Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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Ainsi celui-là qui lutte contre l'esclavage, faisant appel à la haine, au lieu de lutter pour la liberté, faisant appel à l'amour. Et comme il est partout, dans toute hiérarchie, des traces d'esclavage et que tu peux appeler esclavage le rôle des fondations du temple sur qui s'appuient les pierres nobles qui seules gravissent le ciel, te voilà obligé, de conséquence en conséquence, d'anéantir le temple.
Car le cèdre n'est point refus et haine de ce qui n'est point cèdre, mais rocaille drainée par le cèdre et devenue arbre.
Si tu luttes contre quoi que ce soit, le monde entier te deviendra suspect car tout est abri possible et réserve possible et nourriture possible pour ton ennemi. Si tu luttes contre quoi que ce soit, tu dois t'anéantir toi-même car il en est en toi une part, aussi faible soit-elle.
Car la seule injustice que je conçoive est celle de la création. Et tu n'as point détruit les sucs qui eussent pu nourrir la ronce, mais tu as édifié un cèdre qui les a pris pour soi et la ronce ne naîtra point.
Si tu deviens tel arbre tu ne deviendras point un autre. Et tu as été injuste pour les autres.)
Quand ta ferveur s'éteint tu fais durer l'empire avec tes gendarmes. Mais si les gendarmes seuls le peuvent sauver c'est que l'empire est déjà mort. Car ma contrainte c'est celle du pouvoir du cèdre qui noue dans ses nœuds les sucs de la terre, non la stérile extermination des ronces et des sucs, lesquels certes s'offraient aux ronces mais se fussent aussi offerts au cèdre.
Où vois-tu que l'on fasse la guerre contre quelque chose? Le cèdre qui prospère et anéantit la broussaille se moque bien de la broussaille. Il n'en connaît point l'existence. Il fait la guerre pour le cèdre et transforme en cèdre la broussaille.
Veux-tu faire mourir contre? Qui voudra mourir? On veut bien tuer mais non mourir. Or l'acceptation de la guerre c'est l'acceptation de la mort. Et l'acceptation de la mort n'est possible que si tu t'échanges contre quelque chose. Donc dans l'amour.
Ceux-là haïssent autrui. Et s'ils ont des prisons ils y entassent des prisonniers. Mais tu bâtis ainsi ton ennemi car les prisons sont plus rayonnantes que les monastères.
Celui qui emprisonne ou exécute c'est que d'abord il doute de soi-même. Il extermine les témoins et les juges. Mais il ne te suffit pas pour te grandir d'exterminer ceux qui te voyaient bas.
Celui qui emprisonne et exécute c'est aussi qu'il rejette les fautes sur autrui. Donc qu'il est faible. Car plus te voilà fort plus tu prends les fautes à ta charge. Elles te deviennent enseignements pour ta victoire. Mon père, un de ses généraux s'étant fait battre et s'en excusant, l'interrompit: «Ne sois pas prétentieux au point de te flatter de ce que tu eusses pu commettre une faute. Lorsque je monte un âne et qu'il s'égare, ce n'est point l'âne qui se trompe. C'est moi.»
«L'excuse des traîtres, disait ailleurs mon père, c'est d'abord qu'ils ont pu trahir.»
CXXII
Quand les vérités sont évidentes et absolument contradictoires, tu ne peux rien, sinon changer ton langage.
La logique ne mord point pour t'aider à te faire passer d'un étage à l'autre. Tu ne prévois point le recueillement à partir des pierres. Et si tu parles du recueillement avec le langage des pierres, tu échoues. Il te faut inventer ce mot neuf pour rendre compte d'une certaine architecture de tes pierres. Car il est né un être neuf, non divisible, ni explicable, car expliquer c'est démonter. Et tu le baptises donc d'un nom.
Comment raisonnerais-tu sur le recueillement? Comment raisonnerais-tu sur l'amour? Comment raisonnerais-tu sur le domaine? Ils sont non des objets mais des dieux.
Moi j'ai connu celui-là qui voulait mourir parce qu'il avait entendu chanter la légende d'un pays du Nord et, vaguement, connaissait que l'on y marche une certaine nuit de l'année dans la neige, laquelle est craquante, sous les étoiles vers des maisons de bois illuminées. Et si tu entres dans leur lumière après ta route et colles ton visage aux carreaux, tu découvres de cette clarté qu'elle te vient d'un arbre. Et l'on te dit que c'est une nuit qui a un goût de jouets de bois verni et une odeur de cire. Et l'on te dit des visages de cette nuit-là qu'ils sont extraordinaires. Car ils sont de l'attente d'un miracle. Et tu vois tous les vieux qui retiennent leur souffle et fixent les yeux des enfants, et se préparent à de grands battements de cœur. Car il va passer dans ces yeux d'enfants quelque chose d'insaisissable qui n'a point de prix. Car tu l'as bâti toute l'année par l'attente et par les récits et par les promesses et surtout par tes airs entendus et tes allusions secrètes et l'immensité de ton amour. Et maintenant tu vas détacher de l'arbre quelque humble objet de bois verni et le tendre à l'enfant selon la tradition de ton cérémonial. Et c'est l'instant. Et nul ne respire plus. Et l'enfant bat des paupières car on l'a fraîchement tiré du sommeil. Et il est là sur tes genoux avec cette odeur d'enfant frais que l'on a tiré du sommeil et qui te fait autour du cou quand il t'embrasse quelque chose qui est fontaine pour le cœur et dont tu as soif. (Et c'est le grand ennui des enfants que d'être pillés d'une source qui est en eux et qu'ils ne peuvent point connaître et à laquelle tous viennent boire, qui ont vieilli de cœur, pour rajeunir.) Mais les baisers sont ici suspendus. Et l'enfant regarde l'arbre, et tu regardes l'enfant. Car il s'agit de cueillir une surprise émerveillée comme une fleur rare qui naîtrait une fois l'an dans la neige.
Et te voilà comblé par une certaine couleur des yeux qui deviennent sombres. Car l'enfant s'enroule sur son trésor pour s'en éclairer à l'intérieur, d'un coup, dès que le cadeau l'a touché, comme le font les anémones de mer. Et il fuirait si tu le laissais fuir. Et il n'y a point d'espoir de l'atteindre. Ne lui parle pas, il n'entend plus.
Cette couleur à peine changée, plus légère que d'un nuage sur la prairie, ne va pas me dire qu'elle ne pèse point. Car si même elle se trouvait seule récompense de ton année et de la sueur de ton travail et de ta jambe perdue à la guerre, et de tes nuits de méditation et des affronts et des souffrances endurés, voici qu'elle te paierait quand même et t'émerveillerait. Car tu gagnes dans cet échange.
Car il n'est point de raisonnement pour raisonner sur l'amour du domaine, sur le silence du temple ni pour cette seconde incomparable.
Donc mon soldat voulait mourir — lui qui n'avait vécu que de soleil et que de sable, lui qui ne connaissait point d'arbre de lumière, lui qui savait à peine la direction du nord — parce qu'on lui avait dit qu'étaient menacées quelque part par quelque conquête une certaine odeur de cire et une certaine couleur des yeux et que les poèmes les lui avaient autrefois faiblement apportées comme le vent l'odeur des îles. Et je ne connais point de raison meilleure pour mourir.
Car il se trouve que t'alimente seul le nœud divin qui noue les choses. Lequel se rit des mers et des murs. Et te voilà comblé dans ton désert de ce qu'existé quelque part, dans une direction que tu ignores, chez des étrangers dont tu ne sais rien en un pays dont tu ne peux rien concevoir, une certaine attente d'une certaine image d'un pauvre objet de bois verni, laquelle s'enfonce dans les yeux d'un enfant comme une pierre dans les eaux dormantes.
Et il se trouve que l'aliment que tu en reçois te vaut la peine de mourir. Et que je lèverais des armées, si je le souhaitais, pour sauver quelque part dans le monde une odeur de cire.
Mais je ne lèverai point d'armée pour la défense des provisions. Car elles sont faites et tu n'as rien à en attendre, sinon de te changer en bétail morne.
C'est pourquoi si s'éteignent tes dieux tu n'accepteras plus de mourir. Mais tu ne vivras point non plus. Car n'existent point les contraires. Si la mort et la vie sont des mots qui se tirent la langue, reste cependant que tu ne peux vivre que de ce qui te peut faire mourir. Et qui refuse la mort, refuse la vie.
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