Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE

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Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.

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Donc laissez-vous être grain de blé pour l'hiver dans la grange, et y dormir.

LXXXVIII

Ce refus d'être transcendés:

«Moi», disent-ils.

Et ils se frappent le ventre. Comme s'il était quelqu'un en eux, par eux. Ainsi des pierres du temple qui diraient: «Moi, moi, moi…»

De même ceux-là que je condamnais à extraire les diamants. La sueur, les ahans, l'abrutissement devenaient diamants et lumière. Et ils existaient par le diamant qui était leur signification. Mais vint le jour où ils se révoltèrent. «Moi, moi, moi!» disaient-ils. Voici qu'ils refusaient de se soumettre au diamant. Ils ne voulaient plus devenir. Mais se sentir honorés pour eux-mêmes. Au lieu du diamant ils se proposaient eux-mêmes pour modèle. Ils étaient laids car ils sont beaux en le diamant. Car les pierres sont belles en le temple. Car l'arbre est beau en le domaine. Car le fleuve est beau en l'empire. Et l'on chante le fleuve: «Toi, le nourricier de nos troupeaux, toi le sang lent de nos plaines, toi le conducteur de nos navires…»

Mais ceux-là s'estimaient comme but et comme fin, et ne s'intéressant plus désormais qu'à ce qui les servait, non à plus haut qu'eux-mêmes qu'ils eussent servi.

Et c'est pourquoi ils massacrèrent les princes, écrasèrent en poudre les diamants pour les partager entre eux tous, enfouirent dans les cachots ceux qui, chercheurs de vérités, eussent pu un jour les dominer. «Il est temps, disaient-ils, que le temple serve les pierres.» Et tous ils s'en allaient enrichis, pensaient-ils, de leurs morceaux de temple, mais dépossédés de leur part divine et devenus simples gravats!

LXXXIX

Et cependant tu interroges:

«Où commence l'esclavage, où finit-il, où commence l'universel, où finit-il? Et les droits de l'homme où commencent-ils? Car je connais les droits du temple qui est sens des pierres et les droits de l'empire qui est sens des hommes et les droits du poème qui est sens des mots. Mais je ne reconnais point les droits des pierres contre le temple, ni les droits des mots contre le poème, ni les droits de l'homme contre l'empire.»

Il n'est point d'égoïsme vrai mais mutilation. Et celui-là qui s'en va tout seul disant: «Moi, moi, moi…», il est comme absent du royaume. Ainsi la pierre hors du temple ou le mot sec hors du poème ou tel fragment de chair qui ne fait point partie d'un corps.

«Mais, lui dit-on, je puis supprimer les empires et unir les hommes en un seul temple, et voilà qu'ils reçoivent leur sens d'un temple plus vaste…

— C'est que tu ne comprends rien, répondit mon père. Car ces pierres-là tu les vois d'abord qui composent un bras et y reçoivent leur sens. D'autres une gorge et d'autres une aile. Mais ensemble elles composent un ange de pierre. Et d'autres, ensemble, composent une ogive. Et d'autres ensemble une colonne. Et maintenant si tu prends ces anges de pierre, ces ogives et ces colonnes, tous ensemble composent un temple. Et maintenant si tu prends tous les temples, ils composent la ville sainte qui te gouverne dans ta marche dans le désert. Et prétends-tu qu'au lieu de soumettre les pierres au bras, à la gorge, et à l'aile d'une statue, puis à travers les statues au temple, puis à travers les temples à la ville sainte, il te soit plus profitable de soumettre d'emblée des pierres à cette ville sainte et en faisant un grand tas uniforme, comme si le rayonnement de la ville sainte, lequel est un, ne naissait point de cette diversité. Comme si le rayonnement de la colonne, lequel est un, ne naissait pas du chapiteau, du fût et du socle, lesquels sont divers. Car plus la vérité est haute, plus tu dois observer de haut pour la saisir. La vie est une, de même que la pente vers la mer, et cependant d'étage en étage se diversifie, déléguant son pouvoir d'Être en Être comme d'échelon en échelon. Car ce voilier est un, bien qu'assemblage divers. Car, de plus près, tu y découvres des voiles, des mâts, une proue, une coque, une étrave. De plus près encore, ayant chacun d'eux des cordes, des éclisses, des planches et des clous. Et chacun d'eux encore plus loin se décompose.

«Et mon empire n'a point de signification ni de vie véritable, ni les parades de soldats au garde-à-vous, comme de la ville simple si elle n'est que pierres bien alignées. Mais d'abord ton foyer. Puis les foyers une famille. Puis les familles une tribu. Puis les tribus une province. Puis les provinces mon empire. Et cet empire tu le vois fervent et animé de l'est à l'ouest et du nord au sud, ainsi qu'un voilier en mer qui se nourrit de vent et l'organise vers un but qui ne varie pas, bien que le vent varie et bien que le voilier soit assemblage.

«Et maintenant tu peux le continuer, ton travail d'élévation, et prendre les empires pour en faire un navire plus vaste qui absorbe en lui les navires et les emporte dans une direction qui sera une, nourrie de vents divers et qui varient, sans que varie le cap de l'étrave dans les étoiles. Unifier, c'est nouer mieux les diversités particulières, non les effacer pour un ordre vain.»

(Mais il n'est point d'étage en soi. Tu en as dénommé quelques-uns. Tu eusses pu en dénommer d'autres qui eussent emboîté les premiers. Pas sûr.)

XC

Et voici cependant qu'il te vient de t'inquiéter, car tu as vu le mauvais tyran écraser les hommes. Et l'usurier les tenir dans son esclavage. Et quelquefois le bâtisseur de temples ne point servir Dieu mais se servir soi et tirer pour soi la sueur des hommes. Et il ne t'est pas apparu que les hommes en fussent grandis.

C'est que mauvaise était la démarche. Car il ne s'agit point de faire l'ascension, et au hasard des pierres qui le composent, d'en tirer le bras. Au hasard des membres l'ange de pierre. Au hasard des anges ou des colonnes ou des ogives le temple. Car tu es libre ainsi de t'arrêter à l'étage que tu souhaites. Il n'est point meilleur de soumettre les hommes au temple qu'au simple bras de la statue. Car ni le tyran, ni l'usurier, ni le bras, ni le temple n'ont qualité pour absorber les hommes et les enrichir en retour de leur propre enrichissement.

Ce ne sont point les matériaux de la terre qui s'organisent par hasard et font leur ascension dans l'arbre. Pour créer l'arbre, tu as jeté d'abord la graine où il dormait. Il est venu d'en haut et non d'en bas.

Ta pyramide n'a point de sens si elle ne s'achève en Dieu. Car celui-là se répand sur les hommes après les avoir transfigurés. Tu peux te sacrifier au prince si lui-même en Dieu se prosterne. Car alors ton bien te revient ayant changé de goût et d'essence. Et l'usurier ne sera point, ni le bras seul, ni le temple seul, ni la statue. Car d'où viendrait ce bras s'il n'est pas né d'un corps? Le corps n'est point assemblage de membres. Mais de même que le voilier n'est point, au hasard de leur assemblage, un effet d'éléments divers, mais au contraire découle par diversités et contradictions apparentes de la seule pente vers la mer, laquelle est une, de même que le corps se diversifie en membres mais n'est point une somme, car on ne va point des matériaux à l'ensemble, mais comme te le dira tout créateur et tout jardinier et tout poète, de l'ensemble aux matériaux. Et qu'il me suffit d'enflammer les hommes de l'amour des tours qui dominent les sables pour que les esclaves des esclaves de mes architectes inventent le charroi des pierres et bien d'autres choses.

XCI

La grande erreur est de ne point connaître que la loi est signification des choses, non rite plus ou moins stérile à l'occasion de ces choses. De légiférer sur l'amour je fais naître telle forme d'amour. Mon amour est dessiné par les contraintes mêmes que je lui impose. La loi peut donc être coutume aussi bien que gendarme.

XCII

C'est pourquoi cette nuit, du haut des remparts où je tiens la ville dans ma puissance, où mes garnisons tiennent les villes de l'empire et communiquent l'une avec l'autre à l'aide de feux sur les montagnes — de même que parfois s'appellent l'une l'autre les sentinelles qui se promènent le long des remparts, et chacune s'ennuie (mais cependant s'apercevra plus tard qu'elle tirait son sens de cette promenade, car il n'est point de langage offert à la sentinelle pour que ses pas soient retentissants en son cœur, et elle ne sait pas ce qu'elle fait, et chacune croit s'ennuyer et attendre l'heure de la soupe. Mais je sais bien qu'il n'est point d'intérêt à accorder au langage des hommes et que mes sentinelles qui rêvent de soupe et bâillent de la corvée de garde se trompent. Car ensuite, à l'heure du repas, c'est une sentinelle qui se nourrit et lance une bourrade au voisin — et qui est vaste — car, si je les bloquais autour de leur auge, il n'y aurait plus rien que bétail).

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