Elsa Triolet - Roses à crédit

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Martine est belle, elle a le rare don d'aimer. Mais à notre âge de nylon, elle est venue su monde dans des conditions de l'âge de pierre. Aussi le confort moderne, le cosy-corner seront-ils son premier idéal, et le métier de manucure parmi les miroirs et les parfums d'un salon de coiffure suffit à ses rêves de beauté. Elle est en cela semblable à des millions d'êtres, car moins on possède de i choses n et plus le désir en est grand. Ainsi est né le crédit malin, l'enchantement des a facilités » qui comble les désirs.
Daniel Donelle, l'amour de Martine, est déjà au-delà de cet idéal électro-ménager. Rosiériste, touché par l'aile de la science, il rêve à une rose nouvelle. La belle Martine, jadis perdue dans les bois, l'avait attiré dans leurs mystérieuses profondeurs, mais le coq a chanté, et Daniel, stupéfait, trouve sa femme installée dans un petit appartement moderne acheté à crédit.
Un jour, Daniel créera la rose parfumée
, mais elle ne sera plus un hommage qu'à la souffrance.

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— Tu as toujours mal, petite perdue ?

— Non, c’est parce que j’ai moins mal…

Daniel, compréhensif, hocha la tête :

— Une saleté, ces crises hépatiques… Je vais te faire une tisane.

— Non, viens te coucher…

Daniel, docile, se déshabilla, se coucha, prit Martine dans ses bras. Elle se remit à pleurer, c’étaient de bonnes larmes tièdes comme la bouillotte, un immense bonheur fondait dans son cœur comme du sucre que le sang chaud portait partout dans son corps. On ne tue pas un homme pour une inflexion de voix. Elle allait veiller, surveiller, épier.

Ce soir, Daniel, de crainte que la nouvelle de son départ ne mît en mouvement le foie de Martine, ne lui parla de rien. Mais le matin, elle se leva comme d’habitude à sept heures… Doucement, sans ouvrir les doubles rideaux, pour laisser Daniel dormir encore un moment, pendant qu’elle s’habillerait dans la salle de bains, qu’elle préparerait le petit déjeuner… Daniel ne dormait pas, il se disait que maintenant il lui faudrait parler de son voyage, l’embrasser avant de partir… Pauvre Martinot…

Martine disposait sur la table de la cuisine les tasses du petit déjeuner, la cafetière, le sucrier… un tête-à-tête longuement choisi, en céramique épaisse vert pistache, noir à l’intérieur des tasses, ces tasses qui avaient des anses si courtes que Daniel avait laissé échapper la sienne le jour même où le tête-à-tête avait été acheté, et cette anse de malheur s’était brisée net. Martine souffrait tous les jours de cette mutilation, et Daniel avait beau affirmer qu’il préférait les bols aux tasses, Martine ne pouvait supporter les objets abîmés et rêvait d’un autre tête-à-tête… Elle en avait vu un chez Primavera… Daniel tenait des deux mains sa tasse sans anse. Comme Martine l’aimait ainsi, le matin, dans son pyjama fripé, assis sur une jambe repliée sous lui, soufflant sur son café bouillant, pendant qu’elle lui faisait des tartines…

— Tu vas mieux, ma vieille ?

Elle allait bien, un peu de faiblesse dans les jambes. Les traits tirés, les yeux battus, les paupières foncées et des grands cernes… Autrement, vaillante, comme toujours.

— Tu as des yeux !.. dit Daniel, les deux au beurre noir ! Ta nouvelle coiffure te va bien, ajouta-t-il, admiratif, mais tout te va… Je n’ai pas pensé te dire hier… tu étais si malade… Je pars pour les États-Unis, pour un voyage d’études.

— Pour longtemps ? — Martine posa une tartine dans l’assiette de Daniel.

— Je ne sais pas.

— Tu pars seul ?

— Mais oui… — Daniel était un peu étonné par cette question. — Je ne pars pas avec une délégation, c’est une invitation personnelle qui m’a été faite. Une firme californienne.

Martine n’avait pas pensé à une délégation, mais à Ginette. Clairement, il n’en était rien, Daniel partait seul. Et, pour le moment, le savoir loin de cette fille, était une bonne chose. S’il y avait quelque chose entre eux, cela n’empêchait pas Daniel de poursuivre son chemin comme si de rien n’était…

— Quand pars-tu ? — Martine prenait son café, tranquillement.

— Après-demain… Le train pour Le Havre part assez tôt, j’irai directement à la gare, de la ferme. On s’embrassera aujourd’hui. As-tu ce qu’il faut pour la traite de ta voiture ? Je t’ai amené un peu d’argent…

— Ça me rendra service…

Martine ne lui dit pas qu’elle n’avait le premier sou ni pour la voiture, ni pour le reste. Elle était si profondément endettée qu’elle ne voyait absolument aucune issue, à bout de souffle et de ressources. Le gros morceau était la voiture, et l’argent de Daniel arrivait à point. Il y avait longtemps qu’il n’intervenait plus dans ses achats. C’était un gouffre, ça coûte trop cher, le crédit. Avec le crédit, on croit toujours pouvoir y arriver, on se croit riche. Quand on ne l’est pas.

Daniel partait tranquillisé. Martine l’avait embrassé et lui avait dit :

— Va… Ne m’oublie pas. Si tu m’oubliais, gare à toi ! Et que Dieu te garde…

Un peu solennelle. Cela lui arrivait parfois.

« … ET LES CHAUVES-SOURIS QUE TOUT SABBAT RÉCLAME… »

En l’absence de Daniel, Martine de toutes ses forces essaya de s’en sortir. Mais rien ne voulait s’arranger, rien ne marchait. Par exemple, l’émission publique à laquelle Martine s’était inscrite dans l’espoir de se faire une somme importante d’un coup, fut un désastre. Elle n’avait pas réfléchi qu’avec ses occupations nombreuses elle n’écoutait plus la radio, qu’elle n’achetait plus de disques, et qu’entre-temps de nouvelles chansons se créaient, de nouvelles vedettes surgissaient. Or, comme par un fait exprès, toutes les questions qu’elle avait tirées concernaient des succès récents. Le meneur de jeu eut beau faire, l’aider comme il pouvait, elle rentra avec une boîte de savonnettes, c’était tout. Ceux qui l’avaient vue et entendue se moquèrent gentiment d’elle : qu’est-ce qui lui avait pris d’aller chercher le ridicule, quelle idée !

« Ce n’est plus de ton âge… » lui avait dit Ginette. Martine voyait souvent Ginette… Elle l’épiait, la surveillait… En travers de Ginette étaient écrits les mots : Danger de mort ! Ne jouez pas avec la serrure ! Martine jouait avec la serrure, dans l’angoisse panique de la voir s’ouvrir, et alors…

Ce fut la machine à laver qu’on enleva en premier. Mais, sérieusement, Martine n’en avait pas besoin. Dommage pour l’argent dépensé, encore trois mois, et elle la gardait, mais voilà, Martine ne possédait pas les quelques billets de mille… il fallait payer tout le reste. La place récupérée dans la petite cuisine facilitait les mouvements, avec la machine on ne pouvait plus s’y retourner. Et pourtant, ce coin libéré de la machine à laver, vide, était comme le symbole d’une défaite, il rappelait à Martine comment elle se trouva sur la scène d’un théâtre, incapable de répondre à une seule question, muette…

Puis ce fut le tour de l’argenterie. On ne pouvait lui reprendre son salon en rotin, cela ne se faisait pas à cause de l’usure. Là, elle pourrait avoir des ennuis d’une autre sorte. Mais, peut-être si on lui laissait le temps de se retourner… En attendant, ce salon était si joli ! Avec le lierre sur le balcon qui couvrait maintenant tous les barreaux et encadrait la porte vitrée… M me0Dupont elle-même le lui enviait. Pour son anniversaire, Cécile avait donné à Martine des sièges métalliques pour le balcon, et, dès qu’on pourrait laisser la porte ouverte, cela ferait jardin. Cécile et Pierre Genesc ne venaient plus que rarement chez Martine, Cécile était sur le point d’accoucher. Autrement, ils n’étaient pas mauvais au bridge, tous les deux, et Cécile même meilleure que son mari, ce qui étonnait chez cette créature de nacre rose. Martine se débattait, empruntait à l’un pour rendre à l’autre, tenait une véritable comptabilité pour garder l’équilibre, faisait des économies de bouts de chandelle. Dans un an, cela serait fini, un an, oui… Si tout se passait bien, parce qu’elle marchait sur une corde raide et qu’il ne fallait pas qu’elle s’énervât et recommençât à faire des mouvements désordonnés… C’était comme ça qu’elle s’était fourrée dans le guêpier. Du calme, et elle mettrait de l’ordre dans sa vie.

Comme pour ne pas mentir à Martine, Daniel rentra des États-Unis au bout de trois mois. Mais c’était parce qu’il y avait rencontré une jeune fille dont il était tombé éperdument amoureux. La fille du patron, qui revenait de France après avoir fait un stage justement dans cette École de Versailles d’où sortait Daniel. Daniel retournait en France pour divorcer…

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