Elsa Triolet - Roses à crédit

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Roses à crédit: краткое содержание, описание и аннотация

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Martine est belle, elle a le rare don d'aimer. Mais à notre âge de nylon, elle est venue su monde dans des conditions de l'âge de pierre. Aussi le confort moderne, le cosy-corner seront-ils son premier idéal, et le métier de manucure parmi les miroirs et les parfums d'un salon de coiffure suffit à ses rêves de beauté. Elle est en cela semblable à des millions d'êtres, car moins on possède de i choses n et plus le désir en est grand. Ainsi est né le crédit malin, l'enchantement des a facilités » qui comble les désirs.
Daniel Donelle, l'amour de Martine, est déjà au-delà de cet idéal électro-ménager. Rosiériste, touché par l'aile de la science, il rêve à une rose nouvelle. La belle Martine, jadis perdue dans les bois, l'avait attiré dans leurs mystérieuses profondeurs, mais le coq a chanté, et Daniel, stupéfait, trouve sa femme installée dans un petit appartement moderne acheté à crédit.
Un jour, Daniel créera la rose parfumée
, mais elle ne sera plus un hommage qu'à la souffrance.

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La « gendarmerie nationale » était la première maison du village. Martine croqua son bonbon, l’avala et en mit un autre dans sa bouche.

Elle reconnaissait les cahots de la rue mal pavée du village. Les maisons étaient retapées. Le Familistère avait une enseigne fraîchement repeinte… La Coop… À la place du magasin de chaussures, il y avait un quincaillier. Les fenêtres de la demoiselle des postes étaient ornées de fleurs. Une nouvelle, probablement, l’ancienne devait être à la retraite… Le village avait rajeuni, de vieilles façades disparues sous un crépi neuf… il y avait des maisons récemment bâties, une pompe à essence… La flèche grise de l’église, réparée ici et là, s’envolait au-dessus de l’échafaudage des toits bigarrés. Le car tourna péniblement à angle droit et s’arrêta sur la place. Martine descendit.

Elle fit quelques pas, tout engourdie… Fouilla nerveusement dans son sac pour chercher un bonbon. Les panonceaux ovales, dorés, attributs du notaire, étaient toujours là, au-dessus de la vieille porte cochère. Martine traversa la place, entra sous la voûte, poussa la porte sur laquelle on pouvait lire : ÉTUDE.

— Maître Valatte ? De la part de ?… Mais certainement ! Je vais prévenir M eValatte…, asseyez-vous, Madame…

Le clerc disparut derrière une porte matelassée, pendant que les quatre dactylos jetaient à Martine des regards en dessous… Martine portait un vaste manteau, très court, et lorsqu’elle s’était assise, croisant les jambes, on lui voyait les genoux… ses cheveux coupés à la dernière mode étaient tenus par un petit carré de soie noué sous le menton… elle tapotait d’un gant nerveux ses doigts dégantés, aux ongles parfaits, longs, roses, nacrés. Son visage, savamment fardé, était, bien qu’un peu bouffi, d’une grande beauté…

— Voulez-vous, vous donner la peine d’entrer…

M eValatte avait la tête toute blanche ! Lui, si brun. Le visage encore jeune pourtant, et une recherche vestimentaire… veston foncé, comme il se doit pour un notaire, mais le gilet gris perle, très ajusté.

— Vous m’annoncez une « succession », maître Valatte… De quoi s’agit-il ?

M eValatte avançait un siège, s’installait lui-même devant son bureau, ouvrait un dossier, le feuilletait :

— Eh bien, Madame, il s’agit d’un terrain qui a quand même deux mille mètres carrés… Et qui vous revient entièrement, puisque de tous les enfants encore vivants de la défunte Marie Vénin, vous êtes la seule légitime…

— Ah bien, fit Martine, je ne m’en doutais pas…

— C’est ainsi pourtant… Votre sœur aînée est morte, comme vous devez le savoir.

— Non, Monsieur… je ne sais rien… Je n’avais plus aucun contact avec ma famille…

— Eh bien… votre père adoptif, Pierre Peigner, s’est tué en tombant d’un arbre… Ici, au village… On avait souvent recours à lui pour l’élagage… Malheureusement, il buvait…

— Et les petits ?

— Les petits sont depuis longtemps des grands, chère Madame. — M eValatte souriait, son œil de velours se faisait caressant. — Ceux qui sont vivants, car deux d’entre eux sont morts, de tuberculose, comme leur sœur… leur demi-sœur. L’un après l’autre… Les conditions de vie, je ne vous apprends rien… Il y en avait un qui s’est engagé dans la Légion, et les deux autres sont allés le retrouver en Algérie. Je ne saurais pas vous dire ce qu’ils y font… je suppose, la guerre. Votre mère vivait toute seule les derniers temps.

— Toujours dans la même baraque ?

— Oui, je regrette…

Martine rit d’une façon si déplacée que l’œil de M eValatte s’éteignit.

— Alors, dit Martine, qu’est-ce que je dois faire ?

— Eh bien, il y a quelques formalités à régler…

— Il y a à payer ? Parce que s’il y a à payer, je ne marche pas… Je ne veux rien débourser.

— Alors, il faudrait vendre, madame Donelle…

M eValatte n’était plus que notaire.

— Bien sûr… — Martine se leva. — Je laisse cela entre vos mains… Il n’y a pas quelque chose dans le genre d’une clef ?

— Non, Madame, j’avoue… Il ne viendrait à l’idée de personne… Je me demande d’ailleurs si une clef existe. — M eValatte ouvrait la porte :

— Vous avez votre voiture, Madame ?

— Non, je suis venue par le car.

— Si vous vouliez visiter les lieux, je suis à votre disposition pour vous y conduire…

— Vous êtes trop aimable… Ce n’est vraiment pas loin, je vais y aller à pied.

Il était tard. À l’étude, il n’y avait plus qu’une seule dactylo qui remettait la housse sur sa machine à écrire et attendait avec une impatience visible que le patron en eût fini, pour lui faire signer les lettres. M eValatte s’inclina encore une fois :

— Je m’occupe de votre affaire, Madame… Mes hommages…

Martine suivit la rue… Le bureau de tabac où elle venait chercher des allumettes avait maintenant dans la rue des bacs en ciment garnis de fleurs. Est-ce que cette teigne de Marie-Rose y trônait toujours ? La devanture de la marchande de couleurs était aussi poussiéreuse que dans le temps… Encore une pompe à essence… Mais on a donc démoli la maisonnette du gazier ! Devant la pompe, du gazon, des fleurs, et un homme en combinaison d’un bleu vif, en train de donner de l’essence à une D. S. noire à toit blanc… Devant la maison du père Malloire, un vieillard était assis dans un fauteuil de rotin déverni… Serait-ce le père Malloire lui-même ? Son potager, au-delà de la maison, n’était pas cultivé, un rosier sauvage s’appuyait lourdement à la clôture de châtaignier qui ne tenait plus debout. Le vieux, le menton dans les mains croisées sur sa canne, suivait Martine du regard. La maison du père Malloire était la dernière du pays, après il n’y avait que les champs, et la route goudronnée remplaçait les pavés de la rue villageoise. Martine dépassa le tournant, le chemin qui menait directement à la cabane : elle ne voulait pas l’affronter tout de suite, elle avait envie de se promener dans sa forêt, retarder… Personne ne l’attendait, nulle part, elle n’avait pas d’heure.

Martine s’enfonçait dans la forêt… Elle éprouvait un soulagement comme si elle avait enlevé un corset serré, elle respirait de toute sa peau, de la poitrine, du ventre, elle était le poisson qui a retrouvé l’eau. Pour la première fois depuis l’annonce faite par Daniel, elle sentait quelque chose en dehors de l’intolérable. Elle essaya de faire des moulinets avec les bras, remua les épaules, le cou… Tout fonctionnait. Les parfums de la forêt venaient au-devant d’elle, les mousses cédaient obligeamment sous ses pas et se remettaient en place comme le caoutchouc-mousse de l’Institut de beauté… Les yeux fureteurs de Martine cherchaient machinalement, à droite et à gauche, ce qui pouvait y pousser à cette époque de l’année… violettes, muguets… Voici la clairière qu’elle savait détrempée à toutes les époques de l’année, même en plein été. Assise sur une grosse pierre posée là comme dans un opéra, au pied d’un immense peuplier garni de gui, elle regardait la surface verte, d’un vert pas naturel, chimique, vénéneux, les herbes gorgées d’eau recouvrant le marécage, traîtresses… S’enliser là-dedans… La pire des morts lentes. On s’enfonce, on s’enfonce indéfiniment, et, tout autour, rien de dur, de stable, à quoi s’accrocher, s’appuyer… en dessous, cela vous tire, vous tire par les pieds… la bouche s’enfonce, le nez s’enfonce, les yeux… Un cadavre debout s’enfonce, s’enfonce. Martine renversa la tête. Le ciel était bleu et les troupeaux de moutons blancs et frisés y paissaient en paix. Martine se leva et tout de suite obliqua de côté, cherchant la terre ferme… Les grands sapins, les aiguilles jonchant la terre, vernies et brillantes comme un parquet vitrifié, inusable. Oh ! une coupe… Martine sentit un vide dans la tête et pressa le pas dans la direction de la nationale qu’on voyait très bien maintenant que les arbres étaient abattus… Elle marchait entre les souches toutes fraîches, saignantes. Devant elle, sur la route, filaient des voitures. Un petit fossé, et la voilà sur le bord de la nationale… Ah, mais elle a doublé de largeur ! Les voitures se suivaient dans les deux sens… Bjik… bjik… faisaient-elles au passage.

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