort. Et tu es riche de ce qu'existé quelque part le guerrier de pierre. Et des moutons, des chèvres, des demeures et des montagnes, je bâtis pour toi, t'ayant élevé encore, un domaine. Et si rien du domaine ne te sert dans l'instant t'en voilà cependant rempli. Je prends les mots vulgaires et, les nouant dans le poème, je t'en enrichis. Je prends des fleuves et des montagnes et les nouant dans mon empire je t'en exalte. Et, les jours de victoire, les cancéreux sur leurs grabats, les prisonniers dans leurs prisons, les perdus de dettes parmi leurs huissiers, les voilà rayonnant d'orgueil car il n'est point de mur ni d'hôpital ni de prison qui t'empêchent de recevoir car j'ai tiré de cette matière disparate un dieu qui se rit des murs et qui est plus fort que les supplices.
Et c'est pourquoi, t'ai-je dit, je construis l'homme et renverse les murs, et arrache les barreaux et le délivre. Car j'ai bâti celui qui communique et se rit des remparts. Et se rit des geôliers. Et se rit des fers de bourreaux qui ne le peuvent point réduire.
Car, certes, tu ne communiques point de l'un en l'autre. Mais de l'un en l'empire et de l'autre en l'empire qui est pour vous deux significations. Et si tu me demandes: «Comment la joindre, celle-là que j'aime quand les murs ou les mers ou la mort m'en séparent?», je te répondrai qu'inutile est de crier vers elle pour elle, mais qu'il te suffit de chérir ce dont aucun mur ne te sépare, ce visage de la maison, du plateau à thé et de la bouilloire et du tapis de haute laine dont est clef de voûte l'épouse qui dort, puisqu'il t'est donné de l'aimer bien qu'absente et bien qu'endormie…
C'est pourquoi je dis qu'importé d'abord, dans la construction de l'homme, non de l'instruire, ce qui est vain s'il n'est plus qu'un livre qui marche, mais de l'élever et de le conduire aux étages où ne sont plus les choses mais les visages nés du nœud divin qui noue les choses. Car il n'est rien à espérer des choses si elles ne retentissent les unes sur les autres, ce qui est seule musique pour le cœur.
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