Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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Celles-là donc qui te font confiance, je les perpétue, bien que celles-là seules on les puisse trahir. Si donc le voleur de femmes en pille une, certes j'en souffrirai dans mon cœur. Et si je désire un beau guerrier, j'accepte le risque de le perdre en guerre.
Renonce donc à tes souhaits contradictoires.
Tant il est vrai qu'une fois encore était absurde ta démarche. De même qu'ayant admiré l'admirable visage que la coutume de chez toi avait créé, tu t'es pris à haïr la coutume, laquelle te paraissait contrainte, et en effet puisqu'elle était celle de devenir! Et, ayant détruit ta coutume, il s'ensuit que tu as détruit ce que tu prétendais sauver.
Et en effet par horreur de la brutalité grossière et de la rouerie qui menace les âmes nobles tu as réduit ces âmes nobles à se montrer plus grossières et plus rouées.
Sache que ce n'est point en vain que j'aime ce qui est menacé. Car il n'est point à déplorer que les choses précieuses le soient. Puisque précisément j'y trouve une condition de leur qualité. J'aime l'ami fidèle dans les tentations. Car s'il n'est point de tentation, il n'est point de fidélité et je n'ai point d'ami. Et j'accepte que quelques-uns tombent pour faire le prix des autres. J'aime le soldat courageux debout sous les balles. Car s'il n'est point de courage je n'ai plus de soldats. Et j'accepte qu'il en meure quelques-uns s'ils fondent par leur mort la noblesse des autres.
Et si tu m'apportes un trésor, je le veux si fragile que le vent me le puisse dépenser.
J'aime du jeune visage qu'il soit menacé de vieillir et du sourire qu'un mot de moi le puisse aisément changer en larmes.
CX
Et c'est alors que m'apparut la solution de la contradiction sur laquelle j'avais tant réfléchi. Car me blessait ce litige cruel quand je me penchais, moi le roi, sur ma sentinelle endormie. De prendre un enfant dans ses songes heureux pour le déposer tel quel dans la mort, et tout étonné, pendant la courte veille, d'avoir à souffrir du fait des hommes.
Car il s'éveilla devant moi et se passa la main sur son front puis, ne m'ayant point reconnu, offrit son visage aux étoiles en poussant un faible soupir qui était de reprendre le poids des armes. Et c'est alors qu'il m'apparut qu'une telle âme était à conquérir.
A son côté moi, son roi, je me tournais vers la ville respirant la même ville que lui en apparence et cependant non la même. Et je songeais: «Du pathétique auquel j'assiste il n'est rien à lui démontrer. Il n'est d'autre démarcher qui ait un sens que de le convertir et de le charger non de ces choses, puisque tout aussi bien que moi il les regarde et les respire et les mesure et les possède, mais du visage qui est apparition à travers et nœud divin qui noue les choses.» Et je compris qu'il importait de distinguer d'abord la conquête de la contrainte. Conquérir c'est convertir. Contraindre c'est emprisonner. Si je te conquiers je délivre un homme. Si je te contrains je l'écrase. La conquête c'est en toi et à travers toi une construction de toi-même. La contrainte c'est le tas de pierres alignées et toutes semblables dont rien ne naîtra.
Et m'apparut que tous les hommes étaient ainsi à conquérir. Ceux qui veillaient et ceux qui dormaient, ceux qui faisaient leur ronde sur les remparts et ceux qu'abritait cette ronde. Ceux qui se réjouissaient à cause d'un nouveau-né ou qui se lamentaient à cause d'un mort. Ceux qui priaient et ceux qui doutaient. La conquête c'est de te bâtir ton armature et t'ouvrir l'esprit aux provisions pleines. Car il est des lacs pour t'abreuver si l'on te montre le chemin. Et j'installerai mes dieux en toi pour qu'ils t'éclairent.
Et sans doute est-ce dans l'enfance qu'il importe de te conquérir d'abord sinon te voilà pétri et durci et ne sachant plus apprendre un langage.
CXI
Car me vint un jour la connaissance de ce que je ne pouvais pas me tromper. Non que je me jugeasse plus fort qu'un autre ou raisonnant mieux, mais parce que, ne croyant plus aux raisons qui se succèdent de proposition en proposition selon les règles de la logique, ayant appris que la logique est gouvernée par plus haut qu'elle et ne figure que trace sur le sable d'une marche qui est d'une danse, et conduit ou non vers le puits qui sauve selon le génie du danseur, ayant compris avec certitude que l'histoire une fois faite est tributaire de la raison puisque aucun pas ne manquera dans la succession des pas, mais que l'esprit qui domine les pas ne s'y lit pas vers l'avenir, ayant bien compris qu'une civilisation, comme un arbre sort, de la seule puissance de la graine, laquelle est une, malgré qu'elle se diversifie et se distribue et s'exprime en organes divers qui sont racines, tronc, branches, feuilles, fleurs et fruits, lesquels sont pouvoir de la graine une fois exprimé. Ayant bien compris que certes une civilisation une fois faite se remonte sans hiatus vers l'origine, ce qui montre aux logiciens une piste à remonter mais qu'ils n'eussent su descendre car ils n'ont point contact avec le conducteur. Ayant écouté les hommes disputer sans qu'aucun l'emportât véritablement, ayant prêté l'oreille aux commentateurs des géomètres qui croyant saisir des vérités n'y renonçaient l'an d'après qu'avec hargne ou accusaient leurs adversaires de sacrilège, accrochés qu'ils étaient à leurs branlantes idoles, mais ayant aussi partagé la table du seul géomètre véritable mon ami, lequel savait qu'il cherchait aux hommes un langage, comme le poète s'il veut dire son amour, et qui fut simple pour les pierres dans le même temps que pour les étoiles, et lequel savait parfaitement qu'il aurait d'année en année à changer de langage car c'est la marque de l'ascension. Ayant bien découvert qu'il n'est rien qui soit faux pour la simple raison qu'il n'est rien qui soit vrai (et qu'est vrai tout ce qui devient comme est vrai l'arbre), ayant écouté avec patience dans le silence de mon amour les balbutiements, les cris de colère, les rires et les plaintes de mon peuple. Ayant dans ma jeunesse, quand on résistait aux arguments par lesquels je cherchais non à bâtir mais à habiller ma pensée, abandonné la lutte faute de langage efficace contre un avocat meilleur que moi, mais sans jamais renoncer à ma permanence, sachant que ce qu'il me démontrait, c'était simplement que je m'exprimais mal et usant plus tard d'armes plus fortes, car il en est indéfiniment, comme d'une source, s'il est en toi caution véritable. Ayant une fois renoncé à entendre le sens incohérent des paroles confuses des hommes, me parut plus fertile que tout simplement ils essayassent de m'entendre, préférant simplement me laisser épanouir comme l'arbre à partir de sa graine jusqu'à l'achèvement des racines, du tronc et des branches, car alors il n'est plus à discuter puisque l'arbre est — et il n'est plus non plus à choisir entre cet arbre-là et un autre puisque seul il accorde un feuillage assez vaste pour abriter.
Et me venait la certitude que les obscurités de mon style comme la contradiction de mes énoncés n'étaient point conséquences d'une caution incertaine ou contradictoire ou confuse, mais d'un mauvais travail dans l'usage des mots car ne pouvait être ni confuse, ni contradictoire ni incertaine une attitude intérieure, une direction, un poids, une pente qui n'avait pas à se justifier puisque étant, tout simplement, comme est, dans le sculpteur quand il pétrit sa glaise, un certain besoin qui n'a encore point de forme mais deviendra visage dans la glaise qu'il pétrira.
CXII
Naissance aussi de la vanité lorsque non soumis à la hiérarchie. (Exemple: général, gouverneur.) Une fois fondé l'être qui les soumet l'un à l'autre, tombe la vanité. Car la vanité vient de ce que, billes mêlées, si aucun être ne vous domine dont vous soyez le sens, vous voilà ombrageux de la place occupée.
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