Elsa Triolet - Roses à crédit

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Martine est belle, elle a le rare don d'aimer. Mais à notre âge de nylon, elle est venue su monde dans des conditions de l'âge de pierre. Aussi le confort moderne, le cosy-corner seront-ils son premier idéal, et le métier de manucure parmi les miroirs et les parfums d'un salon de coiffure suffit à ses rêves de beauté. Elle est en cela semblable à des millions d'êtres, car moins on possède de i choses n et plus le désir en est grand. Ainsi est né le crédit malin, l'enchantement des a facilités » qui comble les désirs.
Daniel Donelle, l'amour de Martine, est déjà au-delà de cet idéal électro-ménager. Rosiériste, touché par l'aile de la science, il rêve à une rose nouvelle. La belle Martine, jadis perdue dans les bois, l'avait attiré dans leurs mystérieuses profondeurs, mais le coq a chanté, et Daniel, stupéfait, trouve sa femme installée dans un petit appartement moderne acheté à crédit.
Un jour, Daniel créera la rose parfumée
, mais elle ne sera plus un hommage qu'à la souffrance.

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Un escalier extérieur menait directement à la plage. Martine le descendit, buta contre un type en train de vomir, s’écarta d’un bond et faillit tomber sur un couple qui s’agitait sur le sable. Elle eut un moment de désespoir… Dieu sait ce que c’était que tous ces dégueulasses, et à cette heure de la nuit, comment rentrer, se sortir de là… Martine enleva ses chaussures et marcha pieds nus sur le sable dur. Cela lui fit du bien. Elle n’avait plus devant elle que la mer, bougeant à peine. Une immense cuvette d’eau propre… Du côté de Nice, ses bords étaient marqués d’un pointillé lumineux. Martine respirait profondément pour surmonter le mal de mer.

— Vous êtes comme moi, Madame…

Martine sursauta… qu’est-ce que c’était que celui-là encore ? Dans la nuit, une silhouette, en slip, avec une serviette-éponge sur les épaules.

— Vous venez vous baigner ? dit-elle d’une voix lasse.

— Mais… si vous voulez…

Martine ne s’était pas changée pour aller dîner, elle avait gardé sous la robe son maillot de bain. Elle déboutonna la robe, l’enleva.

— Ne me quittez pas, dit-elle à l’inconnu, j’ai trop bu et mangé, je ne sais pas ce que l’eau froide va me faire…

Elle lui fit du bien. Martine nageait bien et l’inconnu aussi. Ils revinrent sur la plage après avoir donné toute leur mesure. Essoufflés, mouillés, ils tombèrent sur le sable et s’embrassèrent à perdre haleine, le cœur battant à éclater.

— Non… dit Martine.

Il la laissa aussitôt.

— Comme vous voulez.

— Je n’ai pas de voiture pour rentrer à Antibes…

— Je vous ramène.

C’était un vieux tacot poussif. L’homme déposa Martine devant l’hôtel, mit la main à son front, et s’en fut dans un bruit de ferraille. Ils ne s’étaient pas dit un mot.

Martine subit le regard du portier de nuit : elle avait les cheveux qui pendaient en mèches mouillées, elle était nu-pieds, sans jupe, la veste sur les épaules…

Durant les deux semaines qu’elle avait encore à passer à Antibes, elle n’eut jamais à supporter la rencontre avec quelqu’un d’entre les gens de cette nuit, à croire que cette nuit, elle l’avait rêvée. Elle ne parlait plus qu’à une gentille dame dont elle avait fait connaissance à la plage : la gentille dame lui confiait ses deux gosses qui faisaient des pâtés à côté de Martine, pendant que la dame prenait des jus de fruits avec des messieurs, au bar sur pilotis, à deux pas.

AVEUX SPONTANÉS DES MIROIRS

Quand Cécile revint en automne de son voyage de noces, elle était enceinte. M’man Donzert se mit aussitôt à tricoter la layette. Cécile aussi. Il n’était plus question de faire du secrétariat auprès de son mari. Cécile, entourée d’attentions et de prévenances, comblée d’amour et de cadeaux, installait mollement son nid, son mari roucoulant lui en apportait les brins un à un… La nursery, prévue dès le début par le décorateur dans le vieil appartement, la seule pièce qui eût du soleil, un petit balcon, s’installait peu à peu : papier peint avec des canards, des oursons et des fleurs, petits meubles laqués rose, rideaux d’organdi, et un berceau tout en osier et dentelles. Cécile se portait comme un charme.

C’est cet hiver-là, où Cécile attendait un enfant, que Martine acheta à crédit une machine à laver. Il y avait longtemps qu’elle n’achetait plus rien à crédit, depuis qu’elle avait gagné les cinq cent mille francs et payé les traites les plus ennuyeuses. Et, soudain, voilà qu’elle se remettait à acheter à tour de bras ! Pour la machine à laver, c’était du vice : avec ce qu’une femme seule peut dépenser en donnant son linge à laver, il lui aurait fallu de nombreuses années pour récupérer ce que coûtait la machine. Et comme Martine ne trouvait pas le temps de faire marcher la machine à laver et de repasser elle-même, il lui fallut, en plus, prendre une femme de ménage. La première femme de ménage de toute sa vie, jusqu’ici tous les travaux domestiques elle les avait faits elle-même. Et bien mieux qu’une femme de ménage, elle s’en rendait compte maintenant qu’elle en avait une. Cette manière d’essuyer avec le même torchon bidet et lavabos… l’idée de ces mains, peut-être pas lavées, qui touchaient à son pain, à ses fruits, lui enlevait l’appétit… Martine en fit défiler plusieurs, acquit une réputation de teigne, bien méritée, et se résigna à ne plus se servir de la machine à laver qu’exceptionnellement.

Ensuite, elle acheta une salle de séjour, en rotin. D’un prix exorbitant, déraisonnable, ce n’était tout de même pas de l’acajou ! Mais ces meubles, elle ne pouvait s’en passer : il n’était pas rare maintenant que l’on vînt pour une partie de bridge chez M me Donelle, et des gens très bien, très chics. Cela avait commencé par une invitation chez une de ses clientes, une bridgeuse acharnée… Drôle d’idée, avait grogné le mari de la dame, un haut fonctionnaire du ministère des Finances, inviter sa manucure ! Il changea d’avis en voyant Martine, si belle, et, pour le bridge, sensationnelle. De fil en aiguille, Martine avait fait connaissance avec les amis de sa cliente et les amis des amis… On l’invitait à dîner avant le bridge, à souper après. En dehors du jeu, ces relations ne devenaient ni amicales, ni intimes, il y avait chez Martine quelque chose de sec, de guindé, de pédant, qui empêchait de se rapprocher d’elle, même ceux et celles qui ne pensaient pas qu’on ne fréquente pas sa manucure. Elle ne voyait que rarement les siens, même pas Cécile qui attendait un enfant. Martine n’avait pas d’enfant… Dans sa nouvelle place, elle ne s’était point fait d’amis et, au bout du compte, le bridge était encore son lien le plus sûr avec l’humanité. Elle sortait, elle recevait… De là, l’idée de meubler à neuf son petit appartement. Martine avait vu maintenant des « intérieurs », des hôtels particuliers avec des meubles anciens et modernes, le luxe, la qualité. Elle était sûre qu’on devait se moquer d’elle, de sa salle à manger-cosy.

Il lui fallait des meubles qui la feraient passer d’un panier dans l’autre, pensait-elle. Elle se donnait des raisons, en vérité, si elle voulait des choses, c’était pure nervosité, une sorte de boulimie : elle n’arrivait pas à se rassasier. Si Daniel était revenu comme avant, elle n’aurait eu besoin de rien… Mais il se contentait de lui rendre une petite visite de temps en temps, comme un médecin qui viendrait prendre le pouls d’un malade. Martine avait adhéré à un club de bridge et elle acheta une voiture. Bien qu’entre son travail de manucure, le bridge et les mensualités de Daniel, elle touchât par mois des sommes considérables, il lui avait fallu, pour la voiture, emprunter de l’argent à l’une de ses clientes.

Au salon de coiffure, la patronne lui avait déjà dit avec un certain étonnement où perçait l’inquiétude : « Vous en achetez des choses, Martine ! On vient à chaque instant me demander le montant de votre salaire, et si vous êtes une employée sérieuse… Ecoutez, vous m’avez demandé de ne pas dire à ces messieurs les enquêteurs que vous avez contracté d’autres engagements… Mais cela en fait trop ! Je ne veux pas mentir, et tout ce que je peux faire pour vous, c’est de dire qu’à ma connaissance vous finissez de payer d’autres traites. Je ne comprends pas comment vous vous en sortez ! Vous êtes sérieuse, c’est vrai, mais point millionnaire, ou vous ne vous mettriez pas manucure. »

Dans le nouveau salon de Martine, les invités, avant le jeu, tant qu’ils avaient encore l’esprit disponible, admiraient l’agencement du petit appartement, la façon dont tout était prévu pour le moindre effort. Ils s’émerveillaient de voir comment à Paris on pouvait avec trois sous créer un intérieur ravissant ! En allant se laver les mains, on remarquait avec discrétion le pyjama du mari, de ce mari toujours invisible, mythique. Les cocktails, les sandwiches, les petits fours étaient parfaits, ainsi que le souper froid. Les bridgeurs que M me Donelle invitait chez elle étaient des joueurs de classe, triés sur le volet, et l’intérêt, la passion commune rendaient ces réunions toujours très réussies, « Une maîtresse femme… » disaient les partenaires de Martine, et ils ne lui faisaient pas la cour. Elle n’était pas engageante. Oui, il est certain que si un jour, elle avait eu l’idée saugrenue d’aller voir quelqu’un d’entre ces gens, hommes ou femmes, si elle était venue leur dire : « J’ai des ennuis… » ou « Je suis malade… » ou « Mon mari me trompe, je suis malheureuse… », ils n’en seraient pas revenus d’étonnement. Martine, finalement, était devenue quelque chose comme le jeu de cartes lui-même.

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