Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE

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Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.

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Car de votre fraternité que sauriez-vous attendre si elle n'est point fraternité dans l'arbre dont vous êtes les éléments, lequel vous domine et vous vient de l'extérieur, car je dis cèdre la contrainte de la rocaille, laquelle n'est point fruit de la rocaille mais de la graine.

Comment sauriez-vous devenir cèdre si chacun choisit l'arbre à bâtir ou ne prétend point servir un arbre ou même s'oppose à la montée d'un arbre qu'il dénommera tyrannie, et convoite la même place, il faut bien que l'on vous départage et que vous serviez l'arbre, plutôt que de prétendre vous en faire servir.

C'est pourquoi j'ai jeté ma graine et vous soumets à son pouvoir. Et je me connais comme injuste si justice est égalité. Car je crée des lignes de force et des tensions et des figures. Mais grâce à moi qui vous ai changés en branchages vous vous nourrirez de soleil.

CVIII

De ma visite à la sentinelle endormie.

Car il est bon que celle-là soit punie de mort. Puisque repose sur sa vigilance tant de sommeil au souffle lent, quand la vie t'alimente et se perpétue à travers toi, comme au creux d'une anse ignorée la palpitation des mers. Et les temples fermés, aux richesses sacerdotales lentement récoltées comme un miel, tant de sueur et de coups de ciseau et de coups de marteau et de pierres charriées, et d'yeux usés aux jeux d'aiguille dans les draps d'or, afin de les fleurir, et d'arrangements délicats sous l'invention de mains pieuses. Et les greniers aux provisions afin que l'hiver soit doux à subir. Et les livres sacrés dans les greniers de la sagesse où repose la caution de l'homme. Et les malades dont j'aide la mort en la faisant paisible dans la coutume parmi les leurs, et presque inaperçue de simplement déléguer plus loin l'héritage. Sentinelle, sentinelle, tu es sens des remparts lesquels sont gaine pour le corps fragile de la ville et l'empêchant de se répandre, car si quelque brèche les crève il n'est plus de sang pour le corps. Tu vas de long en large, d'abord ouvert à la rumeur d'un désert qui prépare ses armes et inlassablement te revient frapper comme la houle, et te pétrir et te durcir en même temps que te menacer. Car il n'est point à distinguer ce qui te ravage de ce qui te fonde, car c'est le même vent qui sculpte les dunes et les efface, le même flot qui sculpte la falaise et l'éboulé, la même contrainte qui te sculpte l'âme ou l'abrutit, le même travail qui te fait vivre et t'en empêche, le même amour comblé qui te comble et te vide. Et ton ennemi c'est ta forme même car il t'oblige à te construire à l'intérieur de tes remparts, de même que l'on pourrait dire de la mer qu'elle est ennemie du navire, puisqu'elle est prête à l'absorber et puisque le navire est avant tout lutte contre elle, mais dont on peut dire aussi qu'elle est mur et limite et forme du même navire, puisque au cours des générations c'est la division des flots par l'étrave qui a peu à peu sculpté la carène, laquelle s'est faite plus harmonieuse pour s'y couler, et ainsi l'a fondée et l'a embellie. Puisqu'on peut dire que c'est le vent, lequel déchire les voiles, qui les a dessinées comme il dessina l'aile, et que sans ennemi tu n'as ni forme ni mesure. Et que seraient les remparts s'il n'était point de sentinelle?

C'est pourquoi donc celle-là qui dort fait que la ville est nue. Et c'est pourquoi l'on vient s'en saisir quand on la trouve, afin de la noyer dans son propre sommeil.

Or, voici qu'elle dormait la tête appuyée à la pierre plate et la bouche entrouverte. Et son visage était visage d'un enfant. Elle tenait encore son fusil pressé contre elle à la façon d'un jouet qu'on emporte dans le rêve. Et la considérant j'en eus pitié. Car j'ai pitié, par les nuits chaudes, de la défaillance des hommes.

Défaillance des sentinelles, c'est le barbare qui vous endort. Conquises par le désert et laissant les portes libres de tourner lentement sur leurs gonds d'huile dans le silence, pour que soit fécondée la ville quand elle est épuisée et qu'elle a besoin du barbare.

Sentinelle endormie. Avant-garde des ennemis. Déjà conquise, car ton sommeil est de ne plus être de la ville et bien nouée et permanente, mais d'attendre la mue, et de t'ouvrir à la semence.

Donc me vint l'image de la ville défaite à cause de ton simple sommeil car tout se noue en toi et s'y dénoue. Que tu es belle si tu veilles, oreille et regard de la ville… Et tellement noble de comprendre, dominant par ton simple amour l'intelligence des logiciens, car ils ne comprennent point la ville mais la divisent. Il est pour eux ici une prison, là un hôpital, là une maison de leurs amis et celle-là même ils la décomposent dans leur cœur, y voient cette chambre, puis une autre, puis l'autre. Et non point seulement les chambres mais de chacune cet objet-ci, cet objet-là, cet autre encore. Puis l'objet lui-même ils l'effacent. Et que feront-ils de ces matériaux dont ils ne veulent rien construire?

Mais toi, sentinelle, si tu veilles, tu es en rapport avec la ville livrée aux étoiles. Ni cette maison, ni cette autre, ni cet hôpital, ni ce palais. Mais la ville. Ni cette plainte de mourant, ni ce cri de femme en gésine, ni ce gémissement d'amour, ni cet appel de nouveau-né, mais ce souffle divers d'un corps unique. Mais la ville. Ni cette veille de celui-là, ni ce sommeil de celui-ci, ni ce poème de cet autre, ni cette recherche de ce dernier, mais ce mélange de ferveur et de sommeil, ce feu sous les cendres de la Voie Lactée. Mais la ville. Sentinelle, sentinelle, l'oreille collée à la poitrine d'une bien-aimée, écoutant ce silence, ces repos et ces souffles divers qu'il importe de ne point diviser si l'on désire entendre, car c'est le battement d'un cœur. Lequel est battement du cœur. Et non rien d'autre.

Sentinelle, si tu veilles te voilà mon égale. Car la ville repose sur toi et sur la ville repose l'empire. Certes j'agrée que si je passe tu t'agenouilles, car ainsi vont les choses, et la sève de la racine vers le feuillage. Et il est bon que monte vers moi ton hommage car c'est circulation du sang dans l'empire, comme de l'amour du marié vers la mariée, comme du lait de la mère vers l'enfant, comme du respect de la jeunesse vers la vieillesse, mais où vas-tu me dire que quelqu'un reçoive quelque chose? Car d'abord moi-même je te sers.

C'est pourquoi, de profil, quand tu t'appuies contre ton arme, ô mon égal en Dieu, car qui peut distinguer les pierres de la base et de la clef de voûte, et qui peut se montrer jaloux de l'une ou de l'autre? C'est pourquoi j'ai le cœur qui me bat d'amour à te regarder sans que soit rien qui m'empêche de te faire saisir par mes hommes d'armes.

Car voilà que tu dors. Sentinelle endormie. Sentinelle morte. Et je te regarde avec épouvante car en toi dort et meurt l'empire. Je le vois malade à travers toi, car est mauvais ce signe, qu'il me délègue des sentinelles pour dormir…

«Certes, me dis-je, le bourreau fera son office et noiera celui-là dans son propre sommeil…» Mais me venait dans ma pitié un litige nouveau et inattendu. Car seuls les empires forts tranchent la tête des sentinelles endormies, mais ceux-là n'ont plus le droit de rien trancher qui ne délèguent plus que des sentinelles pour dormir. Car il importe de bien comprendre la rigueur. Ce n'est point en tranchant les têtes des sentinelles endormies que l'on réveille les empires, c'est quand les empires sont réveillés que sont tranchées les têtes des sentinelles endormies. Et ici encore tu confonds l'effet et la cause. Et de voir que les empires forts tranchent les têtes, tu veux créer ta force en les tranchant, et tu n'es qu'un bouffon sanguinaire. Fonde l'amour et tu fondes la vigilance des sentinelles et la condamnation de celles-là qui dorment, car elles se sont d'elles-mêmes tranchées déjà d'avec l'empire.

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