Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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Et tu la reconnaîtras cette pente qui va vers demain à ses effets irrésistibles. Car là il n'est point à t'y tromper: partout où elle se peut montrer, elle se montre. Et je reconnais la pente vers la terre à ce que je ne puis lâcher, aussi court soit l'instant, la pierre que je tiens dans la main sans qu'aussitôt elle tombe.
Et si je vois un homme se promenant et qu'il marche vers l'est je ne prévois point son avenir. Car il est possible qu'il fasse les cent pas et qu'à l'instant où je l'imagine bien établi dans son voyage il me désoriente par son demi-tour. Mais je prévois l'avenir de mon chien si chaque fois que je relâche sa corde aussi peu que ce soit c'est vers l'est qu'il me fait faire un pas et qu'il tire, car l'est alors est odeur de gibier et je sais bien où mon chien courra si je le délivre. Un pouce de corde m'en a plus appris que mille pas.
Ce prisonnier je l'observe qui est assis ou couché comme défait et dévêtu de tout désir. Mais il pèse vers la liberté. Et je reconnaîtrai sa pente à ce qu'il me suffira de lui montrer un trou dans le mur pour qu'il frémisse et redevienne musculature et attention. Et si la brèche donne sur la campagne, montre-moi celui-là qui a oublié de la voir!
Si tu raisonnes dans ton intelligence tu oublieras ce trou ou l'autre ou encore, le regardant, comme tu penses alors à autre chose, ne le verras point. Ou, le voyant, et enchaînant des syllogismes pour connaître s'il est habile d'en user, tu te décideras trop tard, car les maçons te l'auront effacé du mur. Mais montre-moi, de ce réservoir où l'eau pèse, quelle fissure elle peut oublier?
C'est pourquoi je dis que la pente, même informula-ble faute de langage, est plus puissante que la raison et seule gouverne. Et c'est pourquoi je dis que la raison n'est que servante de l'esprit et d'abord transforme la pente et en fait des démonstrations et des maximes, ce qui te permet ensuite de croire que ton bazar d'idées t'a gouverné. Quand je dis que tu n'as été gouverné que par les dieux qui sont temple, domaine, empire, pente vers la mer ou besoin de la liberté.
Ainsi, de mon voisin qui règne de l'autre côté de la montagne, je n'observerai point les actes. Car je ne sais point reconnaître au vol du pigeon une fois qu'il vole s'il cingle vers un pigeonnier ou s'il s'huile les ailes de vent, car je ne sais point reconnaître au pas de l'homme vers sa maison s'il cède au désir de sa femme ou à l'ennui de son devoir, et si son pas construit le divorce ou l'amour. Mais celui-là que je tiens dans sa geôle, s'il ne manque point d'occasion et pose son pied sur la clef que j'oublie, tâte les barreaux pour connaître si l'un d'eux remue, et soupèse de l'œil ses geôliers, je le devine déjà déambulant dans la liberté des campagnes.
Je veux connaître ainsi de mon voisin non ce qu'il fait mais ce qu'il n'oublie jamais de faire. Car alors je connais quel dieu le domine même si lui-même l'ignore, et la direction de son avenir.
CXVIII
Je me souvins de ce prophète au regard dur et qui par surcroît était bigle. Il me vint voir et le courroux montait en lui. Un courroux sombre:
«Il convient, me dit-il, de les exterminer.»
Et je compris qu'il avait le goût de la perfection. Car seule est parfaite la mort.
«Ils pèchent», dit-il.
Je me taisais. Je voyais bien sous mes yeux cette âme taillée comme un glaive. Mais je songeais:
«Il existe contre le mal. Il n'existe que par le mal. Que serait-il donc sans le mal?»
«Que souhaites-tu, lui demandai-je, pour être heureux?
— Le triomphe du bien.»
Et je comprenais qu'il mentait. Car il me dénommait bonheur l'inemploi et la rouille de son glaive.
Et m'apparaissait peu à peu cette vérité pourtant éclatante que, qui aime le bien, est indulgent au mal. Que, qui aime la force, est indulgent à la faiblesse. Car si les mots se tirent la langue, le bien et le mal cependant se mêlent et les mauvais sculpteurs sont terreau pour les bons sculpteurs, et la tyrannie forge contre elle les âmes fières, et la famine provoque le partage du pain, lequel est plus doux que le pain. Et ceux-là qui ourdissaient des complots contre moi, traqués par mes gendarmes, privés de lumière dans leurs caves, familiers d'une mort prochaine, sacrifiés à d'autres qu'eux-mêmes, ayant accepté le risque, la misère et l'injustice par amour de la liberté et de la justice, m'ont toujours apparu d'une beauté rayonnante, laquelle brûlait comme un incendie aux lieux du supplice, ce pourquoi je ne les ai jamais frustrés de leur mort. Qu'est-ce qu'un diamant s'il n'est point de gangue dure à creuser, et qui le cache? Qu'est-ce qu'une épée s'il n'est point d'ennemi? Qu'est-ce qu'un retour s'il n'est point d'absence. Qu'est-ce que la fidélité s'il n'est point de tentation? Le triomphe du bien c'est le triomphe du bétail sage sous sa mangeoire. Et je ne compte point sur les sédentaires ou les repus.
«Tu luttes contre le mal, lui dis-je, et toute lutte est une danse. Et tu tires ton plaisir du plaisir de la danse donc du mal. Je te préférerais dansant par amour.
«Car si je te fonde un empire où l'on s'exalte pour des poèmes, viendra l'heure des logiciens qui ratiocineront là-dessus et te découvriront les dangers qui menacent les poèmes dans le contraire du poème, comme s'il existait un contraire de quoi que ce soit dans le monde. Te naîtront alors les policiers qui, confondant amour du poème et haine du contraire du poème, s'occuperont non plus d'aimer mais de haïr. Comme si équivalait à l'amour du cèdre la destruction de l'olivier. Et ils t'enverront au cachot soit le musicien, soit le sculpteur, soit l'astronome, au hasard de raisonnements qui seront stupide vent de paroles et faible tremblement de l'air. Et mon empire désormais dépérira car vivifier le cèdre ce n'est point détruire l'olivier ni refuser l'odeur des rosés. Plante au cœur d'un peuple l'amour du voilier et il te drainera toutes les ferveurs de ton territoire pour les changer en voiles. Mais tu veux, toi, présider aux naissances des voiles en pourchassant, et en dénonçant et en exterminant des hérétiques. Or il se trouve que tout ce qui n'est point voilier peut être dénommé contraire du voilier, car la logique mène où tu veux. Et d'épuration en épuration tu extermineras ton peuple car il se trouve que chacun aussi aime autre chose. Bien plus, tu extermineras le voilier lui-même car le cantique du voilier était devenu chez le cloutier cantique de la clouterie. Tu l'auras donc emprisonné. Et il ne sera point de clous pour le navire.
«Ainsi de celui-là qui croit favoriser les grands sculpteurs en exterminant les mauvais sculpteurs, lesquels, dans son stupide vent de paroles, il dénomme contraire des premiers. Et je dis, moi, que tu interdiras à ton fils de choisir un métier qui offre si peu de chances de vivre.
— Si je t'entends bien, se hérissa le prophète bigle, je devrais tolérer le vice!
— Non point. Tu n'as rien compris», lui dis-je.
CXIX
Car si je ne veux pas faire la guerre et que mon rhumatisme me tire la jambe, il deviendra peut-être pour moi objection à la guerre alors que si je penchais vers la guerre je penserais le guérir par l'action. Car c'est mon simple désir de paix qui s'est habillé en rhumatisme, comme en amour peut-être de la maison ou comme en respect de mon ennemi ou comme en quoi que ce soit au monde. Et si tu veux comprendre les hommes, commence d'abord par ne jamais les écouter. Car le cloutier te parle de ses clous. L'astronome de ses étoiles. Et tous oublient la mer.
CXX
Car très important m'apparut qu'il ne te suffit pas de regarder pour voir. Car du haut de ma terrasse, je leur montrais le domaine et leur exposais ses contours et ils hochaient la tête disant: «Oui, oui…» Ou bien alors je leur faisais ouvrir le monastère et leur en expliquais les règles et ils bâillaient avec discrétion. Ou bien je leur montrais l'architecture du temple neuf ou la sculpture ou la peinture d'un sculpteur et d'un peintre qui avaient apporté quelque chose d'encore non habituel. Et ils s'en détournaient aussitôt. Tout ce qui eût pu frapper quelqu'un d'autre au cœur les laissait indifférents.
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