Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
Здесь есть возможность читать онлайн «Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Жанр: Современная проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.
- Название:CITADELLE
- Автор:
- Жанр:
- Год:неизвестен
- ISBN:нет данных
- Рейтинг книги:5 / 5. Голосов: 1
-
Избранное:Добавить в избранное
- Отзывы:
-
Ваша оценка:
- 100
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
CITADELLE: краткое содержание, описание и аннотация
Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «CITADELLE»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.
CITADELLE — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком
Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «CITADELLE», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.
Интервал:
Закладка:
Ainsi les femmes elles-mêmes se lassent-elles de qui les aime quand celui-là pour montrer son amour accepte de se faire écho et miroir, car nul n'a besoin de sa propre image. Mais j'ai besoin de toi qui es bâti en forteresse avec ton noyau que je rencontre. Assieds-toi car tu existes.
Celui-là qui est d'un empire, la femme l'épouse et se fait servante.
XCVII
Me vinrent donc ces remarques sur la liberté.
Quand mon père mort devint montagne et barra l'horizon des hommes, se réveillèrent les logiciens, les historiens et les critiques, tous enflés du vent de paroles qu'il leur avait fait ravaler, et ils découvrirent que l'homme était beau.
Il était beau puisque mon père l'avait fondé.
«Puisque l'homme est beau, s'écrièrent-ils, il convient de le délivrer. Et il s'épanouira en toute liberté, et toute action de lui sera merveille. Car on brime sa splendeur.»
Et moi qui vais le soir dans mes plantations d'orangers dont on redresse les troncs et taille les branches, je pourrais dire: «Mes orangers sont beaux et lourds d'oranges. Alors pourquoi trancher ces branches qui eussent aussi formé des fruits? Il convient de délivrer l'arbre. Et il s'épanouira en toute liberté. Car il se trouve que l'on brime sa splendeur.»
Donc ils délivrèrent l'homme. Et l'homme se tint droit car il avait été taillé droit. Et quand se montrèrent les gendarmes qui s'efforçaient, non par respect de la matrice irremplaçable mais par besoin vulgaire de domination, de les faire rentrer dans leur contrainte, ces hommes brimés dans leur splendeur se révoltèrent. Et le goût de la liberté les embrasa d'un bout à l'autre du territoire comme un incendie. Il s'agissait pour eux de la liberté d'être beaux. Et quand ils mouraient pour la liberté, ils mouraient pour leur propre beauté et leur mort était belle.
Et le mot liberté sonnait plus pur que le clairon.
Mais je me souvenais des paroles de mon père:
«Leur liberté, c'est la liberté de n'être point.»
Car voici que, de conséquence en conséquence, ils devinrent cohue de place publique. Car si tu décides selon toi et si ton voisin décide, de même les actes dans leur somme se détruisent. Si chacun peint le même objet selon son goût, l'un badigeonne en rouge, l'autre en bleu, l'autre en ocre, et l'objet n'a plus de couleur. Si la procession s'organise et que chacun choisisse sa direction, la folie souffle cette poussière et il n'est plus de procession. Si ton pouvoir tu le divises et le distribues entre tous, tu n'en retires pas le renforcement mais la dissolution de ce pouvoir. Et si chacun choisit l'emplacement du temple et apporte sa pierre où il veut, alors tu trouves une plaine pierreuse au lieu d'un temple. Car la création est une et ton arbre n'est explosion que d'une seule graine. Et certes cet arbre est injuste car les autres graines ne germeront point.
Car le pouvoir, s'il est amour de la domination, je le juge ambition stupide. Mais s'il est acte de créateur et exercice de la création, s'il va contre la pente naturelle qui est que se mélangent les matériaux, que se fondent les glaciers en mare, que s'effritent les temples contre le temps, que se disperse en molle tiédeur la chaleur du soleil, que se brouillent quand l'usure les défait les pages du livre, que se confondent et s'abâtardissent les langages, que s'égalisent les puissances, que s'équilibrent les efforts et que toute construction née du nœud divin qui noue les choses se rompe en somme incohérente, alors ce pouvoir je le célèbre. Car il en est comme du cèdre qui aspire la rocaille du désert, plonge des racines dans un sol où les sucs n'ont point de saveur, capture dans ses branches un soleil qui s'irait mêler à la glace et pourrir avec elle et qui, dans le désert désormais immuable, où tout peu à peu s'est distribué, aplani et équilibré, commence de bâtir l'injustice de l'arbre qui transcende roc et rocaille, développe au soleil un temple, chante dans le vent comme une harpe et rétablit le mouvement dans l'immobile.
Car la vie est structure, lignes de force et injustice. Que fais-tu s'il est des enfants qui s'ennuient, sinon de leur imposer tes contraintes, lesquelles sont règles d'un jeu, après quoi tu les voir courir.
Donc vinrent les temps où la liberté, faute d'objets à délivrer, ne fut plus que partage de provisions dans une égalité haineuse.
Car dans ta liberté tu heurtes le voisin et il te heurte. Et l'état de repos que tu trouves c'est l'état de billes mêlées quand elles ont cessé de se mouvoir. La liberté ainsi mène à l'égalité et l'égalité mène à l'équilibre qui est la mort. N'est-il pas préférable que la vie te gouverne et que tu te heurtes comme à des obstacles aux lignes de force de l'arbre qui vient? Car la seule contrainte qui te brime et qu'il importe que tu haïsses se montre dans la hargne de ton voisin, la jalousie de ton égal, l'égalité avec la brute. Elles t'engloutiront dans la tourbe morte, mais si stupide est le vent des paroles que vous parlez de tyrannie si vous êtes ascension d'un arbre.
Donc vinrent les temps où la liberté ne fut plus la liberté de la beauté de l'homme mais expression de la masse, l'homme nécessairement s'y étant fondu, laquelle masse n'est point libre car elle n'a point de direction mais pèse simplement et demeure assise. Ce qui n'empêchait pas que l'on dénommât liberté cette liberté de croupir et justice ce croupissement.
Vint le temps où le mot liberté, qui singeait encore l'appel d'un clairon, se vida de son pathétique, les hommes rêvant confusément d'un clairon neuf qui les eût réveillés et les eût contraints de bâtir.
Car seul est beau le chant du clairon qui t'arrache au sommeil.
Mais la contrainte valable est exclusivement celle qui te soumet au temple selon ta signification, car ne sont point libres les pierres où bon leur semble, ou alors il n'est rien à quoi elles donnent et dont elles reçoivent signification. Elle est de te soumettre au clairon quand il soulève et fait surgir de toi plus grand que toi. Et ceux-là qui mouraient pour la liberté quand elle était visage d'eux-mêmes plus grand qu'eux et démarche pour leur propre beauté, s'étant soumis à cette beauté, acceptaient des contraintes, et se levaient la nuit à l'appel du clairon, non libres de continuer de dormir ni de caresser leurs femmes, mais gouvernés, et peu m'importe de connaître, puisque te voilà obligé, si le gendarme est au-dedans ou au-dehors.
Et s'il est au-dedans je sais qu'il fut d'abord dehors, de même que ton sens de l'honneur vient de ce que la rigueur de ton père t'a fait pousser d'abord selon l'honneur.
Et si par contrainte j'entends le contraire de la licence, laquelle est de tricher, je ne souhaite point qu'elle soit l'effet de ma police, car j'ai observé, en me promenant, dans le silence de mon amour ces enfants dont je te parlais, soumis aux règles de leur jeu, et ne trichant point sans honte. Et c'est qu'ils connaissaient le visage du jeu. Et je dis visage ce qui naît d'un jeu. Leur ferveur, leur plaisir des problèmes dénoués, leur jeune audace, un ensemble dont le goût est de ce jeu-là et non d'un autre, un certain dieu qui les fait ainsi devenir, car nul jeu ne te pétrit de même, et tu changes de jeu pour te changer. Mais si te voilà qui t'observes grand et noble dans ce jeu-là, tu découvres, s'il t'arrive de tricher, que précisément tu détruis ce pour quoi tu jouais. Cette grandeur et cette noblesse. Et te voilà contraint par l'amour d'un visage.
Car le gendarme, ce qu'il fonde, c'est ta ressemblance avec l'autre. Comment verrait-il plus haut? L'ordre pour lui c'est l'ordre du musée où l'on aligne. Mais je ne fonde pas l'unité de l'empire sur ce que tu ressembles à ton voisin. Mais sur ce que ton voisin et toi-même, comme la colonne et la statue dans le temple, se fondent dans l'empire, lequel seul est un.
Читать дальшеИнтервал:
Закладка:
Похожие книги на «CITADELLE»
Представляем Вашему вниманию похожие книги на «CITADELLE» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.
Обсуждение, отзывы о книге «CITADELLE» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.
